DOMINIC77

Un peu de tout

Author: dominic77 (page 1 of 12)

Le 15 Mai se déroulent les primaires de l’Idaho, du Kentucky, de la Pennsylvanie, du Nebraska et de l’Oregon. Vox détaille ici les points marquant.

Les élections de Pennsylvanie  sont les premières sous le nouveau découpage  imposée par la Cour Suprême de l’état et que les Républicains n’ont pas pu faire annuler.

IDAHO.
Gouverneur.
DEMs
Paulette Jordan, 38 ans une amérindienne soutenu par le Planning Familial et les amis de Bernie Sanders, et A.J. Balukoff, 72 ans soutenu par l’establishment du parti.
GOP
Butch Otter ne se représente pas. Son lieutenant Brad Little se présente à la primaire mais Paul Labrador du Freedom Caucus (droite) et Tommy Ahlquist se présentent à la primaire. Les Républicains sont largement favoris dans cet état en expansion mais qui souffre d’une infrastructure inadaptée à sa modernisation.

PENNSYLVANIE
Sénat
DEMS
Bob Casey, sortant, favori.
GOP
Lou Barletta establishment, Jim Christiana.

Gouverneur.
DEMs
Tom Wolfe (D) Sortant, légèrement favori.
GOP
Scott Wagner soutenu par Bannon, Laura Ellswoth, Paul Mango soutenu par Tom Cotton.

Lieutenant-gouverneur
DEMs
Mike Stack, sortant frappé par des scandales, incertain.
GOP
Jeff Bartos favori du parti, Diana Irey Vaughan, militant conservateur Peg Luksik, femme d’affaire Kathy Coder.

Sièges à la Chambre.
Les districts 1,5,7,8,10,11,12,14 sont intéressants à des titres divers. Entre autres ils peuvent donner lieu à des affrontements entrer gauche et droite chez les Démocrates. Cette première mise en œuvre de la nouvelle carte électorale livrera ses enseignements, normalement à l’avantage des Démocrates. La mobilisation aux primaires est un indice important de la capacité à mobiliser lors de l’élection générale.

NEBRASKA
Sénat
DEMS
Jane Rayboul mène de loin devant d’autres candidats de moindre chance.
GOP
Deb Fischer sortante, très favorite.

Le siège Républicain du Second district semble à la portée des Démocrates qui verront s’affronter à la primaire le politicien Ashford qui a déjà été élu et la militante d’association locale Kara Eastman. La primaire semble équilibrée.

OREGON
Gouverneure
DEMs
KAte Brown, la gouverneure Démocrate élue pour terminer le mandat de son prédécesseur chassé par un scandale de trafic d’influence.
GOP
Les Républicains sont pénalisés par la très mauvaise image de Donald Trump dans l’état mais espèrent tirer parti de la médiocre cote de Brown et de la lassitude de 32 ans de gouvernorat Démocrate. Les candidats Knute Buehler, modéré, Greg Wooldridge et Sam Carpenter se distnguent du reste.

Le KENTUCKY tient aussi ses primaires ce jour.

Semaine 19 entre Seattle et Miami

L’accord sur le nucléaire iranien.

Que peut-on écrire de la grande affaire de la semaine dernière? Les médias se sont tant répandues à ce sujet qu’il est devenu impossible d’émettre quoi que ce soit d’audible. La suite demeure très incertaine entre la rhétorique belliqueuse de John Bolton et le besoin de Donald Trump de faire mobiliser la nation derrière lui. On peut se souvenir de la suggestion de Sheldon Adelson datant de plusieurs années de nucléariser l’Iran avant même de négocier quoi que ce soit. Le même Sheldon Adelson, magnat des casinos de Las Vegas et grand financier des Républicain vient de verser 30 millions de dollars dans les caisses électorales du parti.

Dans le contexte la présence de la fille de Donald Trump à l’occasion du transfert de l’ambassade ne peut être interprétée que comme un pas de de plus dans l’offensive même si la justification sera évidemment la religion juive qu’elle a adoptée lors de son mariage avec Jared Kushner.

Trumpian Wall.

Sur le front sud la date du Fandango Fronterizo se rapproche, le 26 Mai. Ce rassemblement de part et d’autre de la barrière à San Diego se tiendra pour la onzième fois. Il s’agit de faire de la musique ensemble des deux côtés. A cet endroit la frontière est matérialisée par deux barrières séparées d’un no-man’s land de quelques mètres qui n’interdisent pas le passage des sons.  L’initiative a fait des  petits le long de la ligne de démarcation et se  retrouve en d’autres endroits. D’autres initiatives de vie sociale inter-frontalière existent comme dans la zone El Paso-+Ciudad Juarez avec un service de partage de bicyclettes. Cette zone de près de 3 millions d’habitants est la seconde en population à cheval sur la frontière après Tijuana-San Diego. Les initiatives de ce genre doivent être particulièrement irritantes pour un Donald Trump qui a récemment explosé de colère en réunion du Cabinet contre la Secrétaire d’état à la Sécurité Intérieure incapable selon lui de fermer la frontière.  La cause en serait les statistiques d’arrestations pour défaut de papiers à la frontière revenues à leur niveau d’avant l’élection de 2016. L’arrivée de Donald Trump semblait avoir eu un effet dissuasif pour les candidats à l’immigration. Cet effet se diluant avec le temps les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et ce ne sont pas les promesses de ramener les emplois qui vont faire baisser l’attraction. Au-delà de la curieuse incapacité du président à comprendre qu’une frontière ne se ferme pas comme un robinet le problème politique qu’il a créé en clamant que la frontière est une passoire ne peut pas se résoudre de lui-même. Au final il est du reste le seul à pouvoir décrété que le problème est résolu.

Après Parkland.

Si les jeunes gens de la génération Parkland se sont montré discrets ils sont toujours là comme l’a montré cette rescapée qui célèbre trois mois après la fusillade être débarrassée des projectiles qui la défiguraient.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat, mais pas seulement.

Si l’enjeu principal identifié par tous et Donald Trump en premier restera la reprise ou pas de la Chambre des Représentants par une majorité de députés Démocrates le long terme se jouera aussi dans les élections des assemblées des états et dans les elections locales.

La cause du Sénat semble être à peu près entendue. En l’absence d’événements inattendu les Démocrates peuvent ua mieux espérer compenser  les probables pertes de quelques sièges comme celui de Joe Manchin par de gains comme celui du siège de Jeff Flake. En Arizona la question de la présence de John McCain, élu en 2016 pour 6 ans, sur les bancs du Sénat se pose du fait de son état de santé. Il n’est pas revenu à Washington depuis le début de l’année. Les sénateurs Démocrates élus dans des états Républicains, typiquement Manchin et Donnelly, donnent des gages à leur électorat local sans aucun résultat dans les sondages.   Donald Trump a bien vu la faiblesse de ces sénateurs et deux jours après la primaire a tenu un meeting en Indiana contre Joe Donnelly.

La Chambre des Représentants constitue donc l’objectif principal des Démocrates sans que pour l’instant la victoire soit très assurée. Ils ne décollent pas des 5 à 6 pour-cent d’avance que les experts pensent insuffisants pour combler les handicaps du découpage électoral et du chronique défaut de participation de leur camp aux élections intermédiaires.

Les états et les grandes villes étant devenus des lieux de résistance au pouvoir trumpien les élections régionales et locales ont pris de l’importances. L’enthousiasme de la base Démocrate a provoqué un afflux de candidats parfois dangereux comme en Californie mais qui peut rendre optimiste. Ces élections sont aussi l’occasion de procéder à des reclassements au sein de chaque camp. Les affrontements entre trumpistes et Républicains classiques ne vont pas manquer. Chez les Démocrates l’affrontement entre les vieux Démocrates « de Wall Street » et la vague mobilisée par la campagne de Bernie Sanders ne peut guère être mieux illustrée que par la situation à New-York. L’actrice Cynthia Nixon défie la dynastie Cuomo pour le poste de gouverneur. Andrew Cuomo, fils de gouverneur de l’état et frère de présentateur vedette de CNN, s’est souvenu récemment de son passé de candidat écologiste. Ses manœuvres à l’assemblée de l’état où il a couvert un groupe de pseudo-Démocrates qui l’affranchit de toute obligation, lui a fait perdre le soutien d’un groupe important de l’état : le Workers  Family Party. La législation particulière de l’état permet à un candidat de concourir pour deux partis. La candidature de Zephyr Teachout, héroïne de la gauche de l’état, au poste de ministre de la justice semble se préciser. Etant donné la place de cette juridiction dans les enquêtes autour de Donald Trump le rôle de cet Attorney General sera capital.

