DOMINIC77

Un peu de tout

Category: PERSO (page 1 of 4)

Ceci pour grouper tous les articles qui ne sont relatifs qu’à ma vie, ,mes lubies, etc …

Les accidents de la légende

Mediapart peut titrer que l’équipe de France entre dans la légende. Cela n’empêchera pas la légende d’être un peur ternie par les deux buts purement accidentels marqués en début de rencontre qui ont lourdement pesé sur le résultat. Si le spectacle -ne me bassinez pas avec le sport qui n’existe pas dans cette histoire- n’était pas désagréable -oui j’ai regardé- nous le devons principalement à des croates jamais abattus par l’adversité. Les deux derniers buts français, en fait celui de Pogba, ne sont pas désagréables mais la ténacité croate imprègne la rencontre. Soyons charitables avec Lloris dont la boulette plonge dans le ridicule.

Les connards hurleurs ont commencé leur rodéo autour de chez moi qui trouvent leur plaisir à griller du pétrole klaxon bloqué. Cela ne durera pas plus longtemps que la gueule de bois qui les attend demain.

Sans doute suis-je devenu un vieux con que le beau souvenir de 1998 ne trouve aucun écho dans la réjouissance commerciale programmée par le FIFA, TF1 et Macron réunis. Nous venons d’assister immobiles à la dernière illustration de la politique devenue spectacle.

Quelle tristesse!

 

Donald, l’OTAN et nous

Le spectacle de Bruxelles.

Après le G7 et la comédie de la rencontre de Singapour avec Kim Jong-Un Donald Trump a donné la dernière représentation de son cirque international à Bruxelles lors de la réunion de l’OTAN. Encore une fois il a remporté un relatif succès. Les alliés ont jugé plus utile de faire semblant de céder afin de pourvoir afficher la satisfaction formelle d’un sommet réussi et Donald Trump pourra faire valoir une victoire auprès de son électorat. Plus significatif encore les questions, parfois pertinentes, que pose son attitude vis-à-vis des alliances de long terme de son pays n’ont pas été discutées. Il ne restera que la mise en cause d’un édifice global qui ne correspond peut-être plus aux conditions du monde d’aujourd’hui. Cette inadéquation devrait constituer le centre des débat politiques mais se trouve complètement éclipsée par l’agitation médiatique d’un trublion qui pense sincèrement négocier des évolutions avec ses manières de brute mais en fin de compte ne fait que semer le doute et la dévastation sans rien construire.

Les dépenses militaires dans le monde et l’OTAN.
Donald Trump a posé à ses alliés de l’OTAN l’ultimatum de l’augmentation immédiates de leurs dépenses militaires en terme de pourcentage de leur PIB. L’ensemble mérite d’être examiné mais non sans remarquer une confusion usuelle dans le discours du président. Il indique que les membres de l’OTAN ont payé des millions de dollars en plus depuis son élection. Outre que cela est factuellement faux il expose sa confusion entre les dépenses de défense dont il a demandé l’augmentation et les paiements à l’OTAN, sous-entendu aux États-Unis d’Amérique. Les affirmations sur les dépenses militaires oint été tellement discutables que même la NPR, National Public Radio partiellement financée par l’état fédéral et donc soumise à un minimum de réserve, les a publiquement vérifiées.

Il existe plusieurs sources intéressantes de données sur les dépenses militaires dans le monde. La première est tout simplement l’OTAN qui en publie régulièrement un état, ici  en date du 10 Juillet. Le site de l’OTAN se révèle d’ailleurs une source très intéressante d’informations.
Le Stockholm International Peace Research Institute présente des données qui ne sont pas centrées sur l’OTAN.
Les principaux enseignements sont les suivants. Les dépenses militaires dans le monde évoluent sans surprise avec la conjoncture politique. Elles augmentent après l’année 2000 (effet 11 Septembre) jusqu’en 2010 pour rester relativement stables ensuite. On peut compter ces dépenses comme Donald Trump en pourcentage de PIB mais cela est-il pertinent?

 © SIPRI© SIPRI

 

D’après le SIPRI la répartition mondiale en 2017 des dépenses militaires est la suivante .

  • Afrique 42 Milliards $ 2,5% du total en légère diminution.
  • Amériques 695 Milliards $ 40 % stable mais Donald Trump l’augmente de près de 10% en 2017.
  • Asie-Océanie 477 Milliards $ 27 % +3,6 % dont 228 Mds $ pour la Chine augmentations en Asie du Sud-Est.
  • Europe 342 Milliards $ 20 % -2,2%

Exprimées en part du PIB les dépenses militaires représentent 3,57% du PIB des États-Unis d’Amérique (E.U.A.) pour plus de 600 milliards de dollars, 2,12% de celui du Royaume-Uni, 1,71% de celui de la France. L’évolution est différenciée entre les pays européens et le Canada d’une part les E.U.A. d’autre part.

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Les pays européens restent largement sous les 2% du PIB comme le montrent les données de l’OTAN.

GDPPerCent © OTANGDPPerCent © OTAN

La dépense militaire par habitant telle que publiée par l’OTAN donne une autre vision.
Moyenne OTAN 982 $
E.U.A. 1896 $ Ce nombre n’est jamais évoqué par D. Trump qui préfère faire état du pourcentage de PIB.
Canada 664 $
Europe 481 $ Il s’agit de la partie OTAN de l’Europe
France 764 $ Contribution supérieure à celle du Canada.
Norvège 1413 $ La Norvège, dans l’OTAN mais pas dans  l’UE, est une anomalie historique.

 © Dominique Courtois© Dominique Courtois

Les données, même celles publiées par l’OTAN, montrent qu’il est difficile d’évaluer et comparer des dépenses qui s’exercent sur des missions et des aires variés en fonction de la situation géographique et des choix politiques. On distingue donc en général au moins trois périmètres pour présenter les comptes : L’OTAN global, la zone nord-américaine et la zone européenne. Cette distinction ne fournit cependant pas de grandes informations du fait de la domination nord-américaine qui apporte la grande majorité du financement militaire. Elle permet cependant de différencier les évolutions de la zone européenne globalement en baisse continue quand on exprime la dépense en pourcentage de PIB.

