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Un peu de tout

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Les dernières primaires de la saison

Cette semaine se déroule la dernière phase des élections primaires aux États-Unis d’Amérique avant le scrutin de mi-mandat du 6 Novembre. La scénariation sans doute involontaire répartit cette étape sur 3 jours de Mardi à Jeudi avec en apothéose les votes de l’état de New-York où l’incertitude montée en épingle de la candidature au poste de gouverneur cache des enjeux sérieux.

New-Hampshire.

Hier la première journée se déroulait au New-Hampshire, état-bascule dont le gouverneur Républicain Chris Sununu est une cible traditionnelle des Démocrates mais sa popularité personnelle le met à peu près hors d’atteinte. La gagnante de la primaire, Molly Kelly aura du mal à l’emporter. L’attention était attirée par la première circonscription de la Chambre des Représentants où se présentait le fils de Bernie Sanders qui n’avait pas le soutien officiel de son père. La famille Sanders a justifié ce fait par le refus de la politique dynastique. Les chances de Levi Sanders étant très faibles il est probable que Bernie a aussi joué tactique et souhaité ne pas être associé à un échec annoncé dans une primaire Démocrate à 11 candidats.L’élu Chris Pappas devrait succéder à la Démocrate Carol Shea-Porter en Novembre.

Rhode Island.

Aujourd’hui on passe au minuscule état de Rhode Island dont la gouverneure Démocrate Gina Raimondi à l’inverse de son collègue du New-Hampshire est très impopulaire. Quel que soit le résultat de la primaire Républicaine Raimondi aura du mal à conserver son poste et doit pour cela d’abord survivre à la primaire de son parti.Dans ce petit état urbain les surprises sont possibles.

Le bouquet final New-York.

Enfin Jeudi le gros morceau, bouquet final digne de la campagne de ces primaires de 2018 aux enjeux majeurs. La campagne pour la désignation du candidat Démocrate au fauteuil de gouverneur occulte les autres. Le sortant Andrew Cuomo, frère d’un présentateur vedette de CNN et « centriste » invétéré est concurrencé par la candidature médiature de Cynthia Nixon, militante des droits civils mais surtout ex-vedette de « Sex in the City ». Le bruit médiatique autour de cette bataille a été renforcé par la victoire inattendue de la « Socialsite démocratique » Alexandria Ocasio-Cortez contre un cacique Démocrate pressenti comme futur leader des Démocrates à la Chambre en cas défaite des Républicains en Novembre. L’éclairage porté sur la lutte pour la candidature au poste de gouveneur(e) occulte d’autres enjeux plus réels dans la mesure où l’avance de Cuomo dans les sondages semble le mettre hors d’atteinte. Sous la pression de la candidature de Nixon et du succès populaire de la campagne d’Ocasio-Cortez devenue instantanément une vedette de la gauche Cuomo a nettement gauchi son programme.

Les particularités du système électoral pourraient d’ailleurs permettre à Nixon de se présenter même si elle perd la primaire Démocrate car elle a le soutien du « Working Families Party » fortement implanté dans l’état. Si la primaire montre une mobilisation importante et qu’elle perd de peu la question se posera si le danger de victoire Républicaine induit par une triangulaire semble écarté.

La candidature de Zephyr Teachout à la primaire pour le poste de ministre de la Justice (AG) de l’état semble en fait tout aussi importante. Juriste accompli et combattive elle serait une arme anti-Trump de poids vu l’importance de la juridiction new-yorkaise dans le système judiciaire du pays. La dernière séquence télévisée de la campagne de Zephyr Teachout a été très remarquée.

Et finalement cette primaire pourrait commencer à apporter une clarification plus importante que les évolutions formelles du programme de Cuomo. Le Sénat de l’état comprend un groupe de pseudo-Démocrates, le « Independant Democratic Caucus« ,  qui votent souvent avec les Républicains et sont utilisés par Cuomo pour ses louvoyages politiques. Une séries de circonscriptions sénatoriales (11,13,17,20,23,31,34,53) constituent donc des enjeux majeurs pour la politique future du second état de l’Union.

A suivre.

Semaine 19 entre Seattle et Miami

L’accord sur le nucléaire iranien.

Que peut-on écrire de la grande affaire de la semaine dernière? Les médias se sont tant répandues à ce sujet qu’il est devenu impossible d’émettre quoi que ce soit d’audible. La suite demeure très incertaine entre la rhétorique belliqueuse de John Bolton et le besoin de Donald Trump de faire mobiliser la nation derrière lui. On peut se souvenir de la suggestion de Sheldon Adelson datant de plusieurs années de nucléariser l’Iran avant même de négocier quoi que ce soit. Le même Sheldon Adelson, magnat des casinos de Las Vegas et grand financier des Républicain vient de verser 30 millions de dollars dans les caisses électorales du parti.

Dans le contexte la présence de la fille de Donald Trump à l’occasion du transfert de l’ambassade ne peut être interprétée que comme un pas de de plus dans l’offensive même si la justification sera évidemment la religion juive qu’elle a adoptée lors de son mariage avec Jared Kushner.

Trumpian Wall.