 Les primaires de la semaine dernière ont donné des résultats mitigés.

Les vainqueurs : les femmes et l’establishment Démocrate.
Les 2/3 des femmes candidates pour la Chambre gagnent leurs primaires. Au Texas en Mars 24 femmes sur 32 Démocrates ont ainsi gagné le premier round de leurs primaires. Au final chez les Démocrates 22 et chez les Républicains 5. Le Center for American Women and Politics de la Rutgers University étudie spécifiquement cet aspect. L’organisation féministe Emily List (federal Political Action Committe) qui soutient les candidatures de femmes a constaté une très forte augmentation des candidatures.  Dans l’Ohio où le gouverneur John Kasich ne pouvait  pas se représenter et se prépare à jouer le recours modéré contre Trump en 2020 un des vieux héros de la gauche se présentait contre un candidat soutenu par Elizabeth Warren. Dennis Kucinich est célèbre pour avoir refusé alors qu’il était maire de Cleveland -et plus jeune maire d’une grande cité à l’époque- refusé de vendre la régie municipale de l’électricité à des investisseurs financiers. Cela lui couta la mairie mais des décennies plus tard tout le monde reconnait que les habitants en sont gagnants contre les banques. Parfois incontrôlable Kucinich a été battu par Richard Cordray, directeur du Consumer Protection Bureau limogé par l’administration Trump. Le soutien de Warren et son action au CFPB donnent à Cordray une image progressiste même si comme Warren il n’est pas incompatible avec la direction centriste du Parti Démocrate. Je suis souvent en désaccord avec mes amis au sujet d’Elizabeth Warren dont je pense qu’il serait hasardeux de surestimer le caractère progressiste. Elle s’est montré à peu près irréprochable en matière économique et sociale alors qu’elle a eu tendance à s’aligner sur les positions douteuses de Hilary Clinton en matière internationale.

En Indiana le sénateur Donnelly a vu élu en face de lui un Républicain bien placé pour le battre, Mike Braun. Donald Trump ne s’y est pas trompé. Deux jours plus tard il tenait meeting dans l’état contre le sénateur sortant.

Dans l’Ohio une proposition modérée de nouvelle procédure de cartographie électorale est facilement passée. Sans être révolutionnaire cette loi apportera plus de transparence tout en laissant le découpage électoral aux mains des politiciens plutôt qu’à une commission indépendante. Encore une fois la présence de John Kasich qui joue une partie serrée peut ne pas être  étrangère à cette situation peu courante d’un état dirigé par les Républicains, sévèrement charcuté et qui propose de changer la loi au risque de perdre leur majorité.

Les extrémistes trumpiens ont perdu en la personne de Don Blankenship en Virginie Occidentale ou Trump a du désavouer celui qui se présentait comme « Trump avant Trump » car il n’avait guère de chance de gagner l’élection générale. La crainte de perdre la majorité au Sénat a été la plus forte.

L’enquête de Robert Mueller.

Si les enquêteurs restent discrets comme à leur habitude  les nouvelles sont venues de la périphérie : l’enquête sur Michael Cohen, l’avocat de Trump. L’avocat de Stormy Daniels a donné une impulsion déterminante a ce versant en dévoilant des clients d’une société créée par Cohen parmi lesquels au moins une société russe dirigée par un  proche de Poutine. Il pourrait s’agir du premier lien réel entre l’environnement de la campagne de 2016 et des interlocuteurs russes. Plusieurs des sociétés citées comme clientes de Cohen ont d’ailleurs été approchées par Mueller il y a déjà  plusieurs semaines.

Les enquêteurs gardent leur calme mais l’autre camp se met en ordre de marche. Nous avons vu la semaine dernière la mobilisation plus ou moins heureuse de Rudy Giuliani. Cette semaine Mike Pence est venu apporter sa part à l’effort en affirmant que l’enquête a assez duré. L’affirmation de Giuliani à la presse que son camp est passé de la défense à l’attaque ne se traduit pas encore par des gestes spectaculaires mais les signes s’accumulent de la volonté de Donald Trump de se battre pied à pied. Les sondages montrent une opinion franchement polarisée sur la question de savoir si l’enquête est politiquement biaisée. Mais les Républicains, sur la défensive sont beaucoup plus massivement convaincus  (73%) que les Démocrates ne le sont du contraire..

 

A la semaine prochaine

La semaine 18 de Seattle à Miami. La guerre est déclarée

Entre Mueller et Trump la guerre est déclarée.

Ceux qui se demandaient si l’enquête de Robert Mueller irait au-delà des élections de mi-mandat ont eu leur réponse cette semaine. Il est toujours aussi difficile de savoir vers quelle issue on s’oriente mais nous venons d’entrer dans une nouvelle phase qui pourrait bien être celle de la conclusion de l’enquête.

La publication par la Maison-Blanche des questions soumises par l’équipe Mueller en vue d’un interrogatoire de Donald Trump la semaine dernière a signé le déclenchement des hostilités. Alors que les deux équipes de juristes de Donald Trump, en tant que président et en tant que personne privée acceptaient l’idée de collaborer avec Robert Mueller et d’organiser l’entretien il n’en est plus question.

Le principal avocat qui soutenait l’hypothèse de collaboration Ty Cobb a été remercié. Malgré les tentatives  de déguiser cela comme un départ organisé de longue date personne n’est dupe.

Il est remplacé par Emmet Flood, avocat vétéran de Washington qui a même défendu Bill Clinton en son temps. Plus encore il a travaillé sous Georges W. Bush sur les questions liées aux droits spécifiques du président de parfois faire exception à la loi (executive privilege). Ce renouvellement de personnel signale un changement de posture de la part de Donald Trump. Il confirme ainsi des tweets récent qui annonçaient une attitude offensive dans laquelle il pourrait s’impliquer personnellement.

Parmi les casseroles que tire Donald Trump les plus scabreuses viennent de ses, pour l’instant supposées, frasques sexuelles dont la plus connues est une affaire datant de dix ans avec l’actrice de films « pour adultes » Stormy Daniels. Michael Cohen, avocat personnel de Trump depuis de longues années s’est chargé de traiter le dossier et en particulier, juste avant la date de l’élection de 2016, de payer l’actrice (130000$) pour qu’elle s’engage à ne rien révéler. Mueller a abandonné ce versant de l’enquête qui ne correspond pas clairement à son mandat à une équipe de procureurs de (l’état de) New-York. Il a ainsi purgé sa propre enquête des aspects les plus gênants. De son côté Stormy Daniels a trouvé l’avocat qui convient. Michael Avenatti, une force de la nature qui n’a peur de rien et surtout pas de Donald Trump. Ils font pour l’instant un parcours médiatique et judiciaire sans faute.

Contrairement  à Rudy Giuliani, l’ex-maire de la ville de New-York et soutien acharné de Donald Trump à qui le président a confié la direction de son équipe de défenseurs. En quarante-huit heures Giuliani a réussi a dire à peu près tout et son contraire à propos de l’affaire Stormy Daniels. Il a a en particulier avoué peut-être contre la volonté de son patron que celui-ci a bien remboursé là Michael Cohen les 130000$ payés à l’actrice. En plus de provoquer des mises aux points et des démentis en cascade ce point ouvre une discussion sur la possibilité que ce remboursement soit une infraction à la loi sur le financement des élections. L’équipe Trump est tellement désemparée que même Kellyanne Conway qui n’hésitait pas en tant que porte-parole à s’impliquer  a refusé de se prononcer sur ces paiements.  Le comique de la situation n’a pas échappé à l’humoriste John Oliver qui a développé comment Giuliani a pu gaspiller en deux jours la crédibilité acquise lors 11 Septembre.

Robert Mueller continue a jouer le sphinx et à en dire le moins possible au contraire de Michael Avenatti. Ce silence a pour résultat de laisser toutes les hypothèses ouvertes sur ce que contient son dossier et les preuves qui y figurent. La première escarmouche de la nouvelle bataille entre les deux camps s’est déroulé dans un tribunal où le juge Ellis a mis en doute la conformité des accusations  de Mueller à l’encontre de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump avec le mandat délivré au procureur spécial. Si ces accusations de malversations financières anciennes liées principalement au travail de Manafort avec le parti pro-russe en Ukraine devaient être annulées l’enquête perdrait en crédibilité et en capacité de pression sur les témoins. La réponse de l’équipe Mueller a été d’une sobriété bien dans la ligne : « Nous sommes bien conscients du contenu de notre mandat ». Comprenne qui pourra. Soit cela signifie qu’ils n’ont rien à dire, soit qu’ils ont biens les preuves qui lient ces malversations à l’ingérence dans la campagne.

