DOMINIC77

Un peu de tout

Category: OPINION (page 2 of 5)

Toutes les choses, si possible politique et malvenues, que j’ai envie de dire au monde.

Retour à la maison

J’ai failli le faire à plusieurs reprises depuis une douzaine d’années.  Quelques soient les imperfections et les arrière-pensées de l’action menée actuellement par la C.G.T. elle est la seule qui a pris la responsabilité d’offrir un moyen d’expression à la colère qui gronde.

Je me suis donc resyndiqué hier.

Bon courage à nous tous.

 

Trump EST favori

Qui l’eût  cru il y a seulement 2 semaines?  Il a fallu moins de 10 jours à Donald Trump pour revenir en tête des sondages de la présidentielle et redevenir quasi crédible. Le chemin est encore long d’ici au jour de l’élection mais la fin virtuelle des primaires Républicaines avec la suspension, et non le retrait définitif, des campagnes de Cruz et Kasich a permis à leur camp de passer à la phase suivante et de se mettre en posture de campagne pour l’élection générale. Ceci n’exclut pas la possibilité de surprises, entre autres à la convention, mais plus le temps passe et plus s’alignent les ralliements à Trump plus cela devient improbable.

La publication, obligatoire contrairement à celle des feuilles d’impôts, de la situation financière de Trump n’a pas apporté d’éléments importants. Des esprits chicaneurs ont bien relevé quelques participations dans des sociétés qu’il voue aux gémonies pour avoir participé à des délocalisations d’emplois. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat tant les montants en jeu sont ridicules par rapports aux revenus de l’individu. Connaître les montants effectifs de ses impôts et de ses participations humanitaires en dirait beaucoup plus et serait politiquement plus pertinent.

La course éhontée des ralliements/reniements de cadres républicains continue, même John McCain, un des rares de la bande que l’on peut estimer être un modéré réfléchi, y est allé de son couplet de soutien au candidat désigné. Il reste à assurer un processus formel de désignation à la Convention pour éviter à ces braves gens d’avoir à se déjuger. Trump devrait boucler le nombre de délégués nécessaires lors de la primaire de Californie. Il ne fait pas de doute que des escarmouches d’arrière-garde vont encore se produire : retournements  de délégués, batailles de procédures, etc… Quelques dignitaires enferrés  sous la bannière #NeverTrump auront un peu de mal à se dégager pour venir à la soupe. On peut faire confiance à l’imagination politicienne pour venir à bout de ces détails. Les plus jeunes prendront date comme recours après l’échec attendu du trublion laissant présager une présidence Trump intéressante.

Le chemin des primaires dégagé Trump peut déployer sa stratégie personnelle selon la ligne déjà mise en pratique : occuper le maximum de terrain avec le maximum de bruit, le contenu étant secondaire. Ainsi il a été le premier homme politique à intervenir sur le crash de l’avion d’Egypt Air (MS804). Avant tout indice probant il a tenu à  hurler contre le nouvel attentat et à sous-entendre que lui président cela ne se serait pas produit. Sans doute aurait-il terrorisé les terroristes. Au fond c’est sans doute à Charles Pasqua que Trump ressemble le plus. Trump a même rencontré le vénérable Kissinger. Il faut dire pour être honnête qu’Hillary Clinton l’y avait précédé. S’il s’avère, comme probable, que le crash du MS804 est le résultat d’un attentat le militarisme et les postures va-t-en-guerre vont de nouveau envahir la campagne. Grandeur de la démocratie: l’État Islamique aura fait la présidentielle des E.U.A.

L’habileté de Trump ne lui a pas permis d’éviter un écueil inattendu. Il a publié sa liste (« shortlist ») de possibles juges pour la Cour Suprême. Ils sont tous blancs et constitue comme le dit « The New Republic »  un rêve judiciaire de réactionnaire anti-féministe (j’ai volontairement traduit « conservative » par réactionnaire). Encore une fois il innove. Aucun candidat à ce point du débat ne l’avait encore fait. Parmi les nommés se trouve Don Willet qui s’est abondamment payé la tête de Trump sur son compte Twitter.

En passant il promet de renégocier l’accord de la COP21, position irréaliste mais bien vue du cœur de son électorat actuel. Cela pourrait lui poser des problèmes dans une campagne où il devra élargir sa base. Il peut jouer sur la complexité d’un système électoral où la victoire se joue dans les états, un par un, et non à la majorité globale. Par exemple considérer comme perdus les états à forte sensibilité écologique, par exemple la Californie, peut amener à renforcer les argumentaires susceptibles de faire pencher la balance dans des états critiques, du centre-nord industriel on minier par exemple.

La priorité reste pour lui de boucher les trous du soutien électoral qui risque de lui faire défaut. Il est mal considéré par 87 % des hispaniques, 91 % des noirs et 70 % des femmes. Ces dernières se ont eu l’honneur de la première offensive dont je ne saurais dire si elle est de charme. A chaque occasion il rappelle les vieilles accusations contre Bill Clinton qu’il insiste pour qualifier de viol avec l’active complicité des présentateurs de droite comme Sean Hannity. Il peut même allier l’offensive « féministe » avec l’offensive pro-hispanique en faisant parler pour sa défense des femmes latinos. La marge de manœuvre offerte par le poste de vice-président est très réduite car Trump aura besoin d’alliés dans le Parti Républicain. Le ticket est une des rares possibilités de pression sur leur candidat qui leur reste en main pour monnayer un soutien actif. Comme je l’ai déjà écrit les pressions pour que Newt Gingrich soit choisi semblent plutôt fortes.

Une star est née (?)