Faut-il accorder une signification particulière au rapport entre le montant des dépenses militaires et le PIB?
Si ce repère peut-être familier aux universitaires ou aux économistes il ne correspond pas au raisonnement des militaires qui raisonnent en coût des équipements et des troupes dont ils ont besoin. Les vitesses de variation des deux grandeurs, dépenses militaires et PIB ne sont pas les mêmes. Si le PIB intègre rapidement l’effet des variations de conjoncture le budget militaire présente une inertie considérable. D’autant plus grande que les investissements en technologie lourde sont importants du fait de l’addition de pesanteurs législatives, administratives et techniques. Il faut voter les budgets, les mettre en œuvre et réaliser les programmes industriels.
La Grèce fournit une sorte de contre-exemple significatif. Le rapport de ses dépenses militaires à son PIB a brutalement cru ces dernières années et est passé au-dessus de 3%. La Grèce aurait-elle donc donc massivement investi dans la guerre? Non, par la grâce conjuguée des autorités européennes et financières son PIB a fondu au soleil de Berlin faisant automatiquement grimper le rapport.

Donald Trump assimile les dépenses militaires globales des pays membres à leur engagement dans l’effort de l’OTAN. Les deux sont formellement différents mais son attitude est logique. Il est ainsi plus facile sur Twitter de mettre en évidence l’injustice dont serait victime le pays. Le budget partagé de l’OTAN proprement dit ne se compare pas avec celui des états dominant de la coalition. Il se monte à seulement 3 milliards dollars environ dont 22 % sont payés par les E.U.A. Les dépenses des interventions militaires faites dans le cadre de missions de l’OTAN restent dans le budget des pays intervenant.

Quelle que soit le mode de calcul les E.U.A sont les plus gros contributeurs aux dépenses militaires de l’alliance. Mais ne faut-il pas prendre en compte les retours de cet investissement, retours matériels directs en achat de matériel militaire ou de technologie, matériel et service civils aux firmes américaines et retours politiques non-chiffrables économiquement en domination mondiale?

Que veut, que fait Donald Trump?

Les réponses à la questions de ce que veut réellement Donald Trump ne manquent pas de l’affaiblissement de l’OTAN à celui de l’Union Européenne en passant par la simple affirmation de son pouvoir et de sa grandeur. Souvenons-nous que les affaires militaires occupent une place particulière chez Donald Trump. Cet homme pour qui la force est le seul réel moyen de résoudre les problèmes a toujours manifesté respect sinon fascination pour la force armée. Cette suprématie de la force pourrait même jouer un rôle plus important que le simple nationalisme dans l’imaginaire trumpien. Il a d’ailleurs étudié dans une académie militaire privée.  Cette fascination s’incarne dans la grande parade militaire que lui a inspirée notre 14 Juillet (Merci Macron)  et que les militaires et les parlementaires Républicains sont en train de lui accorder.
Le discours sur l’OTAN, après le psychodrame du G7 s’inscrit dans la longue récitation de ses griefs contre les profiteurs qui vivent aux dépens des E.U.A. Donald Trump peut encore blâmer ses prédécesseurs pour avoir toléré ou provoqué cette situation mais cette posture ne saurait survivre bien longtemps et certainement pas à une majeure défaite électorale (ou judiciaire).
Sans entrer dans le débat psychologisant sur ce qui se passe sous la chevelure orange on doit reconnaître la persévérance du chemin suivi. Plutôt que de se lancer dans des suppositions hasardeuses sur les motivations de l’individu on peut à coup sûr retenir les motivations électorales renforcées par les derniers développements de l’enquête de Robert Mueller. La conjoncture met le président sous pression. Il doit s’adresser à sa base et au-delà à toute la base Républicaine pour la mobiliser à voter en Novembre. Peu importe l’extravagance des propos aux yeux de l’opinion internationale, l’inadéquation des propositions économiques ou stratégiques. Le personnage compte avant tout, statufié dans sa singularité. Il sera toujours temps après avoir gagné les élections de se rabibocher avec l’appareil du Parti Républicain qui est actuellement polarisé sur la victoire de mi-mandat et le remplissage des tribunaux jusqu’à la Cour Suprême par des juges conservateurs.

L’égocentrisme de Donald Trump l’empêche de concevoir l’illogisme de ses demandes. Si les alliés voulaient ou pouvaient augmenter leur part de financement de l’alliance ils seraient en position d’en remettre en question le leadership et les choix politiques. Les États-Unis d’Amérique ne pourraient plus alors cacher que la demande de payer pour la protection du plus gros n’est pas autre chose que du racket.

Quant à savoir ce que veut Trump…

Si la question présente le moindre intérêt on peut chercher des éléments de réponses dans ses conférences de presse et entretiens avec les journaux à Bruxelles et à Londres. Un président qui affirme sans rire aux journalistes être « un très stable génie » ou nie avoir tenu des propos enregistrés par ses interlocuteurs est-il à la recherche d’autre chose que son immédiate propre gloriole?
La déstabilisation de tout le système politique du pays ne peut pas cesser tant que Donald Trump est en poste et soutenu par la majorité parlementaire. Les alliés européens, canadiens ou autres peuvent tout juste s’abriter pour éviter le plus gros des retombées sans pouvoir faire plus.

Que faire de l’OTAN?

Sans doute involontairement Donald Trump a remis sur la table la question de l’OTAN. Sans le moindre doute l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord passait aux yeux de ma jeunesse militante comme le bras armé de « l’impérialisme américain » en Europe et concrétisait sous une forme particulièrement redoutable car militaire l’ennemi à abattre. Dans le consensus plus ou moins mou (désolé du pléonasme) qui a suivi l’écroulement de l’URSS l’OTAN est rentré dans la grisaille du décor, dans les meubles familiers. La diabolisation manichéenne de la Russie a fait le reste. Personne ne se pose plus la question. Et voilà que la question de la légitimité retraverse ironiquement l’Atlantique pour nous revenir en pleine face. Cet article de The Nation présente de manière concise le changement de rôle de l’organisation logistique depuis le confinement de l’empire soviétique à celui d’outil d’entretien de la tension à l’est de l’Europe.

Créé après la Seconde Guerre mondiale pour coordonner l’action militaire des E.U.A., du Royaume-Uni de la France et l’Allemagne en face de la puissance soviétique qui avait étendu son emprise sur tout l’Est de l’Europe l’OTAN a été présenté à l’opinion comme une organisation défensive dans son principe. La situation change radicalement en 1991 avec l’écroulement de l’URSS. L’accord Est-Ouest initial qui a permis une réunification allemande sans heurts impliquait un gel de l’action de l’OTAN cantonné à son périmètre original. Il n’a fallu que quelques années pour que Bill Clinton prenant avantage de l’évolution du rapport de force passe outre et lance l’expansion orientale de l’organisation avant que cette extension de l’alliance militaire dépasse le continent européen.
L’ Euro-Atlantic Partnership Council  créé en 1997 a même vu la participation de la Russie au sein d’un organisme initié par l’OTAN. Plus récemment le Mediterranean Dialogue est créé après le Guerre du Golfe pour assurer des relations entre des pays de la région, y compris Israël et l’OTAN. L’ Istanbul Cooperation Initiative  vise à assurer le lien entre l’OTAN et quatre pays du Golfe Persique. Enfin les Partners Across the Globe après le sommet de Lisbonne de l’OTAN fournit le cadre d’alliances hors de toute limite géographique. Le dernier adhérent vient d’Amérique Latine : la Colombie.