Les Républicains accusent souvent l’enquête Mueller d’avoir trop durée. En fait si on la compare aux précédentes enquêtes de procureurs spéciaux elle a produit très rapidement des inculpations.

Inculpations
Inculpations

La collision avec les élections de Novembre est maintenant inéluctable, quoiqu’en pensent les Républicains. L’évolution de la situation dépend en partie de Donald Trump et reste assez imprévisible.

Trumpian Wall.

L’immigation clandestine a retrouvé son niveau d’avant Trump si on en croit les statistiques de la police des frontières (Border Patrol). Les arrestations avaient baissé après l’élection de Donald Trump. L’immigration réelle reste assez difficile à évaluer. La majorité des immigrants ne rentrent pas en passant illégalement la frontière mais arrivent avec des visas de touristes et ne repartent pas.

Après Parkland.

Il n’y avait pas que la NRA dans les rues de Dallas. Les mouvements étudiants comme « Rally 4 Reform » ou « StudentMarch » et les mouvements d’opinion comme la coalition « #NoNra » menée par des vedettes de la télévision ont manifesté.

La Convention de la NRA a été l’occasion de désigner un nouveau président, poste représentatif et non opérationnel, en la personne d’Oliver North. Personnalité connue de la droite il s’est fait connaitre pour des agissements illégaux sous Reagan. Il a entre autres utilisé l’argent de ventes d’armes aux iraniens, mal vu actuellement, pour financer des actions contre la gauche nicaraguayenne. Adopter comme personnalité phare de l’organisation un homme aussi controversé porte-t-il un message ?

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Ce mardi (8 Mai 2018) nous entrons dans la grande séquence des élections primaires, et donc dans la période électorale.

Les Républicains sont confrontés à des risques sérieux dans certains états comme la Virginie Occidentale où un propriétaire de mines condamné pour sa responsabilité dans un accident qui a causé la mort de 29 personnes mène les derniers sondages. Donald Trump s’est cru obligé de conseiller aux Républicains de ne pas voter pour ce candidat qui est pourtant le plus proche de ses positions car il peut difficilement être élu au Sénat cet automne. Dans l’Ohio  la succession du gouverneur John Kasich est ouverte car il ne peut plus briguer de nouveau mandat. Il se prépare sans doute à se présenter contre Trump en 2020, éventuellement comme indépendant.

Les Démocrates sont confrontés en Californie à un dilemme de riches. L’enthousiasme de leurs rangs a suscité de nombreuses candidatures. Le système de « jungle primary » dans l’état met en concurrence dans la même élection primaire tous les candidats. Les deux premiers sont sélectionnés quel que soit leur appartenance. un parti présentant beaucoup de candidats risque donc de diviser ses voix et de laisser les deux premières places à l’autre parti tout en ayant recueilli la majorité des  votes. Les ténors Républicains Dana Rorhabacher, Darrel Issa ou Devin Nunes pourraient ainsi sauver leurs sièges sans avoir d’opposition en Novembre. Par ailleurs une sur-représentation Démocrate de l’état poserait un problème démocratique si l’opinion républicaine n’avait pas un nombre d’élus normal.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

La commission juridique du Sénat a adopté une proposition de loi qui  protégerait les procureur spéciaux  comme Robert Mueller contre les attaques de l’exécutif. Elle n’a aucune chance d’être votée dans aucune des deux chambres mais exprime bien un message au président et à l’opinion.

Les sénateurs Bob Corker (R) et Tim Kaine (D) se sont mis d’accord pour proposer une loi qui redonne au Congrès les moyens de contrôler les actions militaires décidées par l’exécutif. Depuis le 11 Septembre 2018 les présidents, y compris Barack Obama ont engagé le pays dans une guerre sans fin (Forever War) sur la base des votes du Congrès en 2001 et 2002. Ces AUMF (Authorization for Use of Miltary Force) sont rédigées en termes généraux et potentiellement en contradiction avec la Constitution qui spécifie que le seul Congrès est apte à déclarer la guerre.

Cette proposition n’a guère de chance d’arriver au bout du parcours car l’opinion soutient les actions militaires comme les bombardements sur la Syrie, au moins tant qu’elles n’incluent pas l’envoi massif de troupes au sol.

La représentante Barbara Lee avait été la seule a refuser de voter une autorisation sans limite en 2001 et elle n’a cessé de se battre contre le blanc-seing ainsi donné au président.

Barbara Lee
Barbara Lee

Le chanteur militant David Rovics a célébré Barabara Lee dans cette chanson (les paroles en bas de la page).

Et le social

Les grèves des enseignants pour la revalorisation des moyens de l’éducation n’ont pas cessé et commencent à s’attirer des représailles comme  au Kentucky où  le gouverneur tente maintenant de privatiser le plus grand complexe éducatif de l’état.

La Cour Suprême de Californie a confirmé que les chauffeurs Uber ou Lyft doivent être considérés comme des salariés, avec les protections afférentes et non comme des entrepreneurs indépendants.

A suivre cette semaine

les primaires de mardi et bien sûr les décisions sur l’accord iranien.

A la semaine prochaine.

L’obscurantisme de Blanquer

A la fin de la semaine dernière Laurent Delahousse s’est peut-être senti obligé de faire une fleur à son ami Macron. Sans aucune raison liée à l’actualité son journal nous a gratifié d’un sujet reprenant une vieille obsession de la droite française : la méthode d’apprentissage de la lecture.

La pauvre journaliste qui a du s’y coller ose dire que dans les années 1980 la méthode globale est venue concurrencer la méthode syllabique présentée comme la manière historique nécessairement authentique. Sans doute peu familière de ces sujets elle n’a pas réalisé que les deux méthodes n’ont à peu près jamais été en concurrence mais en collaboration dans la plupart des pratiques. Témoin dans mon enfance des débats pédagogiques entre mes parents instituteurs et leurs collègues je tenais ce débat pour clos depuis soixante ans par un accord pour faire profiter les enfants des avantages des deux systèmes qui s’adressent à des aspects différents du processus. Pour mémoire l’idée de la méthode globale, pas seulement en lecture, a été introduite par le pédagogue belge Ovide Decroly mort en 1932.

Inévitablement quand les journalistes de télévision sont en mal d’explication d’un phénomène psychologique on appelle à la rescousse les neurosciences. En fait non. On se sert d’un sous-produit des neurosciences, l’imagerie du système nerveux central humain pour impressionner les spectateurs ce qui dispense d’explication argumentée. Que feraient les professionnels de la télévision et les politiciens sans l’imagerie neurologique? La sempiternelle « activation de la zone » de ceci ou de cela dispense de démonstration. Circulez il y a quelque chose à voir mais rien à comprendre.

On connait depuis longtemps la tendance du cerveau humain à fonctionner par manipulation de formes dès le plus jeune âge. Il a même existé une école de pensée, la « gestaltpsychologie » (de l’allemand gestalt=forme) pour généraliser la reconnaissance de formes structurées comme base du psychisme.

L’importance accordée aux langues mortes, latin ou grec, et à la filiation lexicale dans la maitrise de la langue n’aurait donc d’ailleurs aucun sens dans une approche purement syllabique.

Plus encore l’acharnement des politiciens de droite à crier haro sur toute forme de globalisation cache une sacrée hypocrisie. Tous ces gens sont nécessairement des praticiens du texte et de la lecture rapide, techniques basées sur l’anticipation de mots ou même de segments de phrase. C’est-à-dire sur de la globalisation. Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Il est tellement plus simple et réconfortant de flatter le peuple dans le sens du poil et de promouvoir des idées simples qu’il doit être capable de comprendre : assemblez de lettres pour former des sons et grouper les en mots. N’imaginez pas que votre esprit puisse fonctionner de manière plus ou moins complexe et laissez nous nous occuper de tout cela.

Le plus sidérant est encore que tout cela dure depuis si longtemps.

Un bel après-midi de printemps.

Tous les prétextes sont bons. Avais-je besoin de tirer arguments de quelques cartes manquantes pour mes prochaines marches pour m’autoriser un petit passage à la manifestation organisée par François Ruffin?

