DOMINIC77

Un peu de tout

Month: juin 2018 (page 1 of 2)

Avec Harlan Ellison encore un peu de ma jeunesse fout le camp

Harlan Ellison.

Un nom que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et pour les autres être auteur de science-fiction pourrait bien ne pas être très gratifiant. Pourtant l’exigence de qualité d’écriture portée par la génération des écrivains enflammés par le tumulte des années soixante a bien transformé le paysage. Assez pour que j’écrive (dans le numéro de Décembre de la revue Fiction) après la Convention de S-F de Heidelberg en 1970 que la S-F devenue adulte et séculière entrait dans la famille de littérature générale.

Harlan Ellison représente typiquement cette génération d’auteurs qui ont voulu se débarrasser des vieux oripeaux de la quincaillerie spatiale des écrivains de la grande époque que l’on a à tort ou à raison classés comme les chantre d’un impérialisme américain triomphant. Le virage bien connu pris par son ami Robert Silverberg d’une carrière de mercenaire tâcheron prolifique vers celle d’écrivain à la production moins abondante témoigne du changement de la S-F de la période. Ce changement faisait écho aux mouvements et luttes du temps dont Ellison a pris sa part.

Au bout du compte il sera peut-être plus connu malgré tout pour ses travaux pour le cinéma ou la télévision  (Star Trek) et sutout son travail d’éditeur de l’anthologie  « Dangerous visions » qui a été reçue comme un claque à l’époque par le petit monde de la S-F. Sa contribution personnelle au premier volume, la nouvelle « Le Rôdeur dans la ville au bord du monde »  écrite pour faire suite à la brillante très courte histoire produite par Robert Bloch souffre un peu de la comparaison avec cette dernière. Elle montre cependant une facette du talent formel d’Ellison.

Il a principalement produit des nouvelles, genre qui ne prédispose pas à la grande célébrité, mais où il savait parfaitement doser les effets et jouer avec le temps. La maitrise narrative rend les traductions intéressantes mais pour ceux qui le peuvent lire les versions originales permet de profiter des qualités formelles de ses textes.

Pour lui rendre hommage le plus sûr est sans doute de lire le premier tome (et les autres, dont le dernier n’a jamais été publié) de « Dangerous visions ». Et ensuite d’errer au fil des opportunités et des occasions.

Kennedy out, la Cour Suprême totalement à droite pour quarante ans

Anthony Kennedy se retire.

On attendait depuis des semaines l’annonce du départ à la retraite du juge de la Cour Suprême Anthony Kennedy. Ce juriste renommé représentait une rareté dans le monde de Trump une sorte d’équilibre. Il a parfois voté avec ses collègues progressistes malgré son orientation en principe Républicaine. Il était donc le « swing Justice » de la Cour.

Aussi quand on a appris l’annonce de la mise en congé (recess) de la Cour Suprême on a pu croire que l’échéance du basculement fatal à droite de l’organe ultime qui régit la vie politique du pays était repoussée au moins à la fin de l’été.

Erreur! Comme scénarisée par un maitre du l’annonce du départ de Kennedy est tombée quelques heures plus tard, a déchainé la parution d’articles dans les médias et l’émission de mails par les organes de propagandes Démocrates.

L’équilibre politique de la Cour Suprême penchait déjà à droite depuis la nomination de Neil Gorsuch par Donald Trump après une année de blocage durant laquelle les Républicains majoritaires au Congrès ont refusé même d’auditionner et donc à plus forte raison de voter sur la nomination de Merrick Garland proposé par Barack Obama. Les statisticiens de FiveThityEight ont synthétisé dans cette illustration les positions calculées des juges en fonction de leurs décisions sur une échelle gauche-droite.

SCOTUS balance © FiveThirtyEightSCOTUS balance © FiveThirtyEight

 Un juriste reconnu et relativement indépendant.

Nommé à la Cour Suprême par Reagan en 1987 Anthony Kennedy aura donc passé 31 ans à la juridiction majeure du pays. Relativement indépendant sa connaissance du droit international constituait une rareté dans le paysage judiciaire. Il a même régulièrement enseigné en Europe, à Salzbourg. Cela faisait de lui un des rares juristes à éclairer le droit des États-Unis d’Amérique à la lumière des lois internationales.

