DOMINIC77

Un peu de tout

Category: PERSO (page 1 of 7)

Ceci pour grouper tous les articles qui ne sont relatifs qu’à ma vie, ,mes lubies, etc …

Iran, tous au pied du mur.

Les États-Unis d’Amérique viennent de lancer une offensive anti-iranienne dont on ne sait pas trop qui l’a décidé. Entre Donald Trump et son conseiller faucon John Bolton font leurs annonces sans que l’on puisse savoir qui prend les décisions. On connait le caractère du président capable de lancer une éruption qu’il veut faire passer pour l’expression de sa supérieure intelligence. La seule technique de « négociation » qu’il ait jamais affirmée consiste en l’effet de surprise en étant en position de force. Bolton de son côté a probablement une conception des relations internationales qui revient à une guerre permanente pour assurer la supériorité du pays et interdire la mise en place  de régime qui ne supposés hostiles ou culturellement trop différents de la norme occidentale.

Le déplacement des forces navales vers le Moyen-Orient et le Golfe Persique était programmé de longue date et les déclarations de Bolton associées au voyage de Pompeo à Bagdad constituent donc un nouvel élément qui fait suite aux nouvelles sanctions annoncées précédemment. Tout cela semble constituer malgré tout un effort organisé pour accélérer la révolte du peuple iranien et provoquer le changement de régime à Téhéran tant espéré à Washington.

Et aujourd’hui la réponse iranienne semble des plus sensées. Le pays annonce se retirer partiellement des obligations de l’accord sur le nucléaire dont Donald Trump s’est retiré il y a 1 an mais avec une échéance de deux mois avant la reprise de l’enrichissement de l’uranium qui serait le signe définitif de la rupture. La condition explicitement exprimée de la non-reprise de l’enrichissement est que les tiers, les autres pays signataires de l’accord, dont la France, prennent enfin leurs responsabilités et, comme ils l’avaient promis, mettent en place les mesures permettant de contourner les incroyables sanctions que se permettent les États-Unis d’Amérique à l’égard de tout ce qui ne leur plait pas.

Il nous appartient donc, maintenant que nous sommes mis au pied du mur, de choisir le camp des brutes impériales ou le camp d’un futur ouvert. Quelle voie prendra notre président? La ministre de la Défense a déjà laissé entendre qu’il n’était pas question de ne pas se coucher devant l’ogre nord-américain.

Nous ne construirons pas un nouvel ordre mondial pacifié sur ces bases.

 

Et Glucskmann assassina la gauche.

Par ce mouvement imbécile que personne ne comprend vraiment Raphaël Glucskmann met fin au projet de Place Publique, une des chances de renaissance de la gauche.

La victoire de François Hollande en 2012 a rapidement mis en évidence la décrépitude des partis et l’impérieuse nécessité de refonder entièrement la gauche en France.

J’ai vu le premier espoir dans la naissance de Nouvelle Donne quand de nouvelles têtes affranchies de la plupart des anciennes obédiences ouvraient un nouvel espace de débat et de militance. Las! On sait ce qu’il advint de Nouvelle Donne suffocant noyée dans des querelles d’ego ou de chapelles que, dégouté,  je n’ai pas cherché à élucider.

Entre temps l’avancée irrésistible du néo-libéralisme consacrée par  la victoire d’Emmanuel Macron a rendu désespérément nécessaire la reconstruction d’une gauche populaire capable d’intervenir dans le débat politique national et d’offrir des perspectives concrètes.

J’ai donc accueilli l’irruption inattendue de Place Publique comme le cadeau que je n’attendais plus. Présenté par son trio hétéroclite qui rompt heureusement avec les habitudes politiciennes l’entreprise m’a convaincu d’outrepasser la fatigue des soixante-dix ans qui approchaient pour replonger dans le grand bain.  Raphaël Glucskmann dont les commentaires me semblent  souvent justes. Thomas Porcher qui apporte une vue profane dans la grande Église de l’Économie. Mais la joyeuse ténacité de Claire Nouvian constitue la divine surprise, la voix inédite. Et ce trépied n’est pas le socle sur lequel s’appuie le mouvement. Le terrain, les expériences concrètes alimentent la réflexion et fournissent les pistes d’action. Nous sommes revenus sur les rails. Un petit effort parmi tous ceux qui sont à inventer pour reconstruire l’espoir.

