DOMINIC77

Un peu de tout

Les accidents de la légende

Mediapart peut titrer que l’équipe de France entre dans la légende. Cela n’empêchera pas la légende d’être un peur ternie par les deux buts purement accidentels marqués en début de rencontre qui ont lourdement pesé sur le résultat. Si le spectacle -ne me bassinez pas avec le sport qui n’existe pas dans cette histoire- n’était pas désagréable -oui j’ai regardé- nous le devons principalement à des croates jamais abattus par l’adversité. Les deux derniers buts français, en fait celui de Pogba, ne sont pas désagréables mais la ténacité croate imprègne la rencontre. Soyons charitables avec Lloris dont la boulette plonge dans le ridicule.

Les connards hurleurs ont commencé leur rodéo autour de chez moi qui trouvent leur plaisir à griller du pétrole klaxon bloqué. Cela ne durera pas plus longtemps que la gueule de bois qui les attend demain.

Sans doute suis-je devenu un vieux con que le beau souvenir de 1998 ne trouve aucun écho dans la réjouissance commerciale programmée par le FIFA, TF1 et Macron réunis. Nous venons d’assister immobiles à la dernière illustration de la politique devenue spectacle.

Quelle tristesse!

 

Donald, l’OTAN et nous

Le spectacle de Bruxelles.

Après le G7 et la comédie de la rencontre de Singapour avec Kim Jong-Un Donald Trump a donné la dernière représentation de son cirque international à Bruxelles lors de la réunion de l’OTAN. Encore une fois il a remporté un relatif succès. Les alliés ont jugé plus utile de faire semblant de céder afin de pourvoir afficher la satisfaction formelle d’un sommet réussi et Donald Trump pourra faire valoir une victoire auprès de son électorat. Plus significatif encore les questions, parfois pertinentes, que pose son attitude vis-à-vis des alliances de long terme de son pays n’ont pas été discutées. Il ne restera que la mise en cause d’un édifice global qui ne correspond peut-être plus aux conditions du monde d’aujourd’hui. Cette inadéquation devrait constituer le centre des débat politiques mais se trouve complètement éclipsée par l’agitation médiatique d’un trublion qui pense sincèrement négocier des évolutions avec ses manières de brute mais en fin de compte ne fait que semer le doute et la dévastation sans rien construire.

Les dépenses militaires dans le monde et l’OTAN.
Donald Trump a posé à ses alliés de l’OTAN l’ultimatum de l’augmentation immédiates de leurs dépenses militaires en terme de pourcentage de leur PIB. L’ensemble mérite d’être examiné mais non sans remarquer une confusion usuelle dans le discours du président. Il indique que les membres de l’OTAN ont payé des millions de dollars en plus depuis son élection. Outre que cela est factuellement faux il expose sa confusion entre les dépenses de défense dont il a demandé l’augmentation et les paiements à l’OTAN, sous-entendu aux États-Unis d’Amérique. Les affirmations sur les dépenses militaires oint été tellement discutables que même la NPR, National Public Radio partiellement financée par l’état fédéral et donc soumise à un minimum de réserve, les a publiquement vérifiées.

Il existe plusieurs sources intéressantes de données sur les dépenses militaires dans le monde. La première est tout simplement l’OTAN qui en publie régulièrement un état, ici  en date du 10 Juillet. Le site de l’OTAN se révèle d’ailleurs une source très intéressante d’informations.
Le Stockholm International Peace Research Institute présente des données qui ne sont pas centrées sur l’OTAN.
Les principaux enseignements sont les suivants. Les dépenses militaires dans le monde évoluent sans surprise avec la conjoncture politique. Elles augmentent après l’année 2000 (effet 11 Septembre) jusqu’en 2010 pour rester relativement stables ensuite. On peut compter ces dépenses comme Donald Trump en pourcentage de PIB mais cela est-il pertinent?

 © SIPRI© SIPRI

 

D’après le SIPRI la répartition mondiale en 2017 des dépenses militaires est la suivante .

  • Afrique 42 Milliards $ 2,5% du total en légère diminution.
  • Amériques 695 Milliards $ 40 % stable mais Donald Trump l’augmente de près de 10% en 2017.
  • Asie-Océanie 477 Milliards $ 27 % +3,6 % dont 228 Mds $ pour la Chine augmentations en Asie du Sud-Est.
  • Europe 342 Milliards $ 20 % -2,2%

Exprimées en part du PIB les dépenses militaires représentent 3,57% du PIB des États-Unis d’Amérique (E.U.A.) pour plus de 600 milliards de dollars, 2,12% de celui du Royaume-Uni, 1,71% de celui de la France. L’évolution est différenciée entre les pays européens et le Canada d’une part les E.U.A. d’autre part.

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Les pays européens restent largement sous les 2% du PIB comme le montrent les données de l’OTAN.

GDPPerCent © OTANGDPPerCent © OTAN

La dépense militaire par habitant telle que publiée par l’OTAN donne une autre vision.
Moyenne OTAN 982 $
E.U.A. 1896 $ Ce nombre n’est jamais évoqué par D. Trump qui préfère faire état du pourcentage de PIB.
Canada 664 $
Europe 481 $ Il s’agit de la partie OTAN de l’Europe
France 764 $ Contribution supérieure à celle du Canada.
Norvège 1413 $ La Norvège, dans l’OTAN mais pas dans  l’UE, est une anomalie historique.