Il a parfois voté avec le groupe des « libéraux » contre sa famille d’origine. Il a en particulier joué un rôle majeur dans l’arrêt « Roe vs Wade » qui rend l’avortement légal.Il a même rédigé une partie des attendus de la décision qui a contraint les états Républicains à se lancer des des batailles législatives pour restreindre les délais légaux d’avortement dans tous les endroits où ils en avaient la possibilité.

Une Cour Suprême devenu acteur politique majeur avec Antonin Scalia.

Nommé également à la Cour Suprême par Reagan Antonin Scalia a contribué à la politisation de la Cour Suprême. A l’opposé de Kennedy qui voit le droit dans une relation dynamique avec l’évolution de la société (et du monde extérieur) Scalia, mort subitement en 2016, représentait le courant « originaliste » qui prétend que la Constitution ne doit pas être interprétée mais lue comme ses rédacteurs d’il y a deux siècles l’ont voulue. Cette démarche, similaire soit dit en passant à celle des musulmans salafistes, n’a évidemment aucun sens et constru=itue déjà une interprétation puisqu’elle pense connaître la pensée des Pères Fondateurs. Elle porte cependant un courant majeur dans l’opinion, celui qui a fait élire Donald Trump, celui du « c’était mieux avant », celui qui n’arrive pas à faire le deuil d’un pays blanc, chrétien et dominateur.

Les enjeux.

Une bataille de procédure est déjà lancée par les Démocrates pour mettre en évidence qu’il serait incorrect pour le pouvoir de nommer un juge avant les élections de Novembre et la prise de fonction du nouveau Congrès en Janvier. Ils gagneraient ainsi quelques mois en espérant reprendre la majorité au Sénat qui leur permettrait de bloquer les nouvelles nominations. Cet espoir se révélera illusoire. Comme l’a affirmé Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat leur préoccupation première est de profiter des circonstances pour remplir les juridictions de juges réactionnaires. Il a ‘ailleurs annoncé une réduction des vacances d’été du Sénat pour mettre en œuvre ce programme (et empêcher les Démocrates de faire campagne dans leurs états). trump de son côté sans état d’âme a annoncé la couleur : nommer vite un « grand » juge.

La plus grave conséquence concerne les droits des femmes et l’avortement en particulier. Les observateurs convergent pour annoncer qu’il suffira de quelques mois pour que l’avortemetn soit interdit dans une vingtaines d’états et peut-être même au niveau fédéral dès que le nouveau juge sera nommé et que l’arrêt Roe » vs Wade » pourra être annulé. La seule chance d’emp^cher cela serait que les sénatrices Républicaines Lisa Murkowski et surtout Susan Collins favorables à la liberté de choix s’opposent à la nomination d’un juge susceptible de voter l’annulation. Mais il faudrait aussi que les Républicains qui ont actuellement une majorité de 51/49 (avec John MaCain absent pour maladie) ne gagnent pas de sièges en Novembre ce qui ets loin d’être acquis.

La Cour a aussi eu à juger des conflits de découpage électoral partisan, parfois avec motivation raciale. Les décisions récentes laissent planer une légère incertitude sur les décisons d’une COur à la majorité conservatrice renforcée. Au mieux elle aurait tendance à maintenir le statu quo  et donc les mesures mises en place majoritairement à l’avantage des Républicains.

Deux décisions récentes portent sur le droit syndical. L’affaiblissement d’une des forces du mouvement progressiste encore opérationnelle constitue un objectif majeur des Républicains et nul doute qu’une Cour à la majorité homogène n’aura aucune hésitation.

Les prochains juges normalement appelés à se retirer du fait de leur âge appartiennent au camp progressiste. La majorité semble donc être en train de basculer su côté obscur pour pluieus décennies.

Que faire?

Les Démocrate et le mouvement progressistes ne possèdent que peu de moyens d’action. Juridiquement et légalement rien ne peut empêcher la nomination de nouveau juge à partir de la date de démission annoncée de Kennedy. La seule possibilité réside dans le refus de confirmation par le Sénat où les Républicains ont la majorité. Même en l’absence de John McCain la voix prépondérante du vice-président suffira à trancher.

