DOMINIC77

Un peu de tout

Macron, communication, piège …

Rarement on a vu plus belle opération de communication que celle que vient de nous offrir le petit de l’Elysée. Transformer ainsi une réunion mondiale de chefs d’états et de gouvernements en représentation à sa gloire montre la dangereuse étendue de son talent.

Ces réunions que l’on veut nous faire avaler comme utiles par leur caractère informel qui permettrait à la vérité des femmes et hommes de s’exprimer relèvent depuis leur création de l’art du spectacle. Qu’elles aient été créées sous Giscard d’Estaing, roi du simulacre, est du reste assez explicite. Je ne pense pas avoir cependant jamais vu un tel souci de la mise en scène, de l’ordonnancement au service d’un message politique bien structuré : la plus grande gloire du président français qui a bien appris les leçons de son ami venu des Etats-Unis d’Amérique.

La scénarisation.

–Un ordonnancement bien réfléchi ne laissait aucune place au hasard ou à l’improvisation avec un déferlement sur les écrans dès le début de la semaine a voulu nous tenir en haleine.
Samedi midi le président dans sa grande sollicitude explique au bon peuple incapabe de comprendre les enjeux ce qu’il doit comprendre de l’acction de son grand dirigeant.
-Dimanche le scénario s’orne d’une surprise censée symboliser l’insoumission au grand frère Donald avec la venue du ministre des affaires étrangères iranien venu faire trois petits tours et s’en aller. Mais le clous de la journée sans conteste ets la représentaion des premières dames drapées de leurs plus beaux atours venues faire du tourisme et goûter la gastronomie dans le village d’Espelette.La république n’ayant peur de rien le sommet a mobilisé l’hôtel de luxe de l’impératrice Eugénie, l’épouse de celui que Victor Hugo appelait Napoléen le Petit. Emmanuel le Grand avait déjà ouvert le dépliant touristique aux yeux d’un monde supposé ébahi avec la plage de Biarritz. Il le déploie ici dans toutes son ampleur.
Lundi,comme si la conférence de presse conjointe Trump-Macron ne suffisait pas la séquence se termine en apothéose avec la prestation présidentielle au journal télévisé du service public. Cette fois Emmanuel tu es peut-être allé un peu loin. Cela va finir par se voir. Mais tu ne peux sans doute rien refuser à Delphine Ernotte.

L’intoxication.

Comme beaucoup l’ont remarqué la communication Nous avons été inondés d’informations pas tant sur le sommet et ses enjeux que sur la sécurité et les mesures prises pour l’assurer. Comme si on voulait dramatiser à l’envie voire provoquer la violence des contestataires. Dans tous les cas le pouvoir sort gagnant. Soit des incidents significatifs se produisent et le discours sécuritaire et liberticide peut se déployer en grand. Soit il ne se passe rien et les Castagneurs de tous poils peuvent triompher.

Le contenu.

Iran
Rien n’est laissé au hasard. Emmanuel le Petit prend bien soin dans son intervention de Samedi de faire acte d’allégeance à Donald Trump sur cette question en ne soulignant que le danger, devenu depuis longtemps illusoire, de la bombe iranienne. J’ai déjà assez souvent dit le mal que je pense de l’accord sur le nucléaire iranien. Accord intrinsèquement impérialiste par lequel les pays le plus puissants et les plus riches disent aux autre qui ne possèdent pas d’armement nucléaire : « Faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais ». Si l’on ajoute les trois poids et quatre mesures utilisés pour juger des arsenaux nord-coréen, israélien, pakistanais, indien et autres l’incompréhension est assurée. Faut-il pour autant jeter cet accord aux oubliettes? Le réalisme oblige à répondre non. Et ce n’est pas en posant comme prémisse l’importance de la menace comme l’administration Trump que l’on avance dans la bonne direction. Depuis des mois les européens en général et la France en particulier prétendent œuvrer à la mise en place de solutions permettant aux iraniens de desserrer l’étau et de commercer à l’abri des sanctions. Chacun peut constater qu’il n’en est rien. Au bout du compte Donald Trump peut même laisser passer une vague concession verbale sir une rencontre avec le président iranien. L’expérience nord-coréenne et la dévaluation de sa parole suffisent à rendre cela totalement insignifiant.

Le climat.
Second sujet d’importance du sommet l’urgence climatique s’est concentrée dans la crise des incendies amazoniens. Bonne occasion d’éviter quelques avancée significative de long terme que ce soit en se concentrant sur les besoins immédiats et concrets. Joli tout d’escamotage. mais fallait-il réunir tous ces personnages de premier plan et toute cette pompe pur décider de mesures techniques?