 © Dominique Courtois© Dominique Courtois

Les données, même celles publiées par l’OTAN, montrent qu’il est difficile d’évaluer et comparer des dépenses qui s’exercent sur des missions et des aires variés en fonction de la situation géographique et des choix politiques. On distingue donc en général au moins trois périmètres pour présenter les comptes : L’OTAN global, la zone nord-américaine et la zone européenne. Cette distinction ne fournit cependant pas de grandes informations du fait de la domination nord-américaine qui apporte la grande majorité du financement militaire. Elle permet cependant de différencier les évolutions de la zone européenne globalement en baisse continue quand on exprime la dépense en pourcentage de PIB.

Faut-il accorder une signification particulière au rapport entre le montant des dépenses militaires et le PIB?
Si ce repère peut-être familier aux universitaires ou aux économistes il ne correspond pas au raisonnement des militaires qui raisonnent en coût des équipements et des troupes dont ils ont besoin. Les vitesses de variation des deux grandeurs, dépenses militaires et PIB ne sont pas les mêmes. Si le PIB intègre rapidement l’effet des variations de conjoncture le budget militaire présente une inertie considérable. D’autant plus grande que les investissements en technologie lourde sont importants du fait de l’addition de pesanteurs législatives, administratives et techniques. Il faut voter les budgets, les mettre en œuvre et réaliser les programmes industriels.
La Grèce fournit une sorte de contre-exemple significatif. Le rapport de ses dépenses militaires à son PIB a brutalement cru ces dernières années et est passé au-dessus de 3%. La Grèce aurait-elle donc donc massivement investi dans la guerre? Non, par la grâce conjuguée des autorités européennes et financières son PIB a fondu au soleil de Berlin faisant automatiquement grimper le rapport.

Donald Trump assimile les dépenses militaires globales des pays membres à leur engagement dans l’effort de l’OTAN. Les deux sont formellement différents mais son attitude est logique. Il est ainsi plus facile sur Twitter de mettre en évidence l’injustice dont serait victime le pays. Le budget partagé de l’OTAN proprement dit ne se compare pas avec celui des états dominant de la coalition. Il se monte à seulement 3 milliards dollars environ dont 22 % sont payés par les E.U.A. Les dépenses des interventions militaires faites dans le cadre de missions de l’OTAN restent dans le budget des pays intervenant.

Quelle que soit le mode de calcul les E.U.A sont les plus gros contributeurs aux dépenses militaires de l’alliance. Mais ne faut-il pas prendre en compte les retours de cet investissement, retours matériels directs en achat de matériel militaire ou de technologie, matériel et service civils aux firmes américaines et retours politiques non-chiffrables économiquement en domination mondiale?

Que veut, que fait Donald Trump?

Les réponses à la questions de ce que veut réellement Donald Trump ne manquent pas de l’affaiblissement de l’OTAN à celui de l’Union Européenne en passant par la simple affirmation de son pouvoir et de sa grandeur. Souvenons-nous que les affaires militaires occupent une place particulière chez Donald Trump. Cet homme pour qui la force est le seul réel moyen de résoudre les problèmes a toujours manifesté respect sinon fascination pour la force armée. Cette suprématie de la force pourrait même jouer un rôle plus important que le simple nationalisme dans l’imaginaire trumpien. Il a d’ailleurs étudié dans une académie militaire privée.  Cette fascination s’incarne dans la grande parade militaire que lui a inspirée notre 14 Juillet (Merci Macron)  et que les militaires et les parlementaires Républicains sont en train de lui accorder.
Le discours sur l’OTAN, après le psychodrame du G7 s’inscrit dans la longue récitation de ses griefs contre les profiteurs qui vivent aux dépens des E.U.A. Donald Trump peut encore blâmer ses prédécesseurs pour avoir toléré ou provoqué cette situation mais cette posture ne saurait survivre bien longtemps et certainement pas à une majeure défaite électorale (ou judiciaire).
Sans entrer dans le débat psychologisant sur ce qui se passe sous la chevelure orange on doit reconnaître la persévérance du chemin suivi. Plutôt que de se lancer dans des suppositions hasardeuses sur les motivations de l’individu on peut à coup sûr retenir les motivations électorales renforcées par les derniers développements de l’enquête de Robert Mueller. La conjoncture met le président sous pression. Il doit s’adresser à sa base et au-delà à toute la base Républicaine pour la mobiliser à voter en Novembre. Peu importe l’extravagance des propos aux yeux de l’opinion internationale, l’inadéquation des propositions économiques ou stratégiques. Le personnage compte avant tout, statufié dans sa singularité. Il sera toujours temps après avoir gagné les élections de se rabibocher avec l’appareil du Parti Républicain qui est actuellement polarisé sur la victoire de mi-mandat et le remplissage des tribunaux jusqu’à la Cour Suprême par des juges conservateurs.

L’égocentrisme de Donald Trump l’empêche de concevoir l’illogisme de ses demandes. Si les alliés voulaient ou pouvaient augmenter leur part de financement de l’alliance ils seraient en position d’en remettre en question le leadership et les choix politiques. Les États-Unis d’Amérique ne pourraient plus alors cacher que la demande de payer pour la protection du plus gros n’est pas autre chose que du racket.

Quant à savoir ce que veut Trump…

Si la question présente le moindre intérêt on peut chercher des éléments de réponses dans ses conférences de presse et entretiens avec les journaux à Bruxelles et à Londres. Un président qui affirme sans rire aux journalistes être « un très stable génie » ou nie avoir tenu des propos enregistrés par ses interlocuteurs est-il à la recherche d’autre chose que son immédiate propre gloriole?
La déstabilisation de tout le système politique du pays ne peut pas cesser tant que Donald Trump est en poste et soutenu par la majorité parlementaire. Les alliés européens, canadiens ou autres peuvent tout juste s’abriter pour éviter le plus gros des retombées sans pouvoir faire plus.