L’épisode le plus spectaculaire de l’offensive envers les femmes car le plus médiatique et le plus volontairement visible a mis à contribution la nouvelle star des médias réactionnaires : Megyn Kelly. Présentatrice vedette de Fox News elle avait été consacrée un peu vite icône anti-Trump par les progressistes de pacotille après le débat entre candidats républicains à la candidature le 6 Août 2015. Même la droite française, ravie de trouver une anti-Trump dans les rangs de Fox y était allé de son couplet. Kelly avait mis en doute la capacité d’un homme du genre Trump à faire un président. Il avait répondu par l’insulte peu ragoutante à répétition. Jamais à court d’un mouvement spectaculaire Trump a donc fait mine d’aller à Canossa et a rencontré Kelly, devant les caméras évidemment, pour fumer le calumet de la paix. Ceci nous a valu l’édifiant spectacle du Donald jouant au gros nounours repentant devant une Kelly figée dans son hitchcokienne blondeur. Tout cela en évitant soigneusement de parler politique. Du grand art et sans doute la relance de la carrière de la dame qui va maintenant viser à rejoindre la stratosphère des animateurs quelque part entre Opfrah, Ellen Degeneres et Stephen Colbert. Gageons que Fox News va lui sembler un peu étriquée maintenant. Peut-être devra-t-elle attendre que l’élection soit passée pour bouger. A moins que…

Que sont devenus les électeurs indépendants ?

La situation est tellement inattendue que personne ne peut affirmer de certitudes établies. Par exemple le « New-York Times » s’interrogeait récemment sur l’état réel des intentions de votes, sur la sincérité des sondés qui seraient en partie des « trumpistes » honteux. Ajoutons que la sensibilité épidermique qui existe dans tout le monde occidental aux événements du Proche-Orient et aux attentats rend les opinions publiques très volatiles. La première caractéristique de cette campagne va rester son imprévisibilité sauf si un événement particulier discrédite un candidat en cours de route. Les alternatives sous la forme d’une candidature indépendante devront se déclarer très rapidement en raison des délais administratifs imposés  par certains états. Une partie de l’appareil Républicain a envisagé un temps cette possibilité avec une candidature Romney.

Nous aurons sans doute besoin de temps et de recul pour comprendre les changements politiques, sociologiques, économiques et sociaux en  jeu dans la période. Un début de piste intéressant a été indiqué par « The Nation« . Citant des études dont les méthodes me semblent correctes cet article développe l’idée que la conception même de l’implication politique a changée dans les dernières décennies. Je me sens d’autant plus concerné que la période évoquée correspond à celle de ma propre vie politique active (en gros depuis le milieu des années 1960). En bref alors que l’adhésion à un projet politique était un secteur parmi les autres de la vie sociale de chacun elle est devenue une partie intégrante de la personnalité. La partie de la population des États-Unis d’Amérique qui déclare une affiliation politique est assez stable. D’après le « Pew Research Center »  elle se répartit en : Indépendant=39 %, Démocrates=32% et Républicains=23%. Ces chiffres ne changent pas énormément dans le temps. Par contre la conviction apportée par chacun semble bouger, en particulier chez ceux qui se déclarent comme Indépendants. Classiquement Indépendant signifiait susceptible de changer à chaque élection, pas vraiment fixé, mobile. D’après les études récentes ces indépendants seraient en fait de plus en plus des Démocrates ou des Républicains déguisés, moins susceptibles de changer de camp que des catalogués Républicains  ou Démocrates de faible conviction. La distinction n’est pas qu’académique. La compréhension classique valide l’idée bien connue que les élections se gagnent au centre où il existerait un marais indécis à faire basculer d’un côté à l’autre en plus ou moins grande proportion. Ce petit pourcentage d’électeurs mobiles, parfois insignifiant, faisant les majorités. On peut d’ailleurs remarquer plus ou moins cyniquement que presque tous les systèmes électoraux des pays dits « démocratiques » sont peu ou prou basés sur cette hypothèse avec des méthodes diverses pour renforcer les majorités : notre système majoritaire à deux tours ou les systèmes à majorité relative à un tour (« First past the pole ») du monde anglophone. Ainsi Donald Trump peut clamer avoir ramener au Parti Républicain « des millions d’électeurs » avec les chiffres de participation aux primaires pour le prouver. Mais si ce basculement d’une frange des « indépendants » s’avère une illusion tout le raisonnement et peut-être le système lui-même, est faussé. les indices concordent d’ailleurs pour penser que Trump a d’abord mobilisé des électeurs Républicains, souvent déclarés « Independant ». La situation particulière marquée par la colère contre les délocalisation, contre un président pensé comme noir, non-américain et même musulman donc illégitime, hostile et prédateur a accentué le mouvement. Trump était le candidat de primaire rêvé. Il mobilise en première intention des électeurs plus fermes dans leurs convictions. La campagne réelle inverse le mouvement : il faut maintenant rassembler. Et rassembler sur un projet est plus difficile mais plus efficace que rassembler contre ou rassembler pour des principes plus ou moins abstraits. Si un enjeu se présente clairement pour la campagne des Démocrates, c’est celui-là : fabriquer un projet rassembleur.

Bernie et Hillary, cessez les jeux infantiles.

A première vue la campagne Démocrate, enlisée dans les bagarres de procédures, de recompte de voix au Kentucky, de revendications de principe. Nous n’avons pas de leçons à donner à ceux qui sont sur le terrain. Il me semble clair que la question posée aujourd’hui aux progressistes des  États-Unis d’Amérique est de savoir si  l’objectif est de battre Trump ou de satisfaire des egos. Je comprends qu’il soit éminemment désagréable de passer par un accord avec une Hillary Clinton peu engageante et un appareil Démocrate  soucieux de ses intérêts bureaucratiques et otage de la finance. La campagne de « l »armée de Bernie » restera dans les annales comme la plus impressionnante campagne jamais faite par la gauche du pays, et qui plus est sous son propre étendard. Le plus important n’est pas là. Lors de la Convention Démocrate et ensuite Clinton aura besoin des voix et des forces militantes de l’ « armée de Bernie » (même sans Bernie). La gauche se trouve donc dans une position de force, peut-être sans précédent, pour faire avancer ses options. Sortir de la Convention avec des éléments politique dans la plate-forme de la campagne du candidat et au-délà des élections générales et préparer les conditions du maintien en action du mouvement initialisé sont des objectifs raisonnables et nécessaires.