Sorti du RER je n’ai pu résister à l’attrait de ma boutique d’engins à écrire à l’entrée de la rue Saint Martin. Il me restait à traverser la Seine quand le bruit des sirènes du convoi de police m’a reporté cinquante ans moins un jour en arrière. Ce Lundi 6 Juin vers vingt-deux heures nous passons Boulevard du Palais derrière la Préfecture de police sur le chemin de la station de métro. Une colonne de flics sort de chaque porte. Nous voilà coincés. Je viens de me faire rafler pour la première fois. Peut-être fallait-il faire le quota du jour. Faute d’avoir interpelé assez dans la journée on a fait le complément.

Sous le soleil éclatant de ce début d’après-midi mon lointain souvenir a plutôt de quoi faire sourire. Le temps d’acheter mes cartes et je peux rejoindre la fin du cortège; serré de près par quelques voitures tous clignotants dehors. Malgré le danger assumé par les autorités de bloquer des rues latérales par des barrières au risque de priver les manifestants de voie de replis en cas d’incident la posture adoptée est manifestement moins agressive que ce que l’on a pu connaître sous Hollande lors des manifestations contre la loi travail quand la présence de policiers en équipement de maintien de l’ordre sur les trottoirs même du cortège visait manifestement à intimider sinon provoquer les réactions. Après les débordements verbaux du pouvoir à la suite du Premier Mai on pouvait craindre la fuite en avant. Le caractère pacifique parfois familial du rassemblement s’est révélé la meilleure défense contre les tentations qui ne manquent pas de travailler les pouvoirs trop sûrs d’eux.

Le symbole de ce pacifisme circulait à vélo, une réincarnation de Mouna que les plus jeunes ne peuvent pas connaître.

Au-delà de la polémique sur le nombre de participants quels enseignements tirer de cette journée?

Le succès ne se mesure pas seulement en terme quantitatifs. Si le contrat minimum a été rempli en occupant significativement le pavé parisien la qualité de la mobilisation et son inscription dans une dynamique peuvent faire la différence entre un baroud d’honneur et étape vers l’avant. Nous verrons dans les jours à venir si les graines semées continuent à pousser.

La nouveauté même de la méthode et le style de François Ruffin sont plutôt encourageant. Mobiliser sans consignes partisanes à partir de considérations concrètes plutôt que de proclamations idéologiques voilà de quoi rendre discrets tous les Comité Invisibles de la terre.

La semaine 17 de Seattle à Miami

J’ai sauté la semaine dernière, un peu loin de mes bases et manquant de temps.

L’essentiel de l’actualité des États-Unis d’Amérique de la semaine dernière s’est déroulée bien loin du territoire national puisque la Corée a tenu la vedette avec la rencontre à grand spectacle des dirigeants du nord et du sud symboliquement organisée autour de la ligne de démarcation. Si bien que la droite se met à rêver tout éveillée d’un prix Nobel de la paix pour Donald Trump qui évidemment a surenchéri puisque l’on reconnait ses mérites. Cette farce n’est rendue possible que par le prix Nobel bien légèrement attribué à Barack Obama en 2009. Ceci se produisant deux semaines avant que Trump ne mette le Proche-Orient à feu et à sang en répudiant l’accord  sur le nucléaire iranien résonne de manière particulièrement sinistre. Faut-il espérer que l’orgueil de Donald Trump lui fasse préférer la perspective d’un discours de portée mondiale à Oslo à la poursuite de l’un de ses objectifs obsessionnels ? Après tout quelle serait la meilleure vengeance sur Obama dans la tête d’un Trump : détruire l’accord ou recevoir le même prix? Que deviendraient alors les conseils de John Bolton qui préconise une approche lybienne en Corée. On sait ce que ce cela a couté à Kadaffi.

Si Donald Trump tire la couverture à lui et tente de se faire créditer de l’évolution spectaculaire il est clair que Kim Jong-Un a joué très habilement. J’ai déjà exprimé mes doutes, alimentés par les avis d’experts militaires des États-Unis d’Amérique, sur le caractère opérationnel de la menace nord-coréenne dont il est douteux qu’elle ait pu en si peu de temps parvenir à maitriser les techniques de guidage des missiles, de rentrée dans l’atmosphère, de montage des têtes nucléaires sur les missiles. Les annonces des derniers jours sur l’état du site de développement des bombes nucléaires nord-coréen tendraient à confirmer le bluff  qui se cacherait dans les rodomontades du président nord-coréen. Le président sud-coréen de son côté a su profiter de son élection pour faire le travail nécessaire au rapprochement. Et Trump a fait ce que l’on attendait de lui : il a réagi. L’importance de la caisse de résonance que constituent les médias nord-américains lui assure une visibilité qui fait de lui le vainqueur de la bataille de communication.

Le théâtre coréen a permis la confirmation de l’ascension de Mike Pompeo. La Maison-Blanche a démontré son savoir-faire en communication en révélant après coup la visite du ministre des Affaires Étrangères, alors non confirmé, et sa rencontre avec Kim Jong-Un. La conjoncture électorale qui contraint les sénateurs Démocrates en situation se réélection cet automne dans des états Républicains à donner des gages à l’électorat de droite a  facilité le vote de confirmation et Mike Pompeo a pu ainsi repartir très rapidement pour le Proche-Orient continuer à construire la coalition anti-Iran. Le scénario pourrait bien être déjà écrit. La dénonciation, complète ou partielle, par Donald Trump de l’accord sur le nucléaire iranien serait suivi de frappes israéliennes sur des cibles iraniennes en Syrie ou peut-être en Iran. Des frappes suffisamment importantes et publiques pour les les iraniens n’aient guère d’alternative à la riposte militaire suffiraient à déclencher la mécanique infernale de l’embrasement. Le jeu des alliances ferait le reste. Ce terrain est d’autant plus favorable aux actions américano-israéliennes que la Russie et la Turquie seraient gênées pour intervenir vu leurs relations avec Israël.

Trumpian Wall

L’actualité internationale a relégué au second plan l’immigration et la frontière sud. L’arrivée de la caravane de demandeurs d’asile relance le débat. Le « déporteur en chef » de Trump, patron de l’administration de l’immigration (ICE=Immigration Control and Enforcemnet), nommé par Obama, a fini par démissionner avant une audience de confirmation problématique.  Un des objectifs avoués de Mitch McConnell, patron Républicain du Sénat, semble d’ailleurs être de consacrer le maximum du temps de session de son assemblée à confirmer les nominations des candidates proposés par Donald Trump. Etant donné l’incertitude qui plane sur le résultat des élections de Novembre on le comprend. Les statistiques de la police des frontières montrent que la pression migratoire à la frontière a considérablement (12%) baissée.

Après Parkland.
Le contrôle des armes à feu n’est même plus un interdit dans les campagnes électorales dans un état pourtant pas massivement Démocrate : le Colorado. Jason Crow un candidat Démocrate peut choisir de faire campagne sur un programme explicite de contrôle des armes à feu.

Les jeunes gens de Parkland sont plus discrets mais n’ont pas disparus. La NRA tient sa réunion annuelle, où Trump doit prendre la parole après Mike Pence. La décision d’interdire les armes à feu lors du discours du vice-président montre un changement d’ambiance que n’a pas manqué de moquer un des lycéens survivants.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Les enjeux majeurs de l’élections sont les majorités dans les deux assemblées fédérales. Trump a bien compris qui tente de dramatiser la possibilité de sa destitution en cas de victoire des Démocrates. Si la Chambre des Représentants semble accessible la reprise du Sénat reste très problématique. Les primaires des deux grands partis qui vont se dérouler semaine après semaine  maintiendront le suspense jusqu’à l’été.

L’enquête de Robert Mueller

Les escarmouches entre l’avocat de Stormy Daniels et l’équipe Trump font maintenant partie du paysage mais l’attention se tourne maintenant vers Mihcael Cohen, avocat de Trump dont le tout-Whashington se demande q’il peut être retourné par les procureurs. Rappelons que son cas n’est pas traité par l’équipe Mueller mais  par des procureurs de New-York. Question subsidiaire : s’il collabore, sera-t-il digne de confiance ?

Robert Mueller quant à lui a adressé une imposante liste de questions concernant Donald Trump depuis son intention en licenciant James Comey jusqu’aux liens avec les russes avant l’lélection. Il laisse ainsi flotter le doute sur le point central de son investigation : collusion pré-électorale ou obstruction  post-électorale. Ainsi il ne facilite pas la préparation de la défense. Mais l’accélération des événements laisse présager un dénouement assez rapide.

