DOMINIC77

Un peu de tout

Category: OPINION (page 2 of 8)

Toutes les choses, si possible politique et malvenues, que j’ai envie de dire au monde.

Quelques réflexions après le limogeage de Tillerson

Nous avons eu droit à la comédie habituelle qui est la marque du style de gouvernement de Donald Trump, si tant est qu’on puisse appelé cela gouvernement. L’adjoint de Rex Tillerson, Steven Goldstein, est devenu un dégât collatéral du licenciement de son patron. Il a annoncé que Tillerson avait appris la décision par le tweet du président et qu’il n’était pas d’accord. Il a donc été lui aussi remercié. D’autres informations semblent montrer que Tillerson avait été approché par le « chef de cabinet »  (chief of staff) de la Maison-Blanche John Kelly en fin de semaine de la volonté du président de ne pas le garder. Il aurait souhaité temporiser et revenir à Washington. On avait d’ailleurs remarqué que Tillerson était tombé malade en cours de voyage diplomatique  et avait annulé ses réunions avec les responsables africains. Savait-il déjà qu’il n’était virtuellement plus ministre ?

Son soutien à Teresa May contre la Russie a été très remarqué ainsi que son discours d’adieu dans lequel il a redit le danger présenté par la Russie, exposé une politique étrangère contradictoire avec celle de Donald Trump et jamais prononcé le nom du président.

Les noms des personnes impliquées dans le petit jeu de chaises musicales induit sont intéressants.. Mike Pompeo remplace Tillerson. Mathieu Magnaudeix a exposé  ce qui convenait de dire à son sujet, sa ressemblance avec Trump, la proximité de leurs vues et ses liens les frères Koch qui incidemment possèdent de nombreux intérêts dans le monde, hors de leur pays. Mais ces dernières semaines on entendait parfois d’autres noms comme ceux de McMaster, le général conseiller du président à la Sécurité Nationale ou John Bolton, l’ancien ambassadeur à l’ONU de Georges W. Bush. Trump a naturellement préféré un politique à McMaster, faucon mais militaire compétent moins malléable et qui a eu le tort de dire après les récents progrès de l’enquête sur l’ingérence russe qu’elle est indéniable. Bolton, diplomate aguerri de même aurait pu être encombrant dans la phase politiquement agitée qui se profile mais surtout professe des positions très dures sur la Corée incompatibles avec la ligne actuelle de dialogue que Trump a pour l’instant récupérée (mais cela durera-t-il?).

Le départ de Pompéo de la CIA a posé la question de son remplacement. Il y a peu à dire de plus sur la remplaçante qui va faire face, espérons-le, à une procédure de confirmation difficile au Sénat vu ses antécédents de tortionnaire. Mais c’est une surprise car beaucoup de gens voyaient à ce poste une des stars montantes de la droite Républicaine, Tom Cotton, particulièrement virulent sur l’immigration. On évoque 3 raisons possibles pour que Cotton n’ait pas eu le poste.

La majorité Républicaine au Sénat est fragile, prendre un risque a pu effrayer.
Cotton lui-même a pu préférer ne pas se lier avec  un pouvoir dont l’avenir est incertain.
Car il prépare à coup sûr sa propre candidature à la présidence. Les ennuis de Trump l’obligent à anticiper et à être prêt pour 2020 si besoin. Coincé à la CIA il aurait été politiquement muselé. Il sera intéressant de le suivre de près surtout après les élections de Novembre.

Peut-on voir clair dans le brouillard russe de la Maison-Blanche-3

L’histoire à épisodes des relations entre la Russie et la galaxie Trump lors de la campagne électorale mais aussi avant et après devient de plus en plus confuse. La méthode Trump qui consiste à lancer des bombes dans le débat dès qu’il en voit l’occasion alimente cette confusion. Tenter d’y voir plus clair devient dès lors un nécessaire défi mais oblige à prendre le risque de simplifier à outrance comme le montre cet article de Salon où Lucian Truscott IV voit le mot Russie écrit partout. La connexion russe a pris une telle importance que Mother Jones lui a consacré un site spécialisé (en fait un projet précédent incorporé par MoJo).

Au risque donc de trop simplifier essayons de démêler la pelote brin à brin pour identifier les filières qui relient Donald Trump et son entourage au pouvoir et à l’argent russe ou pétrolier. Pour ce faire il nous faut remonter bien avant la campagne électorale de 2016. Le projet de se présenter existait chez Donald Trump bien avant. Il a même tenté l’aventure en 2000 avec le Reform Party, une sorte de troisième parti de la droite aux côtés du Parti Républicain et des libertariens. J’avais tendance à penser en 2016 qu’il y avait peut-être du bluff dans sa candidature, qu’elle n’était pas vraiment sérieuse et que le succès des primaires avait fait la décision. J’ai changé d’avis mais cela n’a aucune importance. L’ensemble de la trajectoire et des remarques incidentes lâchées ici ou là semblent montrer un projet de long terme bien cohérent avec l’égocentrisme du personnage qui se voit réellement la personne la plus qualifiée du monde.

Tentons donc d’organiser la réflexion en dégageant des filières spécifiques de relations entre les deux camps. Nous devrons nous poser la question de ce que recherchent les parties dans cette aventure. Du côté trumpien on cherche deux choses : des appuis pour gagner l’élection mais aussi sans doute éventuellement de l’argent. En face le pouvoir poutinien cherche à renforcer sa puissance et à faire abolir les sanctions qui frappent la Russie. Pour cela il a besoin soit d’affaiblir les autres puissances de premier ordre et soit de s’en faire des alliés.

Pour chaque filière on tentera de dégager le acteurs de chaque bord et les intermédiaires. Bien que l’histoire ait sans doute de ramifications antérieures le point de départ logique se trouve à Moscou en 2013 quand Donald Trump assiste au concours Miss Univers.

La filière Trump-Miss Univers.

Donald Trump à acheté des années plus tôt le concours Miss Univers. Cela n’étonne personne. En 2013 la finale du concours se déroule à Moscou. David Corn et Michael Isikoff racontent cette histoire en détails. Donald Trump ne passe que deux jours à Moscou en raison de projets antérieurs (en fait sans doute la préparation de sa candidature à la présidence qu’il a déjà en tête). Pourquoi cet intérêt pour Moscou ? Trump toujours avide d’argent a identifié la Russie des oligarques comme un endroit favorable. Il pense donc à y développer des projets d’hôtels de luxe dans la lignée de la Trump Tower. Tout le temps de son séjour Donald Trump attendra la venue de Poutine. Il se fera balader par les russes sans en prendre ombrage mais recevra plus tard une lettre du président russe portée par un proche, lettre dont on ignore le contenu. Les sanctions occidentales contre la Russie en 2014 suite à la capture de la Crimée font avorter tous les projets. Trump peut en concevoir du ressentiment pour les affaires disparues et l’argent perdu et de là souhaiter démanteler les sanctions.

Les Trumpiens : Donald Trump lui-même et sa fille Ivanka dans un second temps en 2014.

Les Intermédiaires : Rob Goldstone, publicitaire britannique a contribué à organiser le concours à Moscou. Aras Agalarov et son fils Emin ont joué les relais avec le pouvoir russe. Le père de cette famille azéri est un oligarque du bâtiment et travaux publics proche de Poutine pour qui il a mené des projets de construction et d’aménagement. Felix Sater, un obscur aventurier tous azimuts semble avoir joué un rôle secondaire.

Les Russes : si Poutine reste en retrait il intervient par personnes interposées, en particulier son porte-parole Dimitri Peskov qui jouera les téléphonistes pour Poutine avec Trump, y compris pour lui faire avaler que Poutine ne vient pas assister au concours du fait d’une obscure histoire d’embouteillage très peu crédible.

Cette filière importante car peut-être fondatrice des relations Trump-Russie ne semble pas avoir apporté de conséquences directes sur la campagne mais montre un intérêt réciproque (si pas symétrique).

La filière NRA.