Hillary Clinton a donné deux signes des questions qu’elle se pose : la hiérarchie des thèmes  de campagne a évoluée avec la mise en avant d’une extension de Medicare, la question de la vice-présidence pour Elizabeth Warren serait revenue en force. L’extension de Medicare n’est pas une nouveauté car elle faisait déjà partie des projets de la première présidence Clinton. Le signe envers les soutiens de Sanders esr cependant manifeste comme celui d’une validation de principe de l’idée de protection sociale généralisée (« single-payer healtcare »). J’ai déjà écrit pourquoi l’hypothèse Warren me semble improbable et tactiquement dangereuse. Comprise comme un signe envers la base elle prend du sens.

Un dernier mot pour faire crier.

La perspective de voir Trump à la Maison Blanche nous effraie tous. Mais à la réflexion un Trump qui affirme ne pas vouloir toucher au Planning Familial (« Planned Parenhood« , Cecile Richards la présidente est une de mes héroïnes)), à Medicare, Medicare et au système existant de retraites (« Social Security« , reste lointain du New Deal) serait-il plus dangereux qu’une présidence Ted Cruz, Marco Rubio ou même John Kasich ?

Cela aurait au moins l’avantage de détruire pour de bon le Parti Républicain qui n’y résisterait pas. Quant à l’image du pays …

Primaires, ça change mais ça continue

La primaire de l’Oregon et du Kentucky, 74 et 61 délégués respectivement chez les Démocrates, nous offrent le dernier relais avant le feu d’artifice final du 5 Juin avec le New-Jersey, 142 Délégués Démocrate,  et la Californie, 546 délégués Démocrates, l’occasion de faire le point car les choses bougent. A signaler en Oregon la mise en place d’un système d‘inscription automatique des électeurs qui limitera la casse que j’ai précédemment évoquée.

Plusieurs questions en suspens dans les deux camps devront recevoir des réponses plus ou moins vite. Comment les candidat(e)s à la vice-présidence contribueront-ils à l’équilibre politique des tickets. Les casseroles des deux candidats vont-elles les poursuivre au-delà des conventions de Juillet ?

Républicains.

La nomination de Donald Trump étant acquise sauf surprise toujours possible dans le contexte actuel de tension et de chamboulement le camp de droite est passé à la phase suivante, celle de la campagne de l’élection générale. Le comité d’organisation de la Convention va devoir sortir de la routine établie depuis 32 ans. Je me souviens, de passage en Californie à la fin de l’été 1984, des commentateurs décrivant la convention avant la seconde élection de Ronald Reagan comme la première « run from a script » (déroulée d’après un scénario). Cette année il faudra un peu improviser.

Les Républicains doivent d’abord retrouver une crédibilité en tant que parti, reconstruire une unité mise à mal par le trublion Trump et assurer sinon la victoire que beaucoup pensent encore possible à la présidentielle et surtout assurer le moins mauvais score possible aux élections au Sénat et à la Chambre des Représentants. Il se trouve que le hasard des renouvellements partiels des chambre les met en situation un peu délicate cette année. Parmi les sièges en compétition certains risquent de basculer alors que ceux de la prochaine manche, en 2018, à mi-mandat du futur président semblent plus solidement « rouge », c’est-à-dire Républicains. Cette situation fait penser d’ailleurs qu’une partie de leurs stratèges ne misent pas particulièrement sur la victoire de Trump. La plan, tout à fait cohérent, consisterait à refaire le coup qu’ils ont fait à Obama. Une fois le président ou la présidente Démocrate élu(e) il pratiquent l’obstruction maximale pendant deux ans et empêchent toute réforme de grande ampleur. Ceci les met en bonne position pour gagner les deux chambres en 2018, repartir de plus belle et gagner la Présidence les doigts dans le nez en 2020. Dans cette hypothèse ils mettent la priorité en 2016 sur le Sénat, constitutionnellement plus important,  et secondairement sur la chambre des Représentants où leur majorité craint assez peu. Les grandes manœuvres ont donc commencé. La presse de toutes tendances ne cesse de bruisser des comptes-rendus de rencontres positives entre Trump ou ses conseillers et l’appareil Républicain. La reddition en rase campagne des cadres du parti fait presque plaisir à voir. Mais la manière donc Trump fait retraite impressionne. Il a la plus grande peine à se retenir mais il sait que maintenant il est le demandeur. Il a besoin de l’organisation du parti et surtout de l’argent qu’il peut lui apporter pour faire campagne. Il ne peut plus compter sur les milliards (environ 2 selon les estimations) d’équivalents de publicité gratuite dans les médias que lui ont valu ses outrances. Le ciel s’est assombri brusquement pour les Républicains quand on a appris que les plus fidèles pourvoyeurs  d’argent des dernières campagnes, les frères Koch avaient décidé de ne pas renouveler des investissements sans doute assez peu politiquement rentables. Le plus gros contributeur identifié reste donc Sheldon Adelson, le magnat de Las Vegas qui a manifesté son intérêt pour Trump. Si Adelson doit jouer un rôle majeur dans la campagne cela devrait avoir des conséquences. Il passe pour privilégier la victoire à court terme à la présidentielle contrairement à l’hypothèse évoquée plus haut. Par ailleurs il semble assez favorable à un ticket avec Newt Gingrich pour la vice-présidence. Donald Trump préférerait sans doute choisir et le plus tard possible son  colistier. Il risque de ne pas avoir le choix. Une femme ou un hispanique pourrait constituer un premier effort pour contrer ses handicaps dans des secteurs du corps électoral où il est pour l’instant particulièrement mal vu. Enfin reste à Trump de se débarasser de la casserole qu’il traine depuis quelques jours : ses déclarations d’impôts. Depuis 1976 tous les candidats les publient avant l’élection bien que ce ne soit en rien une obligation légale. Mitt Romney avait souffert de sa publication tardive. Trump refuse de le faire en arguant de prétextes à l’évidence fallacieux. Les commentateurs se perdent en conjectures sur les raisons. Il se pourrait que sans dévoiler d’éléments illégaux ces déclarations mettent à mal le personnage. S’il se révèle qu’il est moins riche qu’il ne le prétend le mythe de la réussite du gagnant qui va sauver l’Amérique en prend un sacré coup. De la même manière cela peut montrer l’activité réelle du groupe Trump, peut-être moins reluisante qualitativement qu’il ne le laisse croire. l’activité caritative démesurée dont il se targue pourrait également apparaître bien pauvre. Enfin il se pourrait que des pratiques limites ou pire en matière d’optimisation/évasion fiscale ou de non-transparence en contradiction avec le programme proclamé se fassent jour. Voilà un point à suivre. Cela a bien servi à Hillary Clinton qui en a profité pour publier ses propres déclarations des dernières années, bien certaine que personne chez les Républicains n’irait relever le niveau de fortune de celle qui veut se présenter comme la candidate progressiste.