Que vous est-il passé par la tête Raphaël Glucskmann pour jeter tout ceci aux orties?

L’ambition personnelle? Je n’y crois guère.

L’illusion d’une ralliement magique autour d’un PS moribond de toutes les forces vives disponibles ? Vous êtes assez fin pour la comprendre.

Évidemment il n’est pas sauveur suprême et cette occasion ratée ne nous empêchera pas de rebondir un peu plus tard, un peu plus difficilement. A chacun de faire son autocritique.

Mado

 

A tous les petits-enfants et arrière petits-enfants de notre mère.

Ces dernières années, ces dernières semaines plus encore Mado usée par la vie nous a montré ce visage émacié par le manque d’appétit, les clavicules saillantes, la difficulté croissante à tenir sa maison. Je me souviens d’autres images.

Pour beaucoup d’entre vous Mado était la dernière personne de votre ascendance à avoir connu la seconde guerre mondiale. Sa disparition marque le moment où une réalité lointaine mais sensible devient de l’Histoire. Peut-être cette époque difficile a-t-elle été pour quelque chose dans sa difficulté à s’autoriser à sourire.

Tous les voyages à Meaux des derniers jours ne pouvaient manquer de faire remonter d’anciennes mémoires. De mes souvenirs de ma ville quelques uns des plus anciens s’enracinent juste à côté de l’hôpital. Rue Saint Faron habitait la famille de ma mère. Je me souviens d’un jour, assis sur le porte-bagage avant du vélo de la grand-mère Marthe j’ai mis le pied dans les rayons. Nous nous sommes cassé la figure à la sortie du pont de chemin de fer. J’ai tendrement aimé cette grand-mère qui avançait pourtant dans la vie sans faire de prisonnier, sans égard pour les dégâts affectifs qui la suivaient. Il a fallu des décennies et des décennies et la mort de la grand-mère pour que Mado se libère, puisse s’épancher et plus librement exprimer des sentiments.

A Leudon-en-Brie la première moitié de Juillet transformait l’école en théâtre, les pupitres des écoliers bien rangés sous le préau. Deux semaines pendant lesquelles Mado sortait de la cuisine et du rôle d’épouse du maître d’école. Transformée en costumière, régiseure, experte en costumes de papier crépon, en infirmière de petits bobos à l’occasion elle permettait que se prépare sans faille la représentation du 14 Juillet qui précédait la distribution des prix. Qu’aurions-nous fait sans elle?

En 1958 nous quittons Leudon. La famille commence une nouvelle vie. J’entre en sixième et dans l’adolescence. La tuberculose choisit ce moment pour m’envoyer respirer l’air des montagnes du Jura un an et demi. Pour mon retour elle est venue me chercher. Je me souviens précisément du chocolat qu’elle m’a payé quand nous attendions le train pour Paris à la gare de Culoz, ou de Bellegarde je ne sais plus. La première fois que le petit campagnard que j’étais consommait ainsi dans un café. La télévision, très rare dans les lieux publics à cette époque, diffusait le lancement du paquebot France. Je me souviens du 11 Mai 1960.

Bien plus tard autour de l’année 1975 la radio annonce le matin une descente de police au local d’un obscur groupuscule gauchiste. Mes parents connaissaient mon activité mais nous n’en parlions guère et surtout pas avec ma mère que je n’imaginais pas susceptible de repérer le nom de mon organisation dans le vacarme des informations. Elle m’a donc bien étonné et même touché ce jour-là quand elle a appelé pour s’inquiéter de mes nouvelles.

Ce ne sont que quelques instantanés. Chacune et chacun d’entre vous a sans doute vécu de ces instants quand la discrète baissait le masque pour montrer son meilleur visage.

Etat de l’Union : que vas dire le Donald?

Après la défaite en rase campagne il y a quelques jours les bruits qui ne peuvent manquer de courir avant le discours sur l’état de l’Union que Donald Trump va donner devant le Congrès laissent entendre qu’il serait en recherche de compromis et que le ton sera conciliant.

Le compromis en question, sur le financement du Mur trumpien de la frontière sud, impliquerait des reculs importants des Démocrates par rapport aux positions qu’ils n’ont cessé d’affirmer. IL est difficile de cerner les contours de ce qui pourrait satisfaire les deux parties.

