DOMINIC77

Un peu de tout

Author: dominic77 (page 2 of 12)

Une semaine entre entre Seattle et Miami

Après Parkland.

Après la manifestation de Samedi on apprend qu’un des plus vieux fabricants d’armes du pays se déclare en faillite (chapitre 11). décidement ces enfants n’ont aucune pitié pour l’industrie du pays. En fait le déclin était en route depuis longtemps. Il s’est accentué ces derniers mois en raison d’un effet paradoxal en apparence, mais souvent confirmé, qui souligne la relation maladive du pays aux armes à feu. Sous les administrations Républicaines les ventes ont tendance à baisser car la peur de voir le droit aux armes limité diminue.  La logique financière a fait le reste dans le cas de Remington Outdoorsles actionnaires qui ont pris le contrôle en 2007 n’ont pas supporté la baisse de leurs dividendes consécutive à la tuerie de Sandy Hook.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Les élections de mi-mandat vont rester dans l’actualité jusqu’au mois de Novembre. Les tentatives de prévisions vont déjà bon train.  Les efforts des statisticiens de FiveThirtyEight portent actuellement sur la recherche des circonscriptions les plus prédictives du résultat global. Ils ne sont heureusement pas complètement d’accord entre eux.

Parmi les catégories à observer les populations religieuses peuvent jouer un rôle. Les évangélistes resteront fidèles à Donald Trump et les Démocrates pourront-ils maintenir les liens clientélistes noués avec la base irlando-catholique depuis les Kennedy?

Les femmes, en particulier celles des zones péri-urbaines et de niveaux éducatif intermédiaires (collège sans diplôme universitaire) occupent une place stratégique plus susceptibles de quitter le camp trumpiste que les hommes.

Toutes les études d’opinion laissent envisager un pays profondément fracturé quelle que soit l’issue. Les divisions actuelles, côtes versus intérieur, ruraux contre urbains, etc… ne semblent pas devoir se résorber. Et le désespoir pourrait précipiter la base trumpiste plus loin dans l’opposition active.

En vue de 2020 Mitt Romney maintient une position d’attente probablement illusoire car ressouder un Parti républicain qui serait fracassé par un échec de Trump sera très difficile pour lui. Même sa victoire à l’élection sénatoriale en Utah n’est pas garantie. Et si Trump gagne il reste le patron.

De son côté Joe Biden continue son petit chemin espérant être le recours centriste du Parti Démocrate fort du soutien obligatoire de Barack Obama s’il se présente.

Le maintien de la remontée de l’approbation de Donald Trump et la stagnation des Démocrates à un niveau en général jugé insuffisant pour emporter le Congrès (inférieur à 10 % d’avance) conforte les tendances internes à un adoucissement de la plate-forme électorale Démocrate. Mais si le débat fait toujours rage il ne prend pas l’allure d’un affrontement mais plutôt d’une division des rôles : des Démocrates « modérés » dans les zones Républicaines accessibles et des progressistes ailleurs.

Le mouvement des jeunes pour la régulation des armes à feu intervient maintenant dans le processus électoral par l’enregistrement de nouveaux électeurs. Observer après l »élection l’impact électoral du mouvement sera sans doute un des premiers mouvements des sondeurs.

Les défections de sortants Républicains effrayés par leur propre parti offrent de nouvelles opportunités aux candidats Démocrates qui se bousculent tellement que dans certains endroits comme la Californie en raison d’une législation particulière sur les primaires cela peut mettre en danger des sièges imperdables.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

La signature de la loi de finance qui met un terme aux incertitudes sur le financement de l’administration pour le reste de l’année fiscale marque cette semaine. Nous avons eu droit aux habituels psychodrames. Quelques sénateurs expriment leurs humeurs et menacent de faire capoter l’accord négocié à grand peine juste avant l’échéance. L’inévitable libertarien Rand Paul n’a pas manqué mais se serait plutôt couvert de ridicule.

Le plus important ne réside pas dans les petites manœuvres parlementaires de politiciens en mal de notoriété mais dans le contenu de la loi. Trump l’a signée en maugréant et même après avoir menacé de ne pas le faire. Il fait le caprice de réclamer le droit d’opposer un veto sujet par sujet sur les lois qui lui sont proposées à la signature. Cette remarque, inconstitutionnelle, est passée quasi inaperçue dans le brouhaha mais elle montre encore une fois la conception de monarque absolu qu’il a de sa fonction et l’état du débat politique.

La loi montre surtout combien le roi est nu et plus que jamais contraint à l’alliance douloureuse avec son propre parti. Ses demandes les plus importantes ne sont pas satisfaites. Le « Trumpian Wall » (Le Mur de Trump)  qui reste sans doute sa promesse de campagne la plus emblématique n’échappe pas au massacre quoi qu’il ait pu revendiquer dans un tweet. Il fait mine de croire que les financement accordés correspondent au besoins du début de la construction en dur alors que la loi précise des affectations différentes, à la réparation de sections existantes et à l’investissement technologique (d’ailleurs réclamé par la Border Patrol plutôt qu’une clôture). Les parlementaires ont même joué au chat et à la souris. Alors que Donald Trump pour des raisons probablement de stricte vengeance personnelle (contre son ex-allié Chris Christie et le leader Démocrate Chuck Schumer sénateur de New-York) ne voulait pas entendre parler du financement de la réparation et l’extension nécessaires d’un grand tunnel routier aux confins de New-York et du New-Jersey les crédits ont été affectés aux chemins de fer qui pourront donc mettre en œuvre. Les apparences sont sauves et tout le monde est satisfait.

Ce jeu de dupes démontre l’instabilité de l’équilibre politique auquel sont contraints les Républicains accrochés à un président dont ils attendent de sauver malgré tout leurs majorités en Novembre car ils n’ont pas d’autre solution. Ce faisant ils laissent le débat stratégique aux autres.

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Donald Trump a éprouvé le besoin de réaffirmer ne pas avoir le moindre problème pour recruter des avocats soit au service de la Maison-Blanche soit au sien propre. Ce besoin est en soi assez parlant. D’autant que ses deux avocats de longue date Ty Cobb et John Dowd viennent de quitter le navire. Au même moment on apprend que le couple d’avocats de choc annoncés récemment ne viendra finalement pas en raison de conflits qui sont déjà lies à l’enquête de Robert Mueller. Donald Trump reprend personnellement en main la direction de la bataille légale autour de l’ingérence russe, l’enquête Mueller et ses affaires personnelles et familiales. Cela pourrait tanguer.

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

Nous savions depuis longtemps que Donald Trump allait nous entrainer dans des bas-fonds peu ragoutants. Le passage à la trappe de l’épisode « Grab by the Pussy » de la campagne présidentielle suffisait à le montrer. Les affaires de sexe de Donald Trump sont maintenant sur la place publique des écrans de télévision avec la diffusion hier soir de l’entretien d’une actrice de films « pour adultes » dont l’histoire traine depuis des semaines dans l’actualité. La droite avait réagi très tôt comme le Washington Times qui déploie ici un assez incroyable étalage de contre-feux allant jusqu à l’invocation de Monica Lewinski. Cela montre assez à quel profondeur s’est noyé le débat politique. Nate Silver a tenté de recadrer la discussion. D’ailleurs le site 538  qu’il a fondé ne met pas l’affaire en évidence. Faire la part du voyeurisme dans de telles  circonstances ne peut que nous rappeler le discours de Michelle Obama à la Convention Démocrate de 2016 : « Quand ils s’enfoncent, nous montons ». Nate Silver a raison. Si nous n’y prenons pas garde ils nous entrainent dans leur médiocrité. Quels sont donc les enjeux d’une telle histoire?

Les 25 à 30 % d’irréductibles soutiens de Donald Trump (les chiffres peuvent varier selon les approches) cimentent son alliance avec le Parti Républicain. Cette alliance soudent les deux partis au-delà de leurs différences en vue de sauver la peau des deux lors des élections du 6 Novembre. La fraction trumpienne comprend une importante proportion de chrétiens évangéliques qui pourraient être sensible à la publicité sur les infidélités qui bafouent la famille. La  publicité seulement car les faits n’étonnent personne. Actuellement le soutien de ces chrétiens ne semble pas faiblir mais la èche allumée pourrait se consumer assez vite.

Comme le remarque Nate Silver les aspects financiers des relations entre Donald Trump et ses supposées maitresses pourraient être questionnées comme des infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales. Il doute que cela puisse aller bien loin mais un autre versant est apparu hier : les menaces sur les personnes. Aucune preuve n’existe pour les confirmer mais elles contribuent à empoisonner l’atmosphère.

Et Vox a formulé les deux questions en suspens, renforcées par les rumeurs de peu ragoutantes photos que Stormy Daniels pourraient garder dans sa manche.