Que faire de l’OTAN?

Sans doute involontairement Donald Trump a remis sur la table la question de l’OTAN. Sans le moindre doute l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord passait aux yeux de ma jeunesse militante comme le bras armé de « l’impérialisme américain » en Europe et concrétisait sous une forme particulièrement redoutable car militaire l’ennemi à abattre. Dans le consensus plus ou moins mou (désolé du pléonasme) qui a suivi l’écroulement de l’URSS l’OTAN est rentré dans la grisaille du décor, dans les meubles familiers. La diabolisation manichéenne de la Russie a fait le reste. Personne ne se pose plus la question. Et voilà que la question de la légitimité retraverse ironiquement l’Atlantique pour nous revenir en pleine face. Cet article de The Nation présente de manière concise le changement de rôle de l’organisation logistique depuis le confinement de l’empire soviétique à celui d’outil d’entretien de la tension à l’est de l’Europe.

Créé après la Seconde Guerre mondiale pour coordonner l’action militaire des E.U.A., du Royaume-Uni de la France et l’Allemagne en face de la puissance soviétique qui avait étendu son emprise sur tout l’Est de l’Europe l’OTAN a été présenté à l’opinion comme une organisation défensive dans son principe. La situation change radicalement en 1991 avec l’écroulement de l’URSS. L’accord Est-Ouest initial qui a permis une réunification allemande sans heurts impliquait un gel de l’action de l’OTAN cantonné à son périmètre original. Il n’a fallu que quelques années pour que Bill Clinton prenant avantage de l’évolution du rapport de force passe outre et lance l’expansion orientale de l’organisation avant que cette extension de l’alliance militaire dépasse le continent européen.
L’ Euro-Atlantic Partnership Council  créé en 1997 a même vu la participation de la Russie au sein d’un organisme initié par l’OTAN. Plus récemment le Mediterranean Dialogue est créé après le Guerre du Golfe pour assurer des relations entre des pays de la région, y compris Israël et l’OTAN. L’ Istanbul Cooperation Initiative  vise à assurer le lien entre l’OTAN et quatre pays du Golfe Persique. Enfin les Partners Across the Globe après le sommet de Lisbonne de l’OTAN fournit le cadre d’alliances hors de toute limite géographique. Le dernier adhérent vient d’Amérique Latine : la Colombie.

L’OTAN a donc servi de base à la création d’une nébuleuse d’organisations de coopération militaire dominée et dirigée par le pays le plus armé et le plus riche du monde. En remettant en cause les mécanismes de financement Donald Trump, polarisé par ses problèmes intérieurs et aveuglé par sa vision économique de boutiquier qui veut rentrer dans ses sous pourrait bien avoir ouvert une nouvelle boite de Pandore.
Ou nous avoir simplement montré que nous ne pouvons rien et que ce n’est pas le roi qui est nu mais bien nous qui sommes impuissants devant la force brute des armes.

 

Mes liens de travail sur le sujet :

11/07/2018

https://talkingpointsmemo.com/edblog/trump-proposes-turning-europe-into-armed-camp

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_03/20180315_180315-pr2018-16-en.pdf //Le communiqué de presse de l’OTAN sur les dépenses.

https://truthout.org/articles/intentional-chaos-trump-and-the-global-nato-alliance/

https://comptroller.defense.gov/Portals/45/Documents/defbudget/fy2019/fy2019_EDI_JBook.pdf

https://www.alternet.org/news-amp-politics/never-history-fox-news-shep-smith-assails-trump-unprecedented-attacks-nato-allies

https://www.alternet.org/news-amp-politics/all-his-bluster-trump-powerless-against-nato-allies-heres-why

12/07/2018

https://www.npr.org/2018/07/11/628137185/fact-check-trumps-claims-on-nato-spending

http://thehill.com/policy/national-security/396597-mueller-asks-court-for-100-more-blank-subpoenas-ahead-of-manafort

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/07/when-the-tv-cameras-are-off-does-donald-trump-still-exist/ //Evidemment

https://www.thenation.com/article/time-disrupt-nato/

https://newrepublic.com/article/149819/fair-trump-bash-nato-military-spending

https://www.salon.com/2018/07/11/trump-versus-nato-not-so-fast_partner/

https://t.umblr.com/redirect?z=https%3A%2F%2Fwww.washingtonpost.com%2Fgraphics%2Fpolitics%2Ftrump-claims-database%2F&t=YWQ5YmVhM2VlMDMxN2IwOWNlMjFlOTA4Mzk5MDAxNDllYzM1MTE2MyxCVVo1QUx6eg%3D%3D&b=t%3AhQ9Ds4P3Iv6D7mgEr8WMqg&p=http%3A%2F%2Frobertreich.org%2Fpost%2F175757408255&m=1

https://www.sipri.org/sites/default/files/2018-05/sipri_fs_1805_milex_2017.pdf //Stockholm International Peace Research Institute.
13/07/2018

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_07/20180709_180710-pr2018-91-en.pdf

https://www.mediapart.fr/journal/international/120718/au-sommet-de-l-otan-trump-poursuit-son-travail-de-sape-contre-l-europe

https://www.salon.com/2018/07/11/a-rare-case-trump-is-right_partner/

https://www.salon.com/2018/07/12/donald-trumps-global-chaos-tour-as-he-runs-wild-in-brussels-gop-senators-start-to-back-away/

https://www.vox.com/2018/7/13/17568854/mueller-russia-indictment-trump-putin

http://prospect.org/article/trump-executing-major-geopolitical-realignment-does-anybody-care

https://newrepublic.com/minutes/149888/new-indictments-complicate-trump-russia-relationship //Rosenstein joue de + en + visiblement avec Mueller (contre Trump?)
https://talkingpointsmemo.com/muckraker/congressional-candidate-received-stolen-documents-russia-2016 //Le massacre du Samedi soir commence

 

 

Kavanaugh désigné, et après ?