L’OTAN a donc servi de base à la création d’une nébuleuse d’organisations de coopération militaire dominée et dirigée par le pays le plus armé et le plus riche du monde. En remettant en cause les mécanismes de financement Donald Trump, polarisé par ses problèmes intérieurs et aveuglé par sa vision économique de boutiquier qui veut rentrer dans ses sous pourrait bien avoir ouvert une nouvelle boite de Pandore.
Ou nous avoir simplement montré que nous ne pouvons rien et que ce n’est pas le roi qui est nu mais bien nous qui sommes impuissants devant la force brute des armes.

 

Mes liens de travail sur le sujet :

11/07/2018

https://talkingpointsmemo.com/edblog/trump-proposes-turning-europe-into-armed-camp

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_03/20180315_180315-pr2018-16-en.pdf //Le communiqué de presse de l’OTAN sur les dépenses.

https://truthout.org/articles/intentional-chaos-trump-and-the-global-nato-alliance/

https://comptroller.defense.gov/Portals/45/Documents/defbudget/fy2019/fy2019_EDI_JBook.pdf

https://www.alternet.org/news-amp-politics/never-history-fox-news-shep-smith-assails-trump-unprecedented-attacks-nato-allies

https://www.alternet.org/news-amp-politics/all-his-bluster-trump-powerless-against-nato-allies-heres-why

12/07/2018

https://www.npr.org/2018/07/11/628137185/fact-check-trumps-claims-on-nato-spending

http://thehill.com/policy/national-security/396597-mueller-asks-court-for-100-more-blank-subpoenas-ahead-of-manafort

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/07/when-the-tv-cameras-are-off-does-donald-trump-still-exist/ //Evidemment

https://www.thenation.com/article/time-disrupt-nato/

https://newrepublic.com/article/149819/fair-trump-bash-nato-military-spending

https://www.salon.com/2018/07/11/trump-versus-nato-not-so-fast_partner/

https://t.umblr.com/redirect?z=https%3A%2F%2Fwww.washingtonpost.com%2Fgraphics%2Fpolitics%2Ftrump-claims-database%2F&t=YWQ5YmVhM2VlMDMxN2IwOWNlMjFlOTA4Mzk5MDAxNDllYzM1MTE2MyxCVVo1QUx6eg%3D%3D&b=t%3AhQ9Ds4P3Iv6D7mgEr8WMqg&p=http%3A%2F%2Frobertreich.org%2Fpost%2F175757408255&m=1

https://www.sipri.org/sites/default/files/2018-05/sipri_fs_1805_milex_2017.pdf //Stockholm International Peace Research Institute.
13/07/2018

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_07/20180709_180710-pr2018-91-en.pdf

https://www.mediapart.fr/journal/international/120718/au-sommet-de-l-otan-trump-poursuit-son-travail-de-sape-contre-l-europe

https://www.salon.com/2018/07/11/a-rare-case-trump-is-right_partner/

https://www.salon.com/2018/07/12/donald-trumps-global-chaos-tour-as-he-runs-wild-in-brussels-gop-senators-start-to-back-away/

https://www.vox.com/2018/7/13/17568854/mueller-russia-indictment-trump-putin

http://prospect.org/article/trump-executing-major-geopolitical-realignment-does-anybody-care

https://newrepublic.com/minutes/149888/new-indictments-complicate-trump-russia-relationship //Rosenstein joue de + en + visiblement avec Mueller (contre Trump?)
https://talkingpointsmemo.com/muckraker/congressional-candidate-received-stolen-documents-russia-2016 //Le massacre du Samedi soir commence

 

 

Kavanaugh désigné, et après ?

L’annonce du remplacement du juge Anthony Kennedy à la Cour Suprême par Donald Trump a été soigneusement médiatiquement organisée. Quelques heures avant  la Maison-Blanche a invité via Tweeter à assister à l’annonce solennelle trois sénateurs Démocrates  en campagne pour leur ré-élection dans des états Républicains. Si quelqu’un doutait que la date de la démission de Kennedy s’insérait dans le calendrier électoral…

Le président a donc annoncé son choix : Brett Kavanaugh.

Sans doute le moins polémique au sein du Grand Old Party Kavanaugh ne représente pas l’électeur trumpien typique du Midwest post-industriel. Il est né et a grandi dans les quartiers chics de la capitale fédérale avant de faire des études à la Yale Law School. Il sera le sixième catholique sur les neufs juges de la Cour. Une des étoiles montantes du Parti républicain il présente un profil plus politique que juridique. Lors de la confirmation de sa nomination précédente un sénateur Démocrate l’a surnommé « Le Forrest Gump de la politique Républicaine ».  Sa carrière de juriste est entièrement liée à la politique. Assistant de Kenneth Starr, le procureur qui a enquêté sur les affaires immobilières et autres des  Clinton il a même rédigé une partie du rapport. Membre actif de la « Federalist Society » qui a préparé les listes de juges à nommer pour Donald Trump il s’est distingué récemment en refusant le droit d’avorter à une immigrante mineure. Trump a donc fait le choix d’un profil politique relativement consensuel dans son parti. D’autres choix plus spectaculaire, comme celui d’Amy Barrett, étaient possibles mais plus polémiques. Le principal sujet de polémique soulevé par la démission de Kennedy tourne autour de l’abrogation de la décision Roe V. Wade de 1973 qui avait autorisé l’avortement au plan fédéral. Sur ce sujet Kavanaugh s’est montré moins virulent que d’autres membres de la liste des pressentis.

Si le basculement définitif de la Cour Suprême à droite était un enjeu en soi la conjoncture électorale a joué un rôle important. Les Démocrates sont maintenant devant un choix sans bonne solution. Leur base les pousse à s’opposer de toutes leurs forces à la confirmation de Kavanauh lors des audiences au Sénat. La Cour est en congé. Rien n’obligeait Kennedy à annoncer si vite sa démission ni Donald Trump a choisir rapidement un successeur ni Mitch Connell à programmer ainsi le vote de confirmation avant les élections.