  1. Combien d’autres ont ainsi été payées pour se taire? Et donc combien de fois a été bafoué les droit à l’information du peuple?
  2. Des services étrangers pourraient-ils savoir? et savoir quoi ?

La dernière question ressort implicitement le « dossier Steele »et nous replonge dans le marécage. Quel contraste avec la parole des jeunes gens entendue Samedi.

A la semaine prochaine.

Après Parkland, et après la « Marche pour nos vies » ?

Et pendant ce temps-là Donald Trump joue au golf en Floride…

 

Je préparais ce billet sur l’après Parkland et les suites possibles à la « Marche pour nos vies » de ce Samedi. J’ai voulu jeter un coup d’œil sur le Facebook live de la marche et les gamins m’ont tellement impressionné que j’y suis resté. Comme un vieux politicien rassis j’attendais des nombres, la masse des manifestants, pour me réconforter, constater qu’ils avaient gagné le pari de la mobilisation. Je commettais encore une fois la même grande erreur, de celles qui vous réjouissent, sous-estimer un mouvement, penser comptable quand les gens agissent amour et politique. Parfois se sentir devenir un vieux con peut vous réchauffer le cœur.

Un mouvement qui vient de loin.

Ce qui se passe actuellement n’aurait pas été possible si des mouvements structurés et pérennes n’existaient pas auparavant. La campagne Brady a ses origines à l’époque Reagan (milieu des années 1980). La campagne menée par la députée Gifford est plus récente mais active. D’autres organisations comme MoveOn ne sont pas dédiées exclusivement à la question des armes mais l’ont intégrée. La présence de toutes ces organisations a d’emblée permis au mouvement déclenché par les survivant de Parkland de disposer de moyens et d’expérience.

Les site militants soit pour une meilleure information comme « The Trace » ou exposant les faits de violence par armes à feu comme « Gun Violence archive »  ont accumulé des quantités de données pour alimenter les débat ou les actions.

La jeunesse des victimes de Sandy Hook à Parkland mobilise également les parents et les familles. Les écoles retrouvent là un vecteur inattendu de vie sociale dans un pays ou la « communauté » est une valeur omniprésente.

 

Un débat qui parcours la société.

Ces mouvements existent parce qu’ils expriment un mouvement de fond qui traverse les esprits dans toute la société. Les jeunes gens de Parkland ont su exprimer malgré leur jeunesse et la proximité du trauma que survivre à ces événements ne vous épargne pas les suites. Vous êtes durablement marqué. Ainsi La parole des rescapés de plusieurs massacres est revenue au jour.

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/melvin-graham/556433/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/christine-leinonen-brandon-wolf/556388/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/sarah-clements/556355/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/scarlett-lewis/556385/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/pardeep-singh-kaleka/556295/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/devorah-heitner/556394/

Même si la tuerie de Parkland faisait surgir des points de vue opposés elle rendait visible les blessures :

https://www.npr.org/2018/03/23/596103091/20-years-later-jonesboro-shooting-survivors-conflicted-over-parkland

Allons-nous finir par remplacer les vieilles catégories démographique -babyboomers, génération X, génération Y- par une série macabre : génération Columbine, génération Sandy Hook, génération Parkland.

Le temps semble venu où le silence rituel après chaque massacre n’est plus tenable et que les ponts entre les survivants interdisent maintenant à la chape de plomb de retomber

La plaie qui ne saignait plus ne cicatrisait pas pour autant. Le silence seul la faisait oublier malgré les efforts de certains pour maintenir une discussion vivante sur tous les maux de la société.

Une marche à voir et à entendre.

Les photographies sont toujours irremplaçables.  De nombreuses personnes ont offert des hébergements aux marcheurs.

 Une marche à écouter.

Les marcheurs et les jeunes gens qui se ont exprimés aux tribunes seront abondamment attaqués par les médias de droite et les pro-armes sur tous les terrains : trop jeunes, politisés, Démocrates, etc. D’ailleurs un des intérêts de suivre sur Facebook plutôt que sur un des nombreux réseaux qui transmettaient résidait dans la présence des commentaires en direct. Les  périodiques messages de trolls ou de furieux laissaient pantois au vu de leur bêtise ou de la simple incompréhension.

La maturité des intervenant ne frappait pas tant dans le contenu des discours mais dans leur force tranquille, leur capacité à se focaliser sur des sujets et ne pas en dévier, la cohérence du message global concentré sur des propositions réalistes de réforme ne laissait pas de côté les motivations humaines.

Mais ces jeunes gens avaient quelques petites chose de plus à nous dire que l’urgence de la réforme des contrôles sur les armes à feu ou l’interdiction des armes de guerre. Edna Chafez sait combien la violence armée quotidienne ne se réduit pas aux plus spectaculaires tueries de masse. D’autres savent que les armes sont aussi la porte des violences sexuelles ou raciales, que la menace du possible tireur est là cachée dans votre tête quand vous passez vos examens, qu’elle peut pourrir en silence toute votre vie d’élève.

Non seulement ces enfants veulent agir. Ils ont quelque chose à nous dire, à nous rappeler plus tôt car en fait nous le savons déjà.

Et la politique dans tout cela ?

Ne disons pas trop des Républicains qui se sont peu exprimé en direct. Maroc Rubio, sénateur de Floride largement mis en cause par les élèves de Parkland en raison des fonds qu’il a reçu de la NRA s’est senti obligé de rappeler les règles de la vie démocratique dans un communiqué ambigu qui décrypté signifiait « Bravo mais la majorité au pouvoir c’est nous ». Du côté d’une Maison-Blance habituellement prolixe un communiqué manifestement pas rédigé par Donald Trump a applaudi l’usage du Premier Amendement, la liberté d’expression. Du côté de la Floride ou le président golfait, un petit tweet ?

Un tout petit peut-être ? Pas un tweet ?

Pas un depuis celui qui saluait la mémoire du lieutenant colonel français tué par un terroriste. Le contraste est assez saisissant. La jeunese envahit les rues. Le président joue au golf et parle à son ami Macron.

Du côté Démocrate ?

Une discrétion de bon aloi semblait de mise. Joe Biden s’est montré dans une des manifestation locale et n’a pas du se forcer pour se faire interroger par un journaliste confirmant qu’il est bien en pré-campagne en vue des présidentielles de 2020. D’autres signes montrent qu’il pourrait bien être actuellement le candidat centriste favori de la direction du parti mais ceci est une autre histoire. Barack et Michelle Obama ont émis un communiqué de soutien. Barack maintient sa position de chef plus ou moins officieux du Parti Démocrate. La présence systématique de Michelle serait-elle un indice de possibles intentions pour 2020?

Je n’ai pas vu de manifestation tapageurs des autres candidats putatifs (H.Heitkamp, K.Harris, C.Booker, B.Sanders,…).

Venons maintenant aux choses sérieuses. Que nous ont dit les jeunes gens qui menaient le bal ?

D’abord qu’ils savent faire de la politique. De la politique humaine basée sur les besoins et les sentiments des gens. Et sans perdre le nord ni la conscience de l’efficacité. Quand les jeunes de Floride chiffrent de manière spectaculaire le prix d’une vie à partir du montant des subventions de la NRA à Marco Rubio divisé par le nombre de morts dans l’état ils frappent juste. Ils démontrent les mécanismes de la corruption politique qui mine la démocratie et ils rappellent que l’élection peut être faite par les électeurs.

Le message était omniprésent : jeunes, nous allons voter. Nos classes d’âge se mobilisent peu (18 % d’après David Hogg un des orateurs) alors allons-y. Les élections sont en Novembre. Hogg a même invité les candidats qui ne feraient pas le nécessaire à préparer leurs CV. Son camarade de Parkland Ryan Deitsch a enfoncé le clou en proposant trois temps : R(egister), E(ducate),V(ote). Il voulait dire : inscrivez-vous, informez et finalement votez. Il a même l’espace d’un instant consterné la foule. Au début de son intervention centrée sur l’importance de l’éducation il commence à dire que devant l’impossibilité de rendre de nouveau l’Amérique sûre (Make America Safe Again en écho du Make America Great Again de Trump) il faut armer les professeurs. Mais il enchaine : les armer de crayons, de plumes, de cahiers, d’argent pour leurs familles, pour leur métier. Quasiment un programme politique.

Comment terminer sans écrire un mot de celle que vous avez tous déjà vue et que vous reverrez, Emma Gonzales. Vous savez, la petite traitée par je ne sais plus qui de « lesbienne skinnead ».