La police.
Ajoutons l’étouffement policier inquiétant de toute capacité de manifestation sérieuse et le bilan sera complet.

Résultats.

Bravo Emmanuel pour la magistrale leçon de communication à défaut d’actes et de politique.

Viva Emiliano (Zapata).

Viva Emiliano (Zapata).

La société du spectacle a encore frappé. D’accord, d’accord le zigoto qui a traversé la Manche avec son drôle d’engin a réussi un joli coup, de pub principalement. Il est d’ailleurs remarquable que lui soit bien plus modeste et censé dans son expression que les médias qui n’en peuvent plus de cocoriquer.
La performance technique est intéressante mais franchement ne m’impressionne pas plus que cela.
Cet engin est une catastrophe écologique. A pleine charge de kérosène il lui faut se ravitailler au bout de 17 kilomètres. Cela suffit à clore le débat. Fin de la discussion.
L’usage militaire, en l’état actuel des chose la charge utile embarquable et la discrétion de l’accès le rende à peu près illusoire. Il fallait bien un président en mal de publicité qui utilise la fête nationale pour se refaire une santé médiatique pour qu’une presse en mal de sujet estival nous sorte cet incroyable cirque.
Décidément le seul héros nommé Zapata c’est bien Emiliano.

 

Iran, et si Trump était en train de gagner?

Personne, ni les iraniens, ni Donald Trump, ni son administration ou ses bellicistes adjoints (Pompeo-Bolton) n’a maitrisé le déroulement des événements récents autour du détroit d’Ormuz. Les provocations des uns ont répondu aux provocations des autres et le monde entier frappé de stupeur et engoncé dans la peur de l’explosion a perdu une bonne partie de ses capacités d’analyse.

Reprenons notre calme et revenons sereinement, si cela est possible, sur la chronologie.

Le retrait de l’accord sur le nucléaire iranien

Il y a un an  Donald Trump met en œuvre un des éléments saillants de son programme. Après être sortie de l’accord de Paris sur le  climat il dénonce l’accord sur le nucléaire iranien. Il est difficile de dire si la séquence des deux opérations était organisée mais elle présente au moins l’apparence de l’habileté tactique. Ayant constaté que la réaction des états, en particulier des alliés européens des États-Unis d’Amérique impliqués dans l’accord sur le nucléaire iranien était restée des plus mesurée et n’avait jamais dépassé le niveau des proclamations il devenait possible de passer à une action plus délicate car elle met potentiellement en jeu la paix mondiale. Donald Trump a fait d’une pierre deux coup avec l’accord de Paris. Il a testé la réaction diplomatique de la communauté internationale d’une part. Il a par ailleurs fait entrer dans l’opinion mondiale et nationale sa crédibilité en tant que briseur de traités.

En fin d’année 2018, conformément aux engagements pris il met en œuvre les sanctions cohérentes avec sa décision et commence donc à mettre à genoux l’économie iranienne. Ce délai entre l’annonce initiale et la réalisation effective a permis à la lâcheté de tous les autres signataires de l’accord sur le nucléaire de se dissimuler derrière leurs déclarations solennelles . Alors que les déclarations du printemps exprimaient la volonté de sauver l’accord on attend toujours les actes, en particulier des partenaires européens. L’hypothèse avancée par quelques uns de créer un système d »échanges internationaux indépendant du dollar qui aurait pu techniquement permettre d’envisager la préservation d’une partie du commerce avec l’Iran a fait long feu. Seul demeure le projet chinois antérieur et indépendant de la crise iranienne. Il ne bougera sans doute pas tant que la phase actuelle de « guerre commerciale et négociations » entre Chine et États-Unis d’Amérique ne sera pas terminée. Si la situation actuelle devait évoluer vers un affrontement militaire, quelle que soit sa forme et les protagonistes impliqués, la responsabilité des dirigeants européens serait maximale.  Israël reste disponible, et probablement volontaire, pour servir d’opérateur des basse œuvres contre l’Iran.

J’ai déjà écrit plusieurs fois ici et ailleurs ce que je pense de la douteuse  moralité d’un accord par lequel les puissances détentrices de l’armement nucléaires se donnent le droit d’interdire à une autre de faire la même chose. Mais on peut considérer malgré tout que l’accord représentait un pas en avant dans la stabilisation du monde et la baisse des tensions. Son démantèlement par une partie signataire majeure, et qui plus est pour des raisons essentiellement de politique intérieure, accroit les dangers et rend éminemment instable  une région du monde déjà fragile et minée par des conflits multiples.