L’annonce du remplacement du juge Anthony Kennedy à la Cour Suprême par Donald Trump a été soigneusement médiatiquement organisée. Quelques heures avant  la Maison-Blanche a invité via Tweeter à assister à l’annonce solennelle trois sénateurs Démocrates  en campagne pour leur ré-élection dans des états Républicains. Si quelqu’un doutait que la date de la démission de Kennedy s’insérait dans le calendrier électoral…

Le président a donc annoncé son choix : Brett Kavanaugh.

Sans doute le moins polémique au sein du Grand Old Party Kavanaugh ne représente pas l’électeur trumpien typique du Midwest post-industriel. Il est né et a grandi dans les quartiers chics de la capitale fédérale avant de faire des études à la Yale Law School. Il sera le sixième catholique sur les neufs juges de la Cour. Une des étoiles montantes du Parti républicain il présente un profil plus politique que juridique. Lors de la confirmation de sa nomination précédente un sénateur Démocrate l’a surnommé « Le Forrest Gump de la politique Républicaine ».  Sa carrière de juriste est entièrement liée à la politique. Assistant de Kenneth Starr, le procureur qui a enquêté sur les affaires immobilières et autres des  Clinton il a même rédigé une partie du rapport. Membre actif de la « Federalist Society » qui a préparé les listes de juges à nommer pour Donald Trump il s’est distingué récemment en refusant le droit d’avorter à une immigrante mineure. Trump a donc fait le choix d’un profil politique relativement consensuel dans son parti. D’autres choix plus spectaculaire, comme celui d’Amy Barrett, étaient possibles mais plus polémiques. Le principal sujet de polémique soulevé par la démission de Kennedy tourne autour de l’abrogation de la décision Roe V. Wade de 1973 qui avait autorisé l’avortement au plan fédéral. Sur ce sujet Kavanaugh s’est montré moins virulent que d’autres membres de la liste des pressentis.

Si le basculement définitif de la Cour Suprême à droite était un enjeu en soi la conjoncture électorale a joué un rôle important. Les Démocrates sont maintenant devant un choix sans bonne solution. Leur base les pousse à s’opposer de toutes leurs forces à la confirmation de Kavanauh lors des audiences au Sénat. La Cour est en congé. Rien n’obligeait Kennedy à annoncer si vite sa démission ni Donald Trump a choisir rapidement un successeur ni Mitch Connell à programmer ainsi le vote de confirmation avant les élections.

Les Républicains disposent au Sénat d’une majorité de 51 contre 49 mais John MacCain, en traitement pour son cancer du cerveau, n’a pas remis les pieds à Washington depuis le début de l’année. La voix prépondérante du vice-président leur permet de palier cette absence mais ils ne peuvent se permettre une défection. La bataille pour s’opposer à la confrontation est cependant perdue d’avance pour les Démocrates. Le problème pourrait bien venir de leurs propres rangs. Les trois sénateurs Démocrates Joe Donnelly, Joe Manchin et Heidi Heitkamp ont déjà voté pour confirmer Neil Gorsuch, le précédent juge proposé par Donald Trump l’année dernière alors qu’ils n’étaient pas sous pression électorale. Les espoirs de refus de la confirmation reposent donc paradoxalement sur deux sénatrices Républicaines : Susan Collins et Lisa Murkowski. Les deux seules sénatrices de leur parti à soutenir plus ou moins les droits des femmes à choisir leurs grossesses. Collins s’est montré dans le passé la plus résolue à ce sujet mais a déjà indiqué ces derniers jours qu’elles se conformerait sans doute à la discipline de son parti. Les convictions de Murkowski semblent moins fermes et son état de l’Alaska a déjà reçu des avantages fiscaux divers lors de débats antérieurs.

Mais le piège politique va encore plus loin. La perspective de regagner la majorité à la Chambre des Représentants motive les Démocrates poussés par une base très mobilisée, comme l’est celle des Républicains. S’engager dans une bataille de procédure, qui plus est perdue d’avance, au Sénat présente un gros risque de paraitre éloigné des problèmes réels des électeurs. L’état-major Démocrate se trouve donc devant ce dilemme : soit déserter sans combattre la bataille de la Cour Suprême, soit apparaitre comme une bande d’apparatchiks politiciens loin du peuple. Bien joué Trump.

 

Avec Harlan Ellison encore un peu de ma jeunesse fout le camp

Harlan Ellison.

Un nom que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et pour les autres être auteur de science-fiction pourrait bien ne pas être très gratifiant. Pourtant l’exigence de qualité d’écriture portée par la génération des écrivains enflammés par le tumulte des années soixante a bien transformé le paysage. Assez pour que j’écrive (dans le numéro de Décembre de la revue Fiction) après la Convention de S-F de Heidelberg en 1970 que la S-F devenue adulte et séculière entrait dans la famille de littérature générale.