 

Démocrates.

La campagne des primaires continue et se durcit entre les candidats. La convention Démocrate du Nevada a donné lieu à des affrontements qui dénote la tension croissante entre les deux groupes. La campagne de Clinton, en général assez proche de l’appareil du parti, devient très autoritariste. La campagne de Sanders emportée par l’enthousiasme militant réagit au quart de tour. Les deux savent pourtant être condamnés à s’entendre s’ils veulent avoir une chance de gagner en Novembre. La récente proclamation de Bernie Sanders de tout faire pour battre Trump n’a pas suffi à calmer le front. La question souvent posée de savoir quelle serait la véritable victoire de Sanders, devenir président ou infléchir pour de bon la pratique politique dans le pays n’a pas encore reçue de réponse formelle bien qu’il n’y plus de grand mystère sur le sujet.

Paradoxalement la question du colistier semble assez peu discutée. Julian Castro qui passe pour une sorte de Barack Obama hispanique de 2016 fait la course en tête. Ce serait le choix de la jeunesse et d’une minorité par ailleurs déjà assez largement acquise aux Démocrates plus que d’un politique expérimenté comme Joe Biden l’a été pour Obama et qui l’a bien servi en coulisses. Ce serait en quelque sorte le ticket Obama à l’envers : la vieille politicienne aguerrie à la Présidence et le jeune loup derrière. L’hypothèse Elizabeth Warren est revenue en force ces derniers jours, un geste envers les soutiens de Bernie Sanders. Non qu’elle soit sur les mêmes positions mais comme je l’ai lu « qui a gauche peut refuser Elizabeth Warren ? ». Je ne crois pas à cette hypothèse pour deux raisons. Clinton et le parti ne prendront pas le risque d’un ticket 100 % féminin, beaucoup trop dangereux électoralement. Par ailleurs le Sénat où siège Warren est beaucoup trop précieux pour gâcher un siège. Si Warren, dont le siège n’est pas en jeu cette année, devait quitter son poste le gouverneur Républicain de l’état la remplacerait par quelqu’un de son camp.

Enfin l’épée de Damoclès, en fait plusieurs, menace toujours le cou de Clinton : l’affaire des e-mails non-protégés. Sans compter l’affaire de Benghazi et quelques broutilles. Il est possible que l’enquête en cours débouche avant l’élection. Le plus catastrophique pour les Démocrates serait que cela se produise après la Convention et la désignation de Clinton comme candidate. Ici encore affaire à suivre.

R.I.P. Daniel Berrigan

Daniel Berrigan,,prètre connu pour avoir été emprisonné pour son action contre la guerre du Vietnam vient de mourir. Au moment où la candidature de Bernie Sanders a réactivé le souvenir de l’époque de la lute pour les Droits Civiques et de l’effervescence des années 1960 voici une bonne occasion de revenir vers cette époque avec par exemple les souvenirs de Staughton Lynd ou l’irremplaçable travail de Howard Zinn.

Au mur de San Diego,on y danse, on y danse.

La campagne des primaires de l’élection présidentielle aux États-Unis d’Amérique connait une accalmie avant l’ultime sprint du début Juin et les derniers états poids lourds du New Jersey et de la Californie. Ce temps est propice aux concertations, manœuvres diverses destinées à costumer les reniements en actes de bravoure,  ou  à préparer un avenir encore incertain. Les deux camps doivent résoudre de lourds problèmes si possible avant la tenue des conventions. Les Républicains tentent de reconstruire une unité au moins de façade afin d’éviter une convention visiblement conflictuelle de perdre trop de sièges à la Chambre et surtout au Sénat. Les Démocrates gèrent la menace du retour du scandale des mails d’Hillary Clinton qui risque de revenir au plus mauvais moment, juste après la nomination, et la fracture qui menace de priver la candidate d’une partie importante et indispensable des voix des partisans de Bernie Sanders. Le choix du poste de vice-président sur le ticket présente les mêmes risques de mauvais choix pour les deux camps tant l’équilibre semble difficile à trouver.

Voici donc l’occasion de faire un détour par un sujet polémique soulevé par Donald Trump et déjà quasi oublié tant les événements se précipitent : le mur de la frontière sud avec le Mexique. La frontière est longue d’environ 3200 kilomètres dont environ 1000 sont déjà barrés par une barrière militarisée plus ou moins efficace.