Elle commence par rappeler que la tuerie a duré 6 minutes et 20 secondes.
Puis elle dit la profondeur du traumatisme qui bouleverse pour toujours les vies de ceux qui sont soumis à de telles agressions. Elle enchaine avec la liste des morts de Parkland. D’abord des détails personnels puis simplement le nom suivi de « il ne fera plus ». Arrivée au dernier nom Emma se tait.
Les secondes passent.
Emma se tait.
Les minutes passent.
Emma se tait.
Les visages dans la foule se tendent.
Emma se tait.
Les secondes deviennent de plus en plus lourdes.
Emma se tait.
La foule tente de rompre le silence par des applaudissements.
Emma se tait.
La foule commence à scander « Never again ».
Emma se tait.
La foule vaincue se tait.
Emma se tait.
Le réalisateur ne sait plus quoi faire et filme ce qu’il peut.
Emma se tait.
Enfin une sonnerie au pupitre.
Emma : « Six minutes et 20 secondes se sont écoulées depuis que je suis arrivée sur scène. Le tireur cesse. Il jette son fusil et se fond dans la foule qui s’enfuit. Il reste libre une heure avant d’être arrêté. Protégez vos vies avant que ce ne soit le boulot de quelqu’un d’autre ». (traduction approximative de mémoire)
Emma sort et se jette dans les bras de ses camarades.

Emma Gonzales connait le poids du silence… et le prix de la vie.

Voici les discours les plus concrètement politiques entendus dans ce pays depuis longtemps, sur une scène plantée devant le Capitole auquel les orateurs pouvaient se référer d’un geste du bras. Ils ont soigneusement évité la division partisane. Ils n’ont même que marginalement et indirectement  fait référence au président. Le signe le plus évident de maturité politique pourrait bien se trouver là. Nous avançons des valeurs, des propositions. Nous ne jouons pas le jeu des oppositions d’appareils ou de coteries. De la vraie politique.

L’importance et le poids de ces « Marches pour nos vies » finalement ne réside pas, pas seulement, dans les nombres et la poids de la foule mais dans le message.

Pour info, mes liens de travail sur le sujet.

https://www.npr.org/sections/therecord/2018/03/15/593866152/music-and-protest-hand-in-hand-songs-of-the-student-walkouts

17/03/2018

https://www.thenation.com/article/why-are-schools-still-accepting-nra-money/

https://www.alternet.org/news-amp-politics/racist-origin-second-amendment-and-rise-black-gun-ownership

https://edition.cnn.com/2017/02/27/us/african-american-gun-club-trump/index.html //Brusque montée des gun-club noirs depuis l’élection

http://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/03/15/disagreements-about-trump-widely-seen-as-reflecting-divides-over-other-values-and-goals/

https://talkingpointsmemo.com/muckraker/fec-investigating-russia-funneled-money-nra

19/03/2018

https://www.theatlantic.com/technology/archive/2018/03/mail-postal-service-bombs/555440/

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/379099-kroger-to-no-longer-sell-magazines-that-feature-assault-rifles

https://www.vox.com/2018/3/19/17139366/austin-texas-bombings

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/19/17139590/austin-bombing-trump-terrorism

https://www.vox.com/vox-sentences/2018/3/12/17111676/vox-sentences-austin-package-explosions

https://thinkprogress.org/new-developments-austin-bombing-d1aff06228c2/

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/379452-austin-serial-bombing-suspect-dead-reports

22/03/2018

https://www.washingtontimes.com/news/2018/mar/22/spirit-airlines-apologizes-parkland-survivor-kyle-/

23/03/2018

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/19-years-before-parkland-columbine-students-tried-to-fix-americas-gun-problem/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/sandy-hook-rocked-their-town-now-these-high-schoolers-are-eloquent-angry-and-heading-to-d-c/

24/03/2018

https://www.washingtontimes.com/news/2018/mar/23/wizards-host-students-stoneman-douglas-ahead-march/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/melvin-graham/556433/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/christine-leinonen-brandon-wolf/556388/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/sarah-clements/556355/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/scarlett-lewis/556385/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/pardeep-singh-kaleka/556295/

https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/03/devorah-heitner/556394/

https://www.npr.org/2018/03/23/596103091/20-years-later-jonesboro-shooting-survivors-conflicted-over-parkland

http://thehill.com/homenews/news/379997-march-for-gun-control-takes-over-washington

esu.urssaf.fr/decla/index.html?page=page_empl_tableau_bord&LANG=FR //Complet sur les décès toutes causes/Sexe/Race/Causes

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/hundreds-of-thousands-of-people-will-march-against-gun-violence-today/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/this-is-what-some-parkland-students-and-their-families-did-in-dc-on-the-night-before-the-march/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/sandy-hook-rocked-their-town-now-these-high-schoolers-are-eloquent-angry-and-heading-to-d-c/ //Sandy Hook Wave
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/las-vegas-salt-lake-city-march-for-our-lives/ //Las Vegas.
https://www.thenation.com/article/how-to-join-the-movement-to-end-gun-violence-this-weekend-and-beyond/ //Au-delà du 24/03/2018
https://ceasefireusa.org //States United to prevent gun violence
http://defendlocal.com/home //Comme l’indique le nom
https://www.buzzfeed.com/maryanngeorgantopoulos/parkland-teens-organization?utm_term=.upALz5Ar5#.ullK8xgNx //Rien n’aurait été possible sans la préexistence de groupes déjà forts.

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/in-texas-and-maryland-white-killers-receive-more-sympathy-than-black-victims.html

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/380073-top-gop-donor-launches-gun-control-advocacy-group //Même eux sont obligés, mieux vaut prendre le train en route qu’être écarte du mouvement
http://thehill.com/homenews/administration/380018-trump-reverses-obama-era-rule-to-ban-bump-stocks //Même Trump l’a fait et Sessions a servilemnt suivi.
https://thinkprogress.org/nratv-watching-day-4b94086aa737/ //Quand la peur les saisit rien n’arrête les délires : la marche est un front socialiste pour détruire la constitution organisé par des violents, des anti-américains et des tueurs de flics.
https://www.alternet.org/monsignor-romeros-lesson-todays-students //De la « préférence pour les pauvre » à la question des armes à feu.
https://www.mediamatters.org/video/2018/03/23/fox-business-guest-criticizes-parkland-students-acting-they-re-bulletproof/219720 //L’incroyable menace à l’encontre des jeunes meneurs du mouvement.
http://www.gunviolencearchive.org/reports/mass-shooting //La liste mise à jour des « incidents »
http://thehill.com/homenews/administration/380090-trump-arrives-at-florida-golf-club-as-hundreds-of-thousands-march-on //Et pendant ce temps-là

https://thinkprogress.org/white-house-march-for-our-lives-statement-8d4b20499143/

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/380120-biden-surprises-anti-gun-violence-rally-in-delaware //Biden est en campagne

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/emma-gonzalez-is-responsible-for-the-loudest-silence-in-the-history-of-us-social-protest/

https://www.youtube.com/watch?v=l_RB_3Oqk7c //Emmea Gonzales
https://www.youtube.com/watch?v=kwpTPkQVJao //David Hogg’ speech political at length
https://www.youtube.com/watch?v=5gnepqtauWY //Ryan Deitsch Register Educate Vote

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/emma-gonzalez-is-responsible-for-the-loudest-silence-in-the-history-of-us-social-protest/++

https://www.vox.com/conversations/2018/3/23/17153678/march-for-our-lives-2018-columbine-parkland-survivors

https://www.thenation.com/article/the-adults-have-failed-so-students-are-leading-the-way/

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/march-for-our-lives-here-are-some-of-the-best-signs-from-the-demonstrations.html?via=homepage_taps_top //Rappelez-vous l’imagination de Mai
https://thinkprogress.org/david-hogg-marco-rubio-price-tag-5c87850acfae/ //1.05 $ le coût d’une vie entre la NRA et Marco Rubio

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/24/17160020/march-for-our-lives-naomi-wadler

Et pendant de temps-là à Washington…

La pression sur Donald Trump.

L’enquête menée par Robert Mueller  peut sembler l’éléments le plus visible de la pression sur le président mais n’est pas le seul. Le procureur spécial (special counsel) a multiplié les angles d’attaque. Les collaborateurs de la campagne électorale ont naturellement fourni le premier contingent des mis en cause avec Paul Manafort ou Rick Gates.

Aujourd’hui personne n’est à l’abri. Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, fragilisé par ses propres affaires financières et la légèreté qui lui a fait perdre ses accréditations pour les informations les plus confidentielles est très souvent cité comme un des prochains sur la liste. La mise au jour des liens nombreux entre l’entourage passé et présent du président et les milieux d’affaires ou politiques russes a rendus vulnérables beaucoup de gens mais a également eu un effet inattendu sur les commentateurs, même à gauche.

