DOMINIC77

Un peu de tout

Month: mai 2015

Delenda Sinistra – 2

Je n’ai guère eu de temps pour travailler là-dessus mais je dois publier ceci aujourd’hui vu que  les élections britanniques se déroulent ce jour. Donc un petit mot avant de revenir à l’entreprise de démolition constructive.

Je ne serais pas étonné que l’avance voire  la victoire relative de David Cameron soit plus grande que ce que laissent prévoir les sondages malgré une légère remontée des travaillistes en fin de campagne .  Il faudra quand même mettre au crédit d’Ed Milliband d’avoir en bonne partie effacé l’image du parti travailliste de Blair par sa campagne. Cela va navrer beaucoup de « réalistes de gauche » à la manière de nos Valls ou Hollande. Tout cela ne changera pas la triple crise qui mine la politique au Royaume-Uni.
Crise constitutionnelle.
Depuis le référendum écossais la nécessité de réformer la constitution a été actée par la plupart des acteurs du débat. Le processus même d’une telle évolution nécessite lui-même des discussions préliminaires dans un pays où la loi fondamentale est constituée d’au moins autant d’usages que de textes hérités au fil de l’Histoire. Aux carences du système de représentation que connaissent tous les pays réputés démocratiques s’ajoutent au Royaume-Uni la question des nations. Par exemple les questions suivantes ont été soulevées récemment :

  • Quels pouvoirs respectifs aux différents parlements régionaux après le référendum écossais ? Les promesses sans retenue des unionistes doivent maintenant se confronter à la réalité des opinions et des budgets. Déléguer plus de pouvoirs signifie déléguer les finances correspondantes. Si on analyse les promesses faites clairement ou par sous-entendus la seule chose qui les séparent d’une quasi souveraineté de l’Écosse est la question -ô combien discutée – du système de défense Trident basé en Écosse et dont les écossais ne veulent pas.
  • Quels pouvoirs aux députés écossais du parlement de l’Union sur les lois qui concernent en propre les territoires non-écossais dans le cadre de l’Union ?

La question du statut de la famille royale, même si très émotionnelle par ces temps de naissance princière, me semble relever du détail politique.

Crise européenne.
En cas de victoire de Cameron tout le monde, européens compris, sera pris au piège de la promesse de référendum sur l’appartenance à l’Union Européenne.  Quelle que soit l’issue de l’élection cette question ne pourra être tranchée que par des décisions dramatiques. La seule manière d’envisager une stabilité de long terme au Royaume-Uni et en Europe consiste à faire sortir le Royaume-Uni de l’UE. Cette hypothèse mettrait en cause la composition du Royaume. L’Écosse reposerait la question de l’indépendance dans l’UE . La question de l’Irlande du Nord, déchirée entre une République d’Irlande européenne et un Royaume-Uni américain serait reposée. Et pourtant si cela n’est pas acté l’instabilité, les relations conflictuelles vont perdurer et handicaper tous les partenaires (les pays de l’UE sans doute plus que le Royaume-Uni).
Le résultat même du référendum semble difficile à anticiper et serait le sujet à d’interminables discussions, comme celle sur la part de l’électorat écossais dans le résultat. Ceci sans compter que l’alliance entre les conservateurs et les libéraux-démocrates ne pourra pas faire campagne commune.
Crise du Royaume.
En plus de la crise institutionnelle, celle de la constitution l’intégrité même du royaume est en question. Le référendum sur l’indépendance écossaise n’a pas seulement posé la question du devenir de la province. Il l’a fait de manière durable. Si le résultat des élections générales est conforme aux prévisions, un raz-de-marée pour le SNP, le parti écossais non seulement sera en mesure de « faire le roi » à Westminster mais sera fondé à relancer l’idée d’un nouveau référendum d’indépendance. Cette situation perdurera aussi longtemps que la perspective  d’une Écosse économiquement autonome restera  viable (ici c’est amusant) .
Ces élections vont montrer une fois encore, quel que soit le détail du résultat, l’incapacité de nos systèmes supposés assurer une vie démocratique sereine à remplir leur tâche. UKIP recueillant environ 15 % des votes devrait voir ses députés se maintenir autour de 2. Les verts un(e) seul(e) avec 5 %. La proportionnelle ne règle pas la question. La différence entre le temps médiatique et affectif qui mobilise les opinions  et le temps de la politique institutionnelle est irréconciliable. Par ailleurs la rupture est consommée entre la population et le personnel politique même si de manière différenciée en fonction des pays.
Pour alimenter la réflexion sur ce qui se passe de l’autre côté de la Manche ici, et  et passons à autre chose.