Venue de plus loin cette filière n’est pas initialement connectée à la galaxie Trump. L’opportunisme leur permettra de se retrouver car la partie russe comprendra rapidement où se trouve son intérêt. La NRA ayant contribué à un niveau inhabituel à la campagne électorale de 2016, 52 Millions de dollars dont 30 Millions pour Donald Trump la question de l’origine des fonds est posée. La contribution de la NRA à la campagne de Mitt Romney quatre ans plus tôt se montait à moins de la moitié. Le sénateur Démocrate de l’Oregon, Ron Wyden, a posé des questions écrites à ce sujet en tant que parlementaire dont on attend les réponses.

L’histoire commence en 2011 avec la création d’un groupe susse homologue de la NRA par une toute jeune femme Maria Butina. Elle et Alexander Torshin nouent des liens avec les dirigeants de la NRA. Butina et Paul Erikson créent plus tard une société à responsabilité limitée (LLC) en principe pour gérer le financement des études de Butina aux États-Unis d’Amérique. Peu avant l’entrée en campagne de Donald Trump Butina échange des messages avec lui et de futurs collaborateurs de la  campagne  (le shériff Clarke et Michael Flynn) nouent des liens avec les correspondants russe de la NRA. Torshin et devient vice-gouverneur de la banque centrale de Russie.

Les Trumpiens : Donald Trump Junior.

Les Intermédiaires :  Paul Erikson, Républicain du Sud Dakota et plusieurs membres de la NRA.

Les Russes : Maria Butina, Alexander Torshin est soupçonné de liens avec des organisations mafieuses et de blanchiment d’argent par les autorités espagnoles.

Cette filière peut avoir éventuellement véhiculé des fonds entre les parties avec de nombreux intermédiaires pour obscurcir les trajets mais surtout les nombreux contacts on été l’occasion d’échanges qui ont pu être utilisés par la campagne Trump. Elle facilite le rapprochement idéologique des individus.

La filière Wikileaks.

Le canal Wikileaks est actif au moins durant durant les phases finales de la campagne en 2016. Le camp Trump attend essentiellement de cette filière des informations contre Clinton. En fait c’est de James Comey que viendra le coup fatal qui selon les sondages semble bien avoir fait basculer l’élection, sans doute plus ou moins à son corps défendant. Les dates marquantes sont la publication par Wikileaks à partir de Juillet 2016 des emails dérobés, peut-être par des hackers russes à la Commission Nationale Démocrate. Wikileaks a maintenu le doute sur une révélation définitivement infamante pour Clinton et donc infligé à la campagne une pression qui s’est au final révélée infondée. A partir du 20 Septembre 2016 Doinald Trump Junior est le destinataire de messages de Wikileaks qu’il semble ignorer le plus souvent. Le camp Trump disposant d’autres canaux de communications avec le groupe de Julian Assange cette discrétion est sans doute purement tactique.

Les Trumpiens : Donald Trump Junior. Roger Stone.

Les Intermédiaires : Dana Rohrabacher, député Républicain de Californie. Randy Credico, animateur de radio qui est supposé avoir servi d’intermédiaire entre Roger Stone et Wikileaks. Interrogé il a utilisé le Cinquième Amendement pour ne pas répondre.

Les Russes : hackers russes (?).

Nous n’avons pas là affaire à un canal de communications direct entre la campagne Trump et les russes mais à un canal opérationnel à trois partenaires de manipulation de l’élection appuyé possiblement par les russes.

La filière Erik Prince-Emirat-Seychelles.

Pourquoi deux habitants des Émirats Arabes Unis qui se connaissent se donneraient-ils rendez-vous aux Seychelles ? C’est pourtant ce qu’ont fait en Janvier 2017 le le prince héritier des EAU, Mohamed bin Zayed (et souverain de fait) et Erik Prince, conseiller occulte de Donald Trump et frère de sa ministre de l’Éducation.  En fait la rencontre fait suite à d’autres. A Moscou le 18/12/2016 Carter Page, collaborateur de Donald Trump pour les questions internationales a rencontré le porte-parole de Poutine, notre vieille connaissance Peskov. Le 13/12/2016 l’ambassadeur de Russie Kislyak est reçu à la Trump Tower. Le 15/12/2016 le prince Zayed rencontre à la Trump Tower Jared Kushner, Michael Flynn et Steve Bannon. Le prince contrairement aux usage n’a pas déclaré son voyage aux autorités. Si un accord de collaboration a été conclu il aurait bien pu l’être à ce moment-là sans attendre un rendez-vous bizarre en Janvier dans un lieu insolite. En janvier par contre Kiril Dmitriev, PDG d’un fonds d’investissement souverain russe fait partie de la réunion organisé par Nader, le conseiller financier du prince emirati. Cette réunion ressemble beaucoup plus à une réelle réunion de travail. A-t-on parlé sanctions ? A-t-on parlé argent ? Peut-être Nader interrogé par l’équipe Mueller apportera-t-il quelque lumière sur ce sujet.

Cela s’ajoute à la réunion maintenant fameuse organisée à la Trump Tower où se sont rencontrés Kushner, Donald Junior, Paul Manafort du côté Trump et les Agaralov père et fils et Natalia Veselnitskaya, avocate réputée proche du Kremlin. On ne connait pas le contenu des échanges que la Maison-Blanche a d’ailleurs tenté de maquiller mais le bruit autour ce jour peut aussi servir de leurre.

Les Trumpiens : Erik Prince, Jared Kushner, Michael Flynn, Carter Page.

Les Intermédiaires : Mohamed bin Zayed, prince héritier des Emirats Arabes Unis. Georges Nader, à l’époque conseiller financier du prince.

Les Russes : Kiril Dmitriev, PDG du RDIF (Russia Direct Investment Fund) un fonds d’investissement russe, bras financier armé de Poutine et filiale de la VEB, banque d’état sous sanctions occidentales à partir de 2014,  Natalia Veselnitskaya, avocate.

Et maintenant.

On  constate que les liens sont nombreux et que les participants aux différentes réunions sont proches de Donald Trump, et qu’ils se retrouvent dans les différentes filières. Donald Junior dont le rôle est sans doute en général sous-estimé au profit de sa sœur plus médiatique, Jared Kushner évidemment concerné par les aspects financiers des discussions, et Michael Flynn qui va ensuite se retrouver en première ligne et plaider coupable auprès de Mueller.

On peut comprendre que tout le monde ne dorme pas tranquille à la Maison-Blanche en attendant une bévue du procureur spécial.

 

 

 

Mes liens de travail pour ceux que cela intéresse :

03/03/2018

http://thehill.com/homenews/administration/376534-the-memo-white-house-reels-after-week-of-upheaval

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/a-series-of-revelations-about-jared-kushner-have-added-further-credence-to-a-key-claim-of-the-steele-dossier.html //L’affaire Kuschner
https://uk.reuters.com/article/uk-russia-rosneft-privatisation/russia-signs-rosneft-deal-with-qatar-glencore-idUKKBN13Z0Q7 //Rosneft privatisation Qatar, Glencore Intesa 19,5% 11,3 B$ + dividendes à 35% des bénéfices.
http://www.businessinsider.fr/us/carter-page-trump-russia-igor-sechin-dossier-2017-1 //Les 19 % de Rosneft se baladent de Juin 2016 à Décembre pour finir au Qatar.

https://www.bloomberg.com/view/articles/2017-03-29/senators-please-ask-jared-kushner-about-666-fifth-avenue

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/2/17068392/trump-news-hope-hicks

https://www.salon.com/2018/03/03/closing-the-circle-of-collusion/ Closing the circle of collusion Lucian Truscott IV
04/03/2018
https://talkingpointsmemo.com/edblog/with-kushner-revelations-the-worst-case-scenario-comes-into-view //Josh Marshall summary.