De plus Donald Trump a toujours affirmé et c’est à peu près le seul élément de tactique qu’il connaisse, que la surprise est un atout gagnant.  On saura dès le discours qi un nouveau « shutdown » se profile. On connaîtra aussi la profondeur des fissures qui semblent être en formation dans le Parti Républicain.

Rendez-vous demain matin. La plus grande surprise serait de ne pas être étonné.

La démocratie n’est plus ce qu’elle était

En tête du petit opuscule récemment publié par mon ami François  en prolongement de son livre « Eldorado »  il place une remarque à laquelle je n’avais pas songé. S’interrogeant comme toute notre génération de vieux combattants qui avaient plus ou moins vingt ans en Mai (1968) sur les gilets jaunes il voit dans le mouvement actuel la célébration et l’enterrement de Mai68. On peut comprendre ou interpréter cela de multiples manières . La plus facile sans doute consiste à considérer qu’un cycle se clôt définitivement et que deux générations plus tard nous sommes entrés dans un nouveau monde. Que faire comprendre les élans de notre jeunesse à nos petits enfants est devenu une gageure impossible à tenir. Rien d’étonnant à ce que l’inquiétude qui sourd à travers ces pages concerne notre capacité à vivre ensemble de manière civilisée.

Hier Libération a convoqué en couverture Edgar Morin et Alain Touraine. La réunion de deux nonagénaires icônes de la pensée de gauche, pouvait-elle éclairer ce mouvement que nous, les vieux, avons tant de mal à appréhender?

Depuis « La rumeur d’Orléans » et mes années d’Université j’avais perdu de vue Edgar Morin et ne suis revenu à lui que tardivement. J’ai regetté de n’avoir pas suivi de plus près l’homme de la pensée complexe. A posteriori une des voix les plus pertinentes dans la recherche d’une posture que l’on pourrait appeler scientifique dans les sciences humaines où la méthode et la rigueur l’emporte sur les convictions brutes. Mais en plus du respect épistémologique la permanence de la présence humaine dans son travail m’a contraint à une affection pour le bonhomme.

A la différence d’Alain Touraine qui reste pour moi drapé dans son manteau de hiérarque socialiste. Il y a une quinzaine d’années cherchant des réponses à la question « Qu’est-ce que la démocratie? » j’ai lu son ouvrage éponyme.  J’ai bien plus trouvé un précis historique : les aventures du libéralisme et du républicanisme. La catastrophique expérience de l’Union Européenne et les gilets jaunes m’auront bien plus appris.

Les dérives autoritaires, qu’elles soient d’extrême-droite (Italie, États-Unis d’Amérique) ou néolibérale (France,  États-Unis d’Amérique-doublon volontaire)  complètent le tableau. La crise que nous traversons, ou qui nous traverse, est bien globale et civilisationnelle. Elle nous présente l’occasion de mettre en question de vieilles certitudes pour revenir à d’humbles tâches comme la reconstruction d’un « nous ».

 

 

 

Kamala Harris candidate

L’annonce de la candidature de Kamala Harris aux primaires Démocrates de 2020 n’était plus une surprise depuis plus d’une semaine. Après les annonces plus ou moins fermes de Kirsten Gillibrand, Cory Booker, Julian Castro, Elizabeth Warren, Beto O’Rourke ou Sherrod Brown il devenait urgent de se positionner pour un profil classé historiquement au centre (droit) du Parti Démocrate mais qui s’est donné des allures de gauche depuis quelques mois. Elle a profité du climat anti-Trump et de la popularité des thèmes popularisés par la gauche comme l’assurance santé universelle (Medicare for All) pour infléchir son image. Il sera toujours temps de faire preuve de « réalisme » dans la phase finale de la campagne. Les promesses électorales n’engagent que …

Le seul de la bande que l’on puisse raisonnablement classé à gauche est Sherrod Brown. En plus évidemment de Bernie Sanders dont la candidature pose de gros questions tactiques de dispersion des voix depuis que Warren a déclaré son intention. L’âge de Sanders accentue le problème mais sa présence pourrait garantir que le débat sur les orientations du candidat finalement choisi ne soit pas escamoté et que le rapport de forces au sein du Parti Démocrate continue à évoluer.

Depuis son intervention remarquée à la tribune lors de la Marche des Femmes de 2017 juste après la prise de fonction de Donald Trump la candidature était plus que prévisible.