Deux camps divisés.

Aucun des deux camps n’est homogène mais comme toujours dans ce genre de situation les extrêmes d’un bord excitent ceux d’en face et ils se renforcent mutuellement.

La conjoncture accroit l’instabilité des deux côtés. L’impact effectif des sanctions sur l’économie iranienne a frappé la vie quotidienne du peuple et raidi les positions. Le lancement anticipé de la campagne électorale américaine oblige Donald Trump a marquer sa différence.

Le camp iranien jusqu’à présent a joué sur l’hypothèse que Donald Trump ne veut pas aller jusqu’à une entrée en guerre et qu’il n’y a pas politiquement intérêt. Les provocations des dernières semaines, y compris peut-être les attaques de pétroliers dont il est difficile de dire qui les a réalisées, reposaient sur cette hypothèse et cherchaient peut-être à tester la limite du possible.

La présence dans l’administration trumpienne de faucons notoires, bien  (trop?) en vue pourrait fausser notre vision des choses. Il est certain que John Bolton et Mike Pompeo n’ont pas renoncé pour le premier à provoquer à court terme l’amorce d’un changement de régime en Iran et pour le second une campagne militaire d’affaiblissement du régime. Leur réel pouvoir de persuader leur président ou de faire déclencher des opérations militaires par le Pentagone reste à démontrer. L’absence actuelle de titulaire du poste de ministre de la Défense ne peut que libérer  Donald Trump. Bien sûr la proverbiale instabilité  de celui qui a théorisé l’effet de surprise comme la plus grande habilité politique  peut déboucher sur à peu près n’importe quoi. Mais pour l’instant et en tenant compte de la rhétorique et des idiosyncrasies proprement trumpiennes les choses semblent plutôt sous contrôle.

Les événements récents.

Après les assez étonnantes attaques de navires dans les parages de la sortie du Golfe Persique -il se trouve que je suis déjà passé par là et que je me souviens de ce passage particulièrement propice aux incidents de toutes sortes-  une instance de l’appareil d’état iranien a pris la décision de tirer sur un drone de surveillance U.S. Peu de gens on pris la peine de préciser qu’il ne s’agit pas du drone de votre petit neveu acheté 5O euros au coin de la rue mais d’un engin massif bourré de systèmes électroniques qui a couté plus de 100 millions de dollars au Pentagone.

Le plus remarquable de l’affaire vient alors. Après avoir fait les gros yeux Donald Trump a fait savoir qu’il allait réagir fortement. La nouvelle a ensuite fuité par le New-York Times qu’une frappe ordonnée par le président avait été annulée avant la fin de son exécution. Donald Trump et ensuite repris la main et expliqué en plusieurs temps :

-qu’il avait voulu éviter de tuer une centaine de personnes représailles à la perte d’un engin non-piloté,

-que la prochaine fois ce serait la punition serait double,

-que ce serait la destruction comme jamais vue,

-qu’il était prêt à rencontrer le Guide Suprême iranien « sans condition« .

Trump à la manœuvre.

Et tout le monde d’avaler sans coup férir la fable de la frappe annulée en cours de route alors que les avions avaient déjà décollés ou que les missiles étaient prêts à partir. Pendant que ses alliés nationaux et étrangers s’affolent Donald Trump trace sa route.

Cela ne semble pas très sérieux. Il est bien plus cohérent, et plus « trumpien » de lire tout ceci comme une mise en scène. La fable de la frappe annulée est trop belle.  On la comprend beaucoup mieux si l’on comprend que c’est du théâtre du début à la fin.

La pression est quand même maintenue sur l’Iran par la guerre informatique, la pression israélienne la menace verbale de destruction « jamais vue » et de nouvelles sanctions.