Les Républicains disposent au Sénat d’une majorité de 51 contre 49 mais John MacCain, en traitement pour son cancer du cerveau, n’a pas remis les pieds à Washington depuis le début de l’année. La voix prépondérante du vice-président leur permet de palier cette absence mais ils ne peuvent se permettre une défection. La bataille pour s’opposer à la confrontation est cependant perdue d’avance pour les Démocrates. Le problème pourrait bien venir de leurs propres rangs. Les trois sénateurs Démocrates Joe Donnelly, Joe Manchin et Heidi Heitkamp ont déjà voté pour confirmer Neil Gorsuch, le précédent juge proposé par Donald Trump l’année dernière alors qu’ils n’étaient pas sous pression électorale. Les espoirs de refus de la confirmation reposent donc paradoxalement sur deux sénatrices Républicaines : Susan Collins et Lisa Murkowski. Les deux seules sénatrices de leur parti à soutenir plus ou moins les droits des femmes à choisir leurs grossesses. Collins s’est montré dans le passé la plus résolue à ce sujet mais a déjà indiqué ces derniers jours qu’elles se conformerait sans doute à la discipline de son parti. Les convictions de Murkowski semblent moins fermes et son état de l’Alaska a déjà reçu des avantages fiscaux divers lors de débats antérieurs.

Mais le piège politique va encore plus loin. La perspective de regagner la majorité à la Chambre des Représentants motive les Démocrates poussés par une base très mobilisée, comme l’est celle des Républicains. S’engager dans une bataille de procédure, qui plus est perdue d’avance, au Sénat présente un gros risque de paraitre éloigné des problèmes réels des électeurs. L’état-major Démocrate se trouve donc devant ce dilemme : soit déserter sans combattre la bataille de la Cour Suprême, soit apparaitre comme une bande d’apparatchiks politiciens loin du peuple. Bien joué Trump.

 

Kennedy out, la Cour Suprême totalement à droite pour quarante ans

Anthony Kennedy se retire.

On attendait depuis des semaines l’annonce du départ à la retraite du juge de la Cour Suprême Anthony Kennedy. Ce juriste renommé représentait une rareté dans le monde de Trump une sorte d’équilibre. Il a parfois voté avec ses collègues progressistes malgré son orientation en principe Républicaine. Il était donc le « swing Justice » de la Cour.

Aussi quand on a appris l’annonce de la mise en congé (recess) de la Cour Suprême on a pu croire que l’échéance du basculement fatal à droite de l’organe ultime qui régit la vie politique du pays était repoussée au moins à la fin de l’été.

Erreur! Comme scénarisée par un maitre du l’annonce du départ de Kennedy est tombée quelques heures plus tard, a déchainé la parution d’articles dans les médias et l’émission de mails par les organes de propagandes Démocrates.

L’équilibre politique de la Cour Suprême penchait déjà à droite depuis la nomination de Neil Gorsuch par Donald Trump après une année de blocage durant laquelle les Républicains majoritaires au Congrès ont refusé même d’auditionner et donc à plus forte raison de voter sur la nomination de Merrick Garland proposé par Barack Obama. Les statisticiens de FiveThityEight ont synthétisé dans cette illustration les positions calculées des juges en fonction de leurs décisions sur une échelle gauche-droite.

SCOTUS balance © FiveThirtyEightSCOTUS balance © FiveThirtyEight

 Un juriste reconnu et relativement indépendant.

Nommé à la Cour Suprême par Reagan en 1987 Anthony Kennedy aura donc passé 31 ans à la juridiction majeure du pays. Relativement indépendant sa connaissance du droit international constituait une rareté dans le paysage judiciaire. Il a même régulièrement enseigné en Europe, à Salzbourg. Cela faisait de lui un des rares juristes à éclairer le droit des États-Unis d’Amérique à la lumière des lois internationales.

Il a parfois voté avec le groupe des « libéraux » contre sa famille d’origine. Il a en particulier joué un rôle majeur dans l’arrêt « Roe vs Wade » qui rend l’avortement légal.Il a même rédigé une partie des attendus de la décision qui a contraint les états Républicains à se lancer des des batailles législatives pour restreindre les délais légaux d’avortement dans tous les endroits où ils en avaient la possibilité.

Une Cour Suprême devenu acteur politique majeur avec Antonin Scalia.

Nommé également à la Cour Suprême par Reagan Antonin Scalia a contribué à la politisation de la Cour Suprême. A l’opposé de Kennedy qui voit le droit dans une relation dynamique avec l’évolution de la société (et du monde extérieur) Scalia, mort subitement en 2016, représentait le courant « originaliste » qui prétend que la Constitution ne doit pas être interprétée mais lue comme ses rédacteurs d’il y a deux siècles l’ont voulue. Cette démarche, similaire soit dit en passant à celle des musulmans salafistes, n’a évidemment aucun sens et constru=itue déjà une interprétation puisqu’elle pense connaître la pensée des Pères Fondateurs. Elle porte cependant un courant majeur dans l’opinion, celui qui a fait élire Donald Trump, celui du « c’était mieux avant », celui qui n’arrive pas à faire le deuil d’un pays blanc, chrétien et dominateur.

Les enjeux.

Une bataille de procédure est déjà lancée par les Démocrates pour mettre en évidence qu’il serait incorrect pour le pouvoir de nommer un juge avant les élections de Novembre et la prise de fonction du nouveau Congrès en Janvier. Ils gagneraient ainsi quelques mois en espérant reprendre la majorité au Sénat qui leur permettrait de bloquer les nouvelles nominations. Cet espoir se révélera illusoire. Comme l’a affirmé Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat leur préoccupation première est de profiter des circonstances pour remplir les juridictions de juges réactionnaires. Il a ‘ailleurs annoncé une réduction des vacances d’été du Sénat pour mettre en œuvre ce programme (et empêcher les Démocrates de faire campagne dans leurs états). trump de son côté sans état d’âme a annoncé la couleur : nommer vite un « grand » juge.

La plus grave conséquence concerne les droits des femmes et l’avortement en particulier. Les observateurs convergent pour annoncer qu’il suffira de quelques mois pour que l’avortemetn soit interdit dans une vingtaines d’états et peut-être même au niveau fédéral dès que le nouveau juge sera nommé et que l’arrêt Roe » vs Wade » pourra être annulé. La seule chance d’emp^cher cela serait que les sénatrices Républicaines Lisa Murkowski et surtout Susan Collins favorables à la liberté de choix s’opposent à la nomination d’un juge susceptible de voter l’annulation. Mais il faudrait aussi que les Républicains qui ont actuellement une majorité de 51/49 (avec John MaCain absent pour maladie) ne gagnent pas de sièges en Novembre ce qui ets loin d’être acquis.