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2017/05/kushnergate-update-was-it-really-all-about-syria/

https://www.motherjones.com/politics/2018/01/deutsche-bank-reports-suspicious-activity-related-to-jared-kushners-accounts-1/

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/03/conservatives-are-losing-the-culture-war-over-guns/554585/

https://www.vox.com/2018/2/26/16964328/trump-tower-meeting-mueller-russia

https://www.vox.com/2018/2/26/16964328/trump-tower-meeting-mueller-russia

https://www.npr.org/sections/thetwo-way/2018/03/04/590660482/at-gridiron-dinner-trump-trades-jabs-with-his-opposition-party

http://thehill.com/homenews/administration/376436-kushner-family-company-solicited-qatari-government-investment-just

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/benjamin-wittes-on-why-we-hear-so-much-but-know-so-little-about-the-mueller-russia-investigation.html

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/jane-mayer-trump-team-was-in-routine-communication-with-moscow-in-2016/ //Infos britanniques sur 2016.

https://www.recode.net/2018/3/5/17081520/reddit-russia-2016-election-ads-organic-content

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/5/17080302/trump-russia-news-kushner-mueller //Les associés de Trump vont y passer

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/the-jurisprudential-arguments-against-obstruction-of-justice-charges-for-trump-all-fall-apart.html

06/03/2018
https://www.politico.com/magazine/story/2015/10/donald-trump-2016-norman-vincent-peale-213220 //L’église de jeunesse de Trump

https://www.salon.com/2018/03/08/are-republicans-finally-turning-on-trump-if-so-it-could-be-too-late/

https://www.truthdig.com/articles/kushner-trump-dynasty-love-country-money/ //Trump and family

https://fivethirtyeight.com/features/which-power-centers-in-the-trump-administration-still-have-power/

https://www.alternet.org/news-amp-politics/donald-trump-has-more-common-cult-leader-you-might-think

https://www.salon.com/2018/03/06/is-donald-trump-a-cult-leader-expert-says-he-fits-the-stereotypical-profile/

09/03/2018

https://theintercept.com/2017/11/28/blackwaters-erik-prince-met-with-ceo-of-russian-direct-investment-fund/

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/mueller-reportedly-has-evidence-blackwater-founder-tried-to-set-up-a-trump-putin-back-channel/

10/03/2018
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/russian-connection-what-happened-moscow-inside-story-trump-obsession-putin-david-corn-michael-isikoff/ //The 201″ story
https://www.npr.org/2018/03/10/592450875/trade-is-an-identity-issue-and-trump-knows-it //Trump parle à ses fidèles.
https://www.denverpost.com/2018/03/07/donald-trump-peter-navarro-trade/ //Trade guru in the spotlight
https://www.gq.com/story/the-cult-of-trump //Article de 2016 au moment de la COnvention Républicaine.
https://www.quora.com/Does-Donald-Trump-fit-the-definition-of-a-cult-leader //2016 aussi, pas un cult leader, un demagogue

https://www.npr.org/2018/03/10/592450875/trade-is-an-identity-issue-and-trump-knows-it

https://theintercept.com/2018/03/10/ivanka-trump-organization-russia-investigation/ //Pourquoi Ivanka échappe-t-elle à l’enquête Mueller
https://www.washingtonpost.com/politics/mueller-and-trump-born-to-wealth-raised-to-lead-then-sharply-different-choices/2018/02/22/ad50b7bc-0a99-11e8-8b0d-891602206fb7_story.html?utm_term=.683abeb7cbad //Trump et Mueller : de vieilles connaissances
11/03/2018

https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2018/04/donald-trump-caricature/554069/

http://thehill.com/policy/finance/377680-trade-adviser-ascends-in-trump-white-house

https://www.motherjones.com/topics/russia/ //Mother Jones site on Russia connection.

http://thehill.com/homenews/administration/377803-megyn-kelly-i-think-putin-has-something-on-trump

http://nymag.com/daily/intelligencer/2017/08/felix-sater-donald-trump-russia-investigation.html //Who is Felix Sater ?
https://theintercept.com/2018/03/10/ivanka-trump-organization-russia-investigation/ //Ivanka everywhere
https://www.salon.com/2018/03/03/closing-the-circle-of-collusion/ //Russia written all over the place.
https://www.rollingstone.com/politics/news/the-trump-russia-nra-connection-heres-what-you-need-to-know-w515615 //NRA link
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/trump-spoke-to-a-russian-activist-about-ending-sanctions-just-weeks-after-launching-his-campaign/ //Torshin NRA link
https://www.theatlantic.com/politics/archive/2017/11/the-secret-correspondence-between-donald-trump-jr-and-wikileaks/545738/ //Wikileaks
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2017/12/wikileaks-go-between-takes-the-fifth/ //Wikileaks
https://www.motherjones.com/politics/2017/07/trump-putin-propaganda-warfare/ //Experts talk on Russia propaganda-warfare/Wikileaks
http://www.newsweek.com/did-trump-campaigns-links-russia-and-wikileaks-break-campaign-finance-laws-718250 //Wikileaks
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2017/11/donald-trump-jr-channeled-wikileaks-for-the-trump-campaign/ //Wikileaks
https://edition.cnn.com/2017/10/27/politics/trump-campaign-wikileaks-cambridge-analytica/index.html //Wikileaks : chronologie complète et claire
https://www.motherjones.com/politics/2018/03/mueller-probe-may-spell-trouble-for-top-gop-lobbying-firm-that-worked-with-paul-manafort/ //Ukrainian link
https://theintercept.com/2017/11/28/blackwaters-erik-prince-met-with-ceo-of-russian-direct-investment-fund/ //Erik Prince link /Seychelles
https://www.vox.com/vox-sentences/2018/3/8/17098244/vox-sentences-seychelles-meeting-prince-dmitriev //Erik Prince – Seychelles
https://slate.com/news-and-politics/2018/03/latest-reported-mueller-subpoena-shows-investigators-examining-russia-links-to-murky-seychelles-meeting.html //Georges Nader interrogé par Mueller.
http://www.slate.com/blogs/the_slatest/2017/04/03/blackwater_s_erik_prince_met_with_putin_ally_on_trump_s_behalf_wapo_says.html //Erik Prince met Putin ally

https://www.salon.com/2018/03/12/veteran-cia-agent-on-trump-corruption-like-weve-never-seen-before/

Après Parkland, L’esquive Républicaine continue

Les propositions de la Maison-Blanche, et donc de Donald Trump, sur les moyens d’éviter les fusillades meurtrières étaient très attendues, en particulier vu le conflit apparent entre les idées émises par le Président et celles généralement promues par son parti.

La tactique de Trump consiste principalement à esquiver. Il ne traite pas des risques généraux liés aux armes à feu mais prétend traiter spécifiquement la question de la sécurité des écoles. La manœuvre pourrait être d’autant plus habile que les jeunes rescapés de Parkland et toute la jeunesse sont en pointe dans le débat actuel dans le pays. Trump apparait aussi cohérent depuis le début de l’affaire avec la proposition d’armer les enseignants et d’autres personnels scolaires. Mais, prudent, il ne propose par pour l’instant de mesure précise. Il a confirmé son soutien à la mesure ainsi qu’à l’extension du contrôle des antécédents des acheteurs d’armes à feu. Il se défausse par ailleurs en encourageant les états à passer des lois pour interdire temporairement l’accès aux armes des personnes jugées dangereuses.

Mais la cerise sur le gâteau c’est la seule mesure concrètement mise en place : la création d’une commission chargée d’élaborer les mesures de sécurisation des établissements scolaires. Cette commission sera présidée par la ministre de l’Éducation, Betsy DeVos. Quand on sait qu’elle est la sœur d’Erik Prince, patron d’une société de mercenaires à qui Trump envisage peut-être de sous-traiter des opérations militaires, on ne sait plus s’il faut rire ou pleurer.

Après Parkland, les Républicains à l’œuvre.

Le site FiveThirtyEight, spécialiste des études d’opinion a réalisé une synthèse  des sondages. L’évolution est assez nette car le sursaut constaté après chaque drame perdure. 66% des personnes soutiennent la mise en place de lois plus strictes. 76% le passage à 21 ans l’âge de la possession d’armes. 87% la mise en place systématique de contrôles des antécédents des acheteurs. 87% l’interdiction d’achat aux personnes souffrant de maladie mentale. Seulement 42% soutiennent l’idée d’armer les enseignants. 62% approuvent l’interdiction des « armes de guerre » (assault weapons). Et 67% l’interdiction au grand public des chargeurs de grande capacité (reste à déterminer la limite d’une grande capacité). Il y a même 10% pour soutenir l’idée de  l’interdiction totale des armes à feu au public.