Les seuls moyens sont donc d’ordre politique. Il est possible que la possibilité d’annulation de « Roe vs Wade » suffise à faire basculer Susan Collins qui s’est déjà opposée à Trump sur l’abrogation de l’Obamacare. La position de Lisa Murkowski risque d’être plus douteuse.

De grandes manifestions pourraient aussi peser soir sur les nomination soit sur les confirmations mais le sujet de la Cour Supr^me n’est sans doute pas de nature à mobiliser les foules. Aucun des sujets de société en jeu, avortement, droit de vote, droit syndical ne semble constituer par lui-même un vecteur de mobilisation majeur. Un tel mouvement ne sera probablement pas initié par le Parti Démocrate à trois mois d’élections cruciales.

Par contre l’effet sur les élections de mi-mandat de Novembre peut être significatif. Certains, comme Kevin Drum, y voient même le signe de la victoire . On peut en douter car la mobilisation aux primaires est très fortes dans les deux camps. La démobilisation propre au parti présidentiel dans ce cas de figure ne se produit pas cette année. Donald Trump va utiliser cette possibilité de nomination pour encore plus amener sa base aux urnes. Rien n’est donc fait.

 

 

Mes liens de travail sur le sujet.

27/06/2018

https://www.npr.org/2018/05/24/614228261/mitch-mcconnell-on-filling-the-federal-bench-this-is-my-top-priority //Même s’il doivent y passer le mois d’Août.

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/25/17461318/anthony-kennedy-ideology-retirement-supreme-court

https://www.vox.com/2016/5/18/11685728/scotus-supreme-court-preview

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/26/17506054/anthony-kennedy-retirement-supreme-court //Louper les mi-mandats de 2014 a eu de lourdes conséquences.

https://newrepublic.com/minutes/149454/can-trumps-supreme-court-apocalypse-stopped

https://www.commondreams.org/news/2018/06/27/handing-trump-chance-move-supreme-court-even-further-right-justice-anthony-kennedy

https://www.alternet.org/news-amp-politics/heres-why-trump-doesnt-need-replace-justice-kennedy-all-supreme-court-could-be

https://fivethirtyeight.com/features/which-justices-were-bffs-this-scotus-term/

28/06/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/celebrating-anthony-kennedy/563966/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Kennedy

Notre difficulté à comprendre l’habileté tactique de Donald Trump.

Les dernières semaines ont montré au monde entier la mise en œuvre de la politique de la politique migratoire de Donald Trump. Nous avons pu croire que les cris déchirant des enfants séparés de leurs parents et parqués dans des conditions douteuses allaient enfin mettre fin à cette sorte d’état de grâce larvé que connait le président. Les exagérations de certains medias qui ont ressorti des images d’enfants n’ayant rien à voir avec la situation à la frontière mexicaine ou la mise en scène trop habile de certaines images comme la couverture de Time se sont révélées très contre-productives. Quand on veut faire montre de moralité il convient d’être exemplaire et ne pas prêter le flanc à la critique.

Mais cela n’explique pas tout et surtout pas que la cote de popularité de Donald Trump ait enregistré une progression ces derniers jours. Ce sondage  n’est pas le fait d’une organisation particulièrement  trumpiste (comme le sont ceux de  Rasmussen). Les choses se sont passées comme si la politique de séparation des familles, d’inspiration clairement raciste, n’avait pas d’incidence sur la popularité du président. On peut se dire que sa base approuve et que les autres se sont déjà fait une opinion. Mais le décret censé interdire ces séparations a clairement eu un effet positif au-delà des soutiens habituels du président jusque dans les rangs des électeurs Démocrates. Assez curieusement les électeurs déclarés indépendants que l’on pourrait penser à la croisée des chemins entre les deux camps semblent moins sensibles à ce revirement de Donald Trump, plus réellement « indépendants ».

Voilà qui nous oblige à nous interroger sur notre compréhension de ces phénomènes.

Il est clair que l’opinion distingue l’appareil gouvernemental et l’homme Donald Trump, que les condamnations des actions du premier n’impactent pas nécessairement le second. Ou pas de la même manière. Ainsi Trump peut impunément demander une politique extrême à la frontière dont la culpabilité retombe sur son administration et retirer les honneurs de celui qui met fin au carnage par la signature mise en scène d’un décret dans le bureau ovale. Et plus encore il sait ou du moins perçoit que le système fonctionne ainsi.