La Cour a aussi eu à juger des conflits de découpage électoral partisan, parfois avec motivation raciale. Les décisions récentes laissent planer une légère incertitude sur les décisons d’une COur à la majorité conservatrice renforcée. Au mieux elle aurait tendance à maintenir le statu quo  et donc les mesures mises en place majoritairement à l’avantage des Républicains.

Deux décisions récentes portent sur le droit syndical. L’affaiblissement d’une des forces du mouvement progressiste encore opérationnelle constitue un objectif majeur des Républicains et nul doute qu’une Cour à la majorité homogène n’aura aucune hésitation.

Les prochains juges normalement appelés à se retirer du fait de leur âge appartiennent au camp progressiste. La majorité semble donc être en train de basculer su côté obscur pour pluieus décennies.

Que faire?

Les Démocrate et le mouvement progressistes ne possèdent que peu de moyens d’action. Juridiquement et légalement rien ne peut empêcher la nomination de nouveau juge à partir de la date de démission annoncée de Kennedy. La seule possibilité réside dans le refus de confirmation par le Sénat où les Républicains ont la majorité. Même en l’absence de John McCain la voix prépondérante du vice-président suffira à trancher.

Les seuls moyens sont donc d’ordre politique. Il est possible que la possibilité d’annulation de « Roe vs Wade » suffise à faire basculer Susan Collins qui s’est déjà opposée à Trump sur l’abrogation de l’Obamacare. La position de Lisa Murkowski risque d’être plus douteuse.

De grandes manifestions pourraient aussi peser soir sur les nomination soit sur les confirmations mais le sujet de la Cour Supr^me n’est sans doute pas de nature à mobiliser les foules. Aucun des sujets de société en jeu, avortement, droit de vote, droit syndical ne semble constituer par lui-même un vecteur de mobilisation majeur. Un tel mouvement ne sera probablement pas initié par le Parti Démocrate à trois mois d’élections cruciales.

Par contre l’effet sur les élections de mi-mandat de Novembre peut être significatif. Certains, comme Kevin Drum, y voient même le signe de la victoire . On peut en douter car la mobilisation aux primaires est très fortes dans les deux camps. La démobilisation propre au parti présidentiel dans ce cas de figure ne se produit pas cette année. Donald Trump va utiliser cette possibilité de nomination pour encore plus amener sa base aux urnes. Rien n’est donc fait.

 

 

Mes liens de travail sur le sujet.

27/06/2018

https://www.npr.org/2018/05/24/614228261/mitch-mcconnell-on-filling-the-federal-bench-this-is-my-top-priority //Même s’il doivent y passer le mois d’Août.

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/25/17461318/anthony-kennedy-ideology-retirement-supreme-court

https://www.vox.com/2016/5/18/11685728/scotus-supreme-court-preview

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/26/17506054/anthony-kennedy-retirement-supreme-court //Louper les mi-mandats de 2014 a eu de lourdes conséquences.

https://newrepublic.com/minutes/149454/can-trumps-supreme-court-apocalypse-stopped

https://www.commondreams.org/news/2018/06/27/handing-trump-chance-move-supreme-court-even-further-right-justice-anthony-kennedy

https://www.alternet.org/news-amp-politics/heres-why-trump-doesnt-need-replace-justice-kennedy-all-supreme-court-could-be

https://fivethirtyeight.com/features/which-justices-were-bffs-this-scotus-term/

28/06/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/celebrating-anthony-kennedy/563966/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Kennedy

Notre difficulté à comprendre l’habileté tactique de Donald Trump.

Les dernières semaines ont montré au monde entier la mise en œuvre de la politique de la politique migratoire de Donald Trump. Nous avons pu croire que les cris déchirant des enfants séparés de leurs parents et parqués dans des conditions douteuses allaient enfin mettre fin à cette sorte d’état de grâce larvé que connait le président. Les exagérations de certains medias qui ont ressorti des images d’enfants n’ayant rien à voir avec la situation à la frontière mexicaine ou la mise en scène trop habile de certaines images comme la couverture de Time se sont révélées très contre-productives. Quand on veut faire montre de moralité il convient d’être exemplaire et ne pas prêter le flanc à la critique.

Mais cela n’explique pas tout et surtout pas que la cote de popularité de Donald Trump ait enregistré une progression ces derniers jours. Ce sondage  n’est pas le fait d’une organisation particulièrement  trumpiste (comme le sont ceux de  Rasmussen). Les choses se sont passées comme si la politique de séparation des familles, d’inspiration clairement raciste, n’avait pas d’incidence sur la popularité du président. On peut se dire que sa base approuve et que les autres se sont déjà fait une opinion. Mais le décret censé interdire ces séparations a clairement eu un effet positif au-delà des soutiens habituels du président jusque dans les rangs des électeurs Démocrates. Assez curieusement les électeurs déclarés indépendants que l’on pourrait penser à la croisée des chemins entre les deux camps semblent moins sensibles à ce revirement de Donald Trump, plus réellement « indépendants ».

Voilà qui nous oblige à nous interroger sur notre compréhension de ces phénomènes.

Il est clair que l’opinion distingue l’appareil gouvernemental et l’homme Donald Trump, que les condamnations des actions du premier n’impactent pas nécessairement le second. Ou pas de la même manière. Ainsi Trump peut impunément demander une politique extrême à la frontière dont la culpabilité retombe sur son administration et retirer les honneurs de celui qui met fin au carnage par la signature mise en scène d’un décret dans le bureau ovale. Et plus encore il sait ou du moins perçoit que le système fonctionne ainsi.

A nous de réfléchir.

Trois à la file. La Cour Suprême au secours de Trump

Les trois décisions rendues ces derniers jours par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique sont de natures différentes et s’inscrivent dans des processus judiciaires bien différents.