Sur le front sud la date du Fandango Fronterizo se rapproche, le 26 Mai. Ce rassemblement de part et d’autre de la barrière à San Diego se tiendra pour la onzième fois. Il s’agit de faire de la musique ensemble des deux côtés. A cet endroit la frontière est matérialisée par deux barrières séparées d’un no-man’s land de quelques mètres qui n’interdisent pas le passage des sons.  L’initiative a fait des  petits le long de la ligne de démarcation et se  retrouve en d’autres endroits. D’autres initiatives de vie sociale inter-frontalière existent comme dans la zone El Paso-+Ciudad Juarez avec un service de partage de bicyclettes. Cette zone de près de 3 millions d’habitants est la seconde en population à cheval sur la frontière après Tijuana-San Diego. Les initiatives de ce genre doivent être particulièrement irritantes pour un Donald Trump qui a récemment explosé de colère en réunion du Cabinet contre la Secrétaire d’état à la Sécurité Intérieure incapable selon lui de fermer la frontière.  La cause en serait les statistiques d’arrestations pour défaut de papiers à la frontière revenues à leur niveau d’avant l’élection de 2016. L’arrivée de Donald Trump semblait avoir eu un effet dissuasif pour les candidats à l’immigration. Cet effet se diluant avec le temps les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et ce ne sont pas les promesses de ramener les emplois qui vont faire baisser l’attraction. Au-delà de la curieuse incapacité du président à comprendre qu’une frontière ne se ferme pas comme un robinet le problème politique qu’il a créé en clamant que la frontière est une passoire ne peut pas se résoudre de lui-même. Au final il est du reste le seul à pouvoir décrété que le problème est résolu.

Après Parkland.

Si les jeunes gens de la génération Parkland se sont montré discrets ils sont toujours là comme l’a montré cette rescapée qui célèbre trois mois après la fusillade être débarrassée des projectiles qui la défiguraient.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat, mais pas seulement.

Si l’enjeu principal identifié par tous et Donald Trump en premier restera la reprise ou pas de la Chambre des Représentants par une majorité de députés Démocrates le long terme se jouera aussi dans les élections des assemblées des états et dans les elections locales.

La cause du Sénat semble être à peu près entendue. En l’absence d’événements inattendu les Démocrates peuvent ua mieux espérer compenser  les probables pertes de quelques sièges comme celui de Joe Manchin par de gains comme celui du siège de Jeff Flake. En Arizona la question de la présence de John McCain, élu en 2016 pour 6 ans, sur les bancs du Sénat se pose du fait de son état de santé. Il n’est pas revenu à Washington depuis le début de l’année. Les sénateurs Démocrates élus dans des états Républicains, typiquement Manchin et Donnelly, donnent des gages à leur électorat local sans aucun résultat dans les sondages.   Donald Trump a bien vu la faiblesse de ces sénateurs et deux jours après la primaire a tenu un meeting en Indiana contre Joe Donnelly.

La Chambre des Représentants constitue donc l’objectif principal des Démocrates sans que pour l’instant la victoire soit très assurée. Ils ne décollent pas des 5 à 6 pour-cent d’avance que les experts pensent insuffisants pour combler les handicaps du découpage électoral et du chronique défaut de participation de leur camp aux élections intermédiaires.

Les états et les grandes villes étant devenus des lieux de résistance au pouvoir trumpien les élections régionales et locales ont pris de l’importances. L’enthousiasme de la base Démocrate a provoqué un afflux de candidats parfois dangereux comme en Californie mais qui peut rendre optimiste. Ces élections sont aussi l’occasion de procéder à des reclassements au sein de chaque camp. Les affrontements entre trumpistes et Républicains classiques ne vont pas manquer. Chez les Démocrates l’affrontement entre les vieux Démocrates « de Wall Street » et la vague mobilisée par la campagne de Bernie Sanders ne peut guère être mieux illustrée que par la situation à New-York. L’actrice Cynthia Nixon défie la dynastie Cuomo pour le poste de gouverneur. Andrew Cuomo, fils de gouverneur de l’état et frère de présentateur vedette de CNN, s’est souvenu récemment de son passé de candidat écologiste. Ses manœuvres à l’assemblée de l’état où il a couvert un groupe de pseudo-Démocrates qui l’affranchit de toute obligation, lui a fait perdre le soutien d’un groupe important de l’état : le Workers  Family Party. La législation particulière de l’état permet à un candidat de concourir pour deux partis. La candidature de Zephyr Teachout, héroïne de la gauche de l’état, au poste de ministre de la justice semble se préciser. Etant donné la place de cette juridiction dans les enquêtes autour de Donald Trump le rôle de cet Attorney General sera capital.

 Les primaires de la semaine dernière ont donné des résultats mitigés.

Les vainqueurs : les femmes et l’establishment Démocrate.
Les 2/3 des femmes candidates pour la Chambre gagnent leurs primaires. Au Texas en Mars 24 femmes sur 32 Démocrates ont ainsi gagné le premier round de leurs primaires. Au final chez les Démocrates 22 et chez les Républicains 5. Le Center for American Women and Politics de la Rutgers University étudie spécifiquement cet aspect. L’organisation féministe Emily List (federal Political Action Committe) qui soutient les candidatures de femmes a constaté une très forte augmentation des candidatures.  Dans l’Ohio où le gouverneur John Kasich ne pouvait  pas se représenter et se prépare à jouer le recours modéré contre Trump en 2020 un des vieux héros de la gauche se présentait contre un candidat soutenu par Elizabeth Warren. Dennis Kucinich est célèbre pour avoir refusé alors qu’il était maire de Cleveland -et plus jeune maire d’une grande cité à l’époque- refusé de vendre la régie municipale de l’électricité à des investisseurs financiers. Cela lui couta la mairie mais des décennies plus tard tout le monde reconnait que les habitants en sont gagnants contre les banques. Parfois incontrôlable Kucinich a été battu par Richard Cