DOMINIC77

Un peu de tout

Kavanaugh or not Kavanaugh

La Cour Suprême, enjeu majeur dans le système politique.

L’alliance entre Donald Trump et l’establishment Républicain repose sur deux bases principales : les baisses d’impôts pour les riches déjà actée pour une part avec la réforme fiscale de fin 2017 et le remplissage des tribunaux fédéraux de juges conservateurs dont la clé de voute est le verrouillage de la Cour Suprême qui tient entre ses mains le pouvoir judiciaire  ultime y compris en matière de législation comme si notre Conseil Constitutionnel était aussi la Cour de Cassation (bien que les comparaisons soit impossibles tant les systèmes sont différents).

Les Républicains préparent la phase deux de la réforme fiscale qui ne pouvait pas être réalisée en une seule fois car cela aurait contrevenu aux règles sur déficit du budget. La seconde phase en préparation obligera d’ailleurs a trouver les ressources en coupant dans les budgets des institutions que Donlad Trump avait juré durant sa campagne ne pas vouloir modifier : Social Security (retraites), Medicare et Medicaid (assurances santé).

La mort du juge ultra-conservateur Antonin Scalia en 2016 avait ouvert une vacance à la Cour. L’équilibre politique relatif de la Cour venait du « conservateur modéré » Anthony Kennedy qui ne votait parfois avec les juges plus progressistes. Le remplacement de Scalia a donné lieu à une obstruction inédite jusque là  ded la part des Républicains qui contrôlent le Sénat. La confirmation obligatoire des nominations proposées par le président passe par une phase préliminaire d’audition devant la commission ad’hoc. Barack Obama a proposé,  Merrick Garland, choisi comme on pouvait s’y attendre de la part de ce président centriste et peu enclin aux affrontements parmi les plus consensuels possibles. Le Sénat n’a jamais voulu l’auditionner. La règles est ainsi faite que son patron, le Républicain Mitch McConnell,, dicte l’agenda. Voilà qui  constitue sans doute un problème démocratique mais ceci est une autre histoire.

Après Gorsuch, Brett Kavanaugh.

Donald Trump a donc pu faire nommer au siège de Scalia le très conservateur Neil Gorsuch l’année dernière. Trois sénateurs Démocrates ont voté la confirmations. Trois sénateurs dit modérés (donc plutôt de droite) mais surtout dont les sièges sont remis en jeu cette année dans des états gagnés par Donald Trump en 2016 Quand  au début de l’été le juge Kennedy que l’on disait depuis longtemps désireux de se retirer a annoncé sa décision l’occasion de définitivement assoir une majorité de droite à la Cour est devenue une évidence. L’enjeu est de taille car avec 5 voix sur 9 il devient à peu près certain que l’arrêt qui fait force de loi pour autoriser l’avortement (Roe v. Wade) sera rapporté. Le mariage pour tous pourrait aussi être interdit à l’échelle fédérale. Les droits syndicaux et plus généralement les droits des salariés et employés passés à la moulinette juridique. Les restrictions au droit de vote et les cartes électorales partisanes font aussi partie du menu Républicain. Dans un contexte de démographie que les défavorise (même si cet effet est en général surestimé par les observateurs car les populations qui s’intègrent socialement le font aussi politiquement) les Républicains tiennent à marquer durablement leur empreinte sur une Cour Suprême dont les juges sont nommés à vie sans possibilité de destitution autre que pour faute majeure.

Donald Trump a choisi dans sa liste un juge qui a servi à la Maison-Blanche sous Georges W. Bush, Brett Kavanaugh. Celui-ci avait été employé par Kennedy et il est possible que sa désignation y doive quelque chose.

L’état des forces au Sénat avant la bataille.

L’attention se portait vu les enjeux sur les trois Démocrates qui on voté pour Gorsuch, Hedi Heitkamp, Joe Donelly et Joe Manchin mais aussi vu les enjeux autour de Roe v. Wade sur les deux sénatrices Républicaines connues pour être relativement attachées aux droits des femmes : Lisa Murkowski et Susans Collins. Les deux sortent du rang des Républicains  bon teint. Elles ont participé avec John McCain aux échecs de l’abrogation de l’Obamacare. Murkowski a réussi à se faire ré-éliire en Alaska contre le candidat désigné par son parti. Collins est élue dans un état notoirement Démocrate le Maine (même si celui-ci est dirigé par un des gouverneurs les plus à droite du parti Républicain, Paul LePage une sorte de Trump survitaminé).

Les manœuvres préparatoires se sont déroulées sans encombres. Murkowski et Collins ont rencontré Kavanaugh et tout le monde est sorti satisfait des rendez-vous  sans que les sénatrices aient pris d’engagement formel. Le camp Républicain jouait gagnant puisque le remplaçant de John McCain qui a eu la bonne idée de mourir à temps (sa maladie l’empêchait de venir participer aux séances du Sénat) a été nommé. En plus de la majorité assurée (51 sur 100) il semblait probable qu’au moins un des trois Démocrates vote pour la confirmation. Même si une des deux sénatrices en doute faisait défaillannce la voix prépondérante du vice-président Mike Pence y pourvoirait. Tout était donc pour lmieux dans le meilleur des mondes Républicains même s’ilse disait que Mitch McConnel avait déconseillé à trump de choisir Kavanaugh.

La bataille inattendue au Sénat, ambitions personnelles et soupçons sur le candidat.

Dés le début, et même avant a machine a commencé à se gripper. Le long passé de Kavanaugh dans le système judiciaire et gouvernemental a laissé des traces administratives. La raison d’être de la procédure de confirmation est de vérifier la qualification de l’impétrant. Le passé en question est devenu lourd puisque son dossier comprend des centaines de milliers de pages qui auraient pu être examinées. Le doute sur le résultat des élections de Novembre a accentué l’urgence du côté Républicain. La session de la Cour Suprême débute en Octobre. Ils voudraient avoir nommé leur cinquième jour avant. Et si possible avant les élections et de toutes façons avant l’intronisation du nouveau Congrès en Janvier. Ils ont donc fait la maximum pour ne pas avoir à produire et à examiner la totalité des documents. Il es est résulté un soupçon de volonté de dissimulation  mais aussi de mépris pour le processus démocratique. en fin de compte bien  moins de la moitié des documents ont été produits. Ils ont été fourni aux sénateurs Démocrates la veille des auditions pour un grand nombre. La Maison-Blanche a argué du privilège du président pour en interdire 100000 pages et une partie de ce que les sénateurs ont examiné a été déclaré confidentiel.

Assez vite des soupçons se sont exprimés dans la presse sur plusieurs points : la possibilité que Kavanaugh ait menti sous serment lors de ses auditions précédentes en 2006, qu’il ait renouvelé ses mensonges en 2018 et que l’augmentation brutale et récente  des ses revenus  soit sujette à caution.

Mais les auditions ont rapidement tourné au grand spectacle sous la pression de deux sénateurs Démocrates de la Commission Juridique qui tient les auditions. Dans cette commission les Républicains sont 11 contre 10 Démocrates. Aucune défection n’est donc possible lors des votes hors la commissioon a le pouvoir de na pas envoyer la nomination en séance plénière.

Deux des sénateurs Démocrates sont de probables candidats aux primaires Démocrates pour l’élection présidentielle de 2020 dont la campagne commencera à l’été prochain. Kamala Harris, brillante sénatrice de Californie, ancienne ministre de la Justice de son état a interrogé avec insistance Brett kavanaugh sur ses relations avec des personnes appartenant à une organisation externe à la Maison-Blanche  à qui il aurait pu communiquer des informations confidentielles. L’insistance de Harris à faire affirmé à kavanaugh qu’il n’avait rien fait de tel a laissé penser qu’elle avait dans sa manche une preuve d’un tel comportement. Pour l’instant elle n’a rien montré sinon sa pugnacité. Il faut dire sue la frange militante de gauche de l’électorat Démocrate avait mal vécu le début du processus et accusait vertement les sénateurs de ne pas être assez offensifs dans leur travail pour contrer la nomination, de celui qu’ils considèrent comme un grand danger.