The Intercept, organe peut-être le plus intéressant des organes critiques de Donald Trump et de la droite Démocrate a abandonné son scepticisme initial quant à la pertinence de la piste russe. De même Truthdig dont les liens avec Russia Today sont connus, par l’intermédiaire de Chris Hedges par exemple, a du admettre que le sujet de l’ingérence russe méritait attention. Cette évolution présente d’ailleurs des dangers que Chris Hedges justement vient de rappeler dans un papier à lire : se focaliser sur l’ingérence russe nous fait dévier le regard de l’essentiel qui demeure le danger incarné par Donald Trump et les dérives du pouvoir aux États-Unis d’Amérique. Dérives qui ne datent pas du reste de son élection.

L’attention des enquêteurs s’est aussi portée sur les affaires de la famille Trump. Cela devrait aux dires du principal intéressé constituer une ligne rouge à ne pas franchir. Pourtant malgré l’accélération des attaques ces derniers jours aucune manœuvre  directe contre Mueller n’a pour l’instant été lancée. Cela ne veut pas dire que la machine à rancœurs ne bouillonne pas sous la célèbre chevelure.

Le dernier front ouvert, un peu inattendu, quoique …, est venue des frasques sexuelles de Donald Trump. La bataille judiciaire autour du témoignage de l’actrice de films « pour adultes » Stormy Daniels prend assez d’ampleur pour avoir amené au moins une autre victime prétendue, Sommer Zervos, a entamer une procédure. Comme on le sait depuis longtemps le seul risque sérieux pour Donald Trump serait de perdre le soutien d’une partie significative de son électorat qui lui retirerait le soutien du Parti Républicain. Ce n’est pas actuellement le cas. Même si ce gendre d’affaire le fragilise auprès de la base religieuse pour l’instant  elle tient bon.

Tara Golsham de Vox a interrogé plusieurs parlementaires Républicains sur leur attitude au cas où Trump déciderait de limoger Mueller. Les réponses vont d’un éloquent silence à une opposition ferme mais prudente du genre « c’est une hypothèse d’école car l’enquête n’aboutira pas » en passant par « il le dit mais ne ne veut pas le faire ».  Même les oppositions les plus fermes des derniers jours comme celle  de Lindsay Graham se modèrent.

Si les rumeurs laissent entendre que Trump ne rêve que de virer Robert Mueller pour l’instant on assiste plutôt au déploiement de multiples tactiques contre le procureur.

Les tactiques anti-Mueller.

L’impatience de Donald Trump se manifeste de plus en plus dans ses tweets. Elle maintient la pression et surtout l’idée de la possibilité d’un limogeage proche du procureur. En fait juridiquement les choses sont plus compliquées. La chose a déjà été expliquée à maintes reprises. En principe seul Rod Rosenstein à la possibilité de mettre fin à la mission de celui qu’il a nommé. Pour passer outre Trump devrai nommer un nouveau Ministre de la Justice à sa botte. Plus le temps passe et plus cela sera politiquement difficile et plus la confirmation par le Sénat sera compliquée. Ce n’est donc pas la bonne voie. De plus Mueller parti n’empêche pas les résultats au moins actuels de l’enquête d’exister et d’être présentés à leur commanditaire et éventuellement au Congrès. Dans l’atmosphère actuel des fuites seraient très probables et encore plus catastrophiques qu’une révélation organisée.

Les parlementaires  Républicains se sont mis à l’œuvre sur une autre ligne : dévalorise l’enquête en annonçant qu’elle n’avance pas, n’aboutira à rien et constitue un gâchis d’argent public.

Toutes les manœuvres qui tentent de gagner du temps permettent à leurs auteurs d’espérer soit un événement majeur qui détournera l’attention soit une erreur de procédure de la part des enquêteurs qui invalide leur travail.

Dans la même veine on assiste depuis quelques jours à une offensive qui vise directement Robert Mueller que les médias les plus trumpistes cherchent à discréditer personnellement. Ceci vient en annexe de l’offensive contre Andrew McCabe qui vise aussi sinon surtout à discréditer James Comey, son ancien patron, qui doit prochainement publier un livre relatant sa visions des événements qui ont conduit à sa propre éviction de la tête du FBI.

De plus en plus de voix se lèvent pour réclamer un second procureur spécial qui enquête sur les erreurs du FBI et de la Justice dans les investigations sur Hillary Clinton et l’ingérence russe. En bref un second procureur pour enquêter sur le premier et jeter le doute.

En plus de l’annihilation des résultats de  l’enquête ces actions cherchent à gagner du temps car nous sommes maintenant à un peu plus de sept mois des élections de mi-mandat et plus ou moins en campagne électorale permanente. Si les Républicains parviennent à les atteindre sans catastrophe et à ne pas perdre la Chambre des Représentants Trump est à peu près certain de sauver sa peau. Si les Démocrates prennent la Chambre sans gagner la majorité  du Sénat le pays pourrait bien être dans un état ingouvernable d’où  peut sortir n’importe quoi, y compris une destitution car quelques Républicains pourraient bien tourner casaque en cas de panique, préférant leur parti et leur propre sauvegarde à un président qui les plombe.

Nous sommes depuis un an habitués à une incertitude dont le principal facteur se nomme Donald Trump. Il  a le pouvoir de précipiter les évolutions en prenant des décisions inattendues. Sans doute ne faut-il pas trop y compter car jusqu’à présent il a toujours su naviguer entre les écueils. D’autre part ses décisions les plus dramatiques pourraient nous concerner tous directement s’il devait se réfugier dans une fuite en avant guerrière en Extrême ou Proche Orient.

 Les félicitations de Donald Trump à Poutine.

Le Kremlin a commencé par un rappel à l’ordre ironique disant qu’il n’est pas « inamical » que la Maison-Blanche n’ait pas félicité Vladimir Poutine pour sa victoire. Ainsi provoqué Donald Trump s’est empressé  de faire cavalier seul et de décrocher son téléphone pour s’exécuter. Il a aussitôt déclenché un (petit) flot de protestations de la part de son propre parti comme celle de John McCain qui reste fidèle à son nationalisme intransigeant ou de Chuck Grassley qui ne manque pas l’occasion de marquer son originalité.

Il a aussi provoqué des sourires quand on a appris que les consignes passées en majuscule par ses assistants disaient « NE PAS LE FELICITER ».

La fuite de cette consigne non suivie par Trump a provoqué l’ire du président et de son chef de cabinet (chief of staff) qui pensaient avoir réussi à verrouiller le petit personnel.

La réprobation  des Républicains est la plus visible mais les Démocrates ne sont pas en reste ni les dirigeants étrangers dans la phase actuelle de levée générale de boucliers après l’empoisonnement d’un ex-agent russe au Royaume-Uni.

Les primaires, première phase d’élections cruciales.

Nous sommes entrés dans la saison des primaires, début de la campagne électorale qui ne cessera pas d’ici au jour de l’élection en Novembre. Hier l’Illinois n’a pas failli à sa réputation d’état un peu imprévisible. La compétition pour le fauteuil de gouverneur devrait opposer un millionaire Républicain à un milliardaire Démocrate. Quel monde merveilleux. La primaire la plus attendue a vu le succès étriqué d’un Démocrate anti-avortement, anti-gay mais traditionnellement soutenu par les syndicats.

Le contexte électoral d’après les études d’opinion se présente de manière très contradictoire. La cote personnelle de Donald Trump est en remontée continue depuis deux semaines alors que les Démocrates gagnent les élections (Pennsylvanie) et sont assez bien placés dans les sondages. Cet équilibre instable peur difficilement se maintenir. Il fait partie des facteurs qui pourraient influer sur les réactions de Donlad Trump ou sur les décisions des responsables Républicains.

L’objectif à très court terme des parlementaires revient comme en Janvier et Février. La loi de finances définitive n’étant pas votée le gouvernement est de nouveau menacé de manquer d’argent (shutdown) dans quelques jours. Il semble qu’un accord soit trouvé entre les deux partis. Les Démocrates ne se hasarderont plus à jouer l’affrontement. Ils ont grappillé quelques miettes comme un possible refinancement des études sur les conséquences de santé publique des armes à feu par le Centre for Disease Control. Le plus grand perdant symbolique pourrait être le Mur Trumpien qui ne serait pas compris dans l’accord. Le montant global de 1300 milliards de dollars comprendrait 641 Millions de dollars pour lla construction de barrières légères et 1,3 Milliards pour des investissements en technologies de protection sur la frontière mais rien pour la construction en dur. La Maison-Blanche espérait la première étape d’une provision de 25 Milliards de dollars pour un vrai beau et grand Trumpian Wall.

La restructuration du camp Démocrate et le partage des tâches entre le camp progressiste et le camp centriste semblent être en voie de stabilisation mais constituent une autre histoire qui mérite un billet en propre.

