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Un peu de tout

Tag: MUELLER

La semaine 18 de Seattle à Miami. La guerre est déclarée

Entre Mueller et Trump la guerre est déclarée.

Ceux qui se demandaient si l’enquête de Robert Mueller irait au-delà des élections de mi-mandat ont eu leur réponse cette semaine. Il est toujours aussi difficile de savoir vers quelle issue on s’oriente mais nous venons d’entrer dans une nouvelle phase qui pourrait bien être celle de la conclusion de l’enquête.

La publication par la Maison-Blanche des questions soumises par l’équipe Mueller en vue d’un interrogatoire de Donald Trump la semaine dernière a signé le déclenchement des hostilités. Alors que les deux équipes de juristes de Donald Trump, en tant que président et en tant que personne privée acceptaient l’idée de collaborer avec Robert Mueller et d’organiser l’entretien il n’en est plus question.

Le principal avocat qui soutenait l’hypothèse de collaboration Ty Cobb a été remercié. Malgré les tentatives  de déguiser cela comme un départ organisé de longue date personne n’est dupe.

Il est remplacé par Emmet Flood, avocat vétéran de Washington qui a même défendu Bill Clinton en son temps. Plus encore il a travaillé sous Georges W. Bush sur les questions liées aux droits spécifiques du président de parfois faire exception à la loi (executive privilege). Ce renouvellement de personnel signale un changement de posture de la part de Donald Trump. Il confirme ainsi des tweets récent qui annonçaient une attitude offensive dans laquelle il pourrait s’impliquer personnellement.

Parmi les casseroles que tire Donald Trump les plus scabreuses viennent de ses, pour l’instant supposées, frasques sexuelles dont la plus connues est une affaire datant de dix ans avec l’actrice de films « pour adultes » Stormy Daniels. Michael Cohen, avocat personnel de Trump depuis de longues années s’est chargé de traiter le dossier et en particulier, juste avant la date de l’élection de 2016, de payer l’actrice (130000$) pour qu’elle s’engage à ne rien révéler. Mueller a abandonné ce versant de l’enquête qui ne correspond pas clairement à son mandat à une équipe de procureurs de (l’état de) New-York. Il a ainsi purgé sa propre enquête des aspects les plus gênants. De son côté Stormy Daniels a trouvé l’avocat qui convient. Michael Avenatti, une force de la nature qui n’a peur de rien et surtout pas de Donald Trump. Ils font pour l’instant un parcours médiatique et judiciaire sans faute.

Contrairement  à Rudy Giuliani, l’ex-maire de la ville de New-York et soutien acharné de Donald Trump à qui le président a confié la direction de son équipe de défenseurs. En quarante-huit heures Giuliani a réussi a dire à peu près tout et son contraire à propos de l’affaire Stormy Daniels. Il a a en particulier avoué peut-être contre la volonté de son patron que celui-ci a bien remboursé là Michael Cohen les 130000$ payés à l’actrice. En plus de provoquer des mises aux points et des démentis en cascade ce point ouvre une discussion sur la possibilité que ce remboursement soit une infraction à la loi sur le financement des élections. L’équipe Trump est tellement désemparée que même Kellyanne Conway qui n’hésitait pas en tant que porte-parole à s’impliquer  a refusé de se prononcer sur ces paiements.  Le comique de la situation n’a pas échappé à l’humoriste John Oliver qui a développé comment Giuliani a pu gaspiller en deux jours la crédibilité acquise lors 11 Septembre.

Robert Mueller continue a jouer le sphinx et à en dire le moins possible au contraire de Michael Avenatti. Ce silence a pour résultat de laisser toutes les hypothèses ouvertes sur ce que contient son dossier et les preuves qui y figurent. La première escarmouche de la nouvelle bataille entre les deux camps s’est déroulé dans un tribunal où le juge Ellis a mis en doute la conformité des accusations  de Mueller à l’encontre de Paul Manafort, ancien directeur de campagne de Donald Trump avec le mandat délivré au procureur spécial. Si ces accusations de malversations financières anciennes liées principalement au travail de Manafort avec le parti pro-russe en Ukraine devaient être annulées l’enquête perdrait en crédibilité et en capacité de pression sur les témoins. La réponse de l’équipe Mueller a été d’une sobriété bien dans la ligne : « Nous sommes bien conscients du contenu de notre mandat ». Comprenne qui pourra. Soit cela signifie qu’ils n’ont rien à dire, soit qu’ils ont biens les preuves qui lient ces malversations à l’ingérence dans la campagne.

Les Républicains accusent souvent l’enquête Mueller d’avoir trop durée. En fait si on la compare aux précédentes enquêtes de procureurs spéciaux elle a produit très rapidement des inculpations.

Inculpations
Inculpations

La collision avec les élections de Novembre est maintenant inéluctable, quoiqu’en pensent les Républicains. L’évolution de la situation dépend en partie de Donald Trump et reste assez imprévisible.

Trumpian Wall.

L’immigation clandestine a retrouvé son niveau d’avant Trump si on en croit les statistiques de la police des frontières (Border Patrol). Les arrestations avaient baissé après l’élection de Donald Trump. L’immigration réelle reste assez difficile à évaluer. La majorité des immigrants ne rentrent pas en passant illégalement la frontière mais arrivent avec des visas de touristes et ne repartent pas.

Après Parkland.

Il n’y avait pas que la NRA dans les rues de Dallas. Les mouvements étudiants comme « Rally 4 Reform » ou « StudentMarch » et les mouvements d’opinion comme la coalition « #NoNra » menée par des vedettes de la télévision ont manifesté.