Kamala Harris a passé le relais à son collègue Cory Booker, sénateur de la côte Est il est aussi probable candidat aux primaires. Il n’a pas hésité, surjouant même un peu son héroïsme, à prendre le risque qui formellement pourrait lui valoir exclusion su Sénat de publier quelques pages des documents classés confidentiels par la Commission. Cette publication n’a rien dévoilé d’infamant sinon que les sénateurs Républicains avaient sans doute voulu essentiellement gagner du temps.

A la fin de la semaine dernière la nomination semblait donc acquise, la phase des auditions terminée. Deux sénateurs Démocrates avaient fait leurs numéros à la télévision et on ne pouvait plus les accuser de mollesse. Le monde était dans l’ordre.

Enfin une petite rumeur courrait  propos de Dianne Feinstein, l’autre sénatrice, Démocrate, de Californie. .Cette vielle dame assez conservatrice par ailleurs pour avoir quelques soucis de ré-élection au sein de son propre parti, aurait été en possession d’une lettre impliquant Brett Kavanaugh. Une ancienne  histoire mettant en cause une femme.

Tactique ou embuscade ou les deux.

Dans un premier temps Feinstein a dit en effet détenir une lettre dont la signataire ne souhaitait  pas qu’elle soit divulguée. Il a fallu un papier de The Intercept pour que s’engage le processus suivant. Feinstein a fini par dire qu’elle livrait la lettre au FBI à toutes fins utiles. Le contenu n’a pas tardé à se répandre dans la presse. En bref une universitaire y affirme que trente-cinq ans plus tôt Brett Kavanaugh l’a agressée lors d’une soirée étudiante. Il avait 17 ans et elle 15. Si l’agression décrite a clairement un objetif sexuel elle insiste sur l‘agression physique. Elle a même cru qu’il pourrait la tuer.

A partir de là s’enclenche une inexorable machine. La crédibilité du témoin est évidemment mise en doute. Le moment choisi pour la divulgation est dénoncé par les Républicains comme une manœuvre anti-démocratique destiné à faire déraper le processus de nomination. Mais ils ne peuvent que s’incliner et envisager d’entendre le témoignage. Même si les proches de Donald Trump, silencieux les premières heures, se comportent de manière grossière il doit admettre que le processus de nomination peut prendre du retard. Même Les sénateurs Démocrates susceptibles de voter la nomination se rallient au report de la décision. Il semble bien que les Républicains doivent enregistrer la défaite.

Plus que le retard et le possible échec de la nomination de Kavanaugh les dégâts électoraux pourraient être considérables. S’il est improbable que cela  démobilise le cœur de la base trumpiste cela atteint l’image du chef infaillible et désigne les Républicains comme tricheurs et maladroits. « On ne gagne pas en perdant« .

Et The Intercept a remis ça. Les deux sénateurs leaders de la Commission, le Républicain Chuck Grassley et la Démocrate Dianne Feinstein, ont été approchés en Juillet par un juriste disant détenir d’autres informations sur les relations entre Brett Kavanaugh et un juge pour qui il a travaillé qui a démissionné lors d’un scandale de harcèlement sexuel.

On s’est beaucoup demandé ces jours derniers si les Démocrates avaient tendu un piège à Kavanaugh. Peut-être mais le piège avait peut-être bien été armé par lui-même et les Républicains avaient peut-être bien quelque chose à cacher.

Dernière minute : Kavanaugh et son accusatrice sont convoqués pour témoigner devant la commission du Sénat Lundi prochain. La nominatioon est donc reportée puisque le vote était programmé Jeudi.

En fait la nomination de Kavanaugh est devenue impossible. Quoi qu’il arrive le doute restera sur sa sincérité, plus que sur les faits. Ce doute-là ne peut être accepté d’un juge à la Cour Suprême.

Avec la présidence Trump le spectacle continue.

 

 

Mes liens et notes de travail de ces derniers jours sur le sujet.