La première vient en conclusion d’une longue bataille sur le découpage électoral du Texas. Elle affirme que les découpages contestés ne le sont pas sur une base raciale. La jurisprudence sur ce type de problème distingue entre les motivations raciales des découpages qui seraient destinés à biaiser les résultats à partir d’une inégalité de représentation des catégories ethniques. La questions est évidemment complexe et délicate, tellement que le Voting Right Act adopté après les luttes des droits civiques des années 1960 portaient en majorité sur cet aspect. La formulation laisse la porte ouverte à d’autres actions puisque la Cour a majoritairement statué que la démonstration n’était pas faite de l’intention de construire des découpages biaisés. Elle laisse ouverte la possibilité   d’autres actions amenant des preuves plus concluantes. La Cour s’est divisée entre les juges conservateurs et progressistes (5/4) selon le schéma qui devrait être dorénavant classique. Dans une autre récente affaire de découpage électoral concernant le Wisconsin la Cour a refusé de statuer ce qu’elle fait habituellement quand il s’agit de problème de découpage électoral sans caractère racial. La question va devenir de plus en plus aiguë au fil des prochains mois vu la tension électorale avec l’élection de 2002 en perspective, une démographie a priori au désavantage des Républicains et le redécoupage général des circonscriptions qui suivra le recensement de 2020.

 

La Cour a eu à juger ce jour du recours posé contre une loi de l’état de Californie qui imposait aux organisations de conseils auprès des femmes souhaitant avorter de présenter clairement leut position sur l’avortement. Les « centres de crise de grossesse » qui sont des officines anti-avortement refusaient cette obligation confirmée en première instance. Sans rendre un avis définitif la COur à juger que la loi est probablement non-constitutionnelle car elle ne respecte pas le droit de ces officines au Premier Amendement (droit à la Libre Parole). Autrement dit pour la Cour Suprême le droit à la libre expression inclut le droit au mensonge, même si par omission. Ce jugement pourrait être un pas vers l’interdiction globale de l’avortement au niveau fédéral qui ets la première raison pour laquelle la droite chrétienne à voté pour Donald Trump afin qu’il remplisse la Cour de juges conservateurs.

Le dernier jugement évidemment applaudi par la Maison-Blanche est la confirmation du bien fondé de l’interdiction d’entrée sur le territoire de citoyens de plusieurs pays majoritairement musulmans. Le Juge en chef Roberts a lui-même rédigé l’avis qui confirme la conformité de la décision au rôle défini pour le président. Il ne juge pas de la constitutionnalité de l’interdiction elle-même dont le caractère sélectif (Travel ban) avait fait l’objet des poursuites. .

Le rôle de la Cour Suprême dans la vie politique du pays ne peut que croître dans un contexte de division politique exacerbée.

Ces victoires sont bienvenues pour le camp Trump et vont contribuer à regonfler le moral de la base. Les résultats des primaires de ce Mardi 26 Juin seront d’autant plus intéressants.

Le « Super Tuesday » de 2018

Le mardi 5 Juin se tenait le plus gros lot de primaires de l’année. La Californie occupait la place centrale vu la taille de sa population et donc le nombre de ses élus au Congrès mais aussi en raison de son système de primaires particulier dans lequel les candidats de tous les partis, et les sans-parti, concourent dans la même compétition dont les 2 premiers sont sélectionnés indépendamment de leur appartenance. Sur les 23 sièges que les Démocrates doivent reprendre pour gagner la majorité à la Chambre ils peuvent en espérer un cinquième du Golden State.

Les leçons du 5 Juin.

Les deux partis évitent la catastrophe en Californie.

La direction du Parti Démocrate marque des points sans mettre KO la gauche qui avance doucement.

Le Parti républicain est de plus en plus trumpien.

La nouvelle génération entre en masse en politique dans les deux partis avec les femmes et des représentants des minorités comme Debra Haaland au Nouveau Mexique qui pourrait bien devenir la première amérindienne élue au Congrès.

Les chiffres de participation sont encore souvent à l’avantage des Républicains mais sans être catastrophiques. La mobilisation de l’électorat reste un problème chronique pour les Démocrates aux élections intermédiaires.

En Californie.

La fameuse primaire crainte par beaucoup et surtout les Démocrates au vu du nombre de candidats susceptible de diviser les voix et éliminer un parti dès la primaire n’a pas donné d’effet indésiré. La première bataille concernait la sélection des deux candidats au poste de gouverneur. L’ancien maire de San-Francisco  Gavin Newson, favori, l’a emporté et a éliminé tactiquement son rival ancien maire de Los-Angeles.

La sénatrice Dianne Feinstein, Démocrate de droite, a largement distancé son adversaire progressiste Kevin de Leon mais ils ont éliminé les Républicains de la course au siège de sénateur de Californie.

Le sortant Républicain Dana Rorhabacher connu pour être un ami des russes est sorti largement en tête de sa primaire et a reçu les félicitations du président. Certains interpréterons cela comme le signe que l’ingérence russe n’est pas un sujet important pour l’électorat.

 

Le détail des résultats donnés par Vox

En Californie.

En Iowa.
Au Dakota du Sud.

Au Nouveau Mexique

Au New-Jersey.

 

Semaine 22 entre Seattle et Miami

 

La Corée du Nord reste la grande affaire de la semaine…Et pourrait le rester jusqu’au 12 Juin. La remise de la lettre géante par le chef-espion nord-coréen à Donald Trump a confirmé ce dont nous nous doutions depuis quelques jours. Le brouhaha de la rupture des pourpalers par Trump la semaine précédente n’était pas un coup de théâtre mais plus ordinairement du théâtre. Les deux joueurs ne courent pas après les mêmes objectifs mais ont tous deux intérêt à la tenue du sommet. Kim-Jong Un a déjà en partie gagné sa partie. Qui aurait pu croire il y a six mois que l’on puisse envisager qu’il soit attendu en terrain tiers pour un rendez-vous avec le président des États-Unis d’Amérique? Il veut aller au bout de ce processus de reconnaissance dont Donald Trump aura été l’acteur principal. Trump n’a qu’un seul objectif : la photo de la poignée de mains qui va lui permettre de sauver les élections de mi-mandat.
Et personne ne s’étonnera que la montagne accouche d’une souris. Kil ne voudra jamais d’un accord contraignant à court terme et Trump sera satisfait d’un programme de négociations ayant pour lointain objectif la dénucléarisation de la péninsule coréenne.
La mise sur la place publique de la discussion a attiré les autres acteurs mondiaux. Enfin pas tous, l’absence des européens crève les yeux. Les russes ne se sont pas fait priés. Lavrov est venu à Pyongyang placer ses pions. Les chinois sont toujours dans l’ombre de Kim. Le Japon fera son possible pour inclure le traitement du dossier de ses citoyens enlevés par les coréens dans le processus. Tous ces intérêts différents ne peuvent-ils pas mettre en danger le sommet plus que les humeurs de Donald Trump?