 

A la semaine prochaine, si Trump et Netanyahou n’ont pas mis le feu à la planète entre-temps.

 

La semaine 15 de Seattle à Miami et à Damas.

La grande affaire de la semaine évidemment se passe en Syrie. Fidèle à sa manière et et à ce que soufflent les faucons maintenant installés à la Maison-Blanche avec John Bolton qui vient de prendre ses fonctions, Donald Trump a d’abord annoncé l’Apocalypse pour Bachar El Assad et ses parrains russes. Il a finit par se rendre aux arguments des militaires, de ses conseillers diplomatiques et des alliés britanniques qui confortent sa position et participer aux frappes ponctuelles contre des installations syriennes supposées participer à l’arsenal chimique.
L’auto-satisfaction exprimée par Donald Trump d’un »Mission accomplished » qui fait écho à celui Georges W. Bush le 1 Mai 2003 fait évidemment apparaître au grand jour la faiblesse de l’action entreprise par rapport aux enjeux.
Tout a été dit avant et après sur ces frappes, leurs limites, leur illégalité au regard du droit des États-Unis d’Amérique comme du droit international. Retenons quelques leçons.Implicitement elles signifient en négatif l’autorisation laissée au régime syrien de faire ce qu’il veut à condition de ne pas laisser penser à l’opinion internationale qu’il utilise des armes considérées comme immorales défendues (chimiques), comme si les fûts d’explosifs ou les bombes incendiaires ne tuaient aussi en masse.
La légitimité morale de l’action contre un régime qui frappe ainsi le peuple -pourquoi dit-on habituellement son peuple? En est-il propriétaire?- ne peut pas se résoudre à la légalité formelle. Au contraire la question posée et à laquelle aucun commentateur ne répond est celle de la mise en conformité des systèmes juridiques avec la situation réelle. Cette situation nous dit que la Constitution des États-Unis d’Amérique et la Charte des Nations-Unies ne sont plus opérantes et devraient sans doute être amendées. Mais cette réflexion même nous indique combien notre monde est chamboulé et manque de boussole.
Comme le fait remarquer à longueur d’articles toutjours intéressants Danny Sjursen à Truthdig les actions de son pays au Proche-Orient rassemblées sous le motif de la « guerre à la terreur » instaurée par Georges W. Bush et son père n’ont cessé de faire souffrir des civils, de déstabiliser la région et de miner la crédibilité de l’empire américain.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

L’événement de la semaine pourrait passer pour un épiphénomène du microcosme parlementaire Républicain s’il ne portait moult conséquences et n’appelait quelques commentaires. Après des mois de rumeurs Paul Ryan, le Speaker de la Chambre des Représentants leader des Républicains, a annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en Novembre. Il argue de raisons familiales plus que politiques pour expliquer sa décision. Quoi qu’il en soit elle met en évidence le problème de direction des Républicains et leurs divisions.
Le contexte particulier des élections de cette année rend incertain le maintien de la majorité Républicaine à la Chambre. Le Sénat semble beaucoup plus sûr en raison de la carte des mandats soumis à renouvellement. Or le choix du leader ne se pose pas dans les mêmes conditions suivant que l’on est majoritaire ou minoritaire. La parti qui dirige la Chambre a besoin d’une personne qui soit force de propositions politiques en même temps qu’en position de négocier avec le président. Le leader de la minorité présente un tout autre profil de combattant qui ne ressemble pas à celui de Paul Ryan.
Par ailleurs le groupe parlementaire est profondément divisé avec une importante minorité d’une quarantaine de députés de droite ultra-conservatrice regroupés dans le Freedom Caucus capables de bloquer des votes, surtout en cas de majorité réduite.
Enfin, et plus anecdotique, le siège de Paul Ryan pourrait devenir fragile en l’absence d’un sortant fort. Le candidat Démocrate le plus en vue est un militant syndicaliste, Randy Bryce, qui doit encore gagner la primaire pour être confirmé. Le Wisconsin fait partie des états qui ont donné la victoire à Donald Trump en 2016. Même si les Démocrates ne regagnent pas l’état en 2018 la perte du siège occupé plusieurs législatures par une des vedettes les plus en vue du Parti Républicain serait une alarme de plus.

L’enquête de Robert Mueller

Sans que L’équipe de Robert Mueller n’ai fait connaître de nouvelle action la Maison-Blanche a senti le vent du boulet une fois de plus avec les perquisitions du FBI dans les locaux de l’avocat de Donald Trump, Michael Cohen, celui qui a payé l’actrice Stormy Daniels pour la contraindre au silence sur son affaire avec le président. Le mandat ne venait pas de l’équipe Mueller mais de procureurs de l’état de New-York qui mènent une autre investigation. Comme à l’accoutumée les rumeurs de la colère trumpienne ont fleuri. Il a même affirmé que c’était la fin du secret de la relation avocat-client sous-entendant que les enquêteurs ont agi dans l’illégalité. Ce qui est évidemment faux.

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

La Syrie et les affaires internationales ont fait passer au second plan tout le reste. La confirmation de Mike Pompeo au ministère des Affaires Étrangères et surtout de la directrice de la CIA ne passent pas comme une lettre à la poste au Sénat. Dans une certaine mesure on peut se demander si l’insistance de toute l’opposition à Trump sur la composante russe des enquêtes en cours n’a pas encouragé la décision de frapper en Syrie. Trump peut ainsi à bon compte se donner une image de dur vis-à-vis de la Russie.

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

Les affaires personnelles de Donald Trump sont apparues cette semaine surtout par l’intermédiaire de son avocat Michael Cohen devenu personnellement la cible d’une enquête officielle. Avocat de longue date du président Cohen pourrait être impliqué dans d’autres affaires plus anciennes que celles évoquées jusqu’à présent. Si ces affaires ne peuvent pas juridiquement entrer dans le cadre des procédures relatives à l’élection présidentielle de 2016 elles peuvent contribuer à la dégradation de l’image du président dans l’opinion et en particulier dans sa base évangéliste. On sait que le soutien de ce noyau dur Républicain verrouille l’alliance entre Trump et l’appareil du parti.
Le livre de James Comey, directeur du FBI dont les conditions du licenciement font partie du volet obstruction de l’enquête Mueller, parait ce Mardi. Quelques éléments ont fuité dans la presse qui n’apportent rien de déterminant pour l’instant.

A la semaine prochaine.

La semaine 14 entre Seattle et Miami

Une semaine riche en événements qui a vu Donald Trump annoncer sans concertation avec les Affaires Étrangères ou la Défense  le retrait de Syrie plus ou moins démenti par la suite, puis l’envoi de troupes, la Garde Nationale, sur la frontière Sud faute d’avoir pu financer de manière significative la construction du Mur de Trump. Au passage, et toujours d’après des informations recueillies à sa source habituelle, Fox News, il a déliré sur le convoi de migrants en route pour assiéger le pays, convoi dans lequel les pires horreurs, des viols de masse, se produiraient. Il s’agissait d’une manifestation de gens venus depuis le Honduras pour réclamer le droit d’asile. Trump a donc construit le mythe de la menace d’un convoi de migrants en route pour prendre d’assaut la frontière à partir de l’information sur une réelle manifestation annuelle organisée par l’organisation « Pueblos Sin Fronteras » (Peuples sans Frontières) qui remontait à travers le Mexique.

En Californie la mort de Stephon Clark, tué par la police de balles dans le dos dans son jardin a relancé le débat sur les violences policières à l’égard de la population noire. Et la tension ne baisse guère.

Le mouvement social s’invite au bal avec les enseignants qui protestent vigoureusement et peut-être victorieusement  dans des états du Sud qui ont laissé le système éducatif dépérir. Parti de Virginie Occidentale le mouvement est passé par l’Oklahoma et le Kentucky avant de s’étendre à l’Arizona et peut-être plus loin.  Ces états ont en commun d’avoir été emportés par Donald Trump en 2016 et de passer des mesures de réduction d’impôts et de baisses des financements du système public d’éducation. En Oklahoma la gouverneure Républicaine a signé une mesure d’augmentation massive des salaires des personnels sans calmer la colère des enseignants qui réclament aussi des subsides pour leurs écoles.

Après Parkland.

Comme je le remarquais la semaine dernière le mouvement impulsé par les jeunes après la fusillade de Parkland ne pourra marquer une véritable rupture avec le passé sans prendre en compte la question raciale, et la question des violences aux femmes. Les intervenantes de la « Marche pour nos vies » ont montré le chemin. Mais là réside aussi la force particulière du mouvement.
Les communautés de couleur étant les plus touchées par la violence des armes à feu la prise en compte de cette question est une condition de la survie et la progression du mouvement.