13/09/2018
http://thehill.com/business-a-lobbying/406410-rand-paul-ramps-up-his-alliance-with-trump
http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/406432-ann-coulter-believes-kushner-wrote-anonymous-op-ed-bashing
https://thinkprogress.org/eric-trump-casually-uses-anti-semitic-dogwhistle-on-fox-friends-f1ee2a923d2e/ //Pour que la famille Trump en vienne à utiliser des ficelles antisémites faut-il que la situation soit sérieuse. Ou bien est-ce leur fond raciste qui ressort?
https://thinkprogress.org/swing-district-republicans-ditch-trumps-build-the-wall-rhetoric/ //La promesse électorale centrale devenue embarassante.
https://www.truthdig.com/articles/trump-is-not-the-problem/
https://www.alternet.org/barbara-res-trump-aides-cowardly-people
http://thehill.com/homenews/media/406447-woodward-book-breaks-93-year-publishing-record //Pas un bon signe pour DJT.
https://www.mediamatters.org/video/2018/09/11/rush-limbaugh-hurricane-florence-forecast-and-destruction-potential-doom-and-gloom-all-heighten/221278 //Croyez-vous que ce soit possible?
https://talkingpointsmemo.com/edblog/the-fix-is-in //Sans aucun doute important. S’ils ont jugé utile de le faire, quelles sont les raisons? DJT a-t-il à craindre de ce que sait Manafort?
https://www.npr.org/2018/09/13/647367937/student-borrowers-and-advocates-win-court-case-against-devos //A suivre…
http://thehill.com/homenews/senate/406527-senate-democrats-sending-secret-letter-about-kavanaugh-to-fbi-report //Manoeuver désespérée ou bien intimidation du camp adverse pour abandonner Kavanuagh?
http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/406506-rick-scott-breaks-with-trump-and-defends-puerto-rico-death
https://www.motherjones.com/politics/2018/09/the-many-mysteries-of-brett-kavanaughs-finances/
14/09/2018
https://fivethirtyeight.com/features/trumps-approval-rating-is-down-muellers-is-up-is-there-a-connection/ //La crédilité de Mueller peut étonner. Elle témoigne sans doute du travail de l’opinion.
https://fivethirtyeight.com/features/7-rules-for-reading-trumps-approval-rating/ //La stabilité de la côte de DJT auprès de ses soutiens est en partie en trompe-l’oeil.
https://fivethirtyeight.com/features/the-white-house-unified-on-old-issues-and-then-started-new-fights/
https://newrepublic.com/article/151237/robert-mueller-winning
https://www.alternet.org/news-amp-politics/why-paul-manaforts-plea-deal-could-pose-serious-threat-mike-pence //Manafort a présenté Pence à Donald Trump.
15/09/2018
https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/09/paul-manafort-cooperating-mueller/570364/
https://talkingpointsmemo.com/edblog/paulie-runs-one-last-disinformation-op-against-trump
https://www.npr.org/2018/09/15/648014347/the-russia-investigations-what-will-paul-manafort-tell-the-feds //La question que tous se posent.
16/09/2018
http://thehill.com/homenews/senate/406925-kavanaugh-accuser-breaks-silence-about-sexual-misconduct-allegations-detailed
http://thehill.com/policy/international/406932-palestinian-liberation-organization-accuses-trump-administration-of
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/9/15/17864338/trump-jim-mattis-defense-pentagon
17/09/2018
https://fivethirtyeight.com/features/what-happens-to-brett-kavanaughs-nomination-now/ // »All is in the timing ». Soit les R. abandonnent B.K. immédiatement soit ils font le focing et passent en force au risque de perdre des plumes aux élection voire confirmer un juge vu comme indigne par la population et contraint à la démission un peu plus tard. Tous les détails et toutes les affaires ne sot pas forcément sortis. Excellent article résumant le sujet.
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/09/heres-what-needs-to-happen-in-the-brett-kavanaugh-case/ //Plus que l’agression passée le mensonge actuel, et même sous serment et sur plusieurs points, disqualifie B.K . pour le poste à la Cour Suprême.
https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2018/09/kavanaugh/570409/ //Les paroles de DJT (« Je suis attiré par les belles femmes… ») sonnent comme une excuse rendant le soupçon encore plus insupportable. Et tous les anti-Trump de se jeter sur le pauvre Kavanaugh pour cacher leur inaction précédente.
https://www.npr.org/2018/09/16/648535858/democrats-calls-to-delay-kavanaugh-vote-after-his-accuser-goes-public //Et pendant ce temps-là DJT ne dit rien. Le calme avant la tempête (twitter storm)? Il se répend en louanges de son action économique et en soutien à ses candidats.
https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2018/09/kavanaugh/570406/ //A l’insi de la volonté des participants (DJT, le GOP, les sénateurs Démocrates) la procédure de confirmation de B.K. fait apparaître au grand jour les débats de fond qui traversent le société et les contradictions du monde politique tels qu’ils entrent en collision (collusion?).
https://thehill.com/homenews/senate/406980-key-centrist-democrat-calls-for-postponing-kavanaugh-vote //Le vent tournerait-il? Donelly supposé jusque là être une voix acquise à la confirmation a maintenant les atouts pour se tirer honorablement de l’affaire. Ne pas voter contre et se mettre à dos ses électeurs conservateurs. Ne pas voter pour et se mettre à dos les progressistes. Se pourrait-il que les sénateurs D. aient bien joué (pour une fois)?
https://thehill.com/homenews/administration/406993-alumnae-of-kavanaugh-accusers-high-school-send-letter-defending-her //La mèche continue de bruler.
https://thehill.com/blogs/floor-action/senate/406953-murkowski-committee-might-need-to-consider-delaying-kavanaugh-vote //Même de leur côté.
https://thehill.com/blogs/floor-action/senate/407026-collins-wants-kavanaugh-accuser-to-testify //Et ça continue.
https://thehill.com/homenews/administration/407017-conservative-group-launches-15m-campaign-to-defend-kavanaugh //Et ils sont passés de l’offensive à la défensive en 49 heures.
https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/09/key-senate-republicans-express-support-for-mueller-probe/570451/ //Le vent tournerait-il?
https://www.motherjones.com/politics/2018/09/donald-trump-jr-mocked-kavanaughs-accuser-its-not-the-first-time-he-thought-sexual-assault-was-funny/ //Tel père …..
https://talkingpointsmemo.com/news/when-trump-jr-mocked-kavanaugh-allegation-a-hud-official-cheered //Et la Cour suit.
https://www.motherjones.com/politics/2018/09/brett-kavanaugh-mark-judge-high-school-drunk-allegation-alcohol/ //Quand ça va mal…
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/09/religion-and-racism-still-go-hand-in-hand-in-the-gop/
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/9/17/17869978/kavanaugh-trump-sexual-assault //L’occasion pur le GOP de redevenir un parti normal?
https://talkingpointsmemo.com/news/trump-kavanaugh-is-one-of-the-finest-people-ive-ever-known //IL fait le gros dos car il ne peut faire autre chose. Ce faisant il donne le ton à ses troupes. La tension du calendrier implique que la nomination ne sera pas faite avant le début de la session de la Cour Suprême, voire avant l’élection.
https://talkingpointsmemo.com/edblog/did-the-democrats-really-ambush-kavanaugh //La question, sans grand intérêt, que tout le monde se pose. Mais le processus peut avoir une signification interne au parti Démocrate sinon une réelle importance. SI le fond l’emporte sur la forme peu importe le détail des événements. L’obstination des R. à ne pas auditionner Merrick Garland était bien pire.
https://talkingpointsmemo.com/edblog/you-never-win-by-losing
https://talkingpointsmemo.com/prime-beta/will-christine-blasey-ford-be-treated-differently-than-anita-hill //N’oublions un précédent. Si les choses se répètent…
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/9/17/17870408/brett-kavanaugh-sexual-assault-allegation-conservatives-abortion //Et la droite avoue qu’il s’agit bien de Roe V. Wade contrairement à ce que de bonnes âme, Colins and co. voudraient nous faire accroire.
https://www.vox.com/2018/9/17/17869542/brett-kavanaugh-sexual-assault-misconduct-allegation //Une distinction intéressante et qui coupe un peu d’herbe sous les pieds des conservateurs : Ford accuse B.K. d’une agression violente pas d’une agression sexuelle.
https://www.thenation.com/article/is-donald-trumps-downfall-hidden-in-his-tax-returns/ //un point complet sur les trumpiennes affaires d’argent.
http://prospect.org/article/all-our-fears-about-trump-are-coming-true
https://newrepublic.com/minutes/151274/orrin-hatch-offers-confusing-defense-brett-kavanaugh //Panique, panique à bord du navire GOP.
https://thinkprogress.org/white-house-dismisses-christine-blasey-ford-as-a-liar-brett-kavanaugh-6a3557d1848e/ //Calomniez, calomniez il en restera toujours quelque chose.

A Cédric Villani

Cédric Villani.

Une péripétie anecdotique me lie à Maurice Audin. En 1967 quand je suis pour la première fois devenu membre d’un organisation d’extrême-gauche j’ai reçu le pseudonyme Audin. Le souvenir du martyr du combat indépendantiste me suit donc depuis cet automne-là. La décision officialisée hier ne pouvait me laisser indifférent.

Pourquoi ce sentiment de dégout qui ne me quitte pas?

Dégout de voir une décision juste servir de support à la mascarade d’une mise en scène de communication  politicienne dont la simplicité apparente n’était que suprême ostentation.

Dégout de voir cette salutaire mise au point noyée dans la « journée de gauche » d’un président en mal de reconnaissance.

Dégout de ne pas avoir entendu un mot d’hommage au courage et à la noblesse de l’engagement de Maurice Audin et de ses camarades du Parti Communiste Algérien.

Dégout de voir la famille instrumentalisée dans cette entreprise.

Dégout de voir votre propre instrumentalisation par la machine de propagande.

Vous m’étiez cher. Votre livre,  « Théorème vivant » , m’a touché. Il m’a conduit à ressortir les vinyles de Catherine Ribeiro de leur étagère. Il m’a fait découvrir Danielle Messia. Il faisait partie de la poignée d’ouvrages que je me réserve de suggérer à mes petits-enfants devenus grands.

Plus que comme un désaccord j’ai vécu votre décision de devenir député de droite comme une trahison personnelle qui m’a fait saigner le cœur.

Les dernières primaires de la saison

Cette semaine se déroule la dernière phase des élections primaires aux États-Unis d’Amérique avant le scrutin de mi-mandat du 6 Novembre. La scénariation sans doute involontaire répartit cette étape sur 3 jours de Mardi à Jeudi avec en apothéose les votes de l’état de New-York où l’incertitude montée en épingle de la candidature au poste de gouverneur cache des enjeux sérieux.

New-Hampshire.

Hier la première journée se déroulait au New-Hampshire, état-bascule dont le gouverneur Républicain Chris Sununu est une cible traditionnelle des Démocrates mais sa popularité personnelle le met à peu près hors d’atteinte. La gagnante de la primaire, Molly Kelly aura du mal à l’emporter. L’attention était attirée par la première circonscription de la Chambre des Représentants où se présentait le fils de Bernie Sanders qui n’avait pas le soutien officiel de son père. La famille Sanders a justifié ce fait par le refus de la politique dynastique. Les chances de Levi Sanders étant très faibles il est probable que Bernie a aussi joué tactique et souhaité ne pas être associé à un échec annoncé dans une primaire Démocrate à 11 candidats.L’élu Chris Pappas devrait succéder à la Démocrate Carol Shea-Porter en Novembre.

Rhode Island.