 

Pour info, mes liens de travail :

19/03/2018

http://thehill.com/policy/national-security/379109-house-gop-threatens-to-subpoena-doj-for-fbi-records-on-clinton-probe

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/we-just-found-out-about-another-federal-investigation-into-russian-meddling/

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/19/17138600/trump-nondisclosure-agreement-stormy-daniels //La légalité face au Premier Amendement reste à voir.
https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/19/17137212/donald-trump-rule-of-law-mccabe-firing-former-fbi-director //Il n’y a pas que Mueller.
https://slate.com/news-and-politics/2018/03/jared-kushner-dad-met-qatar-finance-minister-but-all-good.html //Ca continue

https://www.salon.com/2018/03/19/aclu-donald-trumps-white-house-non-disclosure-agreements-unconstitutional/

http://prospect.org/article/muellers-firing-getting-closer-every-day

https://newrepublic.com/minutes/147533/congressional-republicans-failing-mueller-test

https://newrepublic.com/article/147548/trump-isnt-army-one

https://thinkprogress.org/trump-doctors-quote-to-smear-comey-mueller-81e654762560/ //Tous azimuts contre Comey
http://notrumpmilitaryparade.us //Stop the Trump military parade

https://www.alternet.org/news-amp-politics/robert-muellers-latest-subpoenas-have-trump-considering-drastic-measures-report

20/03/2018

https://www.npr.org/sections/thetwo-way/2018/03/20/595136020/bomb-destined-for-austin-explodes-at-fedex-hub-near-san-antonio

http://thehill.com/homenews/house/379228-gop-leaders-back-second-special-counsel

http://thehill.com/homenews/the-memo/379230-the-memo-republicans-fear-disaster-if-trump-fires-mueller

http://thehill.com/regulation/court-battles/379246-progressive-group-launches-anti-trump-we-the-constitution-campaign

http://thehill.com/policy/international/379254-kremlin-says-it-wasnt-unfriendly-for-trump-not-to-congratulate-putin-on

https://theintercept.com/2016/04/11/blackwater-founder-erik-prince-drive-to-build-private-air-force/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/cambridge-analytica-undercover-video-alexander-nix/ //CAmbridge Analytica va plus loin que l’étude des comportements des électeurs
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/cambridge-analytica-was-a-perfect-fit-for-donald-trump/ //More of the same
https://www.vox.com/world/2018/3/19/17139490/mueller-trump-russia-final-report //Why it may never came to light

https://www.salon.com/2018/03/19/evangelicals-flock-to-trump-as-he-weathers-stormy-daniels-scandal/

https://www.nytimes.com/2018/03/18/us/cambridge-analytica-facebook-privacy-data.html

http://prospect.org/article/putin-trump-and-cold-war-ii //La gauche doit-elle être va-t-en-guerre ?

https://newrepublic.com/article/147559/cambridge-analytica-shady-facebook-shadier

https://thinkprogress.org/austin-texas-fifth-bombings-82569bd40fb8/

https://thinkprogress.org/trump-opioid-speech-treatment-f7374cb87c02/

https://thinkprogress.org/trump-hawaii-republican-party-disappearing-charles-djou-c167241d072c/

https://thinkprogress.org/trump-aides-cambridge-analytica-872e244f5c83/ //Lewandoski et Bannon
21/03/2018
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/quote-of-the-day-nice-work-vlad/ //DO NOT CONGRATULATE

https://www.salon.com/2018/03/21/that-putin-phone-call-once-again-trump-acts-like-a-man-held-captive/

https://www.alternet.org/news-amp-politics/trump-ignored-all-caps-warning-his-presidential-daily-briefing-not-congratulate

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/379475-hannity-rips-muellers-career-anything-but-impeccable

http://thehill.com/homenews/house/379468-omnibus-to-include-641m-in-funding-for-non-concrete-border-barrier

http://thehill.com/homenews/administration/379462-trump-cites-dershowitz-argument-that-special-counsel-never-should //Maintenir la pression.
http://thehill.com/homenews/house/379460-gop-lawmaker-we-might-need-to-build-a-wall-between-california-and-arizona // La folie serait contagieuse ?

http://thehill.com/homenews/senate/379339-mccain-rips-trumps-congratulatory-call-to-putin-as-insult-to-russian-people

http://thehill.com/homenews/senate/379499-grassley-trumps-call-to-criminal-putin-was-inappropriate

http://thehill.com/homenews/senate/379339-mccain-rips-trumps-congratulatory-call-to-putin-as-insult-to-russian-people

http://thehill.com/homenews/administration/379484-cnn-trump-kelly-furious-after-leak-trump-was-told-not-to-congratulate

http://thehill.com/homenews/media/379509-trump-calls-author-of-book-aimed-at-debunking-fire-and-fury

http://thehill.com/homenews/house/379515-spending-deal-is-imminent-leaders-say

http://thehill.com/homenews/administration/379396-trump-faces-backlash-after-congratulating-putin-on-election-win

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/21/17143954/republican-senators-congress-special-counsel-fire-mueller

 

 

Pompeo, Parkland, Pennsylvanie, le jour des P.

Parkland un mois après.

Il y a un mois 17 jeunes gens tombaient dans leur école de Parkland en Floride. Le mouvement lancé par les jeunes rescapés a donné plusieurs mots d’ordre. Le premier prenait effet aujourd’hui. Tous les 14 du mois on sort des écoles pour manifester pendant 17 minutes. Mother Jones publie une série de photos et vidéos.

Les Démocrate n’ont pas manqué l’occasion de se montrer aux côtés des jeunes qui sont des électeurs potentiels en Novembre. D’ailleurs s’inscrire fait partie des consignes du mouvement des jeunes.

La santé du mouvement semble bonne et laisse espérer le succès de la manifestation prévue  la fin du mois.

Alors que les Républicains tentent d’éluder la question des armes à feu et que Trump s’accroche à l’armement des enseignants on apprend qu’un prof pourtant officier de réserve et formé a tiré par erreur dans sa classe, sans faire de victime heureusement.

Pompeo, bourreau de l’accord iranien.

Donald Trump est donc allé chercher son ministre des Affaires Étrangères chez les frères Koch. Mother Jones a publié il y a quelques années un numéro spécial sur les frères Koch que l’on peut peut-être encore trouver. Tillerson, ex-patron d’Exxon-Mobil était plus attentif à la stabilité à la long terme des marchés du pétrole. Comme veut le montrer Juan Cole les Koch sont plus motivés par les profits immédiats possibles avec le renchérissement du pétrole au cas où l’Iran serait frappé de sanctions. Au passage remarquons que cela ne déplairait pas aux russes.

La familiarité de la famille Koch avec le pétrole ne date pas d’aujourd’hui. Le père aurait déjà  mis les doigts dans les raffineries nazies.

Pennsylvanie, ce n’est pas l’Alabama.

L’élection du démocrate modéré Conor Lamb, issu d’une bonne famille Démocrate de Pittsburgh, avec environ 600 voix d’avance est un camouflet pour la famille Trump qui s’y est lourdement investie, Donald, Ivanka et Donald Junior.

Cette circonscription a été emportée par Trump en 2016 avec 20 points d’avance. Evidemment il ne s’agit pas d’un basculement de 20 points vu les conditions et la participation.

Si Conor Lamb a fait une campagne positive sur les thèmes sociaux, Medicare, Medicaid plutôt que contre Trump il a voulu montrer un profil d’indépendant sur les armes à feu.

Le désarroi des Républicains se lit dans les réactions de Paul Ryan pour qui Lamb ca fait campagne comme une « conservateur » ou de l’émission favorite de Donald Trump pour qui Lamb a gagné parce qu’il est « mignon ».

En Novembre les élections se tiendront dans des circonscriptions plus favorables aux Démocrates à la suite d’un  décision de la Cour Suprême de l’état qui a jugé illégal le découpage des Républicains. Ces élections de mi-mandat avec la menace d’une destitution au-dessus de la tête de Trump pourraient être parmi les plus importantes de l’histoire du pays.

Modification à 20h50

Cette élection pourrait bien être la défaite la plus chère pour les Républicains qui ont dépnsé plus de 9 Millions de dollars et démontré par l’absurde la stupidité d’un système électoral où l’argent coule sans retenue.

Il n’aura pas fallu plus de quelques heurs pour qu’un ponte Républicain ressorte des oubliettes la fraude. Ces gens-là ne peuvent pas perdre.

Quelques réflexions après le limogeage de Tillerson

Nous avons eu droit à la comédie habituelle qui est la marque du style de gouvernement de Donald Trump, si tant est qu’on puisse appelé cela gouvernement. L’adjoint de Rex Tillerson, Steven Goldstein, est devenu un dégât collatéral du licenciement de son patron. Il a annoncé que Tillerson avait appris la décision par le tweet du président et qu’il n’était pas d’accord. Il a donc été lui aussi remercié. D’autres informations semblent montrer que Tillerson avait été approché par le « chef de cabinet »  (chief of staff) de la Maison-Blanche John Kelly en fin de semaine de la volonté du président de ne pas le garder. Il aurait souhaité temporiser et revenir à Washington. On avait d’ailleurs remarqué que Tillerson était tombé malade en cours de voyage diplomatique  et avait annulé ses réunions avec les responsables africains. Savait-il déjà qu’il n’était virtuellement plus ministre ?