En Floride

Après une farce Samedi dernier au Sénat de Floride les assemblées de l’état où s’est produit la fusillade de Parkland ont fini par prendre le taureau par les cornes. Elles ont voté une législation qui passe l’âge pour la possession d’arme à feu à 21 ans  et un délai obligatoire suffisant pour attendre la résolution des contrôles d’antécédents. L’armement de personnel non-enseignant des écoles est également facilité. Les amendements proposés par les Démocrates minoritaires ont tous été rejetés. Le Sénat a voté à 20 contre 18, la Chambre à 67 contre 50. Le gouverneur Républicain,, Rick Scott, a signé la loi « à la Trump » et mis en scène autour de lui des familles des victimes de Parkland. Si la loi est jugée comme une sorte de simulacre par les Démocrates qui ne l’ont pas votée elle a quand même provoqué une riposte de la NRA  qui a attaqué en justice la loi à peine votée. Le spectacle est encore plus drôle quand on sait que 67 Républicains qui l’ont votée sont eux-mêmes notés A ou A+ par la NRA. Le détail des appréciations des parlementaires de Floride par la NRA est donné ici par The Trace. Cette confusion dans les esprits Républicains qui se sont sentis obligés d’agir au moins de manière symbolique montre l’importance de l’évolution en cours qui n’a sans doute pas été provoquée par la seule fusillade de Parkland mais chemine souterrainement dans la société au moins depuis Sandy Hook.

A Washington.

Les Républicains et Donald Trump semblent en net désaccord sur ce sujet mais dans la pratique la décision du président de légiférer par voie administrative, décrets présidentiels et réformes procédurales opérées par le Ministère de la Justice rencontre le souhait de tous de na pas aller trop vite et trop loin. Sans doute en espérant que comme d’habitude l’émotion retombe d’elle-même et l’on puisse retourner aux affaires habituelles. A six mois d’ élections de mi-mandat que la plupart des médias présentent comme difficile pour le Grand Old Party la prudence est de mise avec un électorat Républicain balloté en tous sens par un président instable.

Le Ministère de la Justice a donc annoncé mettre en chantier une réforme qui interdirait les mécanismes qui transforment les armes ordinaires en semi-automatiques (bump stocks). La méthode utilisée est symptomatique. On procède par voie essentiellement administrative en faisant rentrer ces dispositifs dans la catégorie des armes automatiques (machine guns)  qui sont en principe déjà sous le coup d’une interdiction au public. Ainsi on évite le débat parlementaire. Le bénéfice est double. La question n’est pas agitée devant l’opinion et le Congrès paut passer à autre chose. Il faut dire que le Coongrès a une priorité. Le gouvernement n’a toujours pas de budget définitif. L’arrangement trouvé début Février doit être renouvelé. On semble devoir se diriger vers la fin du feuilleton budgétaire car les Démocrates n’ont plus guère dde cartouches à tirer. Ils ont apparemment renoncé même à intégrer dans le débat les sujets qu’ils disaient prioritaires il y a quelques semaines : l’avenir des immigrants entrés mineurs sur le territoire (Dreamers)  et justement le contrôle des armes à feu. Les problèmes électoraux ne frappent pas que les Républicains.

Dans la même veine d’astuce procédurale un sénateur Républicain fait de l’obstruction au passage de la loi dite FixNICS qui pourtant fait l’objet d’un accord assez général et est en instance depuis des années au Sénat. Cette loi permettrait de constituer enfin et faire vraiment fonctionner à l’échelle nationale la base de données des contrôles d’antécédents.

Finalement.

On avance tout doucement sur le terrain législatif et règlementaire. Rien ne dit que le travail que fait la société en silence ne ressurgira pas brusquement à la première occasion. Malheureusement cette occasion risque d’être signée par la mort de je ne sais combien de personnes.

Corée du Nord, Trump rétropédale déjà.

Donald Trump a réussi son annonce choc avec l’acceptation de la rencontre avec Kim-Jong-Un. Il faut maintenant que le monde enregistrer l’espoir d’accalmie pacifiante que contient l’événement pour en sortir la tête haute qui qu’il arrive.

L’histoire de l’annonce racontée par les médias des États-Unis d’Amérique éclaire d’un jour qui ne nous étonne pas s’il n’est pas particulièrement rassurant. L’annonce ne conclut pas un processus de négociations, de réflexions et d’analyses. Le Conseiller à la Sécurité Nationale de Donald Trump recevait son homologue sud-coréen après la visite à Pyongyang où il a mené la délégation de son pays. Cette rencontre faisait partie du processus normal de coordination entre les alliés. Donald Trump apprenant la présence du responsable sud-coréen est allé le saluer. L’autre lui a rapporté les propos du président nord-coréen avec la proposition de rencontre. Le président a sauté sur l’occasion de faire un coup et annoncé l’invitation et son acceptation sans tarder et sans consulter son équipe par ailleurs singulièrement affaiblie par les départs récents.

L’opportunité de ce coup d’éclat médiatico-politique es d’autant plus discutable que Donald Trump avait une autre action d’éclat sur le feu : ses annonces de mise en place de droits de douane. Avec la rencontre coréenne il a brouillé le message. Même si les deux actions ne s’adressent pas aux mêmes publics cela sent la réaction instinctive.

Il n’a pas fallu attendre plus de 24 heures pour que l’entourage de Donald Trump commence à modérer les espoirs et à exprimer des conditions (sur l’abandon préalable du nucléaire militaire) pour que la rencontre ait lieu. Et au moment où Sarah Huckabee-Sanders annonçait les nouvelles exigences la Maison-Blanche confirmait au Wall Street Journal l’acceptation de l’offre de rencontre. Donald Trump a ainsi mis toutes ses cartes sur la table sans que l’adversaire se soit découvert en quoi que ce soit. Les observateurs politiques sont d’autant plus dubitatifs quant au résultat que Trump semble être relativement autonome et sans conseillers dans le contexte de la Maison-Blanche actuelle. Au début la tonalité générale est assez étrange. Les observateurs semblent dire « Après tout si cela améliore la situation pourquoi pas. Le dialogue ne peut guère faire de mal ». Que le président des États-Unis d’Amérique y perde encore un peu de crédibilité en cas d’échec ne semble pas chagriner grand monde.

Pour Trump, comme le souligne Perry Bacon de FiveThirtyEight, l’occasion était rêvée de reprendre la main, d’affirmer qu’il est le patron et de donner un os à ronger à l’establishment Républicain qui déteste plus les droits de douane que la rencontre éventuellement hasardeuse avec le dictateur nord-coréen. Et quand Trump prend un pari on n’est jamais certain qu’il misera jusqu’au bout. Il peut s’en désintéresser en cours de route.

Rex Tillerson, en voyage à l’étranger lors de l’annonce, à lui aussi émis des doutes sur la tenue de la rencontre en l’état actuel des choses.

Avec le temps, au bout de 2 jours l’inquiétude croit quand même. Le camp Républicain en route vers des élections de mi-mandat très incertaines commence à sérieusement s’inquiéter et tente de faire pression sur la Maison-Blanche pour obtenir plus de la Corée du Nord avant d’organiser la rencontre. Mais qui sera assez bien placé pour passer le mot au président ?

Corée du Nord, bravo les artistes.

Hier soir j’intercepte l’information in extremis et je me couche en pensant que chacun des deux présidents de Corée du Nord et des États-Unis d’Amérique peut chacun de son côté se dire qu’il a gagné une bataille.

Kim a obtenu une reconnaissance internationale accordée par son plus grand adversaire qui accepte la rencontre. Donald Trump peut faire valoir que sa fermeté tonitruante a amené l’autre à résipiscence.

Et ce matin je me lève en me demandant s’ils nous ont vraiment pris pour des imbéciles en jouant sur une scène de théâtre mondial orchestrée par les médias de toute la terre la montée dramatique d’un affrontement conçu pour se terminer par un hommage à leur intelligence.

Non que je pense que tout cela ait été une comédie organisée dans l’objectif d’aboutir à ce résultat. Et personne ne peut prédire ce qui sortira de la rencontre ni même où et si elle aura lieu.

Chacun a réaffirmé ses positions avec le plus grand sourire sans prendre en compte ce que dit l’autre car les positions restent contradictoires sur le fond. Si Kim dit mettre sur ma table la dénucléarisation de la Corée du Nord il est clair qu’il n’en est pas question car il ajoute qu ele prix à payer est la garantie de l’existence de non agression de son pays assuré d’une survie internationalement garantie. De son côté Trump maintient la posture avec les sanctions et l’objectif de justement de dénucléarisation.