Les mesures prises dans les états doivent passer aussi l’épreuve de la justice. Au Massachussets un juge valide l’interdiction des armes de guerre.  La bataille à coup sûr va continuer

 

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

La peur de la vague anti-Trump commence à frigorifier les Républicains. Ils ne reculent devant rien pour déséquilibrer le pouvoir à l’avantage de la branche exécutive dans cette perspective. Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, après avoir perdu une bataille sur la tenue d’une élection partielle souhaite maintenant supprimer le poste élu de trésorier de l’état qui existe depuis la création de l’état. Cela s’inscrit dans la foulée d’une série d’opérations qui ont déjà restreint le pouvoir de contrôle des électeurs (passage des mandats de 2 à 4 ans) et concentré le pouvoir entre les mains du gouverneur. Il devrait se méfier des retournements de majorité.
Les découpages de circonscriptions fournisse un autre champ de batauille. Après une première décision à propos de la Cour de Pennsylvanie la Cour Suprême se défausse et laisse en l’état les découpages électoraux dans les états. La question est juridiquement complexe car les lois diffèrent d’un état à l’autre et interfèrent avec les principes constitutionnels fédéraux pour former un ensemble difficile à gérer.
Une Démocrate a gagné un siège à la Cour Suprême du Wisconsin gagné par  contre la tendance existant depuis des décennies (1995) . Une alerte de plus pour le GOP au Wisconsin devenu un état-bascule en 2016 et le lieu d’élection de Paul Ryan. Le siège de Ryan n’est pas en principe en danger cette année. Sa défaite serait un cataclysme. Le Winsconsin présente un enjeu majeur pour les Démocrates. Si la sénatrice Tammy Baldwin devait perdre son siège tout espoir de regagner le Sénat ou même de limiter la majorité Républicaine deviendrait illusoire.

 

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.
Le programme politique Républicain s’évanouit. Les baisses d’impôts des riches et puis… plus rien.
Ils peuvent faire semblant de préparer un amendement constitutionnel pour inscrire l’obligation d’un budget en équilibre, la fameuse « règle d’or » qui plait tant aux économistes orthodoxes. Cet amendement n’a aucune chance de passer dans les conditions actuelles. Les contradictions internes sont telles que pour arracher l’accord des plus conservateurs au vote de la réforme fiscale Paul Ryan a du faire cette promesse de faire discuter l’amendement qui ne lui a pas coûté beaucoup étant donné les conditions.
Le comportement douteux de Scott Pruitt nommé par Donald Trump à la tête de l’EPA, l’agence de l’environnement, commence à faire tache.  Il a largement profité de sa position et en fait profiter des proches. Trump l’a soutenu. Mais maintenant même son camp commence à ruer dans les brancards.

 

L’enquête de Robert Mueller

Petit à petit, patiemment Mueller tisse sa toile. Cette politique des petits pas ne permet pas à Donald Trump de réagir violemment à ce qu’il pourrait  considérer comme outrancier. Coup sur coup on apprend que le Ministère de la Justice a bien mandaté Mueller pour enquêter sur les actes de Paul Manafort en collusion avec les Russes et que la première condamnation résultant de l’enquête vient d’être prononcée par un juge. Il s’agit d’une condamnation relativement légère, 30 jours de prison et 20000$ d’amende, à Alex van der Zwaan l’avocat néerlandais en affaire avec Rick Gates, l’associé de Manafort. Étant donné que van der Zwaan a plaidé coupable et donc collaboré avec les enquêteurs on ne peut guère tirer de conclusions de la légèreté des peines. Chaque fois qu’un acte de l’enquête de Robert Mueller a été rendu public cela sonne comme un message envoyé aux autres protagonistes de l’affaire, ceux qui sont déjà inquiétés et surtout les autres.
Plus des 2/3 des électeurs approuvent la nomination d’un second procureur spécial pour enquêter sur l’action du FBI durant la campagne électorale de 2016. Dans l’esprit des Républicains cela revient à enquêter sur l’enquêteur Mueller mais sans doute pas dans la pratique. Le Ministre de la Justice, Jeff Sessions, dont la relation avec Trump est des plus chaotique l’a d’ailleurs refusé.
Ce mercredi on apprend une nouvelle que Donald Trump va pouvoir claironner urbi et orbi. Robert Mueller aurait dit aux avocats du président que celui-ci n’est pas cible de l’enquête pour des faits de collusion.

Mais il aurait ajouté qu’il doit l’entendre pour déterminer la qualification de ses actions à propos de l’investigation. Donc actuellement la situation serait : Trump n’est pas personnellement visé, son équipe de campagne pourrait l’être pour les faits de collusion. Mais pour ce qui est de l’obstruction à la justice tout reste ouvert.
Le rapport de Robert Mueller sur l’obstruction pourrait sortir en Juin-Juillet. Trump n’est pas pour autant sorti d’affaire. Mueller n’a pour l’instant pas commis de faute de communication ni semble-t-il de faute de procédure. Cette manière de rassurer le camp du président peut se révéler d’autant plus anxiogène pour un Donald à la mentalité d’assiégé.

La lecture des mêmes faits par des commentateurs différents produit des résultats apparemment contradictoires.

juste avant le début de la course électorale du mi-mandat. Ceci n’est qu’une partie de l’enquête et ne la clôturera pas.
Quoi qu’il laisse fuiter Robert Mueller continue à ronger l’os de l’ingérence russe par la campagne Trump.https://slate.com/news-and-politics/2018/04/mueller-team-reportedly-questioned-russian-oligarchs-arriving-in-us-about-trump-financial-links.html
Son équipe interroge des oligarques russes arrivant aux E.U.A. sur leurs liens financiers avec la galaxie Trump. Cela peut être interprété de deux manières : le réseau d’indices s’étoffe ou bien il est toujours à la pêche d’informations concluantes. A chacun de choisir mais la seule chose certaine est que nous devons attendre la suite pour savoir.

 

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Il invite le chroniqueur d’extrême-droite Sean Hannity à dîner à Mar-a-Lago. Concertation entre amis ou entretien d’embauche pour le poste de directeur de la communication de la Maison-Blanche libéré par le départ de Hope Hicks. Il est vrai qu’entre la positon de Hannity à Fox News et la com de la Maison-Blanche la différence est mince.
Encore un qui quitte la Maison-Blanche .Le conseiller pour l’infrastructure démissionne. Le projet présenté au Congrès semble au point mort comme l’essentiel des projets législatifs d’importance gelés par la conjoncture électorale.

 

 

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

Donald Trump se serait étonné en assistant à un tir de drone destiné à tuer un supposé terroriste que les opérateurs évitent de tuer la famille de la cible et attendent qu’i se soit écarté d esa maison pour lancer le tir.

Et Vox a formulé les deux questions en suspens, renforcées par les rumeurs de peu ragoutantes photos que Stormy Daniels pourraient garder dans sa manche.
Trump demande aux parlementaires de mettre fin à l’obstruction qui permet de bloquer les décisions qui n’obtiennent 60 voix sur 100 au Sénat. Il met fin à l’espoir d’un accord sur les jeunes immigrés entrés illégalement sur le territoire. Il a sans doute cru que ses grandes capacités de négociateurs s’exprimaient dans l’ultimatum aux Démocrates : « le financement du Mur Trumpien contre la protection de ces mineurs ». Aurait-il mal joué ? La cause des « Dreamers » est populaire même chez les Républicains et pourrait se révéler déterminante dans le votes des populations d’origine hispanique.
La modification des règles du Sénat pour faciliter le passage de lois de circonstance reste mal vue des sénateurs Républicains qui se souviennent qu’ils ont pu bloquer longtemps l’Obamacare grâce au dispositif de « filibuster » et qu’ils ne sont pas assurés de conserver la majorité cet automne.

Trumpian Wall

Transformer l’immigration en mouvement de masse permet à Donald Trump de de rugir contre ses adversaires, de mélanger les sujets (immigration, violence, sécurité, opposition des Démocrates).

Les données officielles ne montrent pourtant pas une situation catastrophique. Les arrestations sur la frontière sont en baisse constante.
Et en attendant le Mur de Trump il ajoute l’armée au gardes frontière. La rhétorique guerrière auto-alimente la rage trumpienne. Une telle annonce garantit le maximum de titres dans la presse.