Maintenant prenons un peu de hauteur pour examiner l’évolution des forces politiques en Europe afin de tenter de comprendre ensuite comment peut se penser une alternative progressiste et si le terrain électoral est vraiment le lieu des évolutions à venir.

Les forces de la droite radicale, extrême, populiste, ….

La difficulté à nommer de manière unique la galaxie des partis ou groupes qui se bousculent dans un espace que nous sentons comme « à la droite » des partis conservateurs et libéraux classiques dénote la diversité et l’évolution relativement rapide de cette famille.
Le parti UKIP représentant de cette famille au Royaume-Uni a éclipsé les vieux groupes issus de l’extrême droite historique comme le British National Party. Il illustre une tendance générale en Europe : l’émergence d’une droite populiste fermement opposée à la participation à l’actuelle Communauté Européenne, souvent alimentée par une xénophobie populaire sur laquelle surfent des dirigeants qui prétendent ne pas la partager. Ces groupes tendent à prendre le pas sur les anciens groupes dont certains sont de plus ou moins lointains rejetons des idéologies fascistes de la première moitié du vingtième siècle. Le carburant nationaliste de ces groupes modère leurs prétentions politiques et leurs capacités à devenir autre chose que des partenaires, souvent minoritaires et sans participation directe à des gouvernements conservateurs et leur interdit des alliances internationales stables dans le long terme . Leur acceptation des institutions qui constituent la panoplie de la démocratie représentative est souvent limitée par la proposition de recours aux instruments démagogiques de la démocratie directe (référendums pour tous les sujets chauds).  Leur discours apporte, ou prétend apporter, des solutions concrètes aux problèmes rencontrés par les couches de la population qui se sentent dépossédés de pouvoir sur leurs conditions d’existence. Sans avoir pris le relais effectif des partis de gauche comme en France le Parti Communiste des années quarante-cinq à quatre-vingt dans l’organisation de la vie des catégories populaires ces forces sont aujourd’hui les seules qui leur parlent un langage qu’elles comprennent.
Le rejet des populations ressenties comme étrangères, illégitimes sur le territoire et dans la vie du pays alimente ces organisations, de manière pas toujours assumée par les dirigeants. Je sais de ma propre expérience combien la lutte contre le racisme est un combat quotidien. J’ai été vacciné par une enfance dans un village rural,  une éducation à la fois républicaine et catholique sociale, dix ans de militantisme d’extrême gauche et des décennies de réflexions. Il m’a fallu pourtant parfois réagir de manière volontariste contre mes propres tentations quand jour après jour mon train  traversait les banlieues du nord-est parisien.
Restant des partis … de droite ces organisations n’ont pas d’autre option que de se rallier à une politique libérale qu’elles tentent d’orienter vers une sorte de capitalisme national qui n’a pas d’issue dans le contexte international actuel. Elles sont donc condamnées soit à rester des imprécateurs soit à devenir des gouvernants de droite ordinaire et à perdre leur électorat.
Un peu partout en Europe les groupes d’inspiration fasciste restent de petites officines, souvent d’autant plus violentes qu’elles sont minoritaires. Dans quelques cas ces tendances  demeurent avec difficulté  au sein d’organisations qui évoluent  vers le statut de parti politique respectable
Il existe de nombreux travaux sur « la droite de la droite ». On trouve quelques éléments ici , ici, ici, ici, ou .

Les forces de la gauche radicale, ….