La Convention de la NRA a été l’occasion de désigner un nouveau président, poste représentatif et non opérationnel, en la personne d’Oliver North. Personnalité connue de la droite il s’est fait connaitre pour des agissements illégaux sous Reagan. Il a entre autres utilisé l’argent de ventes d’armes aux iraniens, mal vu actuellement, pour financer des actions contre la gauche nicaraguayenne. Adopter comme personnalité phare de l’organisation un homme aussi controversé porte-t-il un message ?

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Ce mardi (8 Mai 2018) nous entrons dans la grande séquence des élections primaires, et donc dans la période électorale.

Les Républicains sont confrontés à des risques sérieux dans certains états comme la Virginie Occidentale où un propriétaire de mines condamné pour sa responsabilité dans un accident qui a causé la mort de 29 personnes mène les derniers sondages. Donald Trump s’est cru obligé de conseiller aux Républicains de ne pas voter pour ce candidat qui est pourtant le plus proche de ses positions car il peut difficilement être élu au Sénat cet automne. Dans l’Ohio  la succession du gouverneur John Kasich est ouverte car il ne peut plus briguer de nouveau mandat. Il se prépare sans doute à se présenter contre Trump en 2020, éventuellement comme indépendant.

Les Démocrates sont confrontés en Californie à un dilemme de riches. L’enthousiasme de leurs rangs a suscité de nombreuses candidatures. Le système de « jungle primary » dans l’état met en concurrence dans la même élection primaire tous les candidats. Les deux premiers sont sélectionnés quel que soit leur appartenance. un parti présentant beaucoup de candidats risque donc de diviser ses voix et de laisser les deux premières places à l’autre parti tout en ayant recueilli la majorité des  votes. Les ténors Républicains Dana Rorhabacher, Darrel Issa ou Devin Nunes pourraient ainsi sauver leurs sièges sans avoir d’opposition en Novembre. Par ailleurs une sur-représentation Démocrate de l’état poserait un problème démocratique si l’opinion républicaine n’avait pas un nombre d’élus normal.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

La commission juridique du Sénat a adopté une proposition de loi qui  protégerait les procureur spéciaux  comme Robert Mueller contre les attaques de l’exécutif. Elle n’a aucune chance d’être votée dans aucune des deux chambres mais exprime bien un message au président et à l’opinion.

Les sénateurs Bob Corker (R) et Tim Kaine (D) se sont mis d’accord pour proposer une loi qui redonne au Congrès les moyens de contrôler les actions militaires décidées par l’exécutif. Depuis le 11 Septembre 2018 les présidents, y compris Barack Obama ont engagé le pays dans une guerre sans fin (Forever War) sur la base des votes du Congrès en 2001 et 2002. Ces AUMF (Authorization for Use of Miltary Force) sont rédigées en termes généraux et potentiellement en contradiction avec la Constitution qui spécifie que le seul Congrès est apte à déclarer la guerre.

Cette proposition n’a guère de chance d’arriver au bout du parcours car l’opinion soutient les actions militaires comme les bombardements sur la Syrie, au moins tant qu’elles n’incluent pas l’envoi massif de troupes au sol.

La représentante Barbara Lee avait été la seule a refuser de voter une autorisation sans limite en 2001 et elle n’a cessé de se battre contre le blanc-seing ainsi donné au président.

Barbara Lee
Barbara Lee

Le chanteur militant David Rovics a célébré Barabara Lee dans cette chanson (les paroles en bas de la page).

Et le social

Les grèves des enseignants pour la revalorisation des moyens de l’éducation n’ont pas cessé et commencent à s’attirer des représailles comme  au Kentucky où  le gouverneur tente maintenant de privatiser le plus grand complexe éducatif de l’état.

La Cour Suprême de Californie a confirmé que les chauffeurs Uber ou Lyft doivent être considérés comme des salariés, avec les protections afférentes et non comme des entrepreneurs indépendants.

A suivre cette semaine

les primaires de mardi et bien sûr les décisions sur l’accord iranien.

A la semaine prochaine.

Un point rapide sur l’enquête de Robert Mueller

Robert Mueller, le procureur spécial chargé de diriger  l’enquête suite aux soupçons d’ingérence russe dans l’élection de 2016 doit louvoyer entre des récifs dangereux. Faire trop vite l’expose à la destitution par le Ministère de la Justice qui l’a nommé. On sait que cette destitution présente quelques difficultés en particulier du fait que Jeff Sessions, le ministre en titre, a du se récuser pour tout ce qui concerne les affaires russes étant personnellement impliqué. Cela lui a valu l’inimitié de son président qui ne manque aucune occasion de dire son mécontentement. Il est probable qu’une action de Mueller comprise à la Maison Trump comme le pas de trop serait suivie d’une remise en ordre du ministère qui permette d’en finir avec Mueller. On sait aussi que cette éventualité est redoutée des stratèges Républicains tant elle rappelle le « massacre du samedi soir » qui a déclenché la chute de Nixon dans les suites de l’affaire du Watergate.

Le mandat de l’enquête a été confirmé. Il comprend bien les agissements de Paul Manafort et ses liens avec des intérêts russes. Mueller a ainsi souligné sur le versant russe de son travail.

Le premier contre-feu pourrait constituer à nommer un autre procureur spécial avec la mission d’enquêter sur l’enquête initiale du FBI. Si Sessions s’y est jusqu’ici refusé les parlementaires Républicains poussent de plus en plus cette idée qui est approuvée par une large majorité (2/3) de l’électorat. Elle n’apporterait pas de solution mais pourrait faire diversion. Il faut aussi noter que  le limogeage de Mueller ne terminerait pas ipso facto l’enquête. Le ministère garde le droit de ne pas publier ni transmettre au Congrès les résultats. Les facteurs politiques plus que les facteurs juridiques détermineront les actions des uns et des autres.