Depuis des jours les plus vigilants attiraient l’attention sur le passé de ministre de la Justice de Californie de Kamala Harris clairement orienté vers une sévérité classique.

La composition de l’équipe de campagne est claire : presque tous sont des repêchés de la campagne d’Hilary Clintion. Au cas certains auraient des doutes.

Dans la foule des candidats Démocrates déclarés ou supposés le facteur racial jouera à coup sûr un rôle. Sur ce terrain Harris fille d’un couple d’immigrants indien et jamaïcain est particulièrement bien placée. Sa pugnacité d’ancienne procureure lui a permis de se mettre en évidence au Sénat lors des auditions de confirmation des candidats choisis par Donald Trump comme Brett Kavanaugh ou lors de l’audition de James Comey.

Rarement la bataille des primaires aura été lancé aussi tôt et avec autant de candidats. Cette abondance fait craindre une dispersion et des luttes internes qui pourraient laisser des marques dans la phase finale quand l’unité du corps électoral pour stopper la droite trumpiste sera essentielle.

 

Mes liens de travail :

https://fivethirtyeight.com/features/what-would-it-take-for-trump-to-get-primaried/

https://www.salon.com/2019/01/09/court-allows-republicans-to-pursue-ballot-security-measures-aimed-at-minority-voters/

10/01/2019

https://fivethirtyeight.com/features/the-5-key-constituencies-of-the-2020-democratic-primary/ //Basé sur des groupes en non sur des thèmes ou des idées (environnement, féminisme, justice raciale, armes à feu).

12/01/2019

https://thehill.com/homenews/campaign/425010-tulsi-gabbard-announces-2020-white-house-bid //Les choses se compliquent pour les Démocrates. Une scène de primaires surencombrée. Des aspirants progressistes qui sont peut-être de droite (Tulsi Gabbard, Kamala Harris). Heureusement le départ prématuré pourrait permettre un filtrage efficace et limiter le nombre de réels candidats en 2020.
https://www.salon.com/2019/01/12/salon-2020-meet-richard-ojeda-west-virginia-populist-and-first-out-of-the-gate/ //Un peu de piment populiste (trumpien?) dans la primaire Démocrate.

https://www.nytimes.com/2016/05/10/us/attack-on-state-senate-candidate-overshadows-west-virginia-vote.html

https://thehill.com/homenews/campaign/425039-julian-castro-announces-2020-plans //Et encore un. La scène commence à être bondée. Les moins bien placés tentent de combler leur handicap en occupant tôt le terrain. Julian Castro a une carte à jouer chez les hispaniques mais cela suffira-t-il?
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/12/17/18134587/democratic-candidates-2020-race //C’en est même comique.

https://theintercept.com/2018/06/08/julian-castro-2020-presidential-election/

13/01/2019

https://thehill.com/homenews/campaign/425110-gillibrand-signals-2020-run-during-private-meeting-report //Et une de plus dans la foule de la primaire Démocrate.
https://www.vox.com/2019/1/13/18181010/los-angeles-teachers-strike //Le social, le financement de l’éducation, collisionne avec la campagne électorale (Eric Garcetti) dans la riche et Démocrate Californie.

14/01/2019

https://thehill.com/blogs/in-the-know/in-the-know/425197-kasich-signs-with-top-hollywood-talent-agency-as-he-leaves-ohio //La campagne contre Trump a commencé. A haut risque. Kasich devra peut-être se présenter comme indépendant ce qui n’a jamais fonctionné mais face à un Trump disqualifié par les affaires il pourrait un candidat de recours auquel la COnvention républicaine en crise pourrait se rallier in-extremis.
https://www.project-syndicate.org/commentary/america-new-democracy-movement-political-reforms-by-laura-tyson-and-lenny-mendonca-2019-01 //Le renouveau passe par les états et les initiatives mises au vote lors de l’Election Day tous les deux ans.

https://theintercept.com/2019/01/14/2020-election-democratic-primary-candidates/

https://thehill.com/blogs/in-the-know/in-the-know/425282-gillibrand-to-visit-the-late-show-amid-reported-2020-plans //Et une de +

15/01/2019

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2019/01/bloomberg-biden-gillibrand-appear-sharpton/580315/ //Le faiseur de roi?

https://fivethirtyeight.com/features/how-17-long-shot-presidential-contenders-could-build-a-winning-coalition/

16/01/2019

https://thehill.com/homenews/campaign/425525-gillibrand-announces-exploratory-committee-to-run-for-president-on-colbert

https://www.npr.org/2019/01/16/676604096/ohio-sen-sherrod-brown-moves-closer-to-launching-2020-campaign //On continue

17/01/2019

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2019/01/draft-beto-orourke-wants-him-run-president/580654/ //L’establishment ne perd pas de temps.