A nous de réfléchir.

Trois à la file. La Cour Suprême au secours de Trump

Les trois décisions rendues ces derniers jours par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique sont de natures différentes et s’inscrivent dans des processus judiciaires bien différents.

La première vient en conclusion d’une longue bataille sur le découpage électoral du Texas. Elle affirme que les découpages contestés ne le sont pas sur une base raciale. La jurisprudence sur ce type de problème distingue entre les motivations raciales des découpages qui seraient destinés à biaiser les résultats à partir d’une inégalité de représentation des catégories ethniques. La questions est évidemment complexe et délicate, tellement que le Voting Right Act adopté après les luttes des droits civiques des années 1960 portaient en majorité sur cet aspect. La formulation laisse la porte ouverte à d’autres actions puisque la Cour a majoritairement statué que la démonstration n’était pas faite de l’intention de construire des découpages biaisés. Elle laisse ouverte la possibilité   d’autres actions amenant des preuves plus concluantes. La Cour s’est divisée entre les juges conservateurs et progressistes (5/4) selon le schéma qui devrait être dorénavant classique. Dans une autre récente affaire de découpage électoral concernant le Wisconsin la Cour a refusé de statuer ce qu’elle fait habituellement quand il s’agit de problème de découpage électoral sans caractère racial. La question va devenir de plus en plus aiguë au fil des prochains mois vu la tension électorale avec l’élection de 2002 en perspective, une démographie a priori au désavantage des Républicains et le redécoupage général des circonscriptions qui suivra le recensement de 2020.

 

La Cour a eu à juger ce jour du recours posé contre une loi de l’état de Californie qui imposait aux organisations de conseils auprès des femmes souhaitant avorter de présenter clairement leut position sur l’avortement. Les « centres de crise de grossesse » qui sont des officines anti-avortement refusaient cette obligation confirmée en première instance. Sans rendre un avis définitif la COur à juger que la loi est probablement non-constitutionnelle car elle ne respecte pas le droit de ces officines au Premier Amendement (droit à la Libre Parole). Autrement dit pour la Cour Suprême le droit à la libre expression inclut le droit au mensonge, même si par omission. Ce jugement pourrait être un pas vers l’interdiction globale de l’avortement au niveau fédéral qui ets la première raison pour laquelle la droite chrétienne à voté pour Donald Trump afin qu’il remplisse la Cour de juges conservateurs.

Le dernier jugement évidemment applaudi par la Maison-Blanche est la confirmation du bien fondé de l’interdiction d’entrée sur le territoire de citoyens de plusieurs pays majoritairement musulmans. Le Juge en chef Roberts a lui-même rédigé l’avis qui confirme la conformité de la décision au rôle défini pour le président. Il ne juge pas de la constitutionnalité de l’interdiction elle-même dont le caractère sélectif (Travel ban) avait fait l’objet des poursuites. .

Le rôle de la Cour Suprême dans la vie politique du pays ne peut que croître dans un contexte de division politique exacerbée.

Ces victoires sont bienvenues pour le camp Trump et vont contribuer à regonfler le moral de la base. Les résultats des primaires de ce Mardi 26 Juin seront d’autant plus intéressants.

Les primaires du 12 Juin

Comme les semaines précédentes le travail de Vox sur les primaires rassemble les informations essentielles.

Les enseignements globaux sont plutôt moins nuancés que les semaines précédentes.

Hors primaires au Wisconsin les Démocrates confirment les tendances aperçues précédemment qui ne sont pas bonnes pour le Grand Old Party dans l’état de Paul Ryan qui pourrait bien se féliciter de se retirer sans avoir à assumer un échec. Si cette retraite était une manœuvre tactique pour se présenter en recours post-Trump la réussite ne pourrait se bâtir que sur des ruines. Dans les élections à l’assemblée de l’état ils ont perdu un siège là où Trump avait gagné de 17 points

Les primaires quant à elles ont confirmé la volonté de l’électorat Démocrate de voir des femmes candidates. En Virginie où quatre sièges Républicains à la Chambre sont à portée les couleurs Démocrates seront portées par des femmes dans toutes ces circonscriptions.