Cette semaine la première condamnation prononcée dans le cadre de cette enquête a été annoncée. Elle concerne un sous-fifre à la marge des contacts entre l’équipe Trump et les russses : Alex van der Zwaan, avocat néerlandais basé à Londres qui a été condamné à 30 jours de prison et 30000$ d’amende. Etant donné qu’il a plaidé coupable et donc collabore avec les enquêteurs l’important ne réside pas dans la condamnation mais dans le message envoyé par les enquêteurs : « Nous savons tout ce qu’il sait ».

Dans la foulée Robert Mueller lui-même aurait fait savoir aux avocats de Donald Trump que celui-ci n’est pas actuellement directement visé par les investigations sur la collusion russe. Il a précisé cependant qu’il avait besoin d’auditionner le président afin de préciser son rôle dans une possible obstruction à la justice postérieure à l’élection. La pression demeure donc importante même si Donald Trump peut tirer argument de la précision sur le fait qu’il n’est pas personnellement visé pour une liaison volontaire avec les russe durant la campagne. Ceci peut d’ailleurs être lu de manières contradictoires.

L’agenda du second semestre se présente chargé. L’annonce de la possible publication du rapport de Mueller sur les faits d’obstruction à la justice en Juin ou Juillet, soit juste avant la phase de campagne active des élections de mi-mandat lève une partie de l’incertitude sur le climat de la préparation des élections mais instaure un nouveau suspense. Si rien ne filtre avant, et l’équipe Mueller jusqu’ici s’est révélée experte en communication, les candidats et les partis devront attendre la publication avant de déterminer le détail des argumentaires de campagne voire même les grandes lignes de propagande à mener.

 

Pour info, mes liens de travail autour du sujet :

Trump et Cie.

03/04/2018

http://thehill.com/homenews/administration/381328-stormy-effect-trumps-support-falls-with-women-rises-with-men-in-new

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/381369-doj-authorized-mueller-to-investigate-allegations-manafort

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/why-isnt-donald-trump-polling-at-0/ //A réfléchir

https://www.thenation.com/article/introducing-americas-orange-monster-the-unbelievable-trump/

http://thehill.com/policy/national-security/381413-judge-hands-down-first-sentence-in-mueller-probe //Le dénouement approche …?
https://www.vox.com/2018/4/3/17176076/mueller-trump-russia-manafort //

https://www.motherjones.com/politics/2018/04/trump-and-trolls-target-caravan-of-migrant-families/

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/raw-data-southwest-border-apprehensions/

http://thehill.com/homenews/administration/381435-trump-says-he-will-put-us-military-on-southern-border

https://www.vox.com/2018/4/3/17193490/trump-wall-border-military-explained

ttp://thehill.com/homenews/media/381144-trump-dined-with-hannity-at-mar-a-lago-report

http://thehill.com/policy/transportation/381489-white-house-infrastructure-policy-official-leaving

http://thehill.com/homenews/administration/381471-poll-67-percent-back-appointing-second-special-counsel

04/04/2018

http://thehill.com/homenews/administration/381541-mueller-told-trumps-lawyers-that-president-is-not-a-criminal-target

http://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/01/29/state-of-the-union-2018-americans-views-on-key-issues-facing-the-nation/ //Rappel
http://news.gallup.com/poll/1675/most-important-problem.aspx //Intéressant car relativise l’économie. Plus l’économie va bien plus les autres sujets montent dans les préoccupations des gens.

http://prospect.org/article/scalia-problem-it-wasn’t-originalism-or-textualism-it-was-trumpism

https://www.commondreams.org/news/2018/04/04/mueller-compiling-list-trumps-actions-including-possible-obstruction-justice-report

 

Les élections :

31/03/2018

https://fivethirtyeight.com/features/there-is-more-at-stake-in-the-censuss-citizenship-question-than-response-rates/

https://edition.cnn.com/2018/03/27/politics/blue-states-lose-citizenship-question-census/index.html

https://www.census.gov/newsroom/blogs/random-samplings/2016/12/the_foreign-bornby.html

https://www.npr.org/2018/03/30/598192154/2020-census-will-ask-about-same-sex-relationships

https://grist.org/article/koch-brothers-preached-the-fossil-fuel-gospel-in-virginia-then-black-churches-fought-back/

01/04/2018
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/voting-rights-advocates-just-won-a-big-victory-in-court/ //Tous les moyens sont bons pour la droite (ACRU)

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/the-2020-census-is-a-cybersecurity-fiasco-waiting-to-happen/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/trump-administration-creates-census-crisis-with-move-to-suppress-immigrant-responses/

https://www.vox.com/2018/3/31/17184324/poll-donald-trump-approval-young-people

https://projects.fivethirtyeight.com/congress-generic-ballot-polls/

https://www.npr.org/2018/04/01/598525147/what-a-booming-economy-means-for-the-midterms

02/04/2018
https://www.thenation.com/article/incredible-now-scott-walker-wants-to-abolish-a-statewide-elected-office/ //Ils ne reculent devant rien pour déséquilbrer le puvoir à l’avantage de la branche exécutive

https://newrepublic.com/minutes/147713/texass-voter-fraud-crusade-sends-mother-two-prison-five-years

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/4/2/16226202/oligarchy-political-science-politician-congress-respond-citizens-public-opinion //La représentation des idées des électeurs
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/4/2/17173158/democrats-gerrymander-segregation //Plus difficile pour les Démocrates.

https://slate.com/news-and-politics/2018/04/republicans-are-surprisingly-content-with-trumps-accomplishments.html

https://www.washingtonpost.com/news/wonk/wp/2018/03/28/republicans-consider-balanced-budget-amendment-after-adding-more-than-1-trillion-to-the-deficit/?utm_term=.5a45a04f2cc3

https://www.salon.com/2018/04/02/it-looks-like-the-supreme-court-is-not-going-to-intervene-in-gerrymandering-cases-this-election-year_partner/ //Ponce-Pilate s’en lave les mains.