Harlan Ellison représente typiquement cette génération d’auteurs qui ont voulu se débarrasser des vieux oripeaux de la quincaillerie spatiale des écrivains de la grande époque que l’on a à tort ou à raison classés comme les chantre d’un impérialisme américain triomphant. Le virage bien connu pris par son ami Robert Silverberg d’une carrière de mercenaire tâcheron prolifique vers celle d’écrivain à la production moins abondante témoigne du changement de la S-F de la période. Ce changement faisait écho aux mouvements et luttes du temps dont Ellison a pris sa part.

Au bout du compte il sera peut-être plus connu malgré tout pour ses travaux pour le cinéma ou la télévision  (Star Trek) et sutout son travail d’éditeur de l’anthologie  « Dangerous visions » qui a été reçue comme un claque à l’époque par le petit monde de la S-F. Sa contribution personnelle au premier volume, la nouvelle « Le Rôdeur dans la ville au bord du monde »  écrite pour faire suite à la brillante très courte histoire produite par Robert Bloch souffre un peu de la comparaison avec cette dernière. Elle montre cependant une facette du talent formel d’Ellison.

Il a principalement produit des nouvelles, genre qui ne prédispose pas à la grande célébrité, mais où il savait parfaitement doser les effets et jouer avec le temps. La maitrise narrative rend les traductions intéressantes mais pour ceux qui le peuvent lire les versions originales permet de profiter des qualités formelles de ses textes.

Pour lui rendre hommage le plus sûr est sans doute de lire le premier tome (et les autres, dont le dernier n’a jamais été publié) de « Dangerous visions ». Et ensuite d’errer au fil des opportunités et des occasions.

Kennedy out, la Cour Suprême totalement à droite pour quarante ans

Anthony Kennedy se retire.

On attendait depuis des semaines l’annonce du départ à la retraite du juge de la Cour Suprême Anthony Kennedy. Ce juriste renommé représentait une rareté dans le monde de Trump une sorte d’équilibre. Il a parfois voté avec ses collègues progressistes malgré son orientation en principe Républicaine. Il était donc le « swing Justice » de la Cour.

Aussi quand on a appris l’annonce de la mise en congé (recess) de la Cour Suprême on a pu croire que l’échéance du basculement fatal à droite de l’organe ultime qui régit la vie politique du pays était repoussée au moins à la fin de l’été.

Erreur! Comme scénarisée par un maitre du l’annonce du départ de Kennedy est tombée quelques heures plus tard, a déchainé la parution d’articles dans les médias et l’émission de mails par les organes de propagandes Démocrates.

L’équilibre politique de la Cour Suprême penchait déjà à droite depuis la nomination de Neil Gorsuch par Donald Trump après une année de blocage durant laquelle les Républicains majoritaires au Congrès ont refusé même d’auditionner et donc à plus forte raison de voter sur la nomination de Merrick Garland proposé par Barack Obama. Les statisticiens de FiveThityEight ont synthétisé dans cette illustration les positions calculées des juges en fonction de leurs décisions sur une échelle gauche-droite.

SCOTUS balance © FiveThirtyEightSCOTUS balance © FiveThirtyEight

 Un juriste reconnu et relativement indépendant.

Nommé à la Cour Suprême par Reagan en 1987 Anthony Kennedy aura donc passé 31 ans à la juridiction majeure du pays. Relativement indépendant sa connaissance du droit international constituait une rareté dans le paysage judiciaire. Il a même régulièrement enseigné en Europe, à Salzbourg. Cela faisait de lui un des rares juristes à éclairer le droit des États-Unis d’Amérique à la lumière des lois internationales.

Il a parfois voté avec le groupe des « libéraux » contre sa famille d’origine. Il a en particulier joué un rôle majeur dans l’arrêt « Roe vs Wade » qui rend l’avortement légal.Il a même rédigé une partie des attendus de la décision qui a contraint les états Républicains à se lancer des des batailles législatives pour restreindre les délais légaux d’avortement dans tous les endroits où ils en avaient la possibilité.

Une Cour Suprême devenu acteur politique majeur avec Antonin Scalia.

Nommé également à la Cour Suprême par Reagan Antonin Scalia a contribué à la politisation de la Cour Suprême. A l’opposé de Kennedy qui voit le droit dans une relation dynamique avec l’évolution de la société (et du monde extérieur) Scalia, mort subitement en 2016, représentait le courant « originaliste » qui prétend que la Constitution ne doit pas être interprétée mais lue comme ses rédacteurs d’il y a deux siècles l’ont voulue. Cette démarche, similaire soit dit en passant à celle des musulmans salafistes, n’a évidemment aucun sens et constru=itue déjà une interprétation puisqu’elle pense connaître la pensée des Pères Fondateurs. Elle porte cependant un courant majeur dans l’opinion, celui qui a fait élire Donald Trump, celui du « c’était mieux avant », celui qui n’arrive pas à faire le deuil d’un pays blanc, chrétien et dominateur.

Les enjeux.

Une bataille de procédure est déjà lancée par les Démocrates pour mettre en évidence qu’il serait incorrect pour le pouvoir de nommer un juge avant les élections de Novembre et la prise de fonction du nouveau Congrès en Janvier. Ils gagneraient ainsi quelques mois en espérant reprendre la majorité au Sénat qui leur permettrait de bloquer les nouvelles nominations. Cet espoir se révélera illusoire. Comme l’a affirmé Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat leur préoccupation première est de profiter des circonstances pour remplir les juridictions de juges réactionnaires. Il a ‘ailleurs annoncé une réduction des vacances d’été du Sénat pour mettre en œuvre ce programme (et empêcher les Démocrates de faire campagne dans leurs états). trump de son côté sans état d’âme a annoncé la couleur : nommer vite un « grand » juge.