Le message passé par l’ensemble de la séquence est parfaitement clair.  Donald Trump en campagne pour sa ré-élection. Il est mis en difficulté par des sondages calamiteux qui risquent de lui faire perdre le soutien d’une partie des Républicains. Leur candidat pourrait perdre des états traditionnellement acquis au GOP  (Texas, Géorgie,…). Or le destin du Parti Républicain et celui de Donald Trump sont indissolublement liés dans la séquence politique  présente. L’aventure militaire ferait de plus sombrer l’embellie économique dont il sont si fiers même s’ils n’en sont pas responsables. Certain de sa supériorité Donald Trump a donc repris la main et tente de refaire le coup de la Corée du Nord. Le pouvoir iranien n’est pas aussi monolithique que la dictature des Kim mais est-il impossible qu’il y ait des oreilles réceptives à la proposition trumpienne de resigner un accord sur le nucléaire. Les toutes dernières déclarations de Donald Trump laissent même supposer que comme pour l’accord de libre-échange nord américain un toilettage cosmétique pourrait suffire. Il conviendrait aussi de ménager les conditions pour que les iraniens ne perdent pas la face dans le tour de passe-passe. Le besoin frénétique de gagner du Donald rencontre peut-être là un obstacle notable. Sur les questions internationales l’opposition Démocrate est assez frileuse quand il s’agit d’aller au-delà de la simple dénonciation du bellicisme.

Supposons que l’opération fonctionne et que Donald Trump double tout le monde en signant un autre accord de pur trompe l’œil avec les iraniens. Il a même réussi à tromper Jimmy Carter sur ses bonnes intentions. Personne n’oserait aller contre un effort de paix. Il aurait sans doute fait un grand pas vers sa ré-élection. Il est difficile de l’exclure.

 

 

Des liens de travail sur le sujet.

08/06/2019

https://www.commondreams.org/news/2019/06/08/trump-signals-support-israels-proposed-west-bank-annexation-lawmakers-and-rights

15/06/2019

https://www.theguardian.com/world/2019/jun/15/iran-oil-tanker-attacks-us-uk

https://thehill.com/policy/cybersecurity/448732-us-ramping-up-digital-attacks-on-russias-power-grid-report

https://thinkprogress.org/trump-ramps-up-campaign-against-iran-putting-us-on-collision-course-in-tense-region-e3266a40b462/

https://www.theguardian.com/world/2019/jun/14/us-accuses-iran-of-detaining-crew-after-oil-tanker-attack //Le 14/06 le ministre des A.F. britannique obtempère à l’unjonction trumpienne.

https://truthout.org/articles/dont-accept-the-new-normal-keep-outrage-alive/

https://truthout.org/articles/bolton-and-pompeo-are-trying-to-start-another-forever-war/

https://truthout.org/video/us-rushes-to-blame-iran-for-tanker-attacks-as-world-pushes-for-diplomacy/

16/06/2019

https://www.theguardian.com/world/2019/jun/16/iran-tanker-attacks-saudi-crown-prince-wont-hesitate-to-deal-with-any-threat //Et la partition se déroule jouée par les duettistes DJT-MBS
https://thinkprogress.org/usual-suspects-beat-iran-war-drums-on-sunday-shows-34524829fd20/ //L’insistance même de tous les faucons habituels rend les attaques de plus en plus suspectes.

https://www.npr.org/2019/06/16/733228551/pompeo-says-there-s-no-doubt-iran-attacked-two-tankers

17/06/2019

https://www.npr.org/2019/06/17/733327050/iran-says-it-will-exceed-nuclear-deals-limit-on-uranium-in-10-days //La balle est maintenant dans la camp des européens. Que vont-ils faire? Se prosterner devant DJT évidemment.

https://www.truthdig.com/articles/iran-speeds-up-uranium-enrichment-as-mideast-tensions-mount/

18/06/2019

https://www.theguardian.com/us-news/2019/jun/17/us-to-send-1000-additional-troops-to-the-middle-east-citing-hostile-behavior

https://slate.com/news-and-politics/2019/06/shanahan-trump-hiring-pentagon-defense-secretary.html //Allons en guerre sans chef dans le poste de commandement. Merci Donald

20/06/2019

https://thinkprogress.org/media-outlets-lawmakers-us-violated-iran-nuclear-deal-5907a0e5743a/

https://www.npr.org/2019/06/20/734278683/iran-shoots-down-u-s-spy-drone-it-says-was-in-its-airspace //Trump prend ses précautions poue se donner toute latitude, y compris de ne pas répondre par la force même si sa tendance est de ne jamais laisser un coup sans réponse.
https://thehill.com/homenews/senate/449511-senate-votes-to-block-trumps-saudi-arms-sale //Une autre raison de la prudence de DJT peut-être?

https://www.vox.com/2019/6/20/18693371/trump-iran-war-mistake-drone-tweet

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2019/06/centcoms-general-mckenzie-steers-trumps-iran-policy/592171/

21/06/2019

https://thehill.com/homenews/administration/449737-trump-speaks-with-saudi-crown-prince-after-calling-off-iran-strike

https://www.motherjones.com/politics/2019/06/lindsey-graham-says-us-will-inflict-severe-pain-in-iran/ //L’ivresse des puissants leur monte à la tête.