http://prospect.org/article/new-york-states-federal-tax-dodge-big-middle-finger-republicans

03/04/2018

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/04/the-2018-congressional-retirement-tracker/545723/

https://theintercept.com/2018/04/03/politics-liberal-democrat-conservative-republican/

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/04/maybe-politicians-dont-really-represent-anybody/ //LA démocratie serait-elle bâtie sur du sable? La réponse est évidemment oui.
http://thehill.com/opinion/civil-rights/381337-citizenship-question-on-census-could-shoot-republicans-in-foot //
04/04/2018

http://thehill.com/homenews/house/381537-expanding-map-creates-tough-choices-for-gop

http://thehill.com/homenews/campaign/381525-dem-hoping-to-replace-conyers-pushes-trump-impeachment

https://fivethirtyeight.com/features/what-issues-should-democrats-ignore-in-2018/ //La discussion de la semaine. Beaucoup de choses. La corruption. Les armes à feu. Comment mobiliser les électeurs centristes et indépendants. Les Dems déterminés se mobiliseront de toutes façons. Plus un peu de « guns »,un peur de « #MeToo », et un peu de « Voting Rights » ppur mobiliser les Dems et prendre date en vue du futur et parler de droits civiques.
https://talkingpointsmemo.com/news/dem-wins-wisconsin-top-court-seat-in-major-defeat-for-scott-walker //Une alerte de plus pour le GOP au Wisconsin devenu un état-bascule en 2016 et le lieu d’élection de Paul Ryan. Le siège de Ryan n’est pas en principe en danger cette année. Sa défaite serait un cataclysme.

https://www.thenation.com/article/top-ten-civil-rights-songs/

https://slate.com/news-and-politics/2018/04/washington-states-sweeping-voting-rights-reforms-should-be-a-model-for-the-entire-country.html

https://thinkprogress.org/rohrabacher-homeless-shelters-statement-94d3340b0040/

Et pendant de temps-là à Washington…

La pression sur Donald Trump.

L’enquête menée par Robert Mueller  peut sembler l’éléments le plus visible de la pression sur le président mais n’est pas le seul. Le procureur spécial (special counsel) a multiplié les angles d’attaque. Les collaborateurs de la campagne électorale ont naturellement fourni le premier contingent des mis en cause avec Paul Manafort ou Rick Gates.

Aujourd’hui personne n’est à l’abri. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, fragilisé par ses propres affaires financières et la légèreté qui lui a fait perdre ses accréditations pour les informations les plus confidentielles est très souvent cité comme un des prochains sur la liste. La mise au jour des liens nombreux entre l’entourage passé et présent du président et les milieux d’affaires ou politiques russes a rendus vulnérables beaucoup de gens mais a également eu un effet inattendu sur les commentateurs, même à gauche.

The Intercept, organe peut-être le plus intéressant des organes critiques de Donald Trump et de la droite Démocrate a abandonné son scepticisme initial quant à la pertinence de la piste russe. De même Truthdig dont les liens avec Russia Today sont connus, par l’intermédiaire de Chris Hedges par exemple, a du admettre que le sujet de l’ingérence russe méritait attention. Cette évolution présente d’ailleurs des dangers que Chris Hedges justement vient de rappeler dans un papier à lire : se focaliser sur l’ingérence russe nous fait dévier le regard de l’essentiel qui demeure le danger incarné par Donald Trump et les dérives du pouvoir aux États-Unis d’Amérique. Dérives qui ne datent pas du reste de son élection.

L’attention des enquêteurs s’est aussi portée sur les affaires de la famille Trump. Cela devrait aux dires du principal intéressé constituer une ligne rouge à ne pas franchir. Pourtant malgré l’accélération des attaques ces derniers jours aucune manœuvre  directe contre Mueller n’a pour l’instant été lancée. Cela ne veut pas dire que la machine à rancœurs ne bouillonne pas sous la célèbre chevelure.

Le dernier front ouvert, un peu inattendu, quoique …, est venue des frasques sexuelles de Donald Trump. La bataille judiciaire autour du témoignage de l’actrice de films « pour adultes » Stormy Daniels prend assez d’ampleur pour avoir amené au moins une autre victime prétendue, Sommer Zervos, a entamer une procédure. Comme on le sait depuis longtemps le seul risque sérieux pour Donald Trump serait de perdre le soutien d’une partie significative de son électorat qui lui retirerait le soutien du Parti Républicain. Ce n’est pas actuellement le cas. Même si ce gendre d’affaire le fragilise auprès de la base religieuse pour l’instant  elle tient bon.

Tara Golsham de Vox a interrogé plusieurs parlementaires Républicains sur leur attitude au cas où Trump déciderait de limoger Mueller. Les réponses vont d’un éloquent silence à une opposition ferme mais prudente du genre « c’est une hypothèse d’école car l’enquête n’aboutira pas » en passant par « il le dit mais ne ne veut pas le faire ».  Même les oppositions les plus fermes des derniers jours comme celle  de Lindsay Graham se modèrent.

Si les rumeurs laissent entendre que Trump ne rêve que de virer Robert Mueller pour l’instant on assiste plutôt au déploiement de multiples tactiques contre le procureur.

Les tactiques anti-Mueller.

L’impatience de Donald Trump se manifeste de plus en plus dans ses tweets. Elle maintient la pression et surtout l’idée de la possibilité d’un limogeage proche du procureur. En fait juridiquement les choses sont plus compliquées. La chose a déjà été expliquée à maintes reprises. En principe seul Rod Rosenstein à la possibilité de mettre fin à la mission de celui qu’il a nommé. Pour passer outre Trump devrai nommer un nouveau Ministre de la Justice à sa botte. Plus le temps passe et plus cela sera politiquement difficile et plus la confirmation par le Sénat sera compliquée. Ce n’est donc pas la bonne voie. De plus Mueller parti n’empêche pas les résultats au moins actuels de l’enquête d’exister et d’être présentés à leur commanditaire et éventuellement au Congrès. Dans l’atmosphère actuel des fuites seraient très probables et encore plus catastrophiques qu’une révélation organisée.