Aujourd’hui on passe au minuscule état de Rhode Island dont la gouverneure Démocrate Gina Raimondi à l’inverse de son collègue du New-Hampshire est très impopulaire. Quel que soit le résultat de la primaire Républicaine Raimondi aura du mal à conserver son poste et doit pour cela d’abord survivre à la primaire de son parti.Dans ce petit état urbain les surprises sont possibles.

Le bouquet final New-York.

Enfin Jeudi le gros morceau, bouquet final digne de la campagne de ces primaires de 2018 aux enjeux majeurs. La campagne pour la désignation du candidat Démocrate au fauteuil de gouverneur occulte les autres. Le sortant Andrew Cuomo, frère d’un présentateur vedette de CNN et « centriste » invétéré est concurrencé par la candidature médiature de Cynthia Nixon, militante des droits civils mais surtout ex-vedette de « Sex in the City ». Le bruit médiatique autour de cette bataille a été renforcé par la victoire inattendue de la « Socialsite démocratique » Alexandria Ocasio-Cortez contre un cacique Démocrate pressenti comme futur leader des Démocrates à la Chambre en cas défaite des Républicains en Novembre. L’éclairage porté sur la lutte pour la candidature au poste de gouveneur(e) occulte d’autres enjeux plus réels dans la mesure où l’avance de Cuomo dans les sondages semble le mettre hors d’atteinte. Sous la pression de la candidature de Nixon et du succès populaire de la campagne d’Ocasio-Cortez devenue instantanément une vedette de la gauche Cuomo a nettement gauchi son programme.

Les particularités du système électoral pourraient d’ailleurs permettre à Nixon de se présenter même si elle perd la primaire Démocrate car elle a le soutien du « Working Families Party » fortement implanté dans l’état. Si la primaire montre une mobilisation importante et qu’elle perd de peu la question se posera si le danger de victoire Républicaine induit par une triangulaire semble écarté.

La candidature de Zephyr Teachout à la primaire pour le poste de ministre de la Justice (AG) de l’état semble en fait tout aussi importante. Juriste accompli et combattive elle serait une arme anti-Trump de poids vu l’importance de la juridiction new-yorkaise dans le système judiciaire du pays. La dernière séquence télévisée de la campagne de Zephyr Teachout a été très remarquée.

Et finalement cette primaire pourrait commencer à apporter une clarification plus importante que les évolutions formelles du programme de Cuomo. Le Sénat de l’état comprend un groupe de pseudo-Démocrates, le « Independant Democratic Caucus« ,  qui votent souvent avec les Républicains et sont utilisés par Cuomo pour ses louvoyages politiques. Une séries de circonscriptions sénatoriales (11,13,17,20,23,31,34,53) constituent donc des enjeux majeurs pour la politique future du second état de l’Union.

A suivre.

Les accidents de la légende

Mediapart peut titrer que l’équipe de France entre dans la légende. Cela n’empêchera pas la légende d’être un peur ternie par les deux buts purement accidentels marqués en début de rencontre qui ont lourdement pesé sur le résultat. Si le spectacle -ne me bassinez pas avec le sport qui n’existe pas dans cette histoire- n’était pas désagréable -oui j’ai regardé- nous le devons principalement à des croates jamais abattus par l’adversité. Les deux derniers buts français, en fait celui de Pogba, ne sont pas désagréables mais la ténacité croate imprègne la rencontre. Soyons charitables avec Lloris dont la boulette plonge dans le ridicule.

Les connards hurleurs ont commencé leur rodéo autour de chez moi qui trouvent leur plaisir à griller du pétrole klaxon bloqué. Cela ne durera pas plus longtemps que la gueule de bois qui les attend demain.

Sans doute suis-je devenu un vieux con que le beau souvenir de 1998 ne trouve aucun écho dans la réjouissance commerciale programmée par le FIFA, TF1 et Macron réunis. Nous venons d’assister immobiles à la dernière illustration de la politique devenue spectacle.

Quelle tristesse!

 

Donald, l’OTAN et nous

Le spectacle de Bruxelles.

Après le G7 et la comédie de la rencontre de Singapour avec Kim Jong-Un Donald Trump a donné la dernière représentation de son cirque international à Bruxelles lors de la réunion de l’OTAN. Encore une fois il a remporté un relatif succès. Les alliés ont jugé plus utile de faire semblant de céder afin de pourvoir afficher la satisfaction formelle d’un sommet réussi et Donald Trump pourra faire valoir une victoire auprès de son électorat. Plus significatif encore les questions, parfois pertinentes, que pose son attitude vis-à-vis des alliances de long terme de son pays n’ont pas été discutées. Il ne restera que la mise en cause d’un édifice global qui ne correspond peut-être plus aux conditions du monde d’aujourd’hui. Cette inadéquation devrait constituer le centre des débat politiques mais se trouve complètement éclipsée par l’agitation médiatique d’un trublion qui pense sincèrement négocier des évolutions avec ses manières de brute mais en fin de compte ne fait que semer le doute et la dévastation sans rien construire.

Les dépenses militaires dans le monde et l’OTAN.
Donald Trump a posé à ses alliés de l’OTAN l’ultimatum de l’augmentation immédiates de leurs dépenses militaires en terme de pourcentage de leur PIB. L’ensemble mérite d’être examiné mais non sans remarquer une confusion usuelle dans le discours du président. Il indique que les membres de l’OTAN ont payé des millions de dollars en plus depuis son élection. Outre que cela est factuellement faux il expose sa confusion entre les dépenses de défense dont il a demandé l’augmentation et les paiements à l’OTAN, sous-entendu aux États-Unis d’Amérique. Les affirmations sur les dépenses militaires oint été tellement discutables que même la NPR, National Public Radio partiellement financée par l’état fédéral et donc soumise à un minimum de réserve, les a publiquement vérifiées.

Il existe plusieurs sources intéressantes de données sur les dépenses militaires dans le monde. La première est tout simplement l’OTAN qui en publie régulièrement un état, ici  en date du 10 Juillet. Le site de l’OTAN se révèle d’ailleurs une source très intéressante d’informations.
Le Stockholm International Peace Research Institute présente des données qui ne sont pas centrées sur l’OTAN.
Les principaux enseignements sont les suivants. Les dépenses militaires dans le monde évoluent sans surprise avec la conjoncture politique. Elles augmentent après l’année 2000 (effet 11 Septembre) jusqu’en 2010 pour rester relativement stables ensuite. On peut compter ces dépenses comme Donald Trump en pourcentage de PIB mais cela est-il pertinent?

 © SIPRI© SIPRI

 

D’après le SIPRI la répartition mondiale en 2017 des dépenses militaires est la suivante .

  • Afrique 42 Milliards $ 2,5% du total en légère diminution.
  • Amériques 695 Milliards $ 40 % stable mais Donald Trump l’augmente de près de 10% en 2017.
  • Asie-Océanie 477 Milliards $ 27 % +3,6 % dont 228 Mds $ pour la Chine augmentations en Asie du Sud-Est.
  • Europe 342 Milliards $ 20 % -2,2%

Exprimées en part du PIB les dépenses militaires représentent 3,57% du PIB des États-Unis d’Amérique (E.U.A.) pour plus de 600 milliards de dollars, 2,12% de celui du Royaume-Uni, 1,71% de celui de la France. L’évolution est différenciée entre les pays européens et le Canada d’une part les E.U.A. d’autre part.

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Les pays européens restent largement sous les 2% du PIB comme le montrent les données de l’OTAN.

GDPPerCent © OTANGDPPerCent © OTAN

La dépense militaire par habitant telle que publiée par l’OTAN donne une autre vision.
Moyenne OTAN 982 $
E.U.A. 1896 $ Ce nombre n’est jamais évoqué par D. Trump qui préfère faire état du pourcentage de PIB.
Canada 664 $
Europe 481 $ Il s’agit de la partie OTAN de l’Europe
France 764 $ Contribution supérieure à celle du Canada.
Norvège 1413 $ La Norvège, dans l’OTAN mais pas dans  l’UE, est une anomalie historique.