https://www.salon.com/2019/06/21/fox-friends-host-brian-kilmeade-after-trump-calls-off-iran-strike-it-makes-us-look-so-weak_partner/

https://truthout.org/articles/iran-had-the-legal-right-to-shoot-down-us-spy-drone/

22/06/2019

https://thehill.com/policy/defense/449821-pentagon-launched-secret-digital-strike-on-iranian-spy-group-report

https://www.alternet.org/2019/06/trumps-far-fetched-claims-about-his-iran-decision-are-already-crumbling/

https://thehill.com/homenews/administration/449845-trump-iran-very-wise-not-to-shoot-down-manned-plane //Donc les drones on peut…
https://thehill.com/policy/defense/449821-pentagon-launched-secret-digital-strike-on-iranian-spy-group-report //La guerre numérique est déjà en cours.

https://abcnews.go.com/Politics/wireStory/iranian-hackers-wage-cyber-campaign-amid-tensions-us-63880558?cid=clicksource_4380645_null_hero_hed

https://thehill.com/homenews/administration/449862-trump-announces-new-sanctions-against-iran-as-tensions-escalate //Reprendre la main par les sanctions plutôt que par les bombardements.

23/06/2019

https://thehill.com/policy/international/449890-bolton-warns-iran-dont-mistake-us-prudence-for-weakness

https://thehill.com/homenews/administration/449876-trump-claims-media-got-it-wrong-on-iran-strike-i-never-called-the //Sait-il vraiment ce qu’il raconte?
https://www.vox.com/2019/6/23/18714327/iran-us-donald-trump-cyberattack-drone-strike //Une manière comme une autre d’aller vers la guerre ouverte pas après pas.
https://www.vox.com/policy-and-politics/2019/6/23/18693546/iran-donald-trump-meet-press-drone-strike-nuclear-deal-no-preconditions //Si DJT obtient un nouvel accord nucléaire il aura presque gagné sa réélection. Les iraniens peuvent-ils jouer cette carte?
https://www.salon.com/2019/06/23/israel-could-strike-first-as-tensions-with-iran-flare_partner/ //L’Iran n’est pas seul à avoir des intermédiaires dans la région.
https://www.salon.com/2019/06/23/trump-disses-john-bolton-if-it-was-up-to-him-hed-take-on-the-whole-world-at-one-time/ //Qui c’est le chef?

24/06/2019

https://www.npr.org/2019/06/23/735197531/bolton-defends-trumps-canceled-iran-strike-don-t-mistake-prudence-for-weakness

https://www.salon.com/2019/06/24/did-the-saudis-urge-trump-to-call-off-planned-strike-against-iran/ //Il est en effet facile à manoeuvrer mais que cherchent les saoudiens dans cette affaire? Ont-ils vraiment intérêt à la guerre? Ou simplement veulent-ils renfrocer leur positions quand le Congrès et la justice britannique s’opposent aux ventes d’armes?
https://www.salon.com/2019/06/24/no-war-with-iran-for-now-but-mike-pompeo-and-john-bolton-still-really-really-want-one/ //Les provocations verbales de Bolton mais surtout Pompeo encouragent l’agressivité des iraniens et leur intermédiaires.
https://www.salon.com/2019/06/23/bernie-sanders-scathingly-denounces-donald-trumps-iran-policy/ //La masse des grands têtes Démocrates est bien silencieuse. Hors quelques déclarations de principe très peu d’expression politique.
https://www.npr.org/2019/06/23/735253105/at-sunday-school-jimmy-carter-discusses-iran-says-peace-is-a-choice //DJT a un ou deux coups d’vance sur tout le monde dans cette affaire. Il arrive même à retourner cartr.

 

 

Un endroit dangereux

Vaguement parisien je n’ai guère vécu plus de 24 mois dans la capitale sur les 71 années de mon existence. Je vis à environ 40 kilomètres de la cathédrale récemment devenue le support des tant de fantasmes. Venir à la Grande Ville est donc chaque fois une expédition dans mes souvenirs et dans un monde qui ne cesse de s’éloigner de moi. L’envahissement de la ville de ma jeunesse par la marchandise n’ a pas tué mon plaisir à arpenter les rues de Paris. Depuis quelques mois j’ai un nouveau point de chute sur les Grands Boulevards que je ne fréquentais plus. Preuve que le Grand Satan Amazon n’a pas réussi dans son entreprise de destruction des librairies une nouvelle boutique à livres a vu le jour entre Bonne Nouvelle et Richelieu Drouot.