Le coût d’une telle mesure est sans rapport avec les faibles résultat qu’elle peut apporter comme le prouve l’expérience de Barack Obama et de Georges W. Bush. L’obstination de Donald Trump à militariser la frontière nous dit au moins trois choses, pas vraiment nouvelles. D’abord il se prends toujours pour un roi de droit divin qui peut disposer à sa guise des ressources -de toutes les ressources de l’état. Ensuite sa fascination pour les militaires reste inchangée. Tout comme son mépris de la loi puisque la loi c’est lui. Enfin il reste admiratif des militaires, absolu de la force mais aussi à l’obéissance garantie (en principe).

A la semaine prochaine.

Un point rapide sur l’enquête de Robert Mueller

Robert Mueller, le procureur spécial chargé de diriger  l’enquête suite aux soupçons d’ingérence russe dans l’élection de 2016 doit louvoyer entre des récifs dangereux. Faire trop vite l’expose à la destitution par le Ministère de la Justice qui l’a nommé. On sait que cette destitution présente quelques difficultés en particulier du fait que Jeff Sessions, le ministre en titre, a du se récuser pour tout ce qui concerne les affaires russes étant personnellement impliqué. Cela lui a valu l’inimitié de son président qui ne manque aucune occasion de dire son mécontentement. Il est probable qu’une action de Mueller comprise à la Maison Trump comme le pas de trop serait suivie d’une remise en ordre du ministère qui permette d’en finir avec Mueller. On sait aussi que cette éventualité est redoutée des stratèges Républicains tant elle rappelle le « massacre du samedi soir » qui a déclenché la chute de Nixon dans les suites de l’affaire du Watergate.

Le mandat de l’enquête a été confirmé. Il comprend bien les agissements de Paul Manafort et ses liens avec des intérêts russes. Mueller a ainsi souligné sur le versant russe de son travail.

Le premier contre-feu pourrait constituer à nommer un autre procureur spécial avec la mission d’enquêter sur l’enquête initiale du FBI. Si Sessions s’y est jusqu’ici refusé les parlementaires Républicains poussent de plus en plus cette idée qui est approuvée par une large majorité (2/3) de l’électorat. Elle n’apporterait pas de solution mais pourrait faire diversion. Il faut aussi noter que  le limogeage de Mueller ne terminerait pas ipso facto l’enquête. Le ministère garde le droit de ne pas publier ni transmettre au Congrès les résultats. Les facteurs politiques plus que les facteurs juridiques détermineront les actions des uns et des autres.

Cette semaine la première condamnation prononcée dans le cadre de cette enquête a été annoncée. Elle concerne un sous-fifre à la marge des contacts entre l’équipe Trump et les russses : Alex van der Zwaan, avocat néerlandais basé à Londres qui a été condamné à 30 jours de prison et 30000$ d’amende. Etant donné qu’il a plaidé coupable et donc collabore avec les enquêteurs l’important ne réside pas dans la condamnation mais dans le message envoyé par les enquêteurs : « Nous savons tout ce qu’il sait ».

Dans la foulée Robert Mueller lui-même aurait fait savoir aux avocats de Donald Trump que celui-ci n’est pas actuellement directement visé par les investigations sur la collusion russe. Il a précisé cependant qu’il avait besoin d’auditionner le président afin de préciser son rôle dans une possible obstruction à la justice postérieure à l’élection. La pression demeure donc importante même si Donald Trump peut tirer argument de la précision sur le fait qu’il n’est pas personnellement visé pour une liaison volontaire avec les russe durant la campagne. Ceci peut d’ailleurs être lu de manières contradictoires.

L’agenda du second semestre se présente chargé. L’annonce de la possible publication du rapport de Mueller sur les faits d’obstruction à la justice en Juin ou Juillet, soit juste avant la phase de campagne active des élections de mi-mandat lève une partie de l’incertitude sur le climat de la préparation des élections mais instaure un nouveau suspense. Si rien ne filtre avant, et l’équipe Mueller jusqu’ici s’est révélée experte en communication, les candidats et les partis devront attendre la publication avant de déterminer le détail des argumentaires de campagne voire même les grandes lignes de propagande à mener.

 

Pour info, mes liens de travail autour du sujet :

Trump et Cie.

03/04/2018

http://thehill.com/homenews/administration/381328-stormy-effect-trumps-support-falls-with-women-rises-with-men-in-new

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/381369-doj-authorized-mueller-to-investigate-allegations-manafort

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/why-isnt-donald-trump-polling-at-0/ //A réfléchir

https://www.thenation.com/article/introducing-americas-orange-monster-the-unbelievable-trump/

http://thehill.com/policy/national-security/381413-judge-hands-down-first-sentence-in-mueller-probe //Le dénouement approche …?
https://www.vox.com/2018/4/3/17176076/mueller-trump-russia-manafort //

https://www.motherjones.com/politics/2018/04/trump-and-trolls-target-caravan-of-migrant-families/

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/raw-data-southwest-border-apprehensions/

http://thehill.com/homenews/administration/381435-trump-says-he-will-put-us-military-on-southern-border

https://www.vox.com/2018/4/3/17193490/trump-wall-border-military-explained

ttp://thehill.com/homenews/media/381144-trump-dined-with-hannity-at-mar-a-lago-report

http://thehill.com/policy/transportation/381489-white-house-infrastructure-policy-official-leaving

http://thehill.com/homenews/administration/381471-poll-67-percent-back-appointing-second-special-counsel

04/04/2018

http://thehill.com/homenews/administration/381541-mueller-told-trumps-lawyers-that-president-is-not-a-criminal-target

http://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/01/29/state-of-the-union-2018-americans-views-on-key-issues-facing-the-nation/ //Rappel
http://news.gallup.com/poll/1675/most-important-problem.aspx //Intéressant car relativise l’économie. Plus l’économie va bien plus les autres sujets montent dans les préoccupations des gens.

http://prospect.org/article/scalia-problem-it-wasn’t-originalism-or-textualism-it-was-trumpism

https://www.commondreams.org/news/2018/04/04/mueller-compiling-list-trumps-actions-including-possible-obstruction-justice-report

 

Les élections :

31/03/2018

https://fivethirtyeight.com/features/there-is-more-at-stake-in-the-censuss-citizenship-question-than-response-rates/

https://edition.cnn.com/2018/03/27/politics/blue-states-lose-citizenship-question-census/index.html

https://www.census.gov/newsroom/blogs/random-samplings/2016/12/the_foreign-bornby.html

https://www.npr.org/2018/03/30/598192154/2020-census-will-ask-about-same-sex-relationships

https://grist.org/article/koch-brothers-preached-the-fossil-fuel-gospel-in-virginia-then-black-churches-fought-back/

01/04/2018
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/voting-rights-advocates-just-won-a-big-victory-in-court/ //Tous les moyens sont bons pour la droite (ACRU)

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/the-2020-census-is-a-cybersecurity-fiasco-waiting-to-happen/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/trump-administration-creates-census-crisis-with-move-to-suppress-immigrant-responses/

https://www.vox.com/2018/3/31/17184324/poll-donald-trump-approval-young-people

https://projects.fivethirtyeight.com/congress-generic-ballot-polls/

https://www.npr.org/2018/04/01/598525147/what-a-booming-economy-means-for-the-midterms

02/04/2018
https://www.thenation.com/article/incredible-now-scott-walker-wants-to-abolish-a-statewide-elected-office/ //Ils ne reculent devant rien pour déséquilbrer le puvoir à l’avantage de la branche exécutive

https://newrepublic.com/minutes/147713/texass-voter-fraud-crusade-sends-mother-two-prison-five-years

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/4/2/16226202/oligarchy-political-science-politician-congress-respond-citizens-public-opinion //La représentation des idées des électeurs
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/4/2/17173158/democrats-gerrymander-segregation //Plus difficile pour les Démocrates.

https://slate.com/news-and-politics/2018/04/republicans-are-surprisingly-content-with-trumps-accomplishments.html

https://www.washingtonpost.com/news/wonk/wp/2018/03/28/republicans-consider-balanced-budget-amendment-after-adding-more-than-1-trillion-to-the-deficit/?utm_term=.5a45a04f2cc3

https://www.salon.com/2018/04/02/it-looks-like-the-supreme-court-is-not-going-to-intervene-in-gerrymandering-cases-this-election-year_partner/ //Ponce-Pilate s’en lave les mains.

http://prospect.org/article/new-york-states-federal-tax-dodge-big-middle-finger-republicans