Quels peuvent être les résultats?
Cet article de Vox liste quatre possibiités :

1-le plus probable, un accord limité et réaliste sur un programme de discussion.
2-Des concessions majeures (Kim détruit une partie de l’arsenal et les USA évacuent en partie le sud) mais un accord partial, improbable mais toujours positif.
3-Pas d’accord et retour aux jeu des menaces réciproques, improbable vu les enjeux pour les deux.
4-Kill accepte toutes les demandes de Trump, à peu près impossible.

Dans sa fièvre Trump a même entamé la discussion avec les russes d’une possible rencontre avec Poutine.

Après Parkland.

Qui aurait cru que prendre ses distances avec la NRA puisse être bon pour les affaires? Une chaine de magasins qui a renoncé à vendre des armes à feu aux mineurs a vu ses résultats s’améliorer.

Le mouvement pour le contrôle des armes à feu n’est pas mort. Il s’est montré dans une manifestation à New-York. Ici sur le pont de Brooklyn.

brooklyn-bridgeyouthoverguns

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est  même célébré par l’Empire State Building coloré en orange, la couleur que veulent porter les militants « National Gun Violence Awareness Day »
La manifestation la plus émouvante cependant a été celle de la remise des diplômes (graduation Day) à l’école de¨Parkland qui a rappelé la mémoire des victimes de la fusillade. Pour donner un plus grand écho à la cérémonie une vedette de la télévision, Jimmy Fallon, l’a présentée.

Au Texas les famille de quatre des victimes ont attaqué en justice les parents du tireur. Je ne sais pas si c’est une bonne idée mais c’est un signe ds temps.

 

Je manque de temps pour traiter les autres thèmes.

A la semaine prochaine.

 

Mes liens de travail

International
31/05/2018
https://www.theguardian.com/world/2018/may/31/north-korea-summit-uninvited-guests-could-foil-trumps-objectives //Trump ne peut plus jouer le coup perso. Le président des EUA veut un accord avec des effets immédiats sur la dénucléarisation de la Corée. Les russes veulent leur part dans l’évolution de la péninsule après des années de soutien à Pyongyang depuis la guerre froide. Lavrov est à Pyongyang pour placer ses pions. Les sud-coréens qui ont rétabli la possibilité de la rencontre Kim-Trump après l’annulation sont prêts à jouer sans les EUA pour aboutir à un traité de stabilisation d’une nouvelle relation entre les deux Corée. Le Japon voudra inclure le traitement de ses citoyens enlevés par les nord-coréens dans tout accord. La question : qui dans tous ces intérêts divergents est prêt à faire capoter le sommet?
https://www.vox.com/world/2018/5/31/17408656/trump-north-korea-kim-meeting-four-scenarios //1-A reasonable small deal on a framework and more talks, most likely. 2-Mutual major concessions but only partial, still OK. 3-No deal : back to reciprocical threatening. 4-Kim agrees to all Trump demands, very unlikely.
01/06/2018
https://www.opendemocracy.net/paul-rogers/trumps-empire-in-decline-danger //US decline, not Trump family business

https://www.theatlantic.com/international/archive/2018/06/trumps-north-korea-gamble-is-a-real-time-experiment/561794/

https://www.npr.org/2018/06/01/613324017/why-the-spies-have-a-leading-role-in-the-north-korea-summit

https://www.vox.com/2018/6/1/17417348/kim-trump-north-korea-letter-summit //La confirmation de ce que l’on savait déjà
https://slate.com/news-and-politics/2018/06/white-house-is-reportedly-in-early-stages-of-planning-trump-putin-summit.html //Et maintenant le cher Vladimir.

https://thinkprogress.org/female-palestinian-medic-killed-by-israeli-forces-while-treating-injured-protesters-on-gaza-border-926dad6442fd/

Parkland
31/05/2018
https://thinkprogress.org/dicks-sports-sales-rise-04c44df12a82/ //Qui l’eut cru. Prendre ses distances avec la NRA est bon pour les affaires.
02/06/2018

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/390411-thousands-of-gun-control-advocates-take-over-brooklyn-bridge-in

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/390413-empire-state-building-tower-goes-orange-for-gun-control //Prepares Wear Orange Day

https://slate.com/news-and-politics/2018/06/families-of-four-of-eight-students-killed-in-santa-fe-shooting-are-suing-gunmans-parents.html

03/06/2018

https://thinkprogress.org/parkland-survivors-graduate-three-months-after-school-shooting-massacre-54f739fea298/

https://www.truthdig.com/articles/thousands-march-in-new-york-gun-protest/

https://talkingpointsmemo.com/livewire/jimmy-fallon-speaks-to-parkland-school-grads-ceremony-honors-4-slain-seniors //Diplomas are being presented to the families

L’enquête Mueller

https://www.salon.com/2018/05/30/sessions-recusal-from-the-russia-investigation-was-fatal-for-trump/

https://theintercept.com/2018/05/31/trump-russia-mueller-investigation-obstruction-of-justice/

https://www.salon.com/2018/05/31/samantha-bee-draws-cries-of-a-liberal-double-standard-after-blasting-feckless-ct-ivanka-trump/ //Pas touce à fifille
https://www.commondreams.org/news/2018/05/31/amid-signs-cronyism-nepotism-and-conflicts-interest-watchdog-demands-probe-trump-zte //Common cause demande à voir. Corruption dans l’air. Pékin met 500 M$ dans un projet indonésien des Trump.
02/06/2018

https://theintercept.com/2018/06/02/reality-winner-whistleblower-without-constituency/

https://www.motherjones.com/politics/2018/06/bombshell-letter-trump-jr-congress-testimony/ //Nier le problème par la Constitution ne peut que l’aggraver et plonger le pays dans une réelle cris constitutuinnelle.
https://www.nytimes.com/interactive/2018/06/02/us/politics/trump-legal-documents.html#footnote-expanded-0-56 //La lettre des avocats à Mueller. Il évoque aussi la grâce présidentielle dans son tweet de réaction.
03/06/2018
https://slate.com/news-and-politics/2018/06/trumps-lawyers-cite-outdated-statute-in-long-letter-to-mueller-rejecting-interview-request.html //La loi de 2002 qui fait un crime de l’obstruction à une enquête, même à venir, est ignorée des avocats de DJT dont les arguments tombent à l’eau.

https://slate.com/news-and-politics/2018/06/impeach-donald-trump-why-democrats-shouldnt-do-it-if-they-win-the-house.html