Un spectre hante ce lieu : la tentation. Quelque soit l’endroit il m’est difficile de ne pas ressortir d’une librairie plus chargé que je ne l’avais prévu avant d’entrer. La librairie ICI nous offre un luxe inhabituel dans les lieux marchands : de l’espace et du temps.

De l’espace. Les étals juste assez hauts pour ne pas être gênants laisse ouverte aux yeux la perspective jusqu’aux murs couverts d’ouvrages. De ci de là de petites notes plus discrètes que celles de la saint-maurienne Griffe Noire indique l’intérêt particulier porté par l’une ou l’autre personne à un livre particulier. L’escalier qui offre l’accès à l’étage inférieur me semble bien plus large que ne l’implique la simple logique architecturale ou le règlement de sécurité.

Du temps, Jamais dans cet espace je n’ai l’impression d’être poussé vars la sortie. Je n’y vois pas de gens affairés, fébriles, à la recherche de la seconde qui manque. La lecture, refuge d’une saine lenteur nous protège des excès.

Cet endroit où je me sens bien présente donc un grand danger pour mes finances. La semaine dernière après y être passé Mercredi je suis revenu le lendemain. Je dois aimer vivre dangereusement.

 

La meilleure équipe de la coupe du monde de football féminin

Le chauvinisme ambiant fait que personne,en France, ne parle de la performance de l’équipe des États-Unis d’Amérique.

Le chauvinisme, ou nationalisme ou patriotisme -dans le contexte ils sont strictement équivalents- qui ne manque jamais une occasion de ressortir en France conduit les médias à nous donner une image singulièrement biaisée de la coupe du monde de football féminin actuellement en cours dans le pays.

La tentative de surfer sur la « seconde étoile » des garçons l’année dernière fonctionne plus ou moins alors que le foot des filles est souvent plus agréable à voir que son homologue masculin. La performance en demi-teinte de l’équipe française a conduit à minimiser celle des autres équipes qui pourraient faire de l’ombre à « nos filles ».

Et pourtant une équipe brille, pas de surprise ce sont les championnes en titre, les filles des  États-Unis d’Amérique. Regardez donc leurs matchs.

 

Iran, tous au pied du mur.

Les États-Unis d’Amérique viennent de lancer une offensive anti-iranienne dont on ne sait pas trop qui l’a décidé. Entre Donald Trump et son conseiller faucon John Bolton font leurs annonces sans que l’on puisse savoir qui prend les décisions. On connait le caractère du président capable de lancer une éruption qu’il veut faire passer pour l’expression de sa supérieure intelligence. La seule technique de « négociation » qu’il ait jamais affirmée consiste en l’effet de surprise en étant en position de force. Bolton de son côté a probablement une conception des relations internationales qui revient à une guerre permanente pour assurer la supériorité du pays et interdire la mise en place  de régime qui ne supposés hostiles ou culturellement trop différents de la norme occidentale.

Le déplacement des forces navales vers le Moyen-Orient et le Golfe Persique était programmé de longue date et les déclarations de Bolton associées au voyage de Pompeo à Bagdad constituent donc un nouvel élément qui fait suite aux nouvelles sanctions annoncées précédemment. Tout cela semble constituer malgré tout un effort organisé pour accélérer la révolte du peuple iranien et provoquer le changement de régime à Téhéran tant espéré à Washington.

Et aujourd’hui la réponse iranienne semble des plus sensées. Le pays annonce se retirer partiellement des obligations de l’accord sur le nucléaire dont Donald Trump s’est retiré il y a 1 an mais avec une échéance de deux mois avant la reprise de l’enrichissement de l’uranium qui serait le signe définitif de la rupture. La condition explicitement exprimée de la non-reprise de l’enrichissement est que les tiers, les autres pays signataires de l’accord, dont la France, prennent enfin leurs responsabilités et, comme ils l’avaient promis, mettent en place les mesures permettant de contourner les incroyables sanctions que se permettent les États-Unis d’Amérique à l’égard de tout ce qui ne leur plait pas.

Il nous appartient donc, maintenant que nous sommes mis au pied du mur, de choisir le camp des brutes impériales ou le camp d’un futur ouvert. Quelle voie prendra notre président? La ministre de la Défense a déjà laissé entendre qu’il n’était pas question de ne pas se coucher devant l’ogre nord-américain.

Nous ne construirons pas un nouvel ordre mondial pacifié sur ces bases.

 

Et Glucskmann assassina la gauche.