Le prix et la possibilité du mur.

La bataille de chiffres qui s’est déchaînée après les annonces de Trump est maintenant calmée. L’accord s’est réalisé sur une estimation de coût autour de 12 milliards de dollars. Le financement proposé par le candidat putatif des républicains a beaucoup fait sourire, voire plus.  Il veut prendre en otage les immigrés mexicains sur le sol fédéral en les empêchant d’envoyer de l’argent à leurs familles au pays. Le Mexique reçoit autour de 24 milliards de dollars par an de l’étranger dont la plus grande part vient du nord de la frontière. Outre l’impossibilité pratique et légale de mettre en pratique cette méthode elle fait peser sur l’économie mexicaine un risque qui pourrait se révéler mortel pour toute la zone tant l’ensemble nord-américain est imbriqué.

La réalité du mur et des frontières.

Si la frontière sud concentre tous les fantasmes et toutes les peurs, ce qui ne nous étonne pas,  elle n’est pas seule. La totalité du pourtour du territoire est soumis à une législation particulière connue sous le nom de « règle des 100 miles« . Cette règle, comme très souvent dans le pays soumise à des variantes locales, permet aux autorités et en particulier à la police des frontières, la « Custom and Border Protection », et sa « Border Patrol » de ne pas se soumettre au droit commun. Cela ne passe pas toujours inaperçu. La répartition massive de la population aux limites du pays, en particulier les deux côtes et la zone des grands lacs, a pour conséquence que la majorité de la population vit dans les territoires soumis à la règle des 100 miles. De plus l’évolution des lois depuis le 11 Septembre a ouvert la possibilité au Secrétaire à la sécurité intérieure, le patron du « DHS, Department of Homeland Security » de déroger à un grand nombre de lois de protection des citoyens ou de l’environnement en cas de besoins dont il est seul juge. Ce personnage, non élu, est d’ailleurs le quatrième dans l’ordre de succession présidentielle après le vice-président, le « speaker » de la Chambre des Représentants et le président du Sénat. Cette possibilité à la discrétion d’un haut fonctionnaire auprès du président des États-Unis d’Amérique a effectivement été  mise en œuvre à plusieurs reprises, en particulier dans des états frontaliers du Mexique.

Ce mur vient après bien d’autres dans l’Histoire. Chacun ayant ses caractéristiques propres. La grande muraille de Chine a été conçue pour jouer un rôle de réel obstacle militaire qui empêche les envahisseurs d’avancer. Le mur d’Hadrien, à l’opposé, dans la logique romaine de conquête économique, juridique et culturelle, servait de régulateur des passages commerciaux et de point de perception des taxes. La différence d’ampleur architecturale des deux édifices parle d’elle-même. Le mur mexicain, ouvrage de notre siècle, fonctionne avec nos critères et nos méthodes. Plutôt que de dissuader les migrants de tenter l’aventure, nous constatons en Europe actuellement combien cela est illusoire, il les oriente vers des zones difficiles  sinon impossibles. Il devient ainsi un projet aussi absurde que criminel qui envoie à la mort nombre de gens. Ce nombre de morts varie suivant les sources tant il est difficile de tracer avec certitude une réalité que si peu de gens souhaitent affronter, celle des morts du désert, des rançonnés par les brigands de toutes sortes, des femmes en esclavage ou disparues.

Dessinons, chantons, dansons.

Il se trouve pourtant des gens pour s’y confronter, à la réalité du mur, des artistes. Je ne peux m’empêcher de me poser des questions devant des plasticiens faisant du beau avec une matière si tragique, moi qui n’ose pas photographier un être humain de peur de voler/violer son intimité. J’admire donc le courage de Richard Misrach, photographe et Guillermo Galindo, sculpteur/arrangeur pour avoir su prendre le sujet à pleines mains dans un travail à regarder, écouter et méditer. Le livre qui en résulte présente les photos de la frontière par  Misrach et les installations de Galindo construites avec les objets retrouvés sur le terrain, traces du passage de gens dont on ignore le destin.

D’autres, comme Ana Teresa Fernandez, du côté sud, ont décidé de passer à l’action, l’action d’effacer la frontière en peignant en bleu, couleur du ciel à l’horizon, le mur. La muraille ainsi symboliquement disparue ne laisse voir qu’un espace ouvert à tous.

Les deux projets si différents ont en commun de prendre à bras le corps la situation. Si Misrach montre la diversité de la réalité géographique des terrains Fernandez amène son groupe sur le lieux mêmes à exprimer dans une action pacifique la volonté de réunir les familles déchirées par le rideau de fer et de béton.

L’intensité dramatique de la pièce qui se joue ici en a inspiré d’autres. Vous dessiniez, j’en suis fort aise et bien chantez maintenant. En 2012 un groupe a collecté et enregistré des « chants de la frontière« .

Et si on dansait ?

Il y a déjà quelque temps qu’Ursula Le Guin a fait connaître la vidéo réalisée par sa fille Elizabeth en 2012 lors du « fandango fronterizo« . Tous les ans, de chaque côté de la frontière, à San Diego et Tijuana, on se réunit autour du mur pour danser et chanter la fraternité. J’ai de bien lointains souvenirs de la vue de Tijuana du haut la butte de Point Loma au nord de San Diego. A cette époque pas de mur, juste dans un coin de ma mémoire le souvenir de la trompette d’Herb Alpert et du « Tijuana sound ».

Ridicule, dérisoire, effrayé

Jeudi, six jours après.

Rien ne m’obligeait à quitter le cocon douillet de ma maison de Seine et Marne mais rien n’aurait pu me faire rester enfermé. Au lieu de partir comme dimanche vers l’est marcher une quinzaine de kilomètres comme à mon habitude j’ai résolument mis le cap vers Paris sous le vague prétexte de faire quelques achats pas vraiment indispensables que j’opère habituellement en ligne. Sans même y réfléchir je  me suis trouvé deux boutiques à visiter: la première au début de la rue Alexandre Dumas, l’autre à proximité de République. Si vous n’êtes pas familier de l’est parisien jetez donc un coup d’œil à la carte : les deux extrémités du parcours des assassins du 13 novembre.