Les enjeux ne doivent pas obscurcir l’importance du mécanisme qui nous a mené là. Donald Trump existe politiquement par sa présence médiatique et ses capacité de bateleur. Il doit maintenir la tension du spectacle politique pour continuer à exister. Il a trouvé en face un partenaire de jeu qui a parfaitement compris les règles. Si bien que ces duettistes ont pu faire monter les enchères chacun à sa manière sans perdre de vue les objectifs.

Donald Trump joue assez gros car pour la première fois sa compétence de négociateur suprême si vantée qu’il en a même fait l’argument de son principal livre et l’étendard de sa campagne est mise à l’épreuve. Alors qu’il s’adresse habituellement à la base de son électorat en priorité il parle maintenant à des spectateurs du  monde entier. Par exemple la mise en place des droits de douanes ne s’adressait pas aux économistes ou aux politiques  mais bien à ce noyau de 25-30 % d’irréductibles trumpistes. La mise en application de la domination (Make America Great Again) ne s’adresse pas seulement au pays mais prendra sa signification aux yeux du monde entier.

Kim de son côté travaille sans doute essentiellement à l’autre versant de son offensive politique, le rapprochement avec la Corée du Sud, entreprise de longue haleine pour laquelle il a besoin de temps et de calme dans la région.

Il faudra évidemment attendre la fin de la pièce pour savoir qui est le vainqueur même si pour l’instant les deux acteurs en retire chacun des bénéfices. Que Kim ait été à l’initiative et ait mené le jeu importera-t-il au baisser de rideau ?

Matin calme en Corée, tempête en vue en Iran ?

On donnait H.R. McMaster, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump possiblement partant depuis quelques jours. Il est toujours là. Lieutenant général, stratège reconnu et respecté, ancien de la première guerre du Golfe il passe pour un des faucons raisonnés de Washington, en particulier focalisé sur le danger que représente l’Iran. Paradoxalement les généraux McMaster et James Mattis, le ministre de la Défense, sont apparus au cours de la première année de la présidence Trump comme des éléments modérateurs apportant sinon de la mesure du moins un peu de raison à la politique militaire. La parution récente de la Statégie Nationale de défense (NDS=National Defense Stategy) montre que les orientations de long terme demeurent interventionnistes, dans la logique d’un Donald Trump qui semble ne comprendre que la logique de la force armée et bien qu’il ait été élu sur un programme supposément différent.

Donald Trump a toujours présenté l’accord sur le nucléaire iranien comme un des plus mauvais traités jamais signés par son pays. On peut penser le contraire dans la mesure où il incarne une des rares tentatives de renverser la tendance dangereuse au Moyen-Orient en faisant d’un ennemi déclaré un futur allié comme l’expliquent Trita Parsi et Robert Scheer au cours de cet entretien.

Alors que la situation semble s’éclaircir en Corée, ce que Donald Trump pourrait faire valoir comme le succès de son attitude ferme et offensive,  la Maison-Blanche parait en difficultés avec les incertitudes de l’enquête de Robert Mueller et la polémique sur les droits de douanes. La question de l’Iran pourrait redevenir un vecteur d’unité nationale autour du président. La prochaine échéance de renouvellement périodique de l’accord iranien ne tombe qu’en Mai (12/05) mais la Conférence sur la Sécurité de Munich pourrait fournir l’occasion de la mise en place des décisions  de fait définitives. Les différentes parties occidentales signataires de l’accord vont s’y retrouver et devront se mettre d’accord sur une attitude commune.

Le ministre des Affaires Étrangères, Rex Tillerson a pu formuler dans un memorandum aux européens les souhaits des Etats-Unis d’Amérique de manière plus diplomatiques que ne l’aurait fait McMaster. Les trois demandes de base qu’il demande à ses partenaires européens d’approuver sont :

  • L’intégration des missiles balistiques dans l’accord,
  • Des extensions considérables des inspections, inopinées sur toutes les installations militaires iraniennes,
  • L’extension indéfinie dans le temps de l’interdiction de l’enrichissement de l’uranium à l’Iran.

Si ces conditions ne sont pas remplies alors Donald Trump dénoncera l’accord le 12 Mai.

Ces demandes sont évidemment formulées pour être inacceptables par les iraniens.

  • Le programme de missiles est essentiel à a sécurité du pays surtout au vu de l’agressivité d’Israël. On nous rejoue ici le psychodrame coréen et on tente de rendre illégitime le programme qui ne nous plait pas.
  • Les iraniens ont relativement facilement accepté un niveau d’inspection que beaucoup auraient rejeté comme intrusif. La demande ressort de la provocation.
  • La prolongation indéfinie de la contrainte n’a aucun sens. En 2030, à la fin de l’accord tel qu’il existe, le gouvernants actuels ne seront plus en place. La situation militaire, économique et technique aura largement évoluée sans que personne ne puisse prévoir comment.

L’attitude des européens devient donc le facteur clé. Peut-on s’attendre à ce qu’ils prennent le risque de défendre l’accord ? Évidemment pas. La faiblesse et le manque d’unité des partenaires européens ne risquent pas de s’améliorer sur un sujet aussi délicat.

La dénonciation ou la mise en sommeil de l’accord augmenteront l’incertitude dans la région où des acteurs de moins en moins contrôlables seront susceptibles de prendre de graves initiatives.
Israël se sentira d’autant plus libre d’agir, militairement, que le soutien de son parent américain lui est acquis de toutes façons et que son allié de fait dans la région depuis la déstabilisation provoquée par la destruction de l’Irak en 2003, l’Arabie Saoudite, sera ravie de l’aider au moins diplomatiquement. Dans la course à la domination régionale l’Arabie de Mohamed ben Salman ne peut que bien accueillir l’affaiblissement du principal rival.

Mais si la rupture de l’équilibre régional a déjà été acté depuis quinze ans une évolution de ce genre s’inscrit dans un contexte mondial’. Alors que la Russie affaiblie par le prix des principales ressources vendables (pétrole et gaz) est frappée par des santions économiques la Chine qui reste le premier consommateur d’énergie se prépare à lancer un marché du pétrole en yuans. L’organisation du monde que nous connaissons pourrait bien ainsi se transformer radicalement à terme. Dans un nouvel équilibre Est-Ouest un Iran répudié par l’Occident retrouverait sans doute un rôle essentiel de passeur.

Mes liens de travail :

https://www.truthdig.com/articles/trump-administration-commits-forever-war-iran-syria/

https://www.truthdig.com/articles/u-s-keeping-iran-enemy-audio/

https://www.salon.com/2018/03/04/team-trump-seems-bent-on-undoing-the-iran-deal-so-what-happens-next/

https://slate.com/news-and-politics/2018/01/trumps-generals-are-leading-him-into-hopeless-quagmires-in-afghanistan-and-syria.html

http://www.truth-out.org/news/item/43601-trump-s-national-defense-strategy-something-for-everyone-in-the-military-industrial-complex#15204341444891&action=collapse_widget&id=0&data=

https://fr.sputniknews.com/economie/201711121033851840-petrole-brut-contrats-terme-yuans-dollar/

Peut-on voir clair dans le brouillard russe de la Maison-Blanche-1

La semaine passée (Semaine 9/2018) a vu déferler les nouvelles autour de la Maison-Blanche. Après le départ de Rob Porter pour violences conjugales passées et sur fond de débat houleux autour de la question des armes à feu Hope Hicks, petite amie présumée de Porter et proche de Donald Trump a annoncé son départ sans que les raisons en soient claires. Ce manque de clarté a évidemment alimenté les rumeurs qui ne manquaient pas. En même temps de nouvelles informations publiées par le New-York Times ont attiré l’attention sur des événements que le tumulte trumpien avait remisé au hangar des souvenirs enfouis. L’abondance de matière à discuter rend difficile la compréhension d’une situation qui évolue de manière désordonnée. Prendre le temps de poser quelques repères et prendre du recul devient nécessaire pour mieux distinguer ce qui se cachait pourtant en pleine lumière.