En Caroline du Sud Trump a donné un coup de pouce de dernière minute, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, à une candidate très à droite qui a battu le sortant Mark Sandford et rendu un peu plus indécis le résultat de Novembre dans un état pourtant résolument Républicain.

Les chiffres de participation sont à peur près partout légèrement en faveurs des Démocrates. Ce signe est particulièrement favorable vu la difficulté chronique à mobiliser les électeurs Démocrates pour les élections intermédiaires.

Dans le Maine la tentative d’introduire un système de vote qui rompe avec les inconvénients de la majorité simple n’a pas remporté un grand succès et les résultats sont attaqués en justice par le gourveneur, Paul LePage. Les résultats sont donc en suspens.

Mise à jour 13h52.

N’oublions pas en Virginie que la primaire pour le siège de sénateur a été gagné chez les Républicains par Corey Stewart qui est connu comme un extrémiste raciste. Tim Kaine, le candidat vice-président de Hilary Clinton en 2016, n’était pas considéré comme ne danger mais ce choix va fracturer un peu plus le Parti Républicain et confirme l’emprise trumpienne. A terme ce sont le PArti Républicain et le système bipartisan institutionnalisé qui risquent d’entrer en crise.

Singapour, premières réflexions.

Les réaction au sommet Trump-Kim et au contenu du communiqué commun n’ont apporté aucune surprise. Même les plus enclins à voir le verre de la paix à moitié plein reconnaissent la vacuité du texte qui ne contient aucun engagement concret.

Parmi les quatre points écrits trois sont des vœux pieux de circonstance et le quatrième, symboliquement lourd ne coûte rien.

1-Les deux parties s’engagent à construire de nouvelles relations pacifiques en conformité avec le souhait des peuples.

2-Elles joignent leurs efforts pour la paix dans la PENINSULE.

3-Elles confirment la déclaration de Panmujon du 27/04/2018 (entre les deux présidents coréens) de travailler à la dénucléarisation de la PENINSULE.

4-Elles vont travailler ensemble à la recherche et au rapatriement des restes des morts de la guerre de Corée.

La Corée du Sud est la grande absente de l’accord écrit et signé. Donald Trump s’est senti obligé de célébrer le travail du président sud-coréen dans son intervention orale peut-être pour compenser.

Les deux seules mesures concrètes présentées sont l’abandon des manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis d’Amérique et la Corée du Sud, concession significative de Donald Trump et le rapatriement des restes des morts de la guerre. La portée effective de la promesse faite d’après Trump oralement et in extremis par Kil de démanteler un site significatif de production ou de test des missiles reste à confirmer.

La tenue du sommet et la photo restent les résultats les plus tangibles, politiques, de l’opération qui actuellement doit d’abord  être considérée comme une superbe action de communication même si la baisse des tensions dans toute région du monde est une bonne nouvelle.

Le contraste entre le Trump du G7 et le Trump de Singapour ne doit pas étonner. Dans une réunion multipartite où il n’est pas le leader il ne peut que jouer les trouble-fête. A Singapour il pouvait montrer un visage positif et profitant de la discrétion relative de Kim qui lui a laissé la vedette il a pu occuper toute la place.

L’objectif premier, à court terme, de Donald Trump se situe en Novembre. Il a peut-être gagné en Extrême-Orient des élections de mi-mandat qui semblaient bine mal parties. Il n’est pas certain qu’il vise actuellement plus loin puisque ces élections constituent sa garantie de soutien par les Républicains et donc la protection contre les pousuites.

Mais si l’on cherche des éléments d’orientation stratégiques dans l’événement, après un G7 conflictuel qui a ébranlé la partie européenne, on peut se demander si nous n’avons pas là un indice complémentaire de l’évolution vers la zone Pacifique des États-Unis d’Amérique. L’attention apportée à la Chine dans la conférence de presse, à la relation avec le président chinois ou à la frontière sino-coréenne montre la place que tient le pays de Xi-Jiping dans l’esprit de Donald Trump.