20/01/2019

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2019/01/elizabeth-warren-got-out-ahead-democratic-field/580873/

https://thehill.com/homenews/campaign/426107-orourkes-strategy-show-americans-the-real-beto //La manière trumpienne de faire campagne fait des émules.

21/01/2019

https://prospect.org/article/beat-trump-2020-democrats-must-build-wall

https://talkingpointsmemo.com/news/kamala-harris-announces-run-president-race La composition de l’équipe est claire. K.Harris est l’héritière colorée de H. Clinton.. résolument à droite donc.

Le « shutdown » de Trump nous fait perdre le Nord.

Cet article de The Atlantic annonce une curieuse retombée du blocage partiel du gouvernement des États-Unis d’Amérique provoqué par l’obstination de Donald Trump à obtenir une reddition sans condition de ses adversaires politiques sur la question du mur de la frontière sud.

La dérive du pôle magnétique est assez désordonnée et imprévisible. Deux organismes ont ms ua pont un nouveau modèle pour en rendre compte, Le « British Geological Survey » et le « U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration ». Leurs résultats devaient être publiés aujourd’hui (15/01/2019). On peut trouver ici le site de publication qui est fermé  faute de crédits de fonctionnement à cause du blocage.

Pas de commentaire.

Pour la taxe d’habitation

En nous faisant le « cadeau » de la taxe d’habitation Emmanuel Macron nous aurait-il privé de notre esprit critique?

Sans doute convaincu de devoir présenter un contre-poids à la suppression de l’ISF, l’impôt des riches, il a voulu agir avec en symétrie sur  un impôt des gens ordinaires. Il a pu s’appuyer  sur les dysfonctionnements de l’impôt de proximité pour ironiser sur les taxes stupides et insister sur la nécessité de baisse de la pression fiscale qui sert depuis longtemps à la droite pour justifier la destruction de l’état social.

Que signifie la taxe d’habitation?

Pourtant si nous revenons au principe voilà bien un impôt juste dans son principe et éminemment concret. Je paie pour que mes ordures soient collectées, pour les fossés le long de la maison soient nettoyés, pour que l’école des enfants soit confortable. De plus ces services sont organisés par une équipe municipale constituée d’élus de proximité que je rencontre dans la rue et qui souvent me connaissent.  Il n’existe pas de circuit politico-fiscal plus court que celui-là. Le détruire est détruire un élément vital de notre vie commune.

Que signifie sa suppression?

Au risque de répéter une évidence on doit redire que cette suppression participe du mouvement général de recentralisation imposé par l’autoritarisme macronien. Ce mouvement de la part d’un gouvernement de droite pourrait étonner vu la tendance générale des néolibéraux à saper les régulations et l’état en général.

Après l’état gaullien des trente glorieuses qui a voulu rebâtir une France industriellement forte nous assistons depuis plusieurs décennies à une déconstruction de l’état social qui vise à réorienter vers le capital le plus possible de moyens et à lui redonner les leviers de pouvoir.

La décentralisation sont on me rebat les oreilles depuis le début de ma vie d’adulte en est le plus visible label sous prétexte de rapprocher les centres de décision des populations concernées.

Le retour de l’état fort que Macron prétend impulser pourrait bien, au-delà du syndrome personnel  d’un mégalomane de salon signifier que nous sommes entrés dans une nouvelle phase. L’argent-roi a de nouveau besoin de l’autorité régalienne pour assurer son pouvoir et la collecte de ses bénéfices. Les gouvernements successifs ont concocté des lois dites « travail » qui ont provoqué sous Hollande comme sous Macron des réactions massives contre lesquelles on a vu une évolution nette de la doctrine policière anti-manifestation vers l’agressivité. Cette évolution s’est accentuée contre les gilets  jaunes.  Ce raidissement  répressif d’un pouvoir de plus en plus autoritaire serait-il plus que circonstanciel?  Pour sauver le règne de la finance d’un peuple qui ne la supporte plus jusqu’où ce pouvoir se sent-il en droit d’aller?