Ces nouvelles informations complètent ce qui était déjà connu et permettent de tracer un schéma clair de ce qui s’est passé à plusieurs moments clés des années passées. Deux périodes présentent un intérêt particulier : le printemps-été 2016 quand la tendance des élections primaires montre que Donald Trump est en bonne voie pour gagner d’une part et la période de la transition entre l’élection de Novembre et la prise de fonction fin Janvier d’autre part.

Printemps-été 2016 : les contacts russes.

La période est résumée par plusieurs articles dont celui-ci. A partir d Mars 2016 le succès de Donald Trump devient une hypothèse vraisemblable. Il crée alors une cellule internationale dans son équipe de campagne avec Carter Page et Georges Papadopoulos.

26/04/2016 Georges Papadopoulos reçoit l’information que les russes détiennent des informations dommageables pour Hilary Clinton.

01/06/2016 Papadopuolos avise le directeur de la campagne Corey Lewandoski que les russes sollicietnt une rencontre.

03/06/2016 Donald Trump fait l’éloge des Russes lors d’un meeting en Californie. Donald Trump Junior reçoit un mail lui offrant une réunion pour discuter d’infomations dommageables pour Hilary Clinton. Il répond  « j’adore ».

07/06/2016 Donald Trump annonce des révaélations sur Hilary Clinton pour la semaine suivante.

09/06/2016 : la famuse réunion organisée par Rob Goldstone vieille connaissance de Donald Trump à la Trump Tower rassemble Donald Junior, Paul Manafort et Jared Kushner qui rencontrent les envoyés russes parmi lesquels les Agalarov pére et fils, également partenaires antérieurs de Donald Trump, Natalia  Veselnitskaya, avocate russse proche du Kremlin et plusieurs autres personnes. Initialement provoquée par l’offre des russes de livrer les informations su Clinton la réunion aurait été décevante et sans contenu aux dires des participants du camp Trump.

15/06/2016 Un hacker russe (Guccifer 2.0) commence la publication des mails piratés à la Commission Nationale Démocrate. Un responsable républicain (Kevin McCarthy) affirme la préférence de Poutine pour Trump (et le député de Californie Dana Rorabacher).

19/06/2018 Papadopoulos propose à ses supérieurs de la campagne Trump l’aide des russes et offre de faire le voyage pour  prendre des contacts « off the record ».

20/06/2016 Trump limoge le directuer de campagne puis nomme à sa place Paul Manafort connu pour ses contacts russes et ukrainiens. Manafort sera l’entremetteur entre Trump et Mike Pence pour la vice-présidence. Manafort aurait été aux manettes depuis Avril d’après Lewandoski.

05/07/2016 James Comey clmot l’enquête du FBI sur les mails de Clinton. Cela lui vaudra la vindicte de Trump.

06/07/2016 Les russes continuent la publication des mails piratés à la Commission Nationale Démocrate sans rien de dramatiquement compromettant.

07/07/2016 Manafort offre à un contact russe depuis son compte de la campagne de donner des informations sur la campagne Trump à un de ses partenaires russes, à qui il doit 19 Millions de dollars. Le même jour Carter Page se rend à Moscou pour tenir un discours pro-russe et rencontre un dirigeant de la compagnie pétrolière russe Rosneft. Ces rencontres et les discussions de la campagne contre Clinton sont semble-t-il confirmées par plusieurs sources et ont causé l’enquête du FBI sur Page et la campagne Trump.

14/07/2016 Papadopoulos envoie un mail à un officiel de lié au Kremlin que la campagne Trump est d’accord pour une rencontre entre un représentant de la campagne et des envoyés du gouvernement russe. Les aides de Trump font modifier la plate-forme du Parti Républicain sur l’Ukraine dans un sens pro-russe.

18/07/2016 A la Convention Républicaine Jeff Sessions, conseiller de Trump pour les affaires internationales rencontre en privé l’ambassadeur russe Serge Kysliak. Carter et Gordon, deux autres conseillers de Trump le rencontrent aussi.

24/07/2016 Paul Manafort nie dans un entretien télévisé sur ABC tout contact avec les russes.

25/07/2016 Trump se vante que Poutine l’aime bien.

31/07/2016 Le FBI ouvre l’enquête sur les liens de la campagne avec la Russie après réception d’informations communiquées par les services australiens. Papadopoulos aurait  affirmé devant l’ambassadeur à Londres que les russes allaient publier les emails compromettant de Clinton.

La séquence est d’autant plus troublante que sur les cinq personne surveillées par le FBI depuis ce moment trois ont décidé de plaider coupable et donc collaborent avec les enquêteurs. les motifs de leurs inculpations peuvent ne pas être liés à la collusion entre la campagne et les russes.

Les enjeux des uns et des autres.

Le tableau ne deviendra clair que si on éclaire les motivations des acteurs au-delà de l’élection.

Les Russes en 2016, après la crise ukrainienne souffrent de la baisse du prix du pétrole qui diminue dramatiquement leurs ressources. Les sanctions qui les frappent sont donc malvenues. Leur priorité  cette période est de parvenir à les contourner ou les faire diminuer ou annuler. Dans cette perspective avoir un allié au pouvoir à Washington présente un intérêt majeur. Mais que peuvent-ils lui offrir en échange ?

Sans entrer dans les détails scabreux du Dossier Steele et de ce que l’on a raconté autour qui laissait entrevoir la possibilité de vidéos infamantes pour Donald Trump personnellement il existe d’autres pistes plus consistantes.

On sait le groupe Trump solidement endetté, en particulier auprès de la Deustsche Bank, ce qui pose un problème de conflit d’intérêt, mais pas au point de devoir rechercher de nouveaux financements.

Par contre le gendre est dans de sales draps. L’empire immobilier de la famille Kushner est empêtré dans l’affaire du 666 Fifth Avenue à New-York. Jared est devenu le patron du groupe après la condamnation en justice de son père avant de quitter la direction pour prendre ses fonctions à la Maison-Blanche. Il a acheté cet immeuble pour 1,8 Milliards de dollars en 2007, juste avant la crise qui l’a pris au dépourvu. Il a donc emprunté pour le  rénover. La dette de 1,4 Milliards arrive à échéance en 2019. La groupe Kushner est donc à la recherche de grosse sommes d’argent qui se comptent en centaines de millions de dollars.

Demain la période Novembre 2017-Janvier 2018.

 

Mes liens de travail sur le sujet.

01/03/2018

http://thehill.com/homenews/administration/376132-kushners-future-is-uncertain-but-few-think-hes-leaving-white-house

http://thehill.com/homenews/administration/376166-mercedes-schlapp-is-possible-hope-hicks-replacement-report

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/02/the-rules-are-there-to-protect-you-not-hurt-you/554486/

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/02/diogenes-on-the-potomac/554240/

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/02/hope-hicks-is-the-latest-to-abandon-a-sinking-ship/

http://thehill.com/homenews/administration/376283-trumps-family-becomes-flashpoint-for-new-controversies

http://thehill.com/opinion/white-house/376215-trump-loyalists-flee-the-white-house-as-anti-trump-wave-builds

http://thehill.com/homenews/house/376266-pelosi-jared-kushner-needs-to-go

https://fivethirtyeight.com/features/the-midterms-could-set-trump-on-a-path-toward-impeachment/

https://talkingpointsmemo.com/livewire/nbc-white-house-preparing-to-oust-mcmaster-as-national-security-adviser

https://www.motherjones.com/politics/2018/03/trump-just-suggested-again-that-drug-dealers-should-get-the-death-penalty/