La plus grave conséquence concerne les droits des femmes et l’avortement en particulier. Les observateurs convergent pour annoncer qu’il suffira de quelques mois pour que l’avortemetn soit interdit dans une vingtaines d’états et peut-être même au niveau fédéral dès que le nouveau juge sera nommé et que l’arrêt Roe » vs Wade » pourra être annulé. La seule chance d’emp^cher cela serait que les sénatrices Républicaines Lisa Murkowski et surtout Susan Collins favorables à la liberté de choix s’opposent à la nomination d’un juge susceptible de voter l’annulation. Mais il faudrait aussi que les Républicains qui ont actuellement une majorité de 51/49 (avec John MaCain absent pour maladie) ne gagnent pas de sièges en Novembre ce qui ets loin d’être acquis.

La Cour a aussi eu à juger des conflits de découpage électoral partisan, parfois avec motivation raciale. Les décisions récentes laissent planer une légère incertitude sur les décisons d’une COur à la majorité conservatrice renforcée. Au mieux elle aurait tendance à maintenir le statu quo  et donc les mesures mises en place majoritairement à l’avantage des Républicains.

Deux décisions récentes portent sur le droit syndical. L’affaiblissement d’une des forces du mouvement progressiste encore opérationnelle constitue un objectif majeur des Républicains et nul doute qu’une Cour à la majorité homogène n’aura aucune hésitation.

Les prochains juges normalement appelés à se retirer du fait de leur âge appartiennent au camp progressiste. La majorité semble donc être en train de basculer su côté obscur pour pluieus décennies.

Que faire?

Les Démocrate et le mouvement progressistes ne possèdent que peu de moyens d’action. Juridiquement et légalement rien ne peut empêcher la nomination de nouveau juge à partir de la date de démission annoncée de Kennedy. La seule possibilité réside dans le refus de confirmation par le Sénat où les Républicains ont la majorité. Même en l’absence de John McCain la voix prépondérante du vice-président suffira à trancher.

Les seuls moyens sont donc d’ordre politique. Il est possible que la possibilité d’annulation de « Roe vs Wade » suffise à faire basculer Susan Collins qui s’est déjà opposée à Trump sur l’abrogation de l’Obamacare. La position de Lisa Murkowski risque d’être plus douteuse.

De grandes manifestions pourraient aussi peser soir sur les nomination soit sur les confirmations mais le sujet de la Cour Supr^me n’est sans doute pas de nature à mobiliser les foules. Aucun des sujets de société en jeu, avortement, droit de vote, droit syndical ne semble constituer par lui-même un vecteur de mobilisation majeur. Un tel mouvement ne sera probablement pas initié par le Parti Démocrate à trois mois d’élections cruciales.

Par contre l’effet sur les élections de mi-mandat de Novembre peut être significatif. Certains, comme Kevin Drum, y voient même le signe de la victoire . On peut en douter car la mobilisation aux primaires est très fortes dans les deux camps. La démobilisation propre au parti présidentiel dans ce cas de figure ne se produit pas cette année. Donald Trump va utiliser cette possibilité de nomination pour encore plus amener sa base aux urnes. Rien n’est donc fait.

 

 

Mes liens de travail sur le sujet.

27/06/2018

https://www.npr.org/2018/05/24/614228261/mitch-mcconnell-on-filling-the-federal-bench-this-is-my-top-priority //Même s’il doivent y passer le mois d’Août.

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/25/17461318/anthony-kennedy-ideology-retirement-supreme-court

https://www.vox.com/2016/5/18/11685728/scotus-supreme-court-preview

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/26/17506054/anthony-kennedy-retirement-supreme-court //Louper les mi-mandats de 2014 a eu de lourdes conséquences.

https://newrepublic.com/minutes/149454/can-trumps-supreme-court-apocalypse-stopped

https://www.commondreams.org/news/2018/06/27/handing-trump-chance-move-supreme-court-even-further-right-justice-anthony-kennedy

https://www.alternet.org/news-amp-politics/heres-why-trump-doesnt-need-replace-justice-kennedy-all-supreme-court-could-be

https://fivethirtyeight.com/features/which-justices-were-bffs-this-scotus-term/

28/06/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/celebrating-anthony-kennedy/563966/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Kennedy

Notre difficulté à comprendre l’habileté tactique de Donald Trump.

Les dernières semaines ont montré au monde entier la mise en œuvre de la politique de la politique migratoire de Donald Trump. Nous avons pu croire que les cris déchirant des enfants séparés de leurs parents et parqués dans des conditions douteuses allaient enfin mettre fin à cette sorte d’état de grâce larvé que connait le président. Les exagérations de certains medias qui ont ressorti des images d’enfants n’ayant rien à voir avec la situation à la frontière mexicaine ou la mise en scène trop habile de certaines images comme la couverture de Time se sont révélées très contre-productives. Quand on veut faire montre de moralité il convient d’être exemplaire et ne pas prêter le flanc à la critique.