Quel avenir pour la taxe d’habitation?

Si rien ne justifie les écarts importants entre communes ou les augmentations brutales il serait stupide de vouloir loger tout le monde à la même enseigne. En fonction des différences de situations locales, de projets des équipes municipales, de services rendus il est utile que les impositions diffèrent. Comme il est indispensable que des mécanismes de modérations et de partage entre territoires voisins, pas nécessairement municipaux existent.

Le correctif le plus important reste cependant d’ordre politique. Dans nos sociétés baignées dans une information circulante et non-contrôlée nous ne pourrons plus jeter négligemment un bulletin dans un urne et ne plus nous en préoccuper pendant plusieurs années. Le dialogue avec les équipes élues doit devenir permanent et être doté des moyens de coercitions des citoyens (révocation peut-être).

Le niveau local est celui où la politique devient concrète. le rétablir dans sa plénitude sera un des moyens de reconstruction de la  civilité. Jusqu’au rétablissement d’un impôt de proximité compris et accepté par tous car ils sauront à la fois à quoi il sert et comment il est piloté.

Quel responsable politique aura l’audace de se prononcer pour le retour d’une taxe d’habitation démocratique?

 

 

 

 

 

Alerte sur la Cour Suprême

La droite évangéliste va pouvoir invoquer la bénédiction divine. La juge Ruth Bader Ginsburg, figure éminente de la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique fait figure de championne du progrès dans l’institution. Âgée de 85 ans elle a été nommée par Bill Clinton en 1993. Son âge en fait naturellement la cible de tous les regards comme la possible prochaine personne à se retirer. L’équilibre de la Cour déjà dangereusement incliné à droite serait irrémédiablement compromis pour des décennies si Donad Trump avait l’occasion de poursuivre son offensive de destruction judiciaire de la démocratie.

Or cette dame habituellement très assidue est absente depuis la réouverture de la session. On a annoncé coup sur coup qu’elle s’atait fraturé une côte dans un accident domestique et qu’elle avait subi une intervention chirurgicale pour ôter un tumeur cancéreuse de l’un  de ses poumons. La Maison-Blanche aux aguets serait en train d’établir une liste de candidats à la nomination.

Voilà qui ouvrirait le débat sur l’opportunité de changer les règles si les Démocrates reprennent les trois instances du pouvoir en 2020, présidence, Sénat et Chambre des Représentants. La Constitutionnelle permet de décider de l’augmentation du nombre de juges et donc ainsi pour un président de créer  la possibilité de nommer de nouveaux juges et rétablir un équilibre politique de l’instance qui décide en dernier recours des lois du pays. Cela a déjà été pratiqué dans le passé et ne souffre pas vraiment de critique autre que partisane.

Si les craintes se confirment cela ajoutera un point de conflit à la campagne électorale de 2020. En attendant il ne fait pas de doute que tous les ravis religieux de la droite, le vice-président Mike Pence en tête, vont se confondre en remerciements au seigneur pour leur faire se cadeau sans penser une seconde à la souffrance de la vieille dame.

 

Et Trump parla…pour ne rien dire

Il a parlé.

Pour la première fois depuis sa prise de fonction Donald Trump a endossé les habits du Président et pratiqué l’exercice du discours solitaire et solennel depuis le bureau ovale. On le savait débatteur efficace et tribun spectaculaire. Il s’est montré pâle dirigeant.

Alors que l’on attendait un discours enflammé, rédigé par un des derniers survivants de la première vague de collaborateurs extrémistes de la Maison-Blanche, Stephen Miller. On s’attendait même à l’annonce de l’arme nucléaire qu’aurai constituée la déclaration d’une urgence nationale à la frontière sud. Donald Trump n’a fait que réciter son catalogue habituel de petits mensonges et récriminations à l’encontre de ses opposants.

Un discours en apparence anodin.

Qu’a t-il dit?

Il a répété l’argumentaire battu et rebattu les dernières semaines.