Pourquoi donc suis-je venu ainsi reprendre possession de cette ville que je n’ai jamais sentie mienne même aux lointaines années d’études quand j’y habitais ? J’y ai connu de grands moments mais n’ai jamais partagé l’émotion quasi mystique qu’elle inspire parfois. A vrai dire je n’ai jamais ressenti Paris comme une ville, une entité unique dotée d’une forte personnalité mais comme le collage de villages si différents. Il fallait pourtant revenir parcourir ces boulevards, ces avenues, ces rues que ces abrutis m’ont volés. Dans le bus vers République mon voisin me surprend à prendre soudain une photo du trottoir en face. Nous passons devant le Bataclan. Dans le métro qui me ramène au sud un moment de peur irrépressible, irraisonné me fait changer de place quand ce jeune homme lit une page en arabe sur son téléphone. Ils auraient donc vraiment laissé un sillon dans nos têtes ces lâches partis se réfugier dans le grand rien pour ne pas se faire suffoquer dans l’épaisseur du mépris que je voudrais  leur dégueuler dessus. Il faudra encore venir et arpenter ces rues pour ne plus avoir peur, ne plus se dire en passant devant le Comptoir Voltaire : « tiens pourquoi tout n’est-il pas pulvérisé là-dedans ? ». La semaine dernière on m’aurait dit que j’aimais cette ville j’aurais sans doute souris poliment. Ce soir je me souviens des enfants bruns qui sortaient de l’école boulevard Voltaire.

Retour vers le passé

Surpris au réveil ce samedi matin avant de reprendre la route pour notre domicile francilien nous avons passé la journée suspendus aux nouvelles débitées par l’autoradio. Sans pouvoir décider ce qui l’emportait de la désolation ou de la rage  nous conduisions sans parler. Prendre le temps avant de pouvoir penser une réaction au  spectacle projeté de l’horreur ou  exprimer une  réaction aux stupidités entendues à longueur d’antenne.

Le  lendemain la stupéfaction n’a pas cessé  d’entendre les chaines de télévision nous sortir les mêmes absurdités qu’en janvier sur les merveilleuses expressions de solidarité internationale sans que personne ne s’étonne des creux, des absences. Comme si dans notre frénétique désir de nous conforter  nous ne pouvions  compter ceux qui manquent à l’appel. Comment ne pas voir que cette  belle solidarité ne s’exprime que dans notre zone culturelle -celle  que l’on pourrait dire occidentale, au sens politique du terme- soit l’ensemble anglo-judéo-latin. Je n’ai pas vu le Kremlin en bleu-blanc-rouge ni aucune marque dans toute la zone afro-asiatique. Quelle est d’ailleurs l’intensité de nos réactions aux massacres africains de Boko Haram ? Même la Russie et ses satellites dont les racines chrétiennes nous rapprochent parfois en cas de crise se sont montrés bien discrets. En gros plus de la moitié du monde, l’espace animiste, musulman, bouddhiste, hindouiste, slave et orthodoxe n’a pas marqué de solidarité au-delà du minimum syndical obligé par les convenances politiciennes.

Cela devrait nous interroger au lieu de nous laisser aller à l’habituelle auto-célébration de notre bien vieille position de centre du monde. Serait-ce l’indifférence, la distance voire la sympathie pour la cause des « terroristes » chez tous ces gens ? Après tout pour beaucoup de ces populations nous avons dans le passé fait partie des colonisateurs. Je me souviens que lors des attentats de Bali  je n’avais pu m’empêcher de penser révoltante la situation de colonisation touristique de cet endroit par la jeunesse dorée australienne ciblée par des tueurs aussi imbéciles que ceux de Paris. La peur du risque de céder aux sirènes du choc des civilisations de Samuel Huttington ne doit pas nous empêcher de réfléchir à ce qui est en jeu dans l’affrontement avec des groupes plus ou moins formels rassemblés par une idéologie religieuse. Questionner nos frères musulmans et aussi tous les croyants du monde sur la possibilité de vivre ensemble s’impose plus que jamais. La seule cohabitation possible entre des religions qui prétendent toutes à la vérité ultime consiste peut-être à développer la métaphore émise par Théodore Monod : tous gravissent la même montagne par des voies différentes et se retrouveront au sommet.  Je ne me sens pas participant de ce débat qui concerne ceux qui ont besoin de nommer « Dieu » le grand mystère du monde.

La cécité qui interdit au plus grand nombre de voir ceux que les attentats ne révoltent pas assez pour manifester ostensiblement une solidarité visible cache un autre danger. En Janvier le profil anti-religieux des victimes à Charlie-Hebdo, tragiquement justifié par les « crevures » du 13 Novembre, avait encouragé des franges de la population française à se désolidariser de la réaction majoritaire de la communauté en refusant « d’être Charlie ». En Novembre la sidération provoquée par la violence de l’action  oblige ceux qui souhaiteraient exprimer leur différence à se taire. Que nous n’entendions pas de voix discordantes ne signifie pas qu’elles n’existent pas, seulement qu’elles nous sont inaudibles ou qu’elles se taisent dans l’instant. La stratégie de l’état islamique passe dans un premier temps par le choc que nous cause l’intensité et la violence des attaques mais se poursuit au-delà. Il me semble probable qu’il cherche, en particulier dans le cas de la France qui compte une population musulmane importante et globalement défavorisée économiquement, à préparer cette population à l’une ou l’autre forme de révolte. Notre propre rage envers  les abrutis à la kalachnikov constituerait le premier opérateur de cette révolte si elle se tournait vers ceux que nous voyons comme les musulmans de France. Comment sortir de ce piège infernal ?