Les parlementaires  Républicains se sont mis à l’œuvre sur une autre ligne : dévalorise l’enquête en annonçant qu’elle n’avance pas, n’aboutira à rien et constitue un gâchis d’argent public.

Toutes les manœuvres qui tentent de gagner du temps permettent à leurs auteurs d’espérer soit un événement majeur qui détournera l’attention soit une erreur de procédure de la part des enquêteurs qui invalide leur travail.

Dans la même veine on assiste depuis quelques jours à une offensive qui vise directement Robert Mueller que les médias les plus trumpistes cherchent à discréditer personnellement. Ceci vient en annexe de l’offensive contre Andrew McCabe qui vise aussi sinon surtout à discréditer James Comey, son ancien patron, qui doit prochainement publier un livre relatant sa visions des événements qui ont conduit à sa propre éviction de la tête du FBI.

De plus en plus de voix se lèvent pour réclamer un second procureur spécial qui enquête sur les erreurs du FBI et de la Justice dans les investigations sur Hillary Clinton et l’ingérence russe. En bref un second procureur pour enquêter sur le premier et jeter le doute.

En plus de l’annihilation des résultats de  l’enquête ces actions cherchent à gagner du temps car nous sommes maintenant à un peu plus de sept mois des élections de mi-mandat et plus ou moins en campagne électorale permanente. Si les Républicains parviennent à les atteindre sans catastrophe et à ne pas perdre la Chambre des Représentants Trump est à peu près certain de sauver sa peau. Si les Démocrates prennent la Chambre sans gagner la majorité  du Sénat le pays pourrait bien être dans un état ingouvernable d’où  peut sortir n’importe quoi, y compris une destitution car quelques Républicains pourraient bien tourner casaque en cas de panique, préférant leur parti et leur propre sauvegarde à un président qui les plombe.

Nous sommes depuis un an habitués à une incertitude dont le principal facteur se nomme Donald Trump. Il  a le pouvoir de précipiter les évolutions en prenant des décisions inattendues. Sans doute ne faut-il pas trop y compter car jusqu’à présent il a toujours su naviguer entre les écueils. D’autre part ses décisions les plus dramatiques pourraient nous concerner tous directement s’il devait se réfugier dans une fuite en avant guerrière en Extrême ou Proche Orient.

 Les félicitations de Donald Trump à Poutine.

Le Kremlin a commencé par un rappel à l’ordre ironique disant qu’il n’est pas « inamical » que la Maison-Blanche n’ait pas félicité Vladimir Poutine pour sa victoire. Ainsi provoqué Donald Trump s’est empressé  de faire cavalier seul et de décrocher son téléphone pour s’exécuter. Il a aussitôt déclenché un (petit) flot de protestations de la part de son propre parti comme celle de John McCain qui reste fidèle à son nationalisme intransigeant ou de Chuck Grassley qui ne manque pas l’occasion de marquer son originalité.

Il a aussi provoqué des sourires quand on a appris que les consignes passées en majuscule par ses assistants disaient « NE PAS LE FELICITER ».

La fuite de cette consigne non suivie par Trump a provoqué l’ire du président et de son chef de cabinet (chief of staff) qui pensaient avoir réussi à verrouiller le petit personnel.

La réprobation  des Républicains est la plus visible mais les Démocrates ne sont pas en reste ni les dirigeants étrangers dans la phase actuelle de levée générale de boucliers après l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni.

Les primaires, première phase d’élections cruciales.

Nous sommes entrés dans la saison des primaires, début de la campagne électorale qui ne cessera pas d’ici au jour de l’élection en Novembre. Hier l’Illinois n’a pas failli à sa réputation d’état un peu imprévisible. La compétition pour le fauteuil de gouverneur devrait opposer un millionaire Républicain à un milliardaire Démocrate. Quel monde merveilleux. La primaire la plus attendue a vu le succès étriqué d’un Démocrate anti-avortement, anti-gay mais traditionnellement soutenu par les syndicats.

Le contexte électoral d’après les études d’opinion se présente de manière très contradictoire. La cote personnelle de Donald Trump est en remontée continue depuis deux semaines alors que les Démocrates gagnent les élections (Pennsylvanie) et sont assez bien placés dans les sondages. Cet équilibre instable peur difficilement se maintenir. Il fait partie des facteurs qui pourraient influer sur les réactions de Donlad Trump ou sur les décisions des responsables Républicains.

L’objectif à très court terme des parlementaires revient comme en Janvier et Février. La loi de finances définitive n’étant pas votée le gouvernement est de nouveau menacé de manquer d’argent (shutdown) dans quelques jours. Il semble qu’un accord soit trouvé entre les deux partis. Les Démocrates ne se hasarderont plus à jouer l’affrontement. Ils ont grappillé quelques miettes comme un possible refinancement des études sur les conséquences de santé publique des armes à feu par le Centre for Disease Control. Le plus grand perdant symbolique pourrait être le Mur Trumpien qui ne serait pas compris dans l’accord. Le montant global de 1300 milliards de dollars comprendrait 641 Millions de dollars pour lla construction de barrières légères et 1,3 Milliards pour des investissements en technologies de protection sur la frontière mais rien pour la construction en dur. La Maison-Blanche espérait la première étape d’une provision de 25 Milliards de dollars pour un vrai beau et grand Trumpian Wall.

La restructuration du camp Démocrate et le partage des tâches entre le camp progressiste et le camp centriste semblent être en voie de stabilisation mais constituent une autre histoire qui mérite un billet en propre.