Mais cela n’explique pas tout et surtout pas que la cote de popularité de Donald Trump ait enregistré une progression ces derniers jours. Ce sondage  n’est pas le fait d’une organisation particulièrement  trumpiste (comme le sont ceux de  Rasmussen). Les choses se sont passées comme si la politique de séparation des familles, d’inspiration clairement raciste, n’avait pas d’incidence sur la popularité du président. On peut se dire que sa base approuve et que les autres se sont déjà fait une opinion. Mais le décret censé interdire ces séparations a clairement eu un effet positif au-delà des soutiens habituels du président jusque dans les rangs des électeurs Démocrates. Assez curieusement les électeurs déclarés indépendants que l’on pourrait penser à la croisée des chemins entre les deux camps semblent moins sensibles à ce revirement de Donald Trump, plus réellement « indépendants ».

Voilà qui nous oblige à nous interroger sur notre compréhension de ces phénomènes.

Il est clair que l’opinion distingue l’appareil gouvernemental et l’homme Donald Trump, que les condamnations des actions du premier n’impactent pas nécessairement le second. Ou pas de la même manière. Ainsi Trump peut impunément demander une politique extrême à la frontière dont la culpabilité retombe sur son administration et retirer les honneurs de celui qui met fin au carnage par la signature mise en scène d’un décret dans le bureau ovale. Et plus encore il sait ou du moins perçoit que le système fonctionne ainsi.

A nous de réfléchir.

Trois à la file. La Cour Suprême au secours de Trump

Les trois décisions rendues ces derniers jours par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique sont de natures différentes et s’inscrivent dans des processus judiciaires bien différents.

La première vient en conclusion d’une longue bataille sur le découpage électoral du Texas. Elle affirme que les découpages contestés ne le sont pas sur une base raciale. La jurisprudence sur ce type de problème distingue entre les motivations raciales des découpages qui seraient destinés à biaiser les résultats à partir d’une inégalité de représentation des catégories ethniques. La questions est évidemment complexe et délicate, tellement que le Voting Right Act adopté après les luttes des droits civiques des années 1960 portaient en majorité sur cet aspect. La formulation laisse la porte ouverte à d’autres actions puisque la Cour a majoritairement statué que la démonstration n’était pas faite de l’intention de construire des découpages biaisés. Elle laisse ouverte la possibilité   d’autres actions amenant des preuves plus concluantes. La Cour s’est divisée entre les juges conservateurs et progressistes (5/4) selon le schéma qui devrait être dorénavant classique. Dans une autre récente affaire de découpage électoral concernant le Wisconsin la Cour a refusé de statuer ce qu’elle fait habituellement quand il s’agit de problème de découpage électoral sans caractère racial. La question va devenir de plus en plus aiguë au fil des prochains mois vu la tension électorale avec l’élection de 2002 en perspective, une démographie a priori au désavantage des Républicains et le redécoupage général des circonscriptions qui suivra le recensement de 2020.

 

La Cour a eu à juger ce jour du recours posé contre une loi de l’état de Californie qui imposait aux organisations de conseils auprès des femmes souhaitant avorter de présenter clairement leut position sur l’avortement. Les « centres de crise de grossesse » qui sont des officines anti-avortement refusaient cette obligation confirmée en première instance. Sans rendre un avis définitif la COur à juger que la loi est probablement non-constitutionnelle car elle ne respecte pas le droit de ces officines au Premier Amendement (droit à la Libre Parole). Autrement dit pour la Cour Suprême le droit à la libre expression inclut le droit au mensonge, même si par omission. Ce jugement pourrait être un pas vers l’interdiction globale de l’avortement au niveau fédéral qui ets la première raison pour laquelle la droite chrétienne à voté pour Donald Trump afin qu’il remplisse la Cour de juges conservateurs.

Le dernier jugement évidemment applaudi par la Maison-Blanche est la confirmation du bien fondé de l’interdiction d’entrée sur le territoire de citoyens de plusieurs pays majoritairement musulmans. Le Juge en chef Roberts a lui-même rédigé l’avis qui confirme la conformité de la décision au rôle défini pour le président. Il ne juge pas de la constitutionnalité de l’interdiction elle-même dont le caractère sélectif (Travel ban) avait fait l’objet des poursuites. .

Le rôle de la Cour Suprême dans la vie politique du pays ne peut que croître dans un contexte de division politique exacerbée.

Ces victoires sont bienvenues pour le camp Trump et vont contribuer à regonfler le moral de la base. Les résultats des primaires de ce Mardi 26 Juin seront d’autant plus intéressants.

Les primaires du 12 Juin

Comme les semaines précédentes le travail de Vox sur les primaires rassemble les informations essentielles.

Les enseignements globaux sont plutôt moins nuancés que les semaines précédentes.

Hors primaires au Wisconsin les Démocrates confirment les tendances aperçues précédemment qui ne sont pas bonnes pour le Grand Old Party dans l’état de Paul Ryan qui pourrait bien se féliciter de se retirer sans avoir à assumer un échec. Si cette retraite était une manœuvre tactique pour se présenter en recours post-Trump la réussite ne pourrait se bâtir que sur des ruines. Dans les élections à l’assemblée de l’état ils ont perdu un siège là où Trump avait gagné de 17 points

Les primaires quant à elles ont confirmé la volonté de l’électorat Démocrate de voir des femmes candidates. En Virginie où quatre sièges Républicains à la Chambre sont à portée les couleurs Démocrates seront portées par des femmes dans toutes ces circonscriptions.

En Caroline du Sud Trump a donné un coup de pouce de dernière minute, trois heures avant la fermeture des bureaux de vote, à une candidate très à droite qui a battu le sortant Mark Sandford et rendu un peu plus indécis le résultat de Novembre dans un état pourtant résolument Républicain.