Face à ce besoin de reconstruction de la cohésion du pays qu’a annoncé François Hollande ?

Le hasard a fait que la voiture a de nouveau été le terrain où j’ai écouté, consterné, le discours de ce président pour qui j’ai voté.  Entre la prolongation de l’état d’urgence destiné à devenir la norme et les modifications constitutionnelles nous voilà repartis vers un passé que j’allais oublier, celui de la création de l’état fort gaullien. Encore plus de pouvoir discrétionnaire pour l’exécutif.  Où sont passés les chantres de la sixième république ?

Pourquoi ne pas nous interroger sur notre passé colonial, sur les politiques des « deux poids, deux mesures » au Proche-Orient, sur l’effet dévastateur de nos politiques conciliantes envers les régimes corrompus, dictatoriaux et incapables d’Égypte ou d’Arabie Saoudite, sur l’absence de solution politique après la destruction de l’Irak, sur la question kurde, sur la cohabitation entre sunnites et chiites ? En bref sur les réponses politiques ?

Irrésistiblement cette pensée de Pascal étudiée au lycée est remontée de plus de cinquante ans dans le passé : « Et ainsi, ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. » Des flics et des bombes, voici la solution universelle pour tous les problèmes.

Nous construisons des barrières défensives, nous enfermons dans nos ghettos, semons des bombes qui engendrent la légitime révolte causée par les dégâts collatéraux et persistons à vendre des Rafales à Al Sissi. Comment nous étonner que la moitié du monde se dresse un jour contre nous ? Les enfants de nos propres banlieues les premiers ?

Et ajoutons la cerise sur la gâteau : le droit de tirer à vue pour les uniformes.

Enfin quelques bonnes ombres pour ne pas s’endormir trop  mal. Cette nouvelle montée en épingle par quelques sites technologiques m’a fait sourire, un peu. Le groupe de hackers connu sous le nom d’ Anonymous a annoncé son engagement contre l’état islamique. Il aurait invalidé plusieurs milliers de compte Twitter jihadistes dès le premier jour de campagne. J’attends avec impatience et curiosité la réaction des autorités bien-pensantes devant l’appui de cet allié inattendu. Pour terminer la réaction indignée entrevue à la télévision d’un économiste orthodoxe contre l’idée de l’entorse à la rigueur austéritaire au nom des dépenses de sécurité. Il ne faut pas bouder les petits plaisirs.

Où s’arrête la folie réactionnaire ?

Celle-ci est gratinée.

Dans son émission télévisée un illuminé pasteur évangéliste des États-Unis d’Amérique (désolé pour le quasi pléonasme) le dénommé Jim Bakker a annoncé que les centre du Planning Familial (Planned Parenthood est actuellement l’objet d’attaques pour le priver de toutes subventions) abritent des temples sataniques et sont le lieu de sacrifices d’enfants, sans doute une expression destinée à exprimer ce qu’il pense de l’avortement. Mais son invité, un autre pasteur dénommé Rick Wiles, a affirmé avoir reçu la confidence d’un ancien sataniste qui aurait pratiqué 164 rituels diaboliques dans des cliniques.

Et rien ne pouvant stopper les abrutis ils sortent d’on ne sait où des statistiques : 20% des grossesses seraient avortées et même 50% dans la communauté noire.

Mais le plus gros est à venir. Si ce 50% frappe cette communauté la cause en est qu’une des fondatrices de Planned Parenthood, Margaret Sanger, était raciste et a agi volontairement pour décimer la population noire.  Si les options néo-malthusiennes et quasi eugénistes de Sanger peuvent nous laisser dubitatifs les accusations de racisme sont risibles quand on sait qu’elle a travaillé avec W.E.B. Du Bois ou que Martin Luther King a fait son éloge en acceptant le prix Margaret Stanger.

http://www.rawstory.com/2015/10/televangelist-satanic-temples-are-hidden-in-planned-parenthood-clinics-as-legal-cover-for-child-sacrifice/

Vendredi soir sur Mediapart

Évidemment Yanis Varoufakis a eu tendance à se donner le beau rôle et à effacer toutes les ombres dans son portrait de gentil face aux méchants de la troïka. On peut difficilement lui reprocher cet innocent plaisir. Je comprends que son assurance et sa plastique de statue grecque puissent déranger. Il reste donc à l’écouter. Ce qu’il a dit vendredi soir ne varie pas de ce qu’on entend de lui depuis des années : une parole dont l’intelligence n’oublie pas l’humanité, autrement dit la voix de la gauche.

Pour l’anecdote Mediapart a eu la bonté d’âme d’inviter au débat quelqu’un qui s’était complètement trompé sur l’action de Yanis Varoufakis lors de son arrivée au ministère des finances. Je ne sais plus quand, je ne sais plus où, sans doute dans un commentaire, j’ai eu l’occasion d’écrire ce que je pensais de l’inanité du billet posté à ce moment par Michel Feher. Dans un élan de délire intellectualiste auto-célébrant comme je n’ose plus en écrire depuis vingt ans il laissait entendre, arguant de la réputation d’intellectuel et de théoricien des jeux de Yanis Varoufakis,  que la fulgurance de son discours allait paralyser par une étrange magie les bigots de l’austérité et leur faire rendre gorge. On sait ce qu’il advint. Yanis Varoufakis, très justement, tint un discours d’économiste pragmatique. La réalité des rapports de force fit le reste. La subtile (non)réponse de Yanis Varoufakis à l’intervention de Michel Feher a permis de ramener la discussion vers les sujets sérieux.

Sur quelques points la discussion a pu interroger nos benoites certitudes de bien-pensants progressistes, signe à mon avis de la pertinence et la vivacité de l’esprit de Yanis Varoufakis qui n’hésite pas à bousculer nos idées reçues.