Son soutien à Teresa May contre la Russie a été très remarqué ainsi que son discours d’adieu dans lequel il a redit le danger présenté par la Russie, exposé une politique étrangère contradictoire avec celle de Donald Trump et jamais prononcé le nom du président.

Les noms des personnes impliquées dans le petit jeu de chaises musicales induit sont intéressants.. Mike Pompeo remplace Tillerson. Mathieu Magnaudeix a exposé  ce qui convenait de dire à son sujet, sa ressemblance avec Trump, la proximité de leurs vues et ses liens les frères Koch qui incidemment possèdent de nombreux intérêts dans le monde, hors de leur pays. Mais ces dernières semaines on entendait parfois d’autres noms comme ceux de McMaster, le général conseiller du président à la Sécurité Nationale ou John Bolton, l’ancien ambassadeur à l’ONU de Georges W. Bush. Trump a naturellement préféré un politique à McMaster, faucon mais militaire compétent moins malléable et qui a eu le tort de dire après les récents progrès de l’enquête sur l’ingérence russe qu’elle est indéniable. Bolton, diplomate aguerri de même aurait pu être encombrant dans la phase politiquement agitée qui se profile mais surtout professe des positions très dures sur la Corée incompatibles avec la ligne actuelle de dialogue que Trump a pour l’instant récupérée (mais cela durera-t-il?).

Le départ de Pompéo de la CIA a posé la question de son remplacement. Il y a peu à dire de plus sur la remplaçante qui va faire face, espérons-le, à une procédure de confirmation difficile au Sénat vu ses antécédents de tortionnaire. Mais c’est une surprise car beaucoup de gens voyaient à ce poste une des stars montantes de la droite Républicaine, Tom Cotton, particulièrement virulent sur l’immigration. On évoque 3 raisons possibles pour que Cotton n’ait pas eu le poste.

La majorité Républicaine au Sénat est fragile, prendre un risque a pu effrayer.
Cotton lui-même a pu préférer ne pas se lier avec  un pouvoir dont l’avenir est incertain.
Car il prépare à coup sûr sa propre candidature à la présidence. Les ennuis de Trump l’obligent à anticiper et à être prêt pour 2020 si besoin. Coincé à la CIA il aurait été politiquement muselé. Il sera intéressant de le suivre de près surtout après les élections de Novembre.

Peut-on voir clair dans le brouillard russe de la Maison-Blanche-3

L’histoire à épisodes des relations entre la Russie et la galaxie Trump lors de la campagne électorale mais aussi avant et après devient de plus en plus confuse. La méthode Trump qui consiste à lancer des bombes dans le débat dès qu’il en voit l’occasion alimente cette confusion. Tenter d’y voir plus clair devient dès lors un nécessaire défi mais oblige à prendre le risque de simplifier à outrance comme le montre cet article de Salon où Lucian Truscott IV voit le mot Russie écrit partout. La connexion russe a pris une telle importance que Mother Jones lui a consacré un site spécialisé (en fait un projet précédent incorporé par MoJo).

Au risque donc de trop simplifier essayons de démêler la pelote brin à brin pour identifier les filières qui relient Donald Trump et son entourage au pouvoir et à l’argent russe ou pétrolier. Pour ce faire il nous faut remonter bien avant la campagne électorale de 2016. Le projet de se présenter existait chez Donald Trump bien avant. Il a même tenté l’aventure en 2000 avec le Reform Party, une sorte de troisième parti de la droite aux côtés du Parti Républicain et des libertariens. J’avais tendance à penser en 2016 qu’il y avait peut-être du bluff dans sa candidature, qu’elle n’était pas vraiment sérieuse et que le succès des primaires avait fait la décision. J’ai changé d’avis mais cela n’a aucune importance. L’ensemble de la trajectoire et des remarques incidentes lâchées ici ou là semblent montrer un projet de long terme bien cohérent avec l’égocentrisme du personnage qui se voit réellement la personne la plus qualifiée du monde.

Tentons donc d’organiser la réflexion en dégageant des filières spécifiques de relations entre les deux camps. Nous devrons nous poser la question de ce que recherchent les parties dans cette aventure. Du côté trumpien on cherche deux choses : des appuis pour gagner l’élection mais aussi sans doute éventuellement de l’argent. En face le pouvoir poutinien cherche à renforcer sa puissance et à faire abolir les sanctions qui frappent la Russie. Pour cela il a besoin soit d’affaiblir les autres puissances de premier ordre et soit de s’en faire des alliés.

Pour chaque filière on tentera de dégager le acteurs de chaque bord et les intermédiaires. Bien que l’histoire ait sans doute de ramifications antérieures le point de départ logique se trouve à Moscou en 2013 quand Donald Trump assiste au concours Miss Univers.

La filière Trump-Miss Univers.

Donald Trump à acheté des années plus tôt le concours Miss Univers. Cela n’étonne personne. En 2013 la finale du concours se déroule à Moscou. David Corn et Michael Isikoff racontent cette histoire en détails. Donald Trump ne passe que deux jours à Moscou en raison de projets antérieurs (en fait sans doute la préparation de sa candidature à la présidence qu’il a déjà en tête). Pourquoi cet intérêt pour Moscou ? Trump toujours avide d’argent a identifié la Russie des oligarques comme un endroit favorable. Il pense donc à y développer des projets d’hôtels de luxe dans la lignée de la Trump Tower. Tout le temps de son séjour Donald Trump attendra la venue de Poutine. Il se fera balader par les russes sans en prendre ombrage mais recevra plus tard une lettre du président russe portée par un proche, lettre dont on ignore le contenu. Les sanctions occidentales contre la Russie en 2014 suite à la capture de la Crimée font avorter tous les projets. Trump peut en concevoir du ressentiment pour les affaires disparues et l’argent perdu et de là souhaiter démanteler les sanctions.

Les Trumpiens : Donald Trump lui-même et sa fille Ivanka dans un second temps en 2014.

Les Intermédiaires : Rob Goldstone, publicitaire britannique a contribué à organiser le concours à Moscou. Aras Agalarov et son fils Emin ont joué les relais avec le pouvoir russe. Le père de cette famille azéri est un oligarque du bâtiment et travaux publics proche de Poutine pour qui il a mené des projets de construction et d’aménagement. Felix Sater, un obscur aventurier tous azimuts semble avoir joué un rôle secondaire.

Les Russes : si Poutine reste en retrait il intervient par personnes interposées, en particulier son porte-parole Dimitri Peskov qui jouera les téléphonistes pour Poutine avec Trump, y compris pour lui faire avaler que Poutine ne vient pas assister au concours du fait d’une obscure histoire d’embouteillage très peu crédible.

Cette filière importante car peut-être fondatrice des relations Trump-Russie ne semble pas avoir apporté de conséquences directes sur la campagne mais montre un intérêt réciproque (si pas symétrique).

La filière NRA.

Venue de plus loin cette filière n’est pas initialement connectée à la galaxie Trump. L’opportunisme leur permettra de se retrouver car la partie russe comprendra rapidement où se trouve son intérêt. La NRA ayant contribué à un niveau inhabituel à la campagne électorale de 2016, 52 Millions de dollars dont 30 Millions pour Donald Trump la question de l’origine des fonds est posée. La contribution de la NRA à la campagne de Mitt Romney quatre ans plus tôt se montait à moins de la moitié. Le sénateur Démocrate de l’Oregon, Ron Wyden, a posé des questions écrites à ce sujet en tant que parlementaire dont on attend les réponses.

L’histoire commence en 2011 avec la création d’un groupe susse homologue de la NRA par une toute jeune femme Maria Butina. Elle et Alexander Torshin nouent des liens avec les dirigeants de la NRA. Butina et Paul Erikson créent plus tard une société à responsabilité limitée (LLC) en principe pour gérer le financement des études de Butina aux États-Unis d’Amérique. Peu avant l’entrée en campagne de Donald Trump Butina échange des messages avec lui et de futurs collaborateurs de la  campagne  (le shériff Clarke et Michael Flynn) nouent des liens avec les correspondants russe de la NRA. Torshin et devient vice-gouverneur de la banque centrale de Russie.

Les Trumpiens : Donald Trump Junior.

Les Intermédiaires :  Paul Erikson, Républicain du Sud Dakota et plusieurs membres de la NRA.

Les Russes : Maria Butina, Alexander Torshin est soupçonné de liens avec des organisations mafieuses et de blanchiment d’argent par les autorités espagnoles.