Mais plus étonnant peut-être on peut se demander si la constante volonté des nord-coréens à faire aboutir le processus de rapprochement ne va pas au-delà de la seule recherche d’une honorabilité qui leur ouvre les portes du développement. Établir à terme des relations pacifiées avec leur ancien ennemi permettrait  de desserrer l’étreinte chinoise et d’envisager la marche vers une forme de rassemblement de la péninsule coréenne, à défaut de réunification impossible à court terme,  qui ne soit pas entièrement à leur désavantage.

La vérité dans la bouche d’un enfant.

La conférence de presse tenue par Donald Trump après le sommet avec Kim Jong-Un  valait le détour.

Après avoir lu une introduction assez probablement écrite par son équipe il s’est lancé dans une vibrante apologie de tous ses « amis » qui ont permis le sommet. Le ton n’était pas sans rappeler la plus belle langue de bois stalinienne de vieilles années. On peut d’ailleurs rapprocher cette période du début de la conférence de presse avec la fin quand le ton vis-à-vis par exemple de Xi-Jiping est passé à l’opposé.

Mais le plus remarquable a été noté par Aaron Rupar de Think Progress. Donald Trump n’a pas voulu répondre aux questions sur la sincérité de Kim Jong-Un après avoir affirmé que sa grande et experte  pratique de la négociation et de l’évaluation des hommes l’avait d’emblée rassuré. Confronté encore une fois à la question il a fini par exposer une vérité toute simple. « Si dans six mois je m’aperçois que je me suis trompé je ne sais pas si je l’admettrai mais je trouverai bien une excuse ».

Tellement sûr de lui qu’il ne peut même pas cacher la vérité.

Et encore sur la photo de famille

Le compte twitter du Quotidien du peuple, journal officiel chinois a publié côte à côte la photo conflictuelle et un photo des principaux invités de la réunion de l’organisation de Shanghai qui se tenait au même moment que le G7. A gauche l’affrontement autour du sale gosse et à droite des gens souriant qui s’entendent bien. Si Donald Trump était payé par Poutine il ne pourrait faire mieux.

Compte twitter quotidien du peuple.
Compte twitter quotidien du peuple.

Comment lire une photo de famille.

Nous avons tous vu  ceci :

Conseil de famille © Jesco Denzel
Conseil de famille © Jesco Denzel

 

La photo de Jesco Denzel  publiée par la chancellerie allemande a rapidement fait le tour de monde. Même l’ancien président mexicain, Vicente Fox, l’a reproduite.

L’événement G7 et sa conclusion à l’initiative de Donald Trump ont montré la diversité possible des réactions à un même stimulus.

Ma réaction, et celle de mes proches avec qui je partage le rejet de tout ce que représente le président des États-Unis d’Amérique a vu dans cette photo un conseil de famille réuni pour la faire la leçon à l’enfant gâté assis sur son caprice. Le tweet quasi immédiat de John Bolton, le conseiller à la Sécurité moustachu debout à côté de son patron, dit exactement le contraire : le président dicte sa loi.

Tout aussi curieuse est la diversité des narrations lues au hasard des différents médias. Deux modèles de la réaction de sabotage a posteriori du G7 par Donald Trump existent.

Le premier fait de la publication de la photo par la chancellerie le stimulus déclencheur de la réaction initiée par le tweet de Bolton. Qu’il ait éprouvé le besoin de réagir aussi vite semble indiquer qu’il a compris le pouvoir délétère de cette image.

La seconde narration fait de l’intervention de Justin Trudeau qui n’a pourtant rien dit de nouveau, l’événement qui provoque l’ire du monarque. Au passage remarquons la réaction unifiée de la classe politique canadienne.  Tous les partis politiques canadiens se rangent derrière leur premier ministre. Cette réaction montre aussi une réussite trumpienne : Twitter est devenu le vecteur normal de l’expression politique.

La politique devenue spectacle n’empêche pas .que le pouvoir des images peur dépasser l’intention de celui qui met en scène.

Trump dictateur selon Fox News?

Abby Huntsman, présentatrice sur Fow New, a fait le plus beau lapsus que l’on puisse imaginer. Elle a présenté le meeting de Donald Trump et Kim-Jon Un comme la rencontre de deux dictateurs.

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