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.
01/06/2018
https://theintercept.com/2018/06/01/california-primary-house-races-wealthy-democrats-have-spent-16-million-of-their-money-so-far/ //39,48 et 49

https://theintercept.com/2018/06/01/maryland-primary-prince-georges-county-executive/

https://www.thenation.com/article/guy-iowa-knows-democrats-can-win-back-rural-america/ //Une clé, non pas pour 2018 mais pour le long terme. Obama a gagné 45% du vote rural. C’est là que Clinton a pu perdre Wisconsin, Michigan et Pennsylvanie.

http://prospect.org/article/how-democratic-socialists-helped-propel-abortion-funds-record-fundraising-levels

03/06/2018

https://theintercept.com/2018/06/02/working-class-candidates-congress-congressional-primaries/

https://www.thenation.com/article/meet-deb-haaland-democrat-congress/

Assurance-santé
02/06/2018
http://thehill.com/policy/healthcare/390346-states-defy-trump-on-obamacare //CA, MD end others are going to put limits on short term plans.
VT and NJ passed laws creating individual mandate

Economie

https://www.motherjones.com/environment/2018/06/donald-trump-coal-nuclear-draft-bailout/

https://slate.com/news-and-politics/2018/06/trump-coal-subsidies-will-help-inaugural-fund-donors.html

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/the-outrage-behind-trumps-market-shaking-tweet/561797/

L’obscurantisme de Blanquer

A la fin de la semaine dernière Laurent Delahousse s’est peut-être senti obligé de faire une fleur à son ami Macron. Sans aucune raison liée à l’actualité son journal nous a gratifié d’un sujet reprenant une vieille obsession de la droite française : la méthode d’apprentissage de la lecture.

La pauvre journaliste qui a du s’y coller ose dire que dans les années 1980 la méthode globale est venue concurrencer la méthode syllabique présentée comme la manière historique nécessairement authentique. Sans doute peu familière de ces sujets elle n’a pas réalisé que les deux méthodes n’ont à peu près jamais été en concurrence mais en collaboration dans la plupart des pratiques. Témoin dans mon enfance des débats pédagogiques entre mes parents instituteurs et leurs collègues je tenais ce débat pour clos depuis soixante ans par un accord pour faire profiter les enfants des avantages des deux systèmes qui s’adressent à des aspects différents du processus. Pour mémoire l’idée de la méthode globale, pas seulement en lecture, a été introduite par le pédagogue belge Ovide Decroly mort en 1932.

Inévitablement quand les journalistes de télévision sont en mal d’explication d’un phénomène psychologique on appelle à la rescousse les neurosciences. En fait non. On se sert d’un sous-produit des neurosciences, l’imagerie du système nerveux central humain pour impressionner les spectateurs ce qui dispense d’explication argumentée. Que feraient les professionnels de la télévision et les politiciens sans l’imagerie neurologique? La sempiternelle « activation de la zone » de ceci ou de cela dispense de démonstration. Circulez il y a quelque chose à voir mais rien à comprendre.

On connait depuis longtemps la tendance du cerveau humain à fonctionner par manipulation de formes dès le plus jeune âge. Il a même existé une école de pensée, la « gestaltpsychologie » (de l’allemand gestalt=forme) pour généraliser la reconnaissance de formes structurées comme base du psychisme.

L’importance accordée aux langues mortes, latin ou grec, et à la filiation lexicale dans la maitrise de la langue n’aurait donc d’ailleurs aucun sens dans une approche purement syllabique.

Plus encore l’acharnement des politiciens de droite à crier haro sur toute forme de globalisation cache une sacrée hypocrisie. Tous ces gens sont nécessairement des praticiens du texte et de la lecture rapide, techniques basées sur l’anticipation de mots ou même de segments de phrase. C’est-à-dire sur de la globalisation. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Il est tellement plus simple et réconfortant de flatter le peuple dans le sens du poil et de promouvoir des idées simples qu’il doit être capable de comprendre : assemblez de lettres pour former des sons et grouper les en mots. N’imaginez pas que votre esprit puisse fonctionner de manière plus ou moins complexe et laissez nous nous occuper de tout cela.

Le plus sidérant est encore que tout cela dure depuis si longtemps.

Un bel après-midi de printemps.

Tous les prétextes sont bons. Avais-je besoin de tirer arguments de quelques cartes manquantes pour mes prochaines marches pour m’autoriser un petit passage à la manifestation organisée par François Ruffin?

Sorti du RER je n’ai pu résister à l’attrait de ma boutique d’engins à écrire à l’entrée de la rue Saint Martin. Il me restait à traverser la Seine quand le bruit des sirènes du convoi de police m’a reporté cinquante ans moins un jour en arrière. Ce Lundi 6 Juin vers vingt-deux heures nous passons Boulevard du Palais derrière la Préfecture de police sur le chemin de la station de métro. Une colonne de flics sort de chaque porte. Nous voilà coincés. Je viens de me faire rafler pour la première fois. Peut-être fallait-il faire le quota du jour. Faute d’avoir interpelé assez dans la journée on a fait le complément.

Sous le soleil éclatant de ce début d’après-midi mon lointain souvenir a plutôt de quoi faire sourire. Le temps d’acheter mes cartes et je peux rejoindre la fin du cortège; serré de près par quelques voitures tous clignotants dehors. Malgré le danger assumé par les autorités de bloquer des rues latérales par des barrières au risque de priver les manifestants de voie de replis en cas d’incident la posture adoptée est manifestement moins agressive que ce que l’on a pu connaître sous Hollande lors des manifestations contre la loi travail quand la présence de policiers en équipement de maintien de l’ordre sur les trottoirs même du cortège visait manifestement à intimider sinon provoquer les réactions. Après les débordements verbaux du pouvoir à la suite du Premier Mai on pouvait craindre la fuite en avant. Le caractère pacifique parfois familial du rassemblement s’est révélé la meilleure défense contre les tentations qui ne manquent pas de travailler les pouvoirs trop sûrs d’eux.

Le symbole de ce pacifisme circulait à vélo, une réincarnation de Mouna que les plus jeunes ne peuvent pas connaître.

Au-delà de la polémique sur le nombre de participants quels enseignements tirer de cette journée?

Le succès ne se mesure pas seulement en terme quantitatifs. Si le contrat minimum a été rempli en occupant significativement le pavé parisien la qualité de la mobilisation et son inscription dans une dynamique peuvent faire la différence entre un baroud d’honneur et étape vers l’avant. Nous verrons dans les jours à venir si les graines semées continuent à pousser.

La nouveauté même de la méthode et le style de François Ruffin sont plutôt encourageant. Mobiliser sans consignes partisanes à partir de considérations concrètes plutôt que de proclamations idéologiques voilà de quoi rendre discrets tous les Comité Invisibles de la terre.

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