 © Dominique Courtois© Dominique Courtois

Les données, même celles publiées par l’OTAN, montrent qu’il est difficile d’évaluer et comparer des dépenses qui s’exercent sur des missions et des aires variés en fonction de la situation géographique et des choix politiques. On distingue donc en général au moins trois périmètres pour présenter les comptes : L’OTAN global, la zone nord-américaine et la zone européenne. Cette distinction ne fournit cependant pas de grandes informations du fait de la domination nord-américaine qui apporte la grande majorité du financement militaire. Elle permet cependant de différencier les évolutions de la zone européenne globalement en baisse continue quand on exprime la dépense en pourcentage de PIB.

Faut-il accorder une signification particulière au rapport entre le montant des dépenses militaires et le PIB?
Si ce repère peut-être familier aux universitaires ou aux économistes il ne correspond pas au raisonnement des militaires qui raisonnent en coût des équipements et des troupes dont ils ont besoin. Les vitesses de variation des deux grandeurs, dépenses militaires et PIB ne sont pas les mêmes. Si le PIB intègre rapidement l’effet des variations de conjoncture le budget militaire présente une inertie considérable. D’autant plus grande que les investissements en technologie lourde sont importants du fait de l’addition de pesanteurs législatives, administratives et techniques. Il faut voter les budgets, les mettre en œuvre et réaliser les programmes industriels.
La Grèce fournit une sorte de contre-exemple significatif. Le rapport de ses dépenses militaires à son PIB a brutalement cru ces dernières années et est passé au-dessus de 3%. La Grèce aurait-elle donc donc massivement investi dans la guerre? Non, par la grâce conjuguée des autorités européennes et financières son PIB a fondu au soleil de Berlin faisant automatiquement grimper le rapport.

Donald Trump assimile les dépenses militaires globales des pays membres à leur engagement dans l’effort de l’OTAN. Les deux sont formellement différents mais son attitude est logique. Il est ainsi plus facile sur Twitter de mettre en évidence l’injustice dont serait victime le pays. Le budget partagé de l’OTAN proprement dit ne se compare pas avec celui des états dominant de la coalition. Il se monte à seulement 3 milliards dollars environ dont 22 % sont payés par les E.U.A. Les dépenses des interventions militaires faites dans le cadre de missions de l’OTAN restent dans le budget des pays intervenant.

Quelle que soit le mode de calcul les E.U.A sont les plus gros contributeurs aux dépenses militaires de l’alliance. Mais ne faut-il pas prendre en compte les retours de cet investissement, retours matériels directs en achat de matériel militaire ou de technologie, matériel et service civils aux firmes américaines et retours politiques non-chiffrables économiquement en domination mondiale?

Que veut, que fait Donald Trump?

Les réponses à la questions de ce que veut réellement Donald Trump ne manquent pas de l’affaiblissement de l’OTAN à celui de l’Union Européenne en passant par la simple affirmation de son pouvoir et de sa grandeur. Souvenons-nous que les affaires militaires occupent une place particulière chez Donald Trump. Cet homme pour qui la force est le seul réel moyen de résoudre les problèmes a toujours manifesté respect sinon fascination pour la force armée. Cette suprématie de la force pourrait même jouer un rôle plus important que le simple nationalisme dans l’imaginaire trumpien. Il a d’ailleurs étudié dans une académie militaire privée.  Cette fascination s’incarne dans la grande parade militaire que lui a inspirée notre 14 Juillet (Merci Macron)  et que les militaires et les parlementaires Républicains sont en train de lui accorder.
Le discours sur l’OTAN, après le psychodrame du G7 s’inscrit dans la longue récitation de ses griefs contre les profiteurs qui vivent aux dépens des E.U.A. Donald Trump peut encore blâmer ses prédécesseurs pour avoir toléré ou provoqué cette situation mais cette posture ne saurait survivre bien longtemps et certainement pas à une majeure défaite électorale (ou judiciaire).
Sans entrer dans le débat psychologisant sur ce qui se passe sous la chevelure orange on doit reconnaître la persévérance du chemin suivi. Plutôt que de se lancer dans des suppositions hasardeuses sur les motivations de l’individu on peut à coup sûr retenir les motivations électorales renforcées par les derniers développements de l’enquête de Robert Mueller. La conjoncture met le président sous pression. Il doit s’adresser à sa base et au-delà à toute la base Républicaine pour la mobiliser à voter en Novembre. Peu importe l’extravagance des propos aux yeux de l’opinion internationale, l’inadéquation des propositions économiques ou stratégiques. Le personnage compte avant tout, statufié dans sa singularité. Il sera toujours temps après avoir gagné les élections de se rabibocher avec l’appareil du Parti Républicain qui est actuellement polarisé sur la victoire de mi-mandat et le remplissage des tribunaux jusqu’à la Cour Suprême par des juges conservateurs.

L’égocentrisme de Donald Trump l’empêche de concevoir l’illogisme de ses demandes. Si les alliés voulaient ou pouvaient augmenter leur part de financement de l’alliance ils seraient en position d’en remettre en question le leadership et les choix politiques. Les États-Unis d’Amérique ne pourraient plus alors cacher que la demande de payer pour la protection du plus gros n’est pas autre chose que du racket.

Quant à savoir ce que veut Trump…

Si la question présente le moindre intérêt on peut chercher des éléments de réponses dans ses conférences de presse et entretiens avec les journaux à Bruxelles et à Londres. Un président qui affirme sans rire aux journalistes être « un très stable génie » ou nie avoir tenu des propos enregistrés par ses interlocuteurs est-il à la recherche d’autre chose que son immédiate propre gloriole?
La déstabilisation de tout le système politique du pays ne peut pas cesser tant que Donald Trump est en poste et soutenu par la majorité parlementaire. Les alliés européens, canadiens ou autres peuvent tout juste s’abriter pour éviter le plus gros des retombées sans pouvoir faire plus.

Que faire de l’OTAN?

Sans doute involontairement Donald Trump a remis sur la table la question de l’OTAN. Sans le moindre doute l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord passait aux yeux de ma jeunesse militante comme le bras armé de « l’impérialisme américain » en Europe et concrétisait sous une forme particulièrement redoutable car militaire l’ennemi à abattre. Dans le consensus plus ou moins mou (désolé du pléonasme) qui a suivi l’écroulement de l’URSS l’OTAN est rentré dans la grisaille du décor, dans les meubles familiers. La diabolisation manichéenne de la Russie a fait le reste. Personne ne se pose plus la question. Et voilà que la question de la légitimité retraverse ironiquement l’Atlantique pour nous revenir en pleine face. Cet article de The Nation présente de manière concise le changement de rôle de l’organisation logistique depuis le confinement de l’empire soviétique à celui d’outil d’entretien de la tension à l’est de l’Europe.

Créé après la Seconde Guerre mondiale pour coordonner l’action militaire des E.U.A., du Royaume-Uni de la France et l’Allemagne en face de la puissance soviétique qui avait étendu son emprise sur tout l’Est de l’Europe l’OTAN a été présenté à l’opinion comme une organisation défensive dans son principe. La situation change radicalement en 1991 avec l’écroulement de l’URSS. L’accord Est-Ouest initial qui a permis une réunification allemande sans heurts impliquait un gel de l’action de l’OTAN cantonné à son périmètre original. Il n’a fallu que quelques années pour que Bill Clinton prenant avantage de l’évolution du rapport de force passe outre et lance l’expansion orientale de l’organisation avant que cette extension de l’alliance militaire dépasse le continent européen.
L’ Euro-Atlantic Partnership Council  créé en 1997 a même vu la participation de la Russie au sein d’un organisme initié par l’OTAN. Plus récemment le Mediterranean Dialogue est créé après le Guerre du Golfe pour assurer des relations entre des pays de la région, y compris Israël et l’OTAN. L’ Istanbul Cooperation Initiative  vise à assurer le lien entre l’OTAN et quatre pays du Golfe Persique. Enfin les Partners Across the Globe après le sommet de Lisbonne de l’OTAN fournit le cadre d’alliances hors de toute limite géographique. Le dernier adhérent vient d’Amérique Latine : la Colombie.