Les chiffres de participation sont à peur près partout légèrement en faveurs des Démocrates. Ce signe est particulièrement favorable vu la difficulté chronique à mobiliser les électeurs Démocrates pour les élections intermédiaires.

Dans le Maine la tentative d’introduire un système de vote qui rompe avec les inconvénients de la majorité simple n’a pas remporté un grand succès et les résultats sont attaqués en justice par le gourveneur, Paul LePage. Les résultats sont donc en suspens.

Mise à jour 13h52.

N’oublions pas en Virginie que la primaire pour le siège de sénateur a été gagné chez les Républicains par Corey Stewart qui est connu comme un extrémiste raciste. Tim Kaine, le candidat vice-président de Hilary Clinton en 2016, n’était pas considéré comme ne danger mais ce choix va fracturer un peu plus le Parti Républicain et confirme l’emprise trumpienne. A terme ce sont le PArti Républicain et le système bipartisan institutionnalisé qui risquent d’entrer en crise.

Singapour, premières réflexions.

Les réaction au sommet Trump-Kim et au contenu du communiqué commun n’ont apporté aucune surprise. Même les plus enclins à voir le verre de la paix à moitié plein reconnaissent la vacuité du texte qui ne contient aucun engagement concret.

Parmi les quatre points écrits trois sont des vœux pieux de circonstance et le quatrième, symboliquement lourd ne coûte rien.

1-Les deux parties s’engagent à construire de nouvelles relations pacifiques en conformité avec le souhait des peuples.

2-Elles joignent leurs efforts pour la paix dans la PENINSULE.

3-Elles confirment la déclaration de Panmujon du 27/04/2018 (entre les deux présidents coréens) de travailler à la dénucléarisation de la PENINSULE.

4-Elles vont travailler ensemble à la recherche et au rapatriement des restes des morts de la guerre de Corée.

La Corée du Sud est la grande absente de l’accord écrit et signé. Donald Trump s’est senti obligé de célébrer le travail du président sud-coréen dans son intervention orale peut-être pour compenser.

Les deux seules mesures concrètes présentées sont l’abandon des manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis d’Amérique et la Corée du Sud, concession significative de Donald Trump et le rapatriement des restes des morts de la guerre. La portée effective de la promesse faite d’après Trump oralement et in extremis par Kil de démanteler un site significatif de production ou de test des missiles reste à confirmer.

La tenue du sommet et la photo restent les résultats les plus tangibles, politiques, de l’opération qui actuellement doit d’abord  être considérée comme une superbe action de communication même si la baisse des tensions dans toute région du monde est une bonne nouvelle.

Le contraste entre le Trump du G7 et le Trump de Singapour ne doit pas étonner. Dans une réunion multipartite où il n’est pas le leader il ne peut que jouer les trouble-fête. A Singapour il pouvait montrer un visage positif et profitant de la discrétion relative de Kim qui lui a laissé la vedette il a pu occuper toute la place.

L’objectif premier, à court terme, de Donald Trump se situe en Novembre. Il a peut-être gagné en Extrême-Orient des élections de mi-mandat qui semblaient bine mal parties. Il n’est pas certain qu’il vise actuellement plus loin puisque ces élections constituent sa garantie de soutien par les Républicains et donc la protection contre les pousuites.

Mais si l’on cherche des éléments d’orientation stratégiques dans l’événement, après un G7 conflictuel qui a ébranlé la partie européenne, on peut se demander si nous n’avons pas là un indice complémentaire de l’évolution vers la zone Pacifique des États-Unis d’Amérique. L’attention apportée à la Chine dans la conférence de presse, à la relation avec le président chinois ou à la frontière sino-coréenne montre la place que tient le pays de Xi-Jiping dans l’esprit de Donald Trump.

Mais plus étonnant peut-être on peut se demander si la constante volonté des nord-coréens à faire aboutir le processus de rapprochement ne va pas au-delà de la seule recherche d’une honorabilité qui leur ouvre les portes du développement. Établir à terme des relations pacifiées avec leur ancien ennemi permettrait  de desserrer l’étreinte chinoise et d’envisager la marche vers une forme de rassemblement de la péninsule coréenne, à défaut de réunification impossible à court terme,  qui ne soit pas entièrement à leur désavantage.

La vérité dans la bouche d’un enfant.

La conférence de presse tenue par Donald Trump après le sommet avec Kim Jong-Un  valait le détour.

Après avoir lu une introduction assez probablement écrite par son équipe il s’est lancé dans une vibrante apologie de tous ses « amis » qui ont permis le sommet. Le ton n’était pas sans rappeler la plus belle langue de bois stalinienne de vieilles années. On peut d’ailleurs rapprocher cette période du début de la conférence de presse avec la fin quand le ton vis-à-vis par exemple de Xi-Jiping est passé à l’opposé.

Mais le plus remarquable a été noté par Aaron Rupar de Think Progress. Donald Trump n’a pas voulu répondre aux questions sur la sincérité de Kim Jong-Un après avoir affirmé que sa grande et experte  pratique de la négociation et de l’évaluation des hommes l’avait d’emblée rassuré. Confronté encore une fois à la question il a fini par exposer une vérité toute simple. « Si dans six mois je m’aperçois que je me suis trompé je ne sais pas si je l’admettrai mais je trouverai bien une excuse ».

Tellement sûr de lui qu’il ne peut même pas cacher la vérité.

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