Cette filière peut avoir éventuellement véhiculé des fonds entre les parties avec de nombreux intermédiaires pour obscurcir les trajets mais surtout les nombreux contacts on été l’occasion d’échanges qui ont pu être utilisés par la campagne Trump. Elle facilite le rapprochement idéologique des individus.

La filière Wikileaks.

Le canal Wikileaks est actif au moins durant durant les phases finales de la campagne en 2016. Le camp Trump attend essentiellement de cette filière des informations contre Clinton. En fait c’est de James Comey que viendra le coup fatal qui selon les sondages semble bien avoir fait basculer l’élection, sans doute plus ou moins à son corps défendant. Les dates marquantes sont la publication par Wikileaks à partir de Juillet 2016 des emails dérobés, peut-être par des hackers russes à la Commission Nationale Démocrate. Wikileaks a maintenu le doute sur une révélation définitivement infamante pour Clinton et donc infligé à la campagne une pression qui s’est au final révélée infondée. A partir du 20 Septembre 2016 Doinald Trump Junior est le destinataire de messages de Wikileaks qu’il semble ignorer le plus souvent. Le camp Trump disposant d’autres canaux de communications avec le groupe de Julian Assange cette discrétion est sans doute purement tactique.

Les Trumpiens : Donald Trump Junior. Roger Stone.

Les Intermédiaires : Dana Rohrabacher, député Républicain de Californie. Randy Credico, animateur de radio qui est supposé avoir servi d’intermédiaire entre Roger Stone et Wikileaks. Interrogé il a utilisé le Cinquième Amendement pour ne pas répondre.

Les Russes : hackers russes (?).

Nous n’avons pas là affaire à un canal de communications direct entre la campagne Trump et les russes mais à un canal opérationnel à trois partenaires de manipulation de l’élection appuyé possiblement par les russes.

La filière Erik Prince-Emirat-Seychelles.

Pourquoi deux habitants des Émirats Arabes Unis qui se connaissent se donneraient-ils rendez-vous aux Seychelles ? C’est pourtant ce qu’ont fait en Janvier 2017 le le prince héritier des EAU, Mohamed bin Zayed (et souverain de fait) et Erik Prince, conseiller occulte de Donald Trump et frère de sa ministre de l’Éducation.  En fait la rencontre fait suite à d’autres. A Moscou le 18/12/2016 Carter Page, collaborateur de Donald Trump pour les questions internationales a rencontré le porte-parole de Poutine, notre vieille connaissance Peskov. Le 13/12/2016 l’ambassadeur de Russie Kislyak est reçu à la Trump Tower. Le 15/12/2016 le prince Zayed rencontre à la Trump Tower Jared Kushner, Michael Flynn et Steve Bannon. Le prince contrairement aux usage n’a pas déclaré son voyage aux autorités. Si un accord de collaboration a été conclu il aurait bien pu l’être à ce moment-là sans attendre un rendez-vous bizarre en Janvier dans un lieu insolite. En janvier par contre Kiril Dmitriev, PDG d’un fonds d’investissement souverain russe fait partie de la réunion organisé par Nader, le conseiller financier du prince emirati. Cette réunion ressemble beaucoup plus à une réelle réunion de travail. A-t-on parlé sanctions ? A-t-on parlé argent ? Peut-être Nader interrogé par l’équipe Mueller apportera-t-il quelque lumière sur ce sujet.

Cela s’ajoute à la réunion maintenant fameuse organisée à la Trump Tower où se sont rencontrés Kushner, Donald Junior, Paul Manafort du côté Trump et les Agaralov père et fils et Natalia Veselnitskaya, avocate réputée proche du Kremlin. On ne connait pas le contenu des échanges que la Maison-Blanche a d’ailleurs tenté de maquiller mais le bruit autour ce jour peut aussi servir de leurre.

Les Trumpiens : Erik Prince, Jared Kushner, Michael Flynn, Carter Page.

Les Intermédiaires : Mohamed bin Zayed, prince héritier des Emirats Arabes Unis. Georges Nader, à l’époque conseiller financier du prince.

Les Russes : Kiril Dmitriev, PDG du RDIF (Russia Direct Investment Fund) un fonds d’investissement russe, bras financier armé de Poutine et filiale de la VEB, banque d’état sous sanctions occidentales à partir de 2014,  Natalia Veselnitskaya, avocate.

Et maintenant.

On  constate que les liens sont nombreux et que les participants aux différentes réunions sont proches de Donald Trump, et qu’ils se retrouvent dans les différentes filières. Donald Junior dont le rôle est sans doute en général sous-estimé au profit de sa sœur plus médiatique, Jared Kushner évidemment concerné par les aspects financiers des discussions, et Michael Flynn qui va ensuite se retrouver en première ligne et plaider coupable auprès de Mueller.

On peut comprendre que tout le monde ne dorme pas tranquille à la Maison-Blanche en attendant une bévue du procureur spécial.

 

 

 

Mes liens de travail pour ceux que cela intéresse :

03/03/2018

http://thehill.com/homenews/administration/376534-the-memo-white-house-reels-after-week-of-upheaval

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/a-series-of-revelations-about-jared-kushner-have-added-further-credence-to-a-key-claim-of-the-steele-dossier.html //L’affaire Kuschner
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Après Parkland, L’esquive Républicaine continue

Les propositions de la Maison-Blanche, et donc de Donald Trump, sur les moyens d’éviter les fusillades meurtrières étaient très attendues, en particulier vu le conflit apparent entre les idées émises par le Président et celles généralement promues par son parti.

La tactique de Trump consiste principalement à esquiver. Il ne traite pas des risques généraux liés aux armes à feu mais prétend traiter spécifiquement la question de la sécurité des écoles. La manœuvre pourrait être d’autant plus habile que les jeunes rescapés de Parkland et toute la jeunesse sont en pointe dans le débat actuel dans le pays. Trump apparait aussi cohérent depuis le début de l’affaire avec la proposition d’armer les enseignants et d’autres personnels scolaires. Mais, prudent, il ne propose par pour l’instant de mesure précise. Il a confirmé son soutien à la mesure ainsi qu’à l’extension du contrôle des antécédents des acheteurs d’armes à feu. Il se défausse par ailleurs en encourageant les états à passer des lois pour interdire temporairement l’accès aux armes des personnes jugées dangereuses.

Mais la cerise sur le gâteau c’est la seule mesure concrètement mise en place : la création d’une commission chargée d’élaborer les mesures de sécurisation des établissements scolaires. Cette commission sera présidée par la ministre de l’Éducation, Betsy DeVos. Quand on sait qu’elle est la sœur d’Erik Prince, patron d’une société de mercenaires à qui Trump envisage peut-être de sous-traiter des opérations militaires, on ne sait plus s’il faut rire ou pleurer.

Après Parkland, les Républicains à l’œuvre.

Le site FiveThirtyEight, spécialiste des études d’opinion a réalisé une synthèse  des sondages. L’évolution est assez nette car le sursaut constaté après chaque drame perdure. 66% des personnes soutiennent la mise en place de lois plus strictes. 76% le passage à 21 ans l’âge de la possession d’armes. 87% la mise en place systématique de contrôles des antécédents des acheteurs. 87% l’interdiction d’achat aux personnes souffrant de maladie mentale. Seulement 42% soutiennent l’idée d’armer les enseignants. 62% approuvent l’interdiction des « armes de guerre » (assault weapons). Et 67% l’interdiction au grand public des chargeurs de grande capacité (reste à déterminer la limite d’une grande capacité). Il y a même 10% pour soutenir l’idée de  l’interdiction totale des armes à feu au public.

En Floride

Après une farce Samedi dernier au Sénat de Floride les assemblées de l’état où s’est produit la fusillade de Parkland ont fini par prendre le taureau par les cornes. Elles ont voté une législation qui passe l’âge pour la possession d’arme à feu à 21 ans  et un délai obligatoire suffisant pour attendre la résolution des contrôles d’antécédents. L’armement de personnel non-enseignant des écoles est également facilité. Les amendements proposés par les Démocrates minoritaires ont tous été rejetés. Le Sénat a voté à 20 contre 18, la Chambre à 67 contre 50. Le gouverneur Républicain,, Rick Scott, a signé la loi « à la Trump » et mis en scène autour de lui des familles des victimes de Parkland. Si la loi est jugée comme une sorte de simulacre par les Démocrates qui ne l’ont pas votée elle a quand même provoqué une riposte de la NRA  qui a attaqué en justice la loi à peine votée. Le spectacle est encore plus drôle quand on sait que 67 Républicains qui l’ont votée sont eux-mêmes notés A ou A+ par la NRA. Le détail des appréciations des parlementaires de Floride par la NRA est donné ici par The Trace. Cette confusion dans les esprits Républicains qui se sont sentis obligés d’agir au moins de manière symbolique montre l’importance de l’évolution en cours qui n’a sans doute pas été provoquée par la seule fusillade de Parkland mais chemine souterrainement dans la société au moins depuis Sandy Hook.