L’OTAN a donc servi de base à la création d’une nébuleuse d’organisations de coopération militaire dominée et dirigée par le pays le plus armé et le plus riche du monde. En remettant en cause les mécanismes de financement Donald Trump, polarisé par ses problèmes intérieurs et aveuglé par sa vision économique de boutiquier qui veut rentrer dans ses sous pourrait bien avoir ouvert une nouvelle boite de Pandore.
Ou nous avoir simplement montré que nous ne pouvons rien et que ce n’est pas le roi qui est nu mais bien nous qui sommes impuissants devant la force brute des armes.

 

Mes liens de travail sur le sujet :

11/07/2018

https://talkingpointsmemo.com/edblog/trump-proposes-turning-europe-into-armed-camp

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_03/20180315_180315-pr2018-16-en.pdf //Le communiqué de presse de l’OTAN sur les dépenses.

https://truthout.org/articles/intentional-chaos-trump-and-the-global-nato-alliance/

https://comptroller.defense.gov/Portals/45/Documents/defbudget/fy2019/fy2019_EDI_JBook.pdf

https://www.alternet.org/news-amp-politics/never-history-fox-news-shep-smith-assails-trump-unprecedented-attacks-nato-allies

https://www.alternet.org/news-amp-politics/all-his-bluster-trump-powerless-against-nato-allies-heres-why

12/07/2018

https://www.npr.org/2018/07/11/628137185/fact-check-trumps-claims-on-nato-spending

http://thehill.com/policy/national-security/396597-mueller-asks-court-for-100-more-blank-subpoenas-ahead-of-manafort

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/07/when-the-tv-cameras-are-off-does-donald-trump-still-exist/ //Evidemment

https://www.thenation.com/article/time-disrupt-nato/

https://newrepublic.com/article/149819/fair-trump-bash-nato-military-spending

https://www.salon.com/2018/07/11/trump-versus-nato-not-so-fast_partner/

https://t.umblr.com/redirect?z=https%3A%2F%2Fwww.washingtonpost.com%2Fgraphics%2Fpolitics%2Ftrump-claims-database%2F&t=YWQ5YmVhM2VlMDMxN2IwOWNlMjFlOTA4Mzk5MDAxNDllYzM1MTE2MyxCVVo1QUx6eg%3D%3D&b=t%3AhQ9Ds4P3Iv6D7mgEr8WMqg&p=http%3A%2F%2Frobertreich.org%2Fpost%2F175757408255&m=1

https://www.sipri.org/sites/default/files/2018-05/sipri_fs_1805_milex_2017.pdf //Stockholm International Peace Research Institute.
13/07/2018

https://www.nato.int/nato_static_fl2014/assets/pdf/pdf_2018_07/20180709_180710-pr2018-91-en.pdf

https://www.mediapart.fr/journal/international/120718/au-sommet-de-l-otan-trump-poursuit-son-travail-de-sape-contre-l-europe

https://www.salon.com/2018/07/11/a-rare-case-trump-is-right_partner/

https://www.salon.com/2018/07/12/donald-trumps-global-chaos-tour-as-he-runs-wild-in-brussels-gop-senators-start-to-back-away/

https://www.vox.com/2018/7/13/17568854/mueller-russia-indictment-trump-putin

http://prospect.org/article/trump-executing-major-geopolitical-realignment-does-anybody-care

https://newrepublic.com/minutes/149888/new-indictments-complicate-trump-russia-relationship //Rosenstein joue de + en + visiblement avec Mueller (contre Trump?)
https://talkingpointsmemo.com/muckraker/congressional-candidate-received-stolen-documents-russia-2016 //Le massacre du Samedi soir commence

 

 

Kavanaugh désigné, et après ?

L’annonce du remplacement du juge Anthony Kennedy à la Cour Suprême par Donald Trump a été soigneusement médiatiquement organisée. Quelques heures avant  la Maison-Blanche a invité via Tweeter à assister à l’annonce solennelle trois sénateurs Démocrates  en campagne pour leur ré-élection dans des états Républicains. Si quelqu’un doutait que la date de la démission de Kennedy s’insérait dans le calendrier électoral…

Le président a donc annoncé son choix : Brett Kavanaugh.

Sans doute le moins polémique au sein du Grand Old Party Kavanaugh ne représente pas l’électeur trumpien typique du Midwest post-industriel. Il est né et a grandi dans les quartiers chics de la capitale fédérale avant de faire des études à la Yale Law School. Il sera le sixième catholique sur les neufs juges de la Cour. Une des étoiles montantes du Parti républicain il présente un profil plus politique que juridique. Lors de la confirmation de sa nomination précédente un sénateur Démocrate l’a surnommé « Le Forrest Gump de la politique Républicaine ».  Sa carrière de juriste est entièrement liée à la politique. Assistant de Kenneth Starr, le procureur qui a enquêté sur les affaires immobilières et autres des  Clinton il a même rédigé une partie du rapport. Membre actif de la « Federalist Society » qui a préparé les listes de juges à nommer pour Donald Trump il s’est distingué récemment en refusant le droit d’avorter à une immigrante mineure. Trump a donc fait le choix d’un profil politique relativement consensuel dans son parti. D’autres choix plus spectaculaire, comme celui d’Amy Barrett, étaient possibles mais plus polémiques. Le principal sujet de polémique soulevé par la démission de Kennedy tourne autour de l’abrogation de la décision Roe V. Wade de 1973 qui avait autorisé l’avortement au plan fédéral. Sur ce sujet Kavanaugh s’est montré moins virulent que d’autres membres de la liste des pressentis.

Si le basculement définitif de la Cour Suprême à droite était un enjeu en soi la conjoncture électorale a joué un rôle important. Les Démocrates sont maintenant devant un choix sans bonne solution. Leur base les pousse à s’opposer de toutes leurs forces à la confirmation de Kavanauh lors des audiences au Sénat. La Cour est en congé. Rien n’obligeait Kennedy à annoncer si vite sa démission ni Donald Trump a choisir rapidement un successeur ni Mitch Connell à programmer ainsi le vote de confirmation avant les élections.

Les Républicains disposent au Sénat d’une majorité de 51 contre 49 mais John MacCain, en traitement pour son cancer du cerveau, n’a pas remis les pieds à Washington depuis le début de l’année. La voix prépondérante du vice-président leur permet de palier cette absence mais ils ne peuvent se permettre une défection. La bataille pour s’opposer à la confrontation est cependant perdue d’avance pour les Démocrates. Le problème pourrait bien venir de leurs propres rangs. Les trois sénateurs Démocrates Joe Donnelly, Joe Manchin et Heidi Heitkamp ont déjà voté pour confirmer Neil Gorsuch, le précédent juge proposé par Donald Trump l’année dernière alors qu’ils n’étaient pas sous pression électorale. Les espoirs de refus de la confirmation reposent donc paradoxalement sur deux sénatrices Républicaines : Susan Collins et Lisa Murkowski. Les deux seules sénatrices de leur parti à soutenir plus ou moins les droits des femmes à choisir leurs grossesses. Collins s’est montré dans le passé la plus résolue à ce sujet mais a déjà indiqué ces derniers jours qu’elles se conformerait sans doute à la discipline de son parti. Les convictions de Murkowski semblent moins fermes et son état de l’Alaska a déjà reçu des avantages fiscaux divers lors de débats antérieurs.

Mais le piège politique va encore plus loin. La perspective de regagner la majorité à la Chambre des Représentants motive les Démocrates poussés par une base très mobilisée, comme l’est celle des Républicains. S’engager dans une bataille de procédure, qui plus est perdue d’avance, au Sénat présente un gros risque de paraitre éloigné des problèmes réels des électeurs. L’état-major Démocrate se trouve donc devant ce dilemme : soit déserter sans combattre la bataille de la Cour Suprême, soit apparaitre comme une bande d’apparatchiks politiciens loin du peuple. Bien joué Trump.