 

Pour info, mes liens de travail :

19/03/2018

http://thehill.com/policy/national-security/379109-house-gop-threatens-to-subpoena-doj-for-fbi-records-on-clinton-probe

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/we-just-found-out-about-another-federal-investigation-into-russian-meddling/

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/19/17138600/trump-nondisclosure-agreement-stormy-daniels //La légalité face au Premier Amendement reste à voir.
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/19/17137212/donald-trump-rule-of-law-mccabe-firing-former-fbi-director //Il n’y a pas que Mueller.
https://slate.com/news-and-politics/2018/03/jared-kushner-dad-met-qatar-finance-minister-but-all-good.html //Ca continue

https://www.salon.com/2018/03/19/aclu-donald-trumps-white-house-non-disclosure-agreements-unconstitutional/

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21/03/2018
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TaxCare, Mueller, Alabama, etc …

Pour Donald J. Trump les choses se compliquent. En apparence la situation tournait à son avantage mais l’enquête Mueller et l’élection en Alabama l’ont rappelé à la réalité et ont changé le rapport de forces au sein du camp Républicain.. Il se pourrait qu’il ait du mal à garder la main.

La réforme fiscale en bonne voie.

Les Républicains ont réussi a voter une loi de réforme fiscale au Sénat après l’avoir fait à la Chambre des Représentants. Il reste à la conférence des deux chambres de réaliser la synthèse en un seul texte qui puisse être voté par les deux assemblées et soumis à la signature du président des États-Unis d’Amérique. Les progrès de l’enquête sur l’intrusion russe ont accentué la pression sur les sénateurs qui ont mis les bouchées doubles pour voter aux petites heures (2h00) de la nuit de Vendredi dernier. Peu importe le détail des arrangements de dernières minute qui ont modifié le contenu de la loi pour acheter les derniers votes comme celui de Susan Collins. L’esprit de la loi n’a évidemment pas changé : une massive baisse des impôts pour les grandes sociétés et les familles riches, une très légère baisse pour certaines familles modestes et une grande incertitude sur l’avenir. Le déficit ne pourra que grossir avec cette baisse mais le limites sont bornées par des règles strictes. Il faudra donc couper ailleurs dans les dépenses pour payer ces baisses. Selon toute vraisemblance ce sont les programmes de financement de la santé qui vont supporter l’essentiel du poids. L’annulation de l’obligation individuelle d’assurance-santé a bien été incluse dans la réforme et devrait signer la fin effective de l’Obamacare dès la fin de l’année prochaine. Les inscriptions pour 2018 seront bientôt terminées et l’exercice 2018 devrait bon gré mal gré se dérouler comme prévu. Le vote de la réforme fiscale peut donc être interprété par Donald Trump et tout le camp Républicain comme la double victoire attendue depuis un an. Il ont étranglé la loi de Barack Obama sur l’assurance-santé et adopté la baisse d’impôt réclamée par les riches donateurs du Parti Républicain et applaudie des deux mains par tout ce que la droite compte de plus ou moins libertariens.
Kevin Drum de Mother Jones a résumé les conditions de cette réforme fiscale en un article et quatre illustrations parfaitement éclairantes qui montrent les évolutions sur les quarante dernières années. Il a ainsi fait pièce aux allégations des Républicains.

1-Les profits des grandes entreprises et les taux réels d’imposition des sociétés (pas les taux nominaux que très peu de sociétés paient réellement exprimés en pour-cents du PIB.

 

Corporate profits © Kevin Drum - Gabriel Zucman - FRED
Corporate profits © Kevin Drum – Gabriel Zucman – FRED

On constate que sur la période les profits sont multipliés par deux (2) net les taux de contribution divisés par deux (2).

2-Les dividendes distribués aux actionnaires.

 

Dividendes © Kevin Drum - Bureau of Economic Analysis - FRED
Dividendes © Kevin Drum – Bureau of Economic Analysis – FRED

Ceci prend d’autant plus de sens si on le compare aux courbes précédentes. Les profits doublés mais les dividendes multipliés par quatre (4).

3-Les taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés comparés à ceux des autres pays développés.

Corporate taxes © OCDE
Corporate taxes © OCDE

Contrairement aux récriminations des Républicains et de Donald Trump en particulier les Etats-Unis d’Amérique sont parmi les pays qui taxent le moins leurs entreprises. Si le taux d’imposition a légèrement cru sur la période le différentiel avec les autres pays reste à peu près constant.

4-Enfin , cerise sur le gâteau de la démagogie, l’évolution du revenu médian des familles, autrement dit la fameuse classe moyenne que tous les parlementaires disent vouloir choyer.

Revenu médian © Mother Jones - Census Bureau
Revenu médian © Mother Jones – Census Bureau

Le revenu médian des famille augmente d’un royal 20% quand les dividendes sont quadruplés.

Une semaine de tractations et de faux coups de théâtre aura suffit aux Républicains pour affiner un accord qui va leur permettre de faire à Donald Trump le cadeau de Noël qu’il attend depuis son entrée en fonction : une vraie loi de droite à signer. Et pour que la fête soit complète ils font d’une pierre deux coups. L’abolition de l’obligation individuelle d’assurance santé a été intégrée dans la réforme. Ils abattent ainsi un des piliers de l’Obamacare. La période annuelle d’inscription pour la saison 2018 est maintenant terminée. Alors que les inscriptions se poursuivaient sur un rythme plus élevé que l’année précédente au final on devrait avoir moins d’inscriptions car Donald Trump a raccourci le délai. Les Républicains ont du renoncer par contre à intégrer dans la réforme l’abolition de l’obligation pour les employeurs de proposer des plans d’assurance qui couvrent les frais de contraception pour des raisons administratives. L’abolition de l’obligation amène un effet indirect de baisse des subventions pour les autres programmes comme Medicaid et donc pénalise encore plus ceux qui dépendent de ces programmes.