Sur l’Europe.
Certains s’étonnent qu’après avoir été en première ligne face au mur de l’Europe de l’austérité il reste politiquement « européen ». La capitulation du gouvernement grec en Juillet signe notre défaite, celle de toute la gauche européenne, incapable de reconstruire les éléments d’un rapport de force susceptible de faire hésiter les barbares de l’Eurogroupe et de la troïka. Elle prépare la suite de l’offensive qui viendra bien plus vite que nous ne le pensons. Offensive qui ciblera la France et tous les systèmes de solidarité européens. Qu’elle ridiculise une fois de plus Hollande et ses affidés ne me soucie guère. Que nous ne soyons pas en mesure de nous y opposer de manière significative me préoccupe bien plus. La riposte doit donc impérativement présenter une dimension européenne. Que Yanis Varoufakis cible la manière la plus pertinente ou pas importe peu. Il désigne le terrain pertinent des affrontements à venir. Accompagner et compléter cette initiative par l’européanisation par exemple d’Alternatiba ou d’autres mouvements sociaux donnera du sens à l’ensemble. Dans un tel cadre il devient possible de poser la question des alternatives politiques dont aucune, ni Podemos, ni Syriza, ni Le Labour de Corbyn, ni le Front de Gauche français, n’existe aujourd’hui. Cette reconstruction d’une gauche à la nécessaire échelle européenne permettra aussi, condition indispensable, de poser sérieusement la question des désirs d’indépendance comme celles de l’Écosse ou de la Catalogne. Un point de la discussion mérite approfondissement. Il est communément admis par beaucoup que l’erreur principale de construction de l’UE a consisté à mettre la charrue de l’union monétaire avant les bœufs de l’union politique. Outre que cette erreur a sans doute été consciente au moins pour certains il faut être conscient que l’inverse n’aurait pas donné de meilleurs résultats étant donné la domination des idées austéritaires dans l’Union et le fonctionnement adémocratique de l’ensemble. De même penser que le retour aux monnaies nationales pourrait offrir une solution me semble dangereusement illusoire. En plus des difficultés techniques, politiques et économiques de réalisation de cette option la maitrise retrouvée de la politique monétaire ne donnerait que des marges de manœuvre temporaires. Le contexte économique de la compétition globale ramènerait à une situation proche de celle d’ aujourd’hui. Les nouvelles monnaies numériques dont parle Yanis Varoufakis, qui ne sont pas les monnaies électroniques souhaitées par nos banquiers, peuvent dans une nouvelle Europe jouer un rôle intéressant.

Sur Macron.
La citation de Macron n’a pas manqué de m’interpeler car faisant écho à mes propres réflexions. Réglons d’abord la cas du triste sire. Que Macron se dise de gauche ne change rien à la vérité de son action. Il appartient à la pire catégorie de droite, celle qui réfléchit. Comment expliquer alors l’appréciation positive de Yanis Varoufakis sur quelques avis de notre ministre ? Vouez aux gémonies les adversaires ne sert qu’à masquer notre propre impuissance et notre désarroi. Prenons en vrac quelques thèmes macroniens : code du travail, statut des fonctionnaires, professions réglementées. Quand le code du travail devient une protection formelle qui devrait tenir lieu d’action collective solidaire, quand le statut des fonctionnaires cesse d’être un acquit des luttes et de la Résistance, protège des hauts salaires et devient incompréhensible à la majorité des salariés, quand les professions réglementées, fourre-tout incroyablement divers, tournent aux petites féodalités hors du droit commun les questions sont légitimes. Les réponses macroniennes : nivellement systématique par le bas, obstacles à ce qui reste de possibilité d’action syndicale, libération des capacités d’action la finance, entre autres, relèvent toutes de la même conviction. La finance mène les opérations et sa libération représente la seule piste d’avenir. En quelque sorte, pour paraphraser une vieille citation, Macron apporte de mauvaises réponses à de bonnes questions. J’entends dans ce que dit Yanis Varoufakis l’écho des bonnes questions et assurément pas l’approbation des mauvaises réponses.

Les murs et la destruction du droit

La folie qui déferle sur notre monde ne semble rencontrer aucun obstacle. Le délire de Donald Trump n’étonne plus personne. L’émulation entre les candidats à la primaire républicaine aboutit au seul résultat possible. Ses concurrents reprennent ses propositions et même les amplifient. Rappelons que le fou aux implants capillaires prétend non seulement construire un mur tout au long de la frontière avec le Mexique mais également le faire payer par le Mexique pour le punir d’avoir envoyé durant des décennies ses criminels, voleurs et violeurs, chez son voisin du nord pour s’en débarrasser. Étant donné que rien n’arrête les imbéciles la dernière trouvaille consiste à étendre le mur de protection à la frontière nord. Les canadiens seraient donc à ce point dangereux, ou laxistes en matière d’immigration, ou susceptibles eux aussi d’envoyer des marées entières de criminels au sud.

Ces délires témoignent en premier lieu de l’envahissement du débat public par les fantasmes, phénomènes inquiétant par lui-même.

Au-delà il laisse apparaître un risque carrément terrifiant. L’idée même de ce mur généralisé au sud se heurte à de nombreuses difficultés juridiques. Il entre en conflit avec, entre autres, les droits des populations amérindiennes, la législations écologiques, les accords internationaux sur la protection de la vie sauvage. Que plusieurs candidats du principal parti politique de la plus puissante nation du monde méprisent suffisamment le droit et donc les règles élémentaires de la démocratie sans soulever un torrent d’indignation ne devrait-il pas nous alerter ?

Une petite note d’espoir  (mot de passe de la vidéo : frontera. et merci à Madame Ursula LeGuin de nous avoir fait connaître cette vidéo).

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