De ce côté la situation est relativement plus simple (ou j’ai l’impression de mieux la connaître car c’est ma famille).  Schématiquement trois filières alimentent ce groupe. D’une part les restes des partis communistes. D’autre part les nouveaux mouvements issus des révoltes des dernières années dont l’exemple archétypal  et quasi unique est (était?)  Podemos . Enfin de plus en plus marginalement les rescapés de l’extrême gauche des années soixante-dix.
Les mouvements contre la mondialisation du début des années deux mille avaient vocation à grossir les rangs de ce courant. On ne voit guère de résultats. Les mouvements de réactions à la crise de deux-mille-huit n’ont pas non plus produit, ou pas encore, l’éclosion de forces significatives. A la notable exception de Podemos que l’absurde courte vue des dirigeants précipités dans une course de vitesse électorale semble prête à suicider le mouvement pour courir après une illusion de pouvoir.
Syriza, l’autre exemple monté en épingle par tous les commentateurs, montre un profil très différent de parti politique relativement traditionnel,, issu de la gauche classique. Une fois élus l’absence de soutien en Europe les condamne à l’alternative « se soumettre ou se démettre ». La marge de manœuvre ne sera pas bien grande. Le soutien ne pouvant pas venir des gouvernements en place, tous acquis à la normalité libérale, seules les mouvements d’opinion pouvaient prendre le relais. Nous avons vu le résultat.
L’aspect le plus intéressant mais pas vraiment nouveau réside dans la convergence peut-être plus forcée par la déclin et la désaffection des couches populaires qu’autre chose des thèmes sociaux et « de société ». Ce groupe présente la plate-forme la plus complète et globale mais reste fortement idéologique.
Nous avons sous-estimé  l’effet destructeur de l’effondrement du bloc soviétique. J’ai fait partie de ceux qui non seulement se réjouissaient de la libération des peuples sous tutelle mais pensaient que cela nous libérait de l’hypothèque stalinienne pour faciliter la marche vers un « socialisme démocratique non-autoritaire ». J’expliquerai plus loin ce que je pense aujourd’hui avoir été notre erreur.
Reprendre le contact avec la réalité d’un terrain devenu autonome et cesser d’osciller entre lamentation, impuissance et incantation ne sera sans doute pas facile.
Quelques repères ici, ici, ici et .

Les verts.

J’imagine que beaucoup seront d’accord pour s’étonner du plus grand ratage politique depuis bien longtemps, celui de l’Écologie politique, avec un É majuscule. Voici la seule idée nouvelle du dernier siècle, stratégique au combien, il s’agit de l’avenir de la planète et de l’humanité. Cela se termine, et pas seulement en France, par de petites bagarres de chapelles ou des pitreries à la Rifkin.
J’ai là-dessus un point de vue personnel venu des lointaines années cinquante, de mon enfance rurale. Je me souviens que mon instituteur de père m’a laissé accompagner les chasseurs du village un jour d’automne. Je devais avoir huit ou neuf ans. Il m’en reste le souvenir ému des brumes qui se lèvent sur les prés, des perdrix débusquées dans les sillons des champs labourés de frais. Comment les écologistes ont-ils pu rater que les ruraux sont leurs alliés naturels, les plus concernés par la durabilité des ressources ? Au nom de l’illusoire protection des petites bêtes qui par ailleurs se débrouillent assez bien et n’a pas grand-chose à voir avec l’écologie politique ?
Le système politique, électoral, a attiré le mouvement écologiste, par ailleurs assez largement constitué de militant d’origine urbaine. Il lui a fait miroiter les ors des palais et l’ivresse de la puissance de gouvernement. Nous voyons un peu partout le résultat. Des partis écologistes existent qui se différencient si peu des organisations traditionnelles et ne savent plus que jouer aux jeux des alliances , de plus en plus fréquemment vers la droite vu la décomposition progressive de toutes les gauches.
Sur les verts en Europe ici une étude globale, et sur les verts du Royaume-Uni.

En espérant avoir un peu plus de temps à consacrer à ceci les jours qui viennent.

Stand by me

Ben E. King, auteur et interprète d’une seule chanson, enfin une seul dont la foule se souvienne : « Stand by me » est parti. Étant donné que le meilleur film de Rob Reiner porte le même titre on pourrait penser qu’il joue le porte-bonheur.
https://www.youtube.com/watch?v=dTd2ylacYNU

John Lennon a placé de titre en seconde position de son album « Rock’n’Roll ». Sans doute pas le plus impressionnant mais un des plus attachant de toute sa production.

Bonne écoute.

Première rose …

… de l’année.

Ces dernières années le majestueux Maigold qui trône au milieu du jardin inaugurait la saison. Cette année, conformément aux dires du poète Old Blush a battu tout le monde de vitesse.

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Old Blush 2015. Photo Dominique Courtois, domaine public

 

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