Il a fallu attendre le dernier jour, Vendredi 15 Décembre pour que les derniers résistants rendent les armes. Le fanatique anti-déficit Bob Corker qui avait voté contre le projet du Sénat a admis ne pas être en accord avec le résultat des négociations mais ne pas vouloir mettre en danger cette occasion. De même Marco Rubio,, sénateur de Floride qui avait été bien malmené par Donald Trump lors des primaires  Républicaines s’est livré à un baroud d’honneur pour faire relever le crédit d’impôt pour les enfants à charge. Il n’a obtenu qu’un aménagement marginal qui ne profite pas aux plus pauvres mais a réussi un assez joli coup de pub. Il n’a pas renoncé à être un recours post-Trump.

Ce qui est connu du contenu définitif très complexe de la loi présente des aspects contradictoires. Une des dispositions les moins connues se trouve dans le passage à une « territorialisation » de la taxation des bénéfices des sociétés qui encouragera à délocaliser. D’ailleurs Ford vient bien d’annoncer la fabrication de sa future voiture électrique au Mexique dans un superbe pied de nez à Trump qui s’est bien gardé d’en faire état. Les étudiants avancés ont aussi eu la chance d’échapper à l’imposition d’une partie de leurs revenus. Les mises au point de dernière minute ne changent pas évidemment l’esprit du texte qui reste une massive baisse d’impôts pour les plus riches. Les agriculteurs modestes ont voté majoritairement pour Trump mais ce sont bien les entrepreneurs agro-industriels qui vont profiter de la réforme. Les exploitations familiale seront touchées de plus par le renchérissement de l’assurance santé.

Les Démocrates peuvent très partiellement se consoler d’avoir enregistré une petite victoire. L’autorisation aux églises, souvent autoproclamées, de financer les politiques a été retirée.

La seule incertitude visible à propos du vote définitif de la réforme la semaine prochaine se trouve chez Susan Collins, la sénatrice du Maine qui avait voté contre l’abrogation de l’Obamacare, mais la majorité de 52 sénateurs garantit le succès aux Républicains. Il faudrait un concours de circonstances exceptionnelles pour qu’ils échouent. Même si John McCain n’est pas sorti de la clinique où il est soigné pour des effets secondaires de la thérapie de son cancer la loi passera.

L’élection en Alabama.

Les débats sur la réforme fiscale sont cependant passés au second plan après l’élection surprise du Démocrate Doug Jones Mardi 12 Décembre. Cette élection imperdable devenue l’exemple de l’échec Républicain a provoqué un déluge de commentaires et d’analyses.  Résultat de circonstances particulières cette élection aura plus d’importance par le choc qu’elle a provoqué dans les esprits que par sa signification politique. L’Alabama n’est pas devenu brusquement Démocrate.

On sait globalement que l’élection s’est jouée sur la participation. Non pas la participation globale qui a malgré tout été assez élevée mais sur la participation spécifique des divers groupes électoraux. Les électeurs Républicains ont se sont moins mobilisés et inversement pour les Démocrates. Les noirs, 30 % de l’électorat, et les femmes ont fait le plus gros de la différence avec 98 % des électrices noires votant pour Jones. Les jeunes ont de même penchés à 54 % pour le candidat Démocrate.

Les chrétiens évangéliques ont fortement attiré l’attention des commentateurs. Étant donné le fanatisme religieux proclamé par Roy Moore tout au long de sa carrière et qui lui a valu deux condamnations le comportement de ce groupe social méritait une analyse spécifique. Malheureusement les études statistiques et sondages électoraux étaient rares en Alabama du fait que l’état n’est pas politiquement concurrentiel. Les données dont on dispose montrent un frémissement de l’opinion de ces chrétiens mais surtout montrent que l’on ne sait pas grand-chose à leur sujet car les sondeurs se satisfont de la seule déclaration des sondés. On a tendance généralement à les considérer comme un groupe homogène ancré  à droite et arc-bouté sur des valeurs conservatrices classiques. Historiquement ils avaient disparus comme acteurs de la vie politique jusqu’ à ce que Carter puis Reagan les ramènent au centre du jeu et qu’ils consacrent l’emprise des Républicains sur le Sud. Ils représentent 44 % des électeurs de l’état et ont voté à  80 % pour Moore comme 68 % des électeurs blancs. L’élection s’est joué à environ 20000 voix de majorité pour Jones et 23000 voix pour les tiers candidats Républicains.  La population des évangéliques est assez mal connue et en général les sondeurs se contentent de la simple affirmation d’appartenance pour  definir un groupe ainsi auto-affirmé. Les 2 % d’évangéliques qui disent avoir voté pour un candidat tiers font presque la différence. Les analyses plus approfondies montrent une évolution sensible. Parmi ceux qui se définissent ainsi la moitié ne fréquente pas d’église. Les nouveaux évangéliques sont majoritairement noirs dans le Sud et contribuent à la dispersion électorale.  Mais le plus signifiant doit être le glissement idéologique qu’exprime l’élection. La communauté se fragmente de plus en plus racialement et politiquement et l’élection de Trump a accéléré ce mouvement. Même des chrétiens conservateurs ont été choqués par les positions de Roy Moore face aux accusations portées contre lui. Le comportement électoral et plus généralement politique des chrétiens constitue un des éléments à suivre dans les mois et années à venir.