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/1/17053398/jared-kushner-scandals-russia-clearance-loans

https://www.salon.com/2018/03/01/trump-makes-good-on-promised-trade-war-dow-plummets/

https://www.alternet.org/news-amp-politics/melania-trump-immigrated-us-under-eb-1-genius-visa

https://www.salon.com/2018/02/10/conniving-lying-conspirators-or-bumbling-lying-fools-you-decide/

https://www.axios.com/the-wild-wars-within-the-trump-white-house-1519905402-f84fb393-4789-44ed-a8a1-0f846b1580af.html

https://www.nytimes.com/2018/03/01/us/politics/trump-chaos-oval-office.html

02/03/2018

https://www.alternet.org/news-amp-politics/mueller-wikileaks-foundation-russia-case

https://www.salon.com/2018/03/02/an-ivanka-trump-business-deal-is-now-being-probed-by-the-fbi/

https://thinkprogress.org/jump-back-whats-that-sound-6c72cdbc03e3/ //De mal en pis au Panama pour la famille Trump

https://www.salon.com/2018/02/28/what-did-donald-trump-know-about-stolen-wikileaks-emails/

https://www.salon.com/2018/02/22/trumps-source-of-inspiration-paul-manaforts-dark-deeds-and-dubious-clients/

https://www.washingtonpost.com/politics/jared-has-faded-inside-the-28-days-of-tumult-that-left-kushner-badly-diminished/2018/03/02/62acb9ce-1ca8-11e8-9de1-147dd2df3829_story.html?utm_term=.71a21c38eb7e //The day of the kushner house fall The fall of the house of USher

https://edition.cnn.com/2018/03/01/politics/ivanka-trump-fbi-investigation/index.html?CNNPolitics=Tw

03/03/2018

http://thehill.com/homenews/administration/376534-the-memo-white-house-reels-after-week-of-upheaval

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/a-series-of-revelations-about-jared-kushner-have-added-further-credence-to-a-key-claim-of-the-steele-dossier.html //L’affaire Kuschner

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/2/17068392/trump-news-hope-hicks

https://www.salon.com/2018/03/03/closing-the-circle-of-collusion/ Closing the circle of collusion Lucian Truscott IV
04/03/2018

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2017/05/kushnergate-update-was-it-really-all-about-syria/

https://www.motherjones.com/politics/2018/01/deutsche-bank-reports-suspicious-activity-related-to-jared-kushners-accounts-1/

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/03/conservatives-are-losing-the-culture-war-over-guns/554585/

https://www.vox.com/2018/2/26/16964328/trump-tower-meeting-mueller-russia

https://www.vox.com/2018/2/26/16964328/trump-tower-meeting-mueller-russia

https://www.npr.org/sections/thetwo-way/2018/03/04/590660482/at-gridiron-dinner-trump-trades-jabs-with-his-opposition-party

http://thehill.com/homenews/administration/376436-kushner-family-company-solicited-qatari-government-investment-just

https://slate.com/news-and-politics/2018/03/benjamin-wittes-on-why-we-hear-so-much-but-know-so-little-about-the-mueller-russia-investigation.html

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/jane-mayer-trump-team-was-in-routine-communication-with-moscow-in-2016/ //Infos britanniques sur 2016.

https://www.recode.net/2018/3/5/17081520/reddit-russia-2016-election-ads-organic-content

https://www.vox.com/policy-and-politics/2018/3/5/17080302/trump-russia-news-kushner-mueller //LEs associés de Trump vont y passer

 

Parmi les collaborateurs proches de Donald Trump à la Maison-Blanche la liste de ceux qui sont partis dépasse en nombre celle de ceux qui restent.

Hope Hicks,
Keith Schiller,
Steve Bannon,
Reince Priebus, président du Comité National Républicain devenu « chief of statff » à la Masison-Blanche  en Novembre 2016, éjecté en Juillet 2017 pour être remplacé par John Kelly
Katie Walsh, éjectée en Mars 2017,
Rob Porter,
Sean Spicer,
Dina Powell,
Michael Flynn, démissisoné en Février 2017,
KT McFarland, adjointe de Flynn, déposée en Avril 2017 pour devenir ambassadeur à Singapour, elle renoince en Février 2018 devant la difficulté à faire valider sa désignation par le Sénat.

Stephen Miller, représentant de la tendance « nationalistes blancs » auprès de Trump, vu comme le seul représentant extrémiste auprès de Trump après le départ Bannon et de Gorka.
Don McGahn,
Kellyanne Conway, arrivée en fin de campagne 2016 mais mise en retrait de la communication publique
Gary Cohn, peut-être en partance après l’annonce des hausses de droits de douane,
Mick Mulvaney, émanantion du Freedom Caucus (Tea Party) auprès de Trump,
Marc Short, en poste auprès de Trump depuis Janvier 2017.

Après Parkland, Trump tiendra-t-il promesse ?

Donald Trump a donc pris ses amis à contre pied en insistant sur l’importance d’une évolution significative de la réglementation sur les armes à feu. Dans cette incertitude quelques sénateurs tentent de sortir par le haut en formulant des projets de lois.

Si les Républicains ont en général mal réagi les Démocrates assez étonnés ont fini par adopter une ligne exprimée par Chuck Schumer, leur leader au Sénat qui consiste en gros à dire à Trump « Chiche ». Ils avancent une stratégie en trois points.

  1. De solides contrôles à l’achat qui bouchent les trous du système actuel en particulier sur les transactions dans les foires aux armes et sur Internet. Si ce point est un casus bellli avec la NRA il  peut éventuellement emporter l’accord d’un nombre suffisant de parlementaires Républicains si le leadership nouveau de Donald Trump sur le parti a une réelle influence.
  2. Autoriser la saisie, même temporaire,des armes détenues par des personnes que leur famille ou les autorités jugent dangereuses. Cette proposition est assez habile car elle rejoint celles de Trump sur la santé mentale et sera difficile à contrer.
  3. Obtenir un débat parlementaire sur l’interdiction des armes semi-automatiques. Ici encore l’habileté tactique l’emporte. LE débat est plus important que son résultat. Il atteste de la détermination des Démocrates et permettrait de mettre  en évidence les divisions du camp Républicain.

Donald Trump joue assez gros dans cette affaire car son leadership ne permet sans doute pas de faire taire les divergences au sein de son propre parti. S’il avance trop loin dans la direction du contrôle de l’achat, la détention, le transport et l’usage des armes à feu il prend à revers son propre électorat en particulier dans les états ruraux. Or le soutien de sa base est crucial pour que le parti continue à se ranger derrière lui.

La réaction des élus Républicains commence à se structurer et à agir. Les élus de Géorgie viennent de voter une disposition qui prive Delta Airlines d’une baisse d’impôt parce que la compagnie a rompu avec la NRA. Les suites seront intéressantes. D’autres collectivités dirigées par les Républicains suivront-elles ? Quelle sera la réaction de Delta ? Cela stoppera-t-il les ruptures de contrats commerciaux avec la NRA ?

Au Congrès aussi les choses se précisent. Les Républicains semblent avoir la conviction qu’ils leur suffit de faire le gros dos et que la tempête se calmera comme les autres se sont calmées lors des précédents massacres. Mitch McCOnnell, le leader Républicain du Sénat a donc programmé pour la semaine prochaine les débats sur la réglementation bancaire, en clair la suite du démontage du peu de régulation de la finance qui existe encore (Dodds-Franck). Cela aura le double avantage de ressouder le parti sur un thème unificateur et de gagner du temps. Pour ne pas donner l’impression de se désintéresser de la question par contre une commission du Sénat entendra les rescapés de Parkland.

Cela ressemble bien à une course de vitesse entre la capacité du mouvement des résistants aux armes à maintenir le sujet dans l’actualité (et réussir la marche à Washington) et la capacité de l’establishment à passer à autre chose. La manière dont la société s’est emparée du sujet laisse penser que même si cette fois l’affaire retombe ce ne sera que pour mieux retomber au prix de quelques morts de plus.

 

Pour ceux que cela intéressent mes liens de travail de ce jour.