A Washington.

Les Républicains et Donald Trump semblent en net désaccord sur ce sujet mais dans la pratique la décision du président de légiférer par voie administrative, décrets présidentiels et réformes procédurales opérées par le Ministère de la Justice rencontre le souhait de tous de na pas aller trop vite et trop loin. Sans doute en espérant que comme d’habitude l’émotion retombe d’elle-même et l’on puisse retourner aux affaires habituelles. A six mois d’ élections de mi-mandat que la plupart des médias présentent comme difficile pour le Grand Old Party la prudence est de mise avec un électorat Républicain balloté en tous sens par un président instable.

Le Ministère de la Justice a donc annoncé mettre en chantier une réforme qui interdirait les mécanismes qui transforment les armes ordinaires en semi-automatiques (bump stocks). La méthode utilisée est symptomatique. On procède par voie essentiellement administrative en faisant rentrer ces dispositifs dans la catégorie des armes automatiques (machine guns)  qui sont en principe déjà sous le coup d’une interdiction au public. Ainsi on évite le débat parlementaire. Le bénéfice est double. La question n’est pas agitée devant l’opinion et le Congrès paut passer à autre chose. Il faut dire que le Coongrès a une priorité. Le gouvernement n’a toujours pas de budget définitif. L’arrangement trouvé début Février doit être renouvelé. On semble devoir se diriger vers la fin du feuilleton budgétaire car les Démocrates n’ont plus guère dde cartouches à tirer. Ils ont apparemment renoncé même à intégrer dans le débat les sujets qu’ils disaient prioritaires il y a quelques semaines : l’avenir des immigrants entrés mineurs sur le territoire (Dreamers)  et justement le contrôle des armes à feu. Les problèmes électoraux ne frappent pas que les Républicains.

Dans la même veine d’astuce procédurale un sénateur Républicain fait de l’obstruction au passage de la loi dite FixNICS qui pourtant fait l’objet d’un accord assez général et est en instance depuis des années au Sénat. Cette loi permettrait de constituer enfin et faire vraiment fonctionner à l’échelle nationale la base de données des contrôles d’antécédents.

Finalement.

On avance tout doucement sur le terrain législatif et règlementaire. Rien ne dit que le travail que fait la société en silence ne ressurgira pas brusquement à la première occasion. Malheureusement cette occasion risque d’être signée par la mort de je ne sais combien de personnes.

Corée du Nord, Trump rétropédale déjà.

Donald Trump a réussi son annonce choc avec l’acceptation de la rencontre avec Kim-Jong-Un. Il faut maintenant que le monde enregistrer l’espoir d’accalmie pacifiante que contient l’événement pour en sortir la tête haute qui qu’il arrive.

L’histoire de l’annonce racontée par les médias des États-Unis d’Amérique éclaire d’un jour qui ne nous étonne pas s’il n’est pas particulièrement rassurant. L’annonce ne conclut pas un processus de négociations, de réflexions et d’analyses. Le Conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump recevait son homologue sud-coréen après la visite à Pyongyang où il a mené la délégation de son pays. Cette rencontre faisait partie du processus normal de coordination entre les alliés. Donald Trump apprenant la présence du responsable sud-coréen est allé le saluer. L’autre lui a rapporté les propos du président nord-coréen avec la proposition de rencontre. Le président a sauté sur l’occasion de faire un coup et annoncé l’invitation et son acceptation sans tarder et sans consulter son équipe par ailleurs singulièrement affaiblie par les départs récents.

L’opportunité de ce coup d’éclat médiatico-politique es d’autant plus discutable que Donald Trump avait une autre action d’éclat sur le feu : ses annonces de mise en place de droits de douane. Avec la rencontre coréenne il a brouillé le message. Même si les deux actions ne s’adressent pas aux mêmes publics cela sent la réaction instinctive.

Il n’a pas fallu attendre plus de 24 heures pour que l’entourage de Donald Trump commence à modérer les espoirs et à exprimer des conditions (sur l’abandon préalable du nucléaire militaire) pour que la rencontre ait lieu. Et au moment où Sarah Huckabee-Sanders annonçait les nouvelles exigences la Maison-Blanche confirmait au Wall Street Journal l’acceptation de l’offre de rencontre. Donald Trump a ainsi mis toutes ses cartes sur la table sans que l’adversaire se soit découvert en quoi que ce soit. Les observateurs politiques sont d’autant plus dubitatifs quant au résultat que Trump semble être relativement autonome et sans conseillers dans le contexte de la Maison-Blanche actuelle. Au début la tonalité générale est assez étrange. Les observateurs semblent dire « Après tout si cela améliore la situation pourquoi pas. Le dialogue ne peut guère faire de mal ». Que le président des États-Unis d’Amérique y perde encore un peu de crédibilité en cas d’échec ne semble pas chagriner grand monde.

Pour Trump, comme le souligne Perry Bacon de FiveThirtyEight, l’occasion était rêvée de reprendre la main, d’affirmer qu’il est le patron et de donner un os à ronger à l’establishment Républicain qui déteste plus les droits de douane que la rencontre éventuellement hasardeuse avec le dictateur nord-coréen. Et quand Trump prend un pari on n’est jamais certain qu’il misera jusqu’au bout. Il peut s’en désintéresser en cours de route.

Rex Tillerson, en voyage à l’étranger lors de l’annonce, à lui aussi émis des doutes sur la tenue de la rencontre en l’état actuel des choses.

Avec le temps, au bout de 2 jours l’inquiétude croit quand même. Le camp Républicain en route vers des élections de mi-mandat très incertaines commence à sérieusement s’inquiéter et tente de faire pression sur la Maison-Blanche pour obtenir plus de la Corée du Nord avant d’organiser la rencontre. Mais qui sera assez bien placé pour passer le mot au président ?

Corée du Nord, bravo les artistes.

Hier soir j’intercepte l’information in extremis et je me couche en pensant que chacun des deux présidents de Corée du Nord et des États-Unis d’Amérique peut chacun de son côté se dire qu’il a gagné une bataille.

Kim a obtenu une reconnaissance internationale accordée par son plus grand adversaire qui accepte la rencontre. Donald Trump peut faire valoir que sa fermeté tonitruante a amené l’autre à résipiscence.

Et ce matin je me lève en me demandant s’ils nous ont vraiment pris pour des imbéciles en jouant sur une scène de théâtre mondial orchestrée par les médias de toute la terre la montée dramatique d’un affrontement conçu pour se terminer par un hommage à leur intelligence.

Non que je pense que tout cela ait été une comédie organisée dans l’objectif d’aboutir à ce résultat. Et personne ne peut prédire ce qui sortira de la rencontre ni même où et si elle aura lieu.

Chacun a réaffirmé ses positions avec le plus grand sourire sans prendre en compte ce que dit l’autre car les positions restent contradictoires sur le fond. Si Kim dit mettre sur ma table la dénucléarisation de la Corée du Nord il est clair qu’il n’en est pas question car il ajoute qu ele prix à payer est la garantie de l’existence de non agression de son pays assuré d’une survie internationalement garantie. De son côté Trump maintient la posture avec les sanctions et l’objectif de justement de dénucléarisation.

Les enjeux ne doivent pas obscurcir l’importance du mécanisme qui nous a mené là. Donald Trump existe politiquement par sa présence médiatique et ses capacité de bateleur. Il doit maintenir la tension du spectacle politique pour continuer à exister. Il a trouvé en face un partenaire de jeu qui a parfaitement compris les règles. Si bien que ces duettistes ont pu faire monter les enchères chacun à sa manière sans perdre de vue les objectifs.

Donald Trump joue assez gros car pour la première fois sa compétence de négociateur suprême si vantée qu’il en a même fait l’argument de son principal livre et l’étendard de sa campagne est mise à l’épreuve. Alors qu’il s’adresse habituellement à la base de son électorat en priorité il parle maintenant à des spectateurs du  monde entier. Par exemple la mise en place des droits de douanes ne s’adressait pas aux économistes ou aux politiques  mais bien à ce noyau de 25-30 % d’irréductibles trumpistes. La mise en application de la domination (Make America Great Again) ne s’adresse pas seulement au pays mais prendra sa signification aux yeux du monde entier.

Kim de son côté travaille sans doute essentiellement à l’autre versant de son offensive politique, le rapprochement avec la Corée du Sud, entreprise de longue haleine pour laquelle il a besoin de temps et de calme dans la région.

Il faudra évidemment attendre la fin de la pièce pour savoir qui est le vainqueur même si pour l’instant les deux acteurs en retire chacun des bénéfices. Que Kim ait été à l’initiative et ait mené le jeu importera-t-il au baisser de rideau ?

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