 

Avec Harlan Ellison encore un peu de ma jeunesse fout le camp

Harlan Ellison.

Un nom que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et pour les autres être auteur de science-fiction pourrait bien ne pas être très gratifiant. Pourtant l’exigence de qualité d’écriture portée par la génération des écrivains enflammés par le tumulte des années soixante a bien transformé le paysage. Assez pour que j’écrive (dans le numéro de Décembre de la revue Fiction) après la Convention de S-F de Heidelberg en 1970 que la S-F devenue adulte et séculière entrait dans la famille de littérature générale.

Harlan Ellison représente typiquement cette génération d’auteurs qui ont voulu se débarrasser des vieux oripeaux de la quincaillerie spatiale des écrivains de la grande époque que l’on a à tort ou à raison classés comme les chantre d’un impérialisme américain triomphant. Le virage bien connu pris par son ami Robert Silverberg d’une carrière de mercenaire tâcheron prolifique vers celle d’écrivain à la production moins abondante témoigne du changement de la S-F de la période. Ce changement faisait écho aux mouvements et luttes du temps dont Ellison a pris sa part.

Au bout du compte il sera peut-être plus connu malgré tout pour ses travaux pour le cinéma ou la télévision  (Star Trek) et sutout son travail d’éditeur de l’anthologie  « Dangerous visions » qui a été reçue comme un claque à l’époque par le petit monde de la S-F. Sa contribution personnelle au premier volume, la nouvelle « Le Rôdeur dans la ville au bord du monde »  écrite pour faire suite à la brillante très courte histoire produite par Robert Bloch souffre un peu de la comparaison avec cette dernière. Elle montre cependant une facette du talent formel d’Ellison.

Il a principalement produit des nouvelles, genre qui ne prédispose pas à la grande célébrité, mais où il savait parfaitement doser les effets et jouer avec le temps. La maitrise narrative rend les traductions intéressantes mais pour ceux qui le peuvent lire les versions originales permet de profiter des qualités formelles de ses textes.

Pour lui rendre hommage le plus sûr est sans doute de lire le premier tome (et les autres, dont le dernier n’a jamais été publié) de « Dangerous visions ». Et ensuite d’errer au fil des opportunités et des occasions.

Kennedy out, la Cour Suprême totalement à droite pour quarante ans

Anthony Kennedy se retire.

On attendait depuis des semaines l’annonce du départ à la retraite du juge de la Cour Suprême Anthony Kennedy. Ce juriste renommé représentait une rareté dans le monde de Trump une sorte d’équilibre. Il a parfois voté avec ses collègues progressistes malgré son orientation en principe Républicaine. Il était donc le « swing Justice » de la Cour.

Aussi quand on a appris l’annonce de la mise en congé (recess) de la Cour Suprême on a pu croire que l’échéance du basculement fatal à droite de l’organe ultime qui régit la vie politique du pays était repoussée au moins à la fin de l’été.

Erreur! Comme scénarisée par un maitre du l’annonce du départ de Kennedy est tombée quelques heures plus tard, a déchainé la parution d’articles dans les médias et l’émission de mails par les organes de propagandes Démocrates.

L’équilibre politique de la Cour Suprême penchait déjà à droite depuis la nomination de Neil Gorsuch par Donald Trump après une année de blocage durant laquelle les Républicains majoritaires au Congrès ont refusé même d’auditionner et donc à plus forte raison de voter sur la nomination de Merrick Garland proposé par Barack Obama. Les statisticiens de FiveThityEight ont synthétisé dans cette illustration les positions calculées des juges en fonction de leurs décisions sur une échelle gauche-droite.

SCOTUS balance © FiveThirtyEightSCOTUS balance © FiveThirtyEight

 Un juriste reconnu et relativement indépendant.

Nommé à la Cour Suprême par Reagan en 1987 Anthony Kennedy aura donc passé 31 ans à la juridiction majeure du pays. Relativement indépendant sa connaissance du droit international constituait une rareté dans le paysage judiciaire. Il a même régulièrement enseigné en Europe, à Salzbourg. Cela faisait de lui un des rares juristes à éclairer le droit des États-Unis d’Amérique à la lumière des lois internationales.

Il a parfois voté avec le groupe des « libéraux » contre sa famille d’origine. Il a en particulier joué un rôle majeur dans l’arrêt « Roe vs Wade » qui rend l’avortement légal.Il a même rédigé une partie des attendus de la décision qui a contraint les états Républicains à se lancer des des batailles législatives pour restreindre les délais légaux d’avortement dans tous les endroits où ils en avaient la possibilité.

Une Cour Suprême devenu acteur politique majeur avec Antonin Scalia.

Nommé également à la Cour Suprême par Reagan Antonin Scalia a contribué à la politisation de la Cour Suprême. A l’opposé de Kennedy qui voit le droit dans une relation dynamique avec l’évolution de la société (et du monde extérieur) Scalia, mort subitement en 2016, représentait le courant « originaliste » qui prétend que la Constitution ne doit pas être interprétée mais lue comme ses rédacteurs d’il y a deux siècles l’ont voulue. Cette démarche, similaire soit dit en passant à celle des musulmans salafistes, n’a évidemment aucun sens et constru=itue déjà une interprétation puisqu’elle pense connaître la pensée des Pères Fondateurs. Elle porte cependant un courant majeur dans l’opinion, celui qui a fait élire Donald Trump, celui du « c’était mieux avant », celui qui n’arrive pas à faire le deuil d’un pays blanc, chrétien et dominateur.

Les enjeux.

Une bataille de procédure est déjà lancée par les Démocrates pour mettre en évidence qu’il serait incorrect pour le pouvoir de nommer un juge avant les élections de Novembre et la prise de fonction du nouveau Congrès en Janvier. Ils gagneraient ainsi quelques mois en espérant reprendre la majorité au Sénat qui leur permettrait de bloquer les nouvelles nominations. Cet espoir se révélera illusoire. Comme l’a affirmé Mitch McConnell, le leader Républicain du Sénat leur préoccupation première est de profiter des circonstances pour remplir les juridictions de juges réactionnaires. Il a ‘ailleurs annoncé une réduction des vacances d’été du Sénat pour mettre en œuvre ce programme (et empêcher les Démocrates de faire campagne dans leurs états). trump de son côté sans état d’âme a annoncé la couleur : nommer vite un « grand » juge.

La plus grave conséquence concerne les droits des femmes et l’avortement en particulier. Les observateurs convergent pour annoncer qu’il suffira de quelques mois pour que l’avortemetn soit interdit dans une vingtaines d’états et peut-être même au niveau fédéral dès que le nouveau juge sera nommé et que l’arrêt Roe » vs Wade » pourra être annulé. La seule chance d’emp^cher cela serait que les sénatrices Républicaines Lisa Murkowski et surtout Susan Collins favorables à la liberté de choix s’opposent à la nomination d’un juge susceptible de voter l’annulation. Mais il faudrait aussi que les Républicains qui ont actuellement une majorité de 51/49 (avec John MaCain absent pour maladie) ne gagnent pas de sièges en Novembre ce qui ets loin d’être acquis.

La Cour a aussi eu à juger des conflits de découpage électoral partisan, parfois avec motivation raciale. Les décisions récentes laissent planer une légère incertitude sur les décisons d’une COur à la majorité conservatrice renforcée. Au mieux elle aurait tendance à maintenir le statu quo  et donc les mesures mises en place majoritairement à l’avantage des Républicains.

Deux décisions récentes portent sur le droit syndical. L’affaiblissement d’une des forces du mouvement progressiste encore opérationnelle constitue un objectif majeur des Républicains et nul doute qu’une Cour à la majorité homogène n’aura aucune hésitation.

Les prochains juges normalement appelés à se retirer du fait de leur âge appartiennent au camp progressiste. La majorité semble donc être en train de basculer su côté obscur pour pluieus décennies.