Par ce mouvement imbécile que personne ne comprend vraiment Raphaël Glucskmann met fin au projet de Place Publique, une des chances de renaissance de la gauche.

La victoire de François Hollande en 2012 a rapidement mis en évidence la décrépitude des partis et l’impérieuse nécessité de refonder entièrement la gauche en France.

J’ai vu le premier espoir dans la naissance de Nouvelle Donne quand de nouvelles têtes affranchies de la plupart des anciennes obédiences ouvraient un nouvel espace de débat et de militance. Las! On sait ce qu’il advint de Nouvelle Donne suffocant noyée dans des querelles d’ego ou de chapelles que, dégouté,  je n’ai pas cherché à élucider.

Entre temps l’avancée irrésistible du néo-libéralisme consacrée par  la victoire d’Emmanuel Macron a rendu désespérément nécessaire la reconstruction d’une gauche populaire capable d’intervenir dans le débat politique national et d’offrir des perspectives concrètes.

J’ai donc accueilli l’irruption inattendue de Place Publique comme le cadeau que je n’attendais plus. Présenté par son trio hétéroclite qui rompt heureusement avec les habitudes politiciennes l’entreprise m’a convaincu d’outrepasser la fatigue des soixante-dix ans qui approchaient pour replonger dans le grand bain.  Raphaël Glucskmann dont les commentaires me semblent  souvent justes. Thomas Porcher qui apporte une vue profane dans la grande Église de l’Économie. Mais la joyeuse ténacité de Claire Nouvian constitue la divine surprise, la voix inédite. Et ce trépied n’est pas le socle sur lequel s’appuie le mouvement. Le terrain, les expériences concrètes alimentent la réflexion et fournissent les pistes d’action. Nous sommes revenus sur les rails. Un petit effort parmi tous ceux qui sont à inventer pour reconstruire l’espoir.

Que vous est-il passé par la tête Raphaël Glucskmann pour jeter tout ceci aux orties?

L’ambition personnelle? Je n’y crois guère.

L’illusion d’une ralliement magique autour d’un PS moribond de toutes les forces vives disponibles ? Vous êtes assez fin pour la comprendre.

Évidemment il n’est pas sauveur suprême et cette occasion ratée ne nous empêchera pas de rebondir un peu plus tard, un peu plus difficilement. A chacun de faire son autocritique.

Mado

 

A tous les petits-enfants et arrière petits-enfants de notre mère.

Ces dernières années, ces dernières semaines plus encore Mado usée par la vie nous a montré ce visage émacié par le manque d’appétit, les clavicules saillantes, la difficulté croissante à tenir sa maison. Je me souviens d’autres images.

Pour beaucoup d’entre vous Mado était la dernière personne de votre ascendance à avoir connu la seconde guerre mondiale. Sa disparition marque le moment où une réalité lointaine mais sensible devient de l’Histoire. Peut-être cette époque difficile a-t-elle été pour quelque chose dans sa difficulté à s’autoriser à sourire.

Tous les voyages à Meaux des derniers jours ne pouvaient manquer de faire remonter d’anciennes mémoires. De mes souvenirs de ma ville quelques uns des plus anciens s’enracinent juste à côté de l’hôpital. Rue Saint Faron habitait la famille de ma mère. Je me souviens d’un jour, assis sur le porte-bagage avant du vélo de la grand-mère Marthe j’ai mis le pied dans les rayons. Nous nous sommes cassé la figure à la sortie du pont de chemin de fer. J’ai tendrement aimé cette grand-mère qui avançait pourtant dans la vie sans faire de prisonnier, sans égard pour les dégâts affectifs qui la suivaient. Il a fallu des décennies et des décennies et la mort de la grand-mère pour que Mado se libère, puisse s’épancher et plus librement exprimer des sentiments.

A Leudon-en-Brie la première moitié de Juillet transformait l’école en théâtre, les pupitres des écoliers bien rangés sous le préau. Deux semaines pendant lesquelles Mado sortait de la cuisine et du rôle d’épouse du maître d’école. Transformée en costumière, régiseure, experte en costumes de papier crépon, en infirmière de petits bobos à l’occasion elle permettait que se prépare sans faille la représentation du 14 Juillet qui précédait la distribution des prix. Qu’aurions-nous fait sans elle?