03/04/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/04/the-2018-congressional-retirement-tracker/545723/

https://theintercept.com/2018/04/03/politics-liberal-democrat-conservative-republican/

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/maybe-politicians-dont-really-represent-anybody/ //LA démocratie serait-elle bâtie sur du sable? La réponse est évidemment oui.
http://thehill.com/opinion/civil-rights/381337-citizenship-question-on-census-could-shoot-republicans-in-foot //
04/04/2018

http://thehill.com/homenews/house/381537-expanding-map-creates-tough-choices-for-gop

http://thehill.com/homenews/campaign/381525-dem-hoping-to-replace-conyers-pushes-trump-impeachment

https://fivethirtyeight.com/features/what-issues-should-democrats-ignore-in-2018/ //La discussion de la semaine. Beaucoup de choses. La corruption. Les armes à feu. Comment mobiliser les électeurs centristes et indépendants. Les Dems déterminés se mobiliseront de toutes façons. Plus un peu de « guns »,un peur de « #MeToo », et un peu de « Voting Rights » ppur mobiliser les Dems et prendre date en vue du futur et parler de droits civiques.
https://talkingpointsmemo.com/news/dem-wins-wisconsin-top-court-seat-in-major-defeat-for-scott-walker //Une alerte de plus pour le GOP au Wisconsin devenu un état-bascule en 2016 et le lieu d’élection de Paul Ryan. Le siège de Ryan n’est pas en principe en danger cette année. Sa défaite serait un cataclysme.

https://www.thenation.com/article/top-ten-civil-rights-songs/

https://slate.com/news-and-politics/2018/04/washington-states-sweeping-voting-rights-reforms-should-be-a-model-for-the-entire-country.html

https://thinkprogress.org/rohrabacher-homeless-shelters-statement-94d3340b0040/

Semaine 13 de Seattle à Miami

Stephon Clark

La semaine a été dominée par le retour des violences policières à l’encontre de la communauté noire. Un jeune père de famille noir a été  tué sans raison apparente de 8 balles dont 6 dans le dos dans son jardin de la capitale de la Californie, Sacramento. Tous les ingrédients sont réunis pour que la baril de poudre s’enflamme : un pays plus polarisé que jamais, la question raciale à fleur de peau, le débat sur les armes. Les manifestations continuent mais la question de leur débouché vers autre chose qu’une explosion de violence et l’accumulation de rancœurs n’a toujours pas de réponse.

Après Parkland.

Après la « Marche pour nos vies » on pourrait s’attendre à ce que le débat sur le contrôle des armes à feu se dégonfle et finisse par retomber dans l’oubli. Ce n’est pas encore pour maintenant. Le Congrès reste immobilisé par la forte tension bi-partisane et  la préparation des élections qui risque de stériliser tout effort . Les élus des deux bords peuvent se mettre d’accord pour ne rien décider plutôt que risquer de heurter leurs électeurs. Il revient donc aux états de se mobiliser et de passer des mesures. Les deux chambres étant en vacances parlementaires  ces deux semaines rien n’aurait été fait dans l’immédiat.

  • La Floride, état  de la tuerie de Parkland, a été la première a voter une loi, signée par le gouverneur qui remonte l’âge d’achat des armes à 21 ans, instaure un délai de 3 jours et interdit les « bumps stocks ». Elle autorise aussi le recrutement et l’armement de personnels des écoles. Pour certains élus Républicains c’est déjà trop. Un de ceux qui l’ont voté voudrait déjà la rappeler. En fait la partie contrôle ne lui convient pas et il souhaiterait ne conserver que l’armement des écoles.
  • Le Vermont a voté une loi similaire.
  • Le gouverneur Démocrate récemment élu du New-Jersey a signé les mesures de contrôle que son prédécesseur avait bloque.
  • L’Oregon a mis la loi à l’ordre du jour de ses assemblées.
  • La gouverneure du Rhode Island a signé un décret ordonnant de contrôler les capacités des acquéreurs.
  • Et l’état de New-York a complété les mesures existantes pour interdire l’accès aux armes aux personnes susceptibles de commettre des violences conjugales.

Le débat sur le Second Amendement a connu une soudaine accélération quand un ancien membre de la Cour Suprême a évoqué sa suppression. Cela n’a pas soulevé le tollé que l’on aurait pu attendre. Ce gendre de proposition qui peut passer pour une provocation est en général assez mal jugé  par le mouvement de contrôle des armes à feu qui propose plutôt des objectifs réglementaires moins conflictuels et atteignables. Mais le débat pourrait bien ne plus cesser. Faire avancer la législation fédérale et celle de états consacrerait la force du mouvement et servirait de base pour la suite.

Le plus difficile vient maintenant pour le mouvement, continuer sans se disperser, maintenir l’unité et se donner des perspectives, autres que simplement électorales. Les petites querelles qui apparaissent  ne devraient pas être bien graves. L’intégration de la question raciale dans le débat est une étape incontournable pour qu’il progresse et catalyse éventuellement un mouvement de révolte plus large.

Une petite victoire en passant, l’animatrice d’extrême-droite Laura Ingraham avait attaqué dans son émission un des étudiants de Parkland Divid Hogg. Il a répliqué en suggérant aux annonceurs de l’émission de Laura Ingraham de lui retire le soutien de leurs publicités. Devant les défections elle a fini par annoncer qu’elle prenait des vacances.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Le travail parlementaire est limité pendant les deux semaines en cours. Cette situation a donné plus de relief à une étude qui chiffre le handicap des Démocrates. On les donne gagnants en nombre de suffrages mais la côte personnelle de Donald Trump ne chute pas, l’économie reste florissante et l’avance Démocrate reste scotchée autour de 6%.  Et voici que surgit cette étude du Brennan Center for Justice qui indique que le handicap Démocrate en 2018 pourrait aller jusqu’à 11%. Ces résultats doivent être modulés en fonction des situations locales. Comme le souligne FiveThirtyEight la situation est encore trop incertaine pour faire des pronostiques fiables.

La perspective d’une élection tendue dont le résultat est incertain dans un contexte de polarisation importante pourrait aboutir à un Congrès ou paradoxalement les modérés se trouvent en position forte car nécessaire à toute majorité. Il se pourrait même  que les seules majorités possibles soient des majorités inter-partisanes au cas par cas.

Cette semaine la Cour Suprême a pris en main un des cas en suspens de découpage électoral conflictuel. Il en reste d’autre à juger avant l’échéance à plusieurs niveaux de l’appareil judiciaire. Ce cas est doublement intéressant, pour son résultat et pour ses effets induits. Il concerne un découpage réalisé par les Démocrates à leur avantage. L’ironie de l’affaire est que si les Démocrates sont jugés coupables dans cette affaire la Cour établira une jurisprudence qui ensuite défavorisera les Républicains dans les plus nombreux cas encore à juger.

La fébrilité des Républicains est visible. Le gouverneur du Wisconsin -où va se jouer l’élection du « speaker » (chef de la majorité et président de fait de la Chambre des Représentants) Paul Ryan- a voulu refuser de tenir une élection partielle à 6 mois des élections de Novembre au prétexte d’économies. Il a finalement du se plier  à la lettre de la loi et organise une élection risquée qui au-delà de son résultat pourrait continuer à alimenter l’idée de la cuisante défaite à venir.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

Deux semaines de vacances parlementaires laissent le champ libre à Donald Trump et aux autres. Le sous-directeur du FBI limogée par Jeff Sessions a lancé une campagne de financement participatif pour financer sa défense. On peut être étonné qu’un cadre supérieur de l’administration, connu pour ne pas être dans le besoin et faire partie de la bonne société en vienne à faire appel au public de cette manière.

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Après avoir engagé John Bolton comme Conseiller à la Sécurité Nationale, ce qui laisse prévoir la dénonciation prochaine de l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump a remplacé le secrétaire d’état aux Anciens Combattants   (Veterans Affairs) par son médecin personnel le vice-amiral Ronny L. Jackson (encore un militaire). Cela prépare-t-il une privatisation de ce service qui assure les prestations de santé aux anciens militaires ?

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

La semaine n’a pas apporté de grande  nouvelle du côté de l’enquête sur l’ingérence russe. La Maison-Blanche a fini par adopter une position dans l’affaire « Stormy Daniels » : on nie tout. Il n’est pas certain que cela soit la meilleure option dans la mesure où le public est largement convaincu que les faits sont avérés. Nous touchons peut-être là la singularité de la présidence Trump. La vérité importe peu si les électeurs gardent leur foi dans le président.

 

A la semaine prochaine.

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