01/03/2018

http://thehill.com/homenews/senate/376172-senate-gop-rejects-trumps-call-to-go-big-on-gun-legislation

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/03/guns-second-amendment-repeal/554540/

https://www.theatlantic.com/letters/archive/2018/02/letters-the-toll-of-high-velocity-bullets/554192/ //Le débat est-il inarrêtable?
https://www.motherjones.com/politics/2018/02/walmart-will-raise-minimum-age-for-gun-purchases-to-21-years-old-1/ //Même Wall Mart après Dick’s Sporting
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/donald-trump-goes-off-the-deep-end-on-gun-legislation/ //Trump girouette
https://www.vox.com/2018/2/28/17064120/trump-gun-control-meeting-congress-explained //More of the same
https://www.vox.com/identities/2018/2/28/17059254/gun-control-parkland-florida-shooting-students-national-school-walkout //AMerica ready to go
https://slate.com/news-and-politics/2018/02/the-student-activists-of-marjory-stoneman-douglas-high-demonstrate-the-power-of-a-full-education.html //Beyond guns the evidence of the efficiency of some public high scholl education.
https://www.washingtonpost.com/local/organizers-plan-for-500000-attendees-at-march-for-our-lives-rally-in-washington/2018/02/22/a9ff1992-17f9-11e8-8ac5-84161111ace0_story.html?utm_term=.da3b9a307eb4 //March for our lives
https://thinkprogress.org/frequently-asked-questions-nra-914596980b24/ //Know your ennemy.
https://thinkprogress.org/bank-of-america-firearm-companies-e9aa547dc085/ //Le nerf de la guerre

http://thehill.com/blogs/blog-briefing-room/news/376223-march-for-our-lives-wont-take-place-on-national-mall-due-to

http://thehill.com/homenews/senate/376233-senate-panel-to-hold-hearing-on-parkland-shooting //Une commission pour enterrer e sujet?
http://thehill.com/homenews/senate/376246-senators-introduce-bill-to-ban-bump-stocks //Peut-être un résultat après tout
http://thehill.com/homenews/state-watch/376327-georgia-senate-passes-bill-that-effectively-punishes-delta-air-lines-for //La guerilla

https://talkingpointsmemo.com/dc/democrats-skeptical-of-trump-promises-on-gun-control-try-to-seize-momentum

https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/raw-data-mass-shootings-at-schools/

https://www.thenation.com/article/how-the-parkland-kids-are-beating-the-gun-industry/

Après Parkland, Trump en roue libre

Réunion à la Maison-Blanche.

Alors que le débat continue dans le pays et que le mouvement initié par les rescapés de la fusillade de Parkland continue Donlad Trump qui voit s’accumuler les nuages a tenu à occuper le terrain et à tenu à la Maison-Blanche une réunion informelle à l’image de celle qu’il avait tenu quelques semaines auparavant sur l’immigration. Il a tenu durant cette réunion des propos qui ont mis dans l’embarras ses amis Républicains. Il est parfois difficile de comprendre les tenants et aboutissants de la pensée trumpienne dans ses évolutions parfois difficiles à suivre mais à la sortie de la réunion elle semblait pouvoir se résumer.

  1. Donald Trump a exprimé un soutien à une « puissante » extension des contrôles des antécédents des acheteurs qui pourrait passer par le « FixNICS Act » déjà validé à la Chambre des Représentants ou par le projet des sénateurs Toomey (Rep) et Manchin (Dem).
  2. Il insiste sur le contrôle accru des maladies mentales. Cette idée est une vieille lune de la droite qui aimerait bien que la maladie mentale soit l’explication principale des fusillades. L’insistance de Donald Trump sur ce point fait partie de la bataille idéologique sur le thème des armes à feu autant sinon plus qu’une proposition concrète. Mais sa suggestion que les autorités puissent confisquer apriori les armes des personnes suspectées de démence a le double effet de le mettre en opposition ouverte avec ses amis et d’être pratiquement et juridiquement à peu près impossibles.
  3. Le président s’est également dit ouvert au passage à 21 ans de l’âge minimum pour acheter une arme. La NRA est radicalement opposée à cette mesure comme beaucoup de Républicains.
  4. Pour indiquer sa volonté de participer à l’effort il a annoncé voulor signer un décret présidentiel pour interdire les « bump stocks », les accessoires qui permettent de transformer des fusils en armes semi-automatiques. Ses pouvoirs le lui permettent-ils ? Cela n’est pas encore très clair. Cela pourrait donner lieu à contestation judiciaire mais tant qu’il ne l’a pas fait spéculer est inutile.
  5. Par contre il n’a rien dit sur le droit de transporter les armes entre les états qui fait partie des sujets critiques réclamés par la NRA et la majorité des Républicains

Le contexte.

Le contexte ne semble pas avoir évolué de manière substantielle. Après la première vague de dénonciation d’accords commerciaux avec la NRA ce sont les grands de la distribution qui prennent des mesures restrictives. WallMart a annoncé qu’il relevait l’âge de vente des armes et munitions à 21 ans.  Dick’s Sporting Group, gros vendeurs d’armes, en avait fait de même plus tôt et même avait annoncé renoncer à la vente des « armes d’assaut » dans ses magasins.  Cela repose évidemment sur la définition de ce qu’est une arme d’assaut qui n’est pas forcément très claire. quelque part entre ce que nous appelons armes de guerre et armes automatiques.

La persistance du sujet dans les médias montre bien que contrairement aux massacres précédents celui de Parkland a déclenché un processus encore inédit. Cet article sur les dégâts causés par les armes de type AR-15 comme celle utilisée à Parkland (qui est une des plus vendues dans le pays)  témoigne d’une réelle préoccupation dans l’opinion. Le point de départ est le témoignage d’un médecin radiologiste qui a constaté la gravité des blessures causées à Parkland par le fusil AR-15, différentes des blessures causées par les armes légères qu’elle a pu voir précédemment. Un débat réel existe donc bien dans le corps social. Mais ce débat montre dès le début ses limites. Alors que dans un passé pas si lointain la signification du Second Amendement pouvait être interrogée toute discussion aujourd’hui ne peut être que contenue dans les limites imposées par une lecture restrictive de cet Amendement consacrée par l’arrêt de la Cour Suprême qui l’interprète comme accordant le droit individuel aux armes à feu.

Sur le front économique également la tendance se confirme comme en témoigne la décision de la Bank of America de ré-examiner ses relations avec l’industrie de l’armement individuel confirme des mouvements comparables intervenus depuis la fusillade. Cela de devrait pas améliorer la situation boursière de ces firmes qui sont déjà sur la sellette à Wall Street.

Et maintenant.

Comment cela peut-il évoluer ?

La poursuite du mouvement des jeunes pour une plus grande régulation de l’achat, la possession, l’usage et le transport des armes à feu et des munitions sera une des clés. Le mouvement s’est donné lui-même des échéances avec les manifestations qui doivent converger en une grande manifestation à Washington dont le succès est loin d’être assuré. Il n’est pas par ailleurs certain que l’enquête de Robert Mueller ou les événements de politique internationale ne modifient pas radicalement le calendrier et les priorités.

Il devrait malgré rester l’irruption d’une nouvelle classe d’âge dans la vie politique et une inflexion de la discussion politque.

Pour ceux que cela intéresse mes liens de travail de ce jour  :

http://thehill.com/homenews/senate/376172-senate-gop-rejects-trumps-call-to-go-big-on-gun-legislation

https://www.theatlantic.com/politics/archive/2018/03/guns-second-amendment-repeal/554540/

https://www.theatlantic.com/letters/archive/2018/02/letters-the-toll-of-high-velocity-bullets/554192/ //Le débat est-il inarrêtable?
https://www.motherjones.com/politics/2018/02/walmart-will-raise-minimum-age-for-gun-purchases-to-21-years-old-1/ //Même Wall Mart après Dick’s Sporting
https://www.motherjones.com/kevin-drum/2018/03/donald-trump-goes-off-the-deep-end-on-gun-legislation/ //Trump girouette
https://www.vox.com/2018/2/28/17064120/trump-gun-control-meeting-congress-explained //More of the same
https://www.vox.com/identities/2018/2/28/17059254/gun-control-parkland-florida-shooting-students-national-school-walkout //AMerica ready to go
https://slate.com/news-and-politics/2018/02/the-student-activists-of-marjory-stoneman-douglas-high-demonstrate-the-power-of-a-full-education.html //Beyond guns the evidence of the efficiency of some public high scholl education.
https://www.washingtonpost.com/local/organizers-plan-for-500000-attendees-at-march-for-our-lives-rally-in-washington/2018/02/22/a9ff1992-17f9-11e8-8ac5-84161111ace0_story.html?utm_term=.da3b9a307eb4 //March for our lives
https://thinkprogress.org/frequently-asked-questions-nra-914596980b24/ //Know your ennemy.
https://thinkprogress.org/bank-of-america-firearm-companies-e9aa547dc085/ //Le nerf de la guerre

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