On retrouve bien dans l’affirmation d’une crise sécuritaire à la frontière avec le Mexique les obsessions de Miller que Trump a fait perfuser et se développer dans la foule de ses soutiens. Peu importe que la crise soit avant tout humanitaire, et du côté mexicain. Cette crise a pour origine circonstancielle l’arrivée du fameux convoi de migrants d’Amérique Centrale dont Trump a voulu faire un argument électoral en Novembre. Elle a aussi été provoqué par le durcissement des contrôles aux points d’entrée. On peut aussi rappeler que l’émigration résulte du chaos induit dans les pays d’origine, en particulier le Honduras, déstabilisés par la politique des États-Unis d’Amérique. L’affirmation d’une crise majeure entre en contradiction avec la revendication trumpienne d’un projet d’infrastructure à 5,7 milliards de dollars qui se déploiera sur des années. En fait le coût final véritable devrait être bien supérieur. En substance il dit « la maison brûle » mais propose comme solution de mettre à l’étude la construction d’une caserne de pompier. La tonalité sécuritaire du discours semble résumer une pensée trumpienne réduite à sa plus simple expression : les immigrants viennent pour nous tuer.

L’immigration illégale serait la cause de baisse de salaires. Au plus cet effet est marginal et ne porte que sur les plus bas salaires qui sont maintenus à leur niveau par la politique des Républicains.

Les Démocrates ont demandé une clôture en acier au lieu d’un mur en ciment. Voilà le mensonge le plus flagrant et le moins attendu de la prestation. Les Démocrate n’ont rien demandé de tel mais cette évolution semble depuis quelques jours être dans l’esprit de Donald Trump la preuve qu’il présente à l’opinion de sa volonté de compromis. Il voudrait ainsi montrer qu’il n’est pas le monstre borné que décrivent ses opposants alors qu’il ne cède rien sur le fond.

Le mur se remboursera tout seul car la drogue venant par la frontière coûte plus que la somme demandée.. On sait que la drogue entre par les points d’entrée légaux actuels et passe en bonne part par la mer et non la frontière terrestre sud. L’effet du mur sur l’entrée de la drogue serait donc à peu près nul. De plus la mise en équivalence du coût de la drogue et de la dépense de construction du mur ne repose sur aucune démonstration économique.

Le mur se remboursera par le nouvel accord commercial et douanier avec le Mexique. Encore une fois Trump fait le service après-vente d’un de ses supposés succès. La renégociation de l’accord connu sous le nom de NAFTA  n’a modifié que très partiellement le fonctionnement et le Congrès ne l’a toujours pas ratifié. L’effet ici aussi est tout sauf démontré.

La banalité de la prestation a étonné mais il pourrait s’agir du premier pas d’une stratégie par étapes menant à la déclaration d’une urgence nationale dans quelques jours, après le déplacement du président sur le terrain. N’étant à l’aise que dans la crise permanente qui permet ses outrances Donald Trump aurait ainsi armé le fusil dont il ne tirera les cartouches que plus tard.

Les réactions des Démocrates.

La réaction en quelque sorte officielle du parti Démocrate a immédiatement suivi sous la forme d’une vidéo conjointe des deux leaders parlementaires Nancy Pelosi et Chuck Shumer. Ils ont réussi le tour de force de décevoir plus encore que Trump par la banalité de leur prestation convenue.

Par contre les candidats potentiels à la primaires en vue des élections de 2020 qui sont légion et commencent à entrer en pré-campagne ont mis l’accent sur les difficultés des employés des services publics touchés par le blocage budgétaire qui les prive de salaire. Ils ont compris que la partie se joue en partie dans cette catégorie que Trump voudati bien faire basculer par lassitude de son côté.

Et maintenant.

Malgré son apparence en demi-teinte cette intervention de Donald Trump pourrait avoir plus de signification qu’il n’y parait. Elle peut être le premier pas de l’offensive qui va se développer dans les jours qui viennent. Mais elle pourrait aussi montrer une des premières apparition des dérèglements d’une mécanique trumpienne qui ne fonctionne plus et ne parvient plus à trouver le ton juste.

A suivre.

Mes liens de travail :

https://thehill.com/policy/defense/422779-meet-trumps-pick-to-take-over-for-mattis-at-pentagon //Shanahan, le business aux commandes du Pentagone. Merci Donald.

08/01/2019

https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/1/8/18173678/trump-shutdown-voter-florida

https://www.thenation.com/article/trump-hate-speech-violence-against-immigrants/

https://www.salon.com/2019/01/08/gop-sources-trump-aide-stephen-miller-writing-not-coherent-primetime-speech-border-wall_partner/

 

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