En 1958 nous quittons Leudon. La famille commence une nouvelle vie. J’entre en sixième et dans l’adolescence. La tuberculose choisit ce moment pour m’envoyer respirer l’air des montagnes du Jura un an et demi. Pour mon retour elle est venue me chercher. Je me souviens précisément du chocolat qu’elle m’a payé quand nous attendions le train pour Paris à la gare de Culoz, ou de Bellegarde je ne sais plus. La première fois que le petit campagnard que j’étais consommait ainsi dans un café. La télévision, très rare dans les lieux publics à cette époque, diffusait le lancement du paquebot France. Je me souviens du 11 Mai 1960.

Bien plus tard autour de l’année 1975 la radio annonce le matin une descente de police au local d’un obscur groupuscule gauchiste. Mes parents connaissaient mon activité mais nous n’en parlions guère et surtout pas avec ma mère que je n’imaginais pas susceptible de repérer le nom de mon organisation dans le vacarme des informations. Elle m’a donc bien étonné et même touché ce jour-là quand elle a appelé pour s’inquiéter de mes nouvelles.

Ce ne sont que quelques instantanés. Chacune et chacun d’entre vous a sans doute vécu de ces instants quand la discrète baissait le masque pour montrer son meilleur visage.

Etat de l’Union : que vas dire le Donald?

Après la défaite en rase campagne il y a quelques jours les bruits qui ne peuvent manquer de courir avant le discours sur l’état de l’Union que Donald Trump va donner devant le Congrès laissent entendre qu’il serait en recherche de compromis et que le ton sera conciliant.

Le compromis en question, sur le financement du Mur trumpien de la frontière sud, impliquerait des reculs importants des Démocrates par rapport aux positions qu’ils n’ont cessé d’affirmer. IL est difficile de cerner les contours de ce qui pourrait satisfaire les deux parties.

De plus Donald Trump a toujours affirmé et c’est à peu près le seul élément de tactique qu’il connaisse, que la surprise est un atout gagnant.  On saura dès le discours qi un nouveau « shutdown » se profile. On connaîtra aussi la profondeur des fissures qui semblent être en formation dans le Parti Républicain.

Rendez-vous demain matin. La plus grande surprise serait de ne pas être étonné.

La démocratie n’est plus ce qu’elle était

En tête du petit opuscule récemment publié par mon ami François  en prolongement de son livre « Eldorado »  il place une remarque à laquelle je n’avais pas songé. S’interrogeant comme toute notre génération de vieux combattants qui avaient plus ou moins vingt ans en Mai (1968) sur les gilets jaunes il voit dans le mouvement actuel la célébration et l’enterrement de Mai68. On peut comprendre ou interpréter cela de multiples manières . La plus facile sans doute consiste à considérer qu’un cycle se clôt définitivement et que deux générations plus tard nous sommes entrés dans un nouveau monde. Que faire comprendre les élans de notre jeunesse à nos petits enfants est devenu une gageure impossible à tenir. Rien d’étonnant à ce que l’inquiétude qui sourd à travers ces pages concerne notre capacité à vivre ensemble de manière civilisée.

Hier Libération a convoqué en couverture Edgar Morin et Alain Touraine. La réunion de deux nonagénaires icônes de la pensée de gauche, pouvait-elle éclairer ce mouvement que nous, les vieux, avons tant de mal à appréhender?

Depuis « La rumeur d’Orléans » et mes années d’Université j’avais perdu de vue Edgar Morin et ne suis revenu à lui que tardivement. J’ai regetté de n’avoir pas suivi de plus près l’homme de la pensée complexe. A posteriori une des voix les plus pertinentes dans la recherche d’une posture que l’on pourrait appeler scientifique dans les sciences humaines où la méthode et la rigueur l’emporte sur les convictions brutes. Mais en plus du respect épistémologique la permanence de la présence humaine dans son travail m’a contraint à une affection pour le bonhomme.

A la différence d’Alain Touraine qui reste pour moi drapé dans son manteau de hiérarque socialiste. Il y a une quinzaine d’années cherchant des réponses à la question « Qu’est-ce que la démocratie? » j’ai lu son ouvrage éponyme.  J’ai bien plus trouvé un précis historique : les aventures du libéralisme et du républicanisme. La catastrophique expérience de l’Union Européenne et les gilets jaunes m’auront bien plus appris.

Les dérives autoritaires, qu’elles soient d’extrême-droite (Italie, États-Unis d’Amérique) ou néolibérale (France,  États-Unis d’Amérique-doublon volontaire)  complètent le tableau. La crise que nous traversons, ou qui nous traverse, est bien globale et civilisationnelle. Elle nous présente l’occasion de mettre en question de vieilles certitudes pour revenir à d’humbles tâches comme la reconstruction d’un « nous ».

 

 

 

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