L’élection de l’Alabama accentue le pression sur le Sénat avant le vote de la réforme fiscale. Contrairement aux élections régulière ce remplacement d’un sénateur nommé ministre prend effet dès la validation par les autorités. La majorité  Républicaine au Sénat sera donc réduite à 51 contre 49 dès les premiers jours de Janvier dès les formalités terminées. Doug Jones est plutôt un Démocrate de droite mais son mandat ne se termine qu’en 2020. Il a donc la liberté de prendre des positions éventuellement mal considérées par ses électeurs mais plus proches de la ligne de son parti pendant encore plus d’un an.

L’enthousiasme politique chez les Démocrates était déjà lisible dans le grand nombre de candidats qui se proposent pour concourir aux élections et leur facilité à lever des fonds. Cette victoire inespérée à un moment critique de la présidence Trump semble avoir encore renforcé cet élan. Mais l’effet au sein du Parti Démocrate pourrait être mitigé. La victoire portée par la population de couleur encourage à poursuivre la politique de la direction centriste qui consiste à chevaucher la vague démographique et attendre la victoire de la montée des minorités raciales  plutôt urbaines plus que d’une inflexion sociale du programme.

Du côté Républicain la victoire de Doug Jones a été comprise par certains comme un soulagement qui les affranchit de l’hypothèque que la présence à leurs côtés d’un extrémiste suspecté de harcèlement sexuel au Sénat aurait représentée.

A la date du 16 Décembre 2017 Roy Moore n’a toujours pas reconnu sa défaite et maintient la pression, embarrassant son propre camp.

L’enquête Mueller.

Après les mises en accusation de Manafort et Gates  les plaider-coupable de Papadopoulos et Flynn ont confirmé que le travail de l’équipe du procureur spécial poursuit son travail d’approche de l’équipe de campagne de Donald Trump. La fébrilité de la presse de droite qui cherche à monter en épingle tous les incidents le confirme. Elle réclame même maintenant le limogeage de Mueller sans hésitation. Et la rumeur ne cesse de monter. Les Démocrates ne se privent pas de battre le tambour car ils savent les dégâts politiques que cela produira dans l’opinion sur les Républicains à moins d’un an des élections de mi-mandat.

Le prochain  sur la liste des inculpés devrait être le gendre Jared Kushner. La nervosité du président va croissant et Trump sera de plus en plus difficile à contrôler. Paradoxalement les nouvelles pourraient être considérées comme plutôt bonnes par le camp Républicain. Les quelques nouvelles qui fuitent indiquent que l’enquête semble plutôt se concentrer sur les manœuvres d’obstruction à la justice de Donald Trump à partir de l’éviction de James Comey. Si la cible était plutôt sur les actions de la campagne avant l’élection nous entrerions dans un terrain inexploré. La Constitution ne prévoit pas clairement le cas d’annulation potentielle d’une élection présidentielle qui éliminerait les deux élus du ticket. Par contre la marche à suivre  en cas d’invalidation du président est claire : le vice-président prend la place. Cette seconde hypothèse soulagerait l’establishment Républicain qui ne manquera pas de la mettre en oeuvre dès que le soutien populaire à la personne de Donald Trump faiblira significativement. Cet affaiblissement n’est pas encore d’actualité même si la tendance semblait s’esquisser ces derniers jours. Et peut-être même plus si on en croit cet article. Les spectateurs de Fox News supposés largement trumpistes qui ne lui accorderait plus qu’in soutien très partiel.

La politique internationale.

Sans doute aiguillonné par la menace croissante de l’enquête de Robert Mueller Donald Trump  a d’abord été tenté de se lancer dans une fuite en avant qui l’a mené aux déclarations sur Jérusalem et le transfert de l’ambassade. Ces déclarations ne changent rien à la pratique immédiate et réaffirment simplement  les positions historiques de Washington. La provocation est retombée à plat et n’a pas causé d’actions spectaculaires dans les pays musulmans contre les intérêts des Etats-Unis d’Amérique. Il faut plutôt saluer les populations d’avoir laissé les provocations trumpiennes à leur médiocrité sans les récompenser d’un embrasement recherché.

Quelques jours après cet accès d’humeur trumpien il est en apparence étonnant d’entendre d’abord le ministre des affaires étrangères puis le président se déclarer prêts à entrer en négociations avec la Corée du Nord. La première déclaration par Rex Tillerson qui passe toujours pour être en délicatesse avec son patron a pu être interprétée comme l’expression définitive de leurs désaccord prélude à sa démission. Mais quand quelques jours plus tard Trump lui-même annonce la même chose après avoir conféré avec son ami Poutine on comprend qu’il s’est passé quelque chose et nous nous trouvons dans cette situation inattendue où le Congrès et le Parti Républicain se réunifie à l’offensive autour de la perspective du vote de la réforme fiscale alors que Donald Trump se fait mouton sur la scène internationale. Il est difficile de comprendre ce qui peut causer sa soudaine prudence. Peut-être la pression  croissante de l’enquête Mueller lui enjoint-elle de rassembler son camp afin de préparer la contre-offensive. Sans y accorder plus d’importance qu’il n’est nécessaire les rumeurs de dérive psychologique d’un Donald Trump qui passerait entre 4 et 8 heures devant ses émission de télévision favorites, celles qui parlent de lui, se sont amplifiées ces derniers jours.

Les perspectives électorales.

Avec une carte électorale très favorable au Sénat en 2018 et un charcutage des circonscriptions qui les met à l’abri des grosses surprises à la Chambre des Représentants le Parti Républicain n’a pas beaucoup à craindre des élections de mi-mandat. Leur plus gros problème aujourd’hui est Trump. Ils ont dans la poche la solution avec le remplaçant constitutionnel désigné Mike Pence. Il leur appartient de gérer la transition mais de leur point de vue il n’existe pas vraiment politiquement d’alternative. S’ils veulent éviter que leur président  pourrisse plus encore leur mandat ils devront s’en débarrasser. Ils en ont les moyens réglementaires avec le vingt-cinquième amendement et l' »impeachment ».

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