Que faire?

Les Démocrate et le mouvement progressistes ne possèdent que peu de moyens d’action. Juridiquement et légalement rien ne peut empêcher la nomination de nouveau juge à partir de la date de démission annoncée de Kennedy. La seule possibilité réside dans le refus de confirmation par le Sénat où les Républicains ont la majorité. Même en l’absence de John McCain la voix prépondérante du vice-président suffira à trancher.

Les seuls moyens sont donc d’ordre politique. Il est possible que la possibilité d’annulation de « Roe vs Wade » suffise à faire basculer Susan Collins qui s’est déjà opposée à Trump sur l’abrogation de l’Obamacare. La position de Lisa Murkowski risque d’être plus douteuse.

De grandes manifestions pourraient aussi peser soir sur les nomination soit sur les confirmations mais le sujet de la Cour Supr^me n’est sans doute pas de nature à mobiliser les foules. Aucun des sujets de société en jeu, avortement, droit de vote, droit syndical ne semble constituer par lui-même un vecteur de mobilisation majeur. Un tel mouvement ne sera probablement pas initié par le Parti Démocrate à trois mois d’élections cruciales.

Par contre l’effet sur les élections de mi-mandat de Novembre peut être significatif. Certains, comme Kevin Drum, y voient même le signe de la victoire . On peut en douter car la mobilisation aux primaires est très fortes dans les deux camps. La démobilisation propre au parti présidentiel dans ce cas de figure ne se produit pas cette année. Donald Trump va utiliser cette possibilité de nomination pour encore plus amener sa base aux urnes. Rien n’est donc fait.

 

 

Mes liens de travail sur le sujet.

27/06/2018

https://www.npr.org/2018/05/24/614228261/mitch-mcconnell-on-filling-the-federal-bench-this-is-my-top-priority //Même s’il doivent y passer le mois d’Août.

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/25/17461318/anthony-kennedy-ideology-retirement-supreme-court

https://www.vox.com/2016/5/18/11685728/scotus-supreme-court-preview

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/6/26/17506054/anthony-kennedy-retirement-supreme-court //Louper les mi-mandats de 2014 a eu de lourdes conséquences.

https://newrepublic.com/minutes/149454/can-trumps-supreme-court-apocalypse-stopped

https://www.commondreams.org/news/2018/06/27/handing-trump-chance-move-supreme-court-even-further-right-justice-anthony-kennedy

https://www.alternet.org/news-amp-politics/heres-why-trump-doesnt-need-replace-justice-kennedy-all-supreme-court-could-be

https://fivethirtyeight.com/features/which-justices-were-bffs-this-scotus-term/

28/06/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/06/celebrating-anthony-kennedy/563966/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthony_Kennedy

Notre difficulté à comprendre l’habileté tactique de Donald Trump.

Les dernières semaines ont montré au monde entier la mise en œuvre de la politique de la politique migratoire de Donald Trump. Nous avons pu croire que les cris déchirant des enfants séparés de leurs parents et parqués dans des conditions douteuses allaient enfin mettre fin à cette sorte d’état de grâce larvé que connait le président. Les exagérations de certains medias qui ont ressorti des images d’enfants n’ayant rien à voir avec la situation à la frontière mexicaine ou la mise en scène trop habile de certaines images comme la couverture de Time se sont révélées très contre-productives. Quand on veut faire montre de moralité il convient d’être exemplaire et ne pas prêter le flanc à la critique.

Mais cela n’explique pas tout et surtout pas que la cote de popularité de Donald Trump ait enregistré une progression ces derniers jours. Ce sondage  n’est pas le fait d’une organisation particulièrement  trumpiste (comme le sont ceux de  Rasmussen). Les choses se sont passées comme si la politique de séparation des familles, d’inspiration clairement raciste, n’avait pas d’incidence sur la popularité du président. On peut se dire que sa base approuve et que les autres se sont déjà fait une opinion. Mais le décret censé interdire ces séparations a clairement eu un effet positif au-delà des soutiens habituels du président jusque dans les rangs des électeurs Démocrates. Assez curieusement les électeurs déclarés indépendants que l’on pourrait penser à la croisée des chemins entre les deux camps semblent moins sensibles à ce revirement de Donald Trump, plus réellement « indépendants ».

Voilà qui nous oblige à nous interroger sur notre compréhension de ces phénomènes.

Il est clair que l’opinion distingue l’appareil gouvernemental et l’homme Donald Trump, que les condamnations des actions du premier n’impactent pas nécessairement le second. Ou pas de la même manière. Ainsi Trump peut impunément demander une politique extrême à la frontière dont la culpabilité retombe sur son administration et retirer les honneurs de celui qui met fin au carnage par la signature mise en scène d’un décret dans le bureau ovale. Et plus encore il sait ou du moins perçoit que le système fonctionne ainsi.

A nous de réfléchir.

Trois à la file. La Cour Suprême au secours de Trump

Les trois décisions rendues ces derniers jours par la Cour Suprême des États-Unis d’Amérique sont de natures différentes et s’inscrivent dans des processus judiciaires bien différents.

La première vient en conclusion d’une longue bataille sur le découpage électoral du Texas. Elle affirme que les découpages contestés ne le sont pas sur une base raciale. La jurisprudence sur ce type de problème distingue entre les motivations raciales des découpages qui seraient destinés à biaiser les résultats à partir d’une inégalité de représentation des catégories ethniques. La questions est évidemment complexe et délicate, tellement que le Voting Right Act adopté après les luttes des droits civiques des années 1960 portaient en majorité sur cet aspect. La formulation laisse la porte ouverte à d’autres actions puisque la Cour a majoritairement statué que la démonstration n’était pas faite de l’intention de construire des découpages biaisés. Elle laisse ouverte la possibilité   d’autres actions amenant des preuves plus concluantes. La Cour s’est divisée entre les juges conservateurs et progressistes (5/4) selon le schéma qui devrait être dorénavant classique. Dans une autre récente affaire de découpage électoral concernant le Wisconsin la Cour a refusé de statuer ce qu’elle fait habituellement quand il s’agit de problème de découpage électoral sans caractère racial. La question va devenir de plus en plus aiguë au fil des prochains mois vu la tension électorale avec l’élection de 2002 en perspective, une démographie a priori au désavantage des Républicains et le redécoupage général des circonscriptions qui suivra le recensement de 2020.

 

La Cour a eu à juger ce jour du recours posé contre une loi de l’état de Californie qui imposait aux organisations de conseils auprès des femmes souhaitant avorter de présenter clairement leut position sur l’avortement. Les « centres de crise de grossesse » qui sont des officines anti-avortement refusaient cette obligation confirmée en première instance. Sans rendre un avis définitif la COur à juger que la loi est probablement non-constitutionnelle car elle ne respecte pas le droit de ces officines au Premier Amendement (droit à la Libre Parole). Autrement dit pour la Cour Suprême le droit à la libre expression inclut le droit au mensonge, même si par omission. Ce jugement pourrait être un pas vers l’interdiction globale de l’avortement au niveau fédéral qui ets la première raison pour laquelle la droite chrétienne à voté pour Donald Trump afin qu’il remplisse la Cour de juges conservateurs.

Le dernier jugement évidemment applaudi par la Maison-Blanche est la confirmation du bien fondé de l’interdiction d’entrée sur le territoire de citoyens de plusieurs pays majoritairement musulmans. Le Juge en chef Roberts a lui-même rédigé l’avis qui confirme la conformité de la décision au rôle défini pour le président. Il ne juge pas de la constitutionnalité de l’interdiction elle-même dont le caractère sélectif (Travel ban) avait fait l’objet des poursuites. .

Le rôle de la Cour Suprême dans la vie politique du pays ne peut que croître dans un contexte de division politique exacerbée.

Ces victoires sont bienvenues pour le camp Trump et vont contribuer à regonfler le moral de la base. Les résultats des primaires de ce Mardi 26 Juin seront d’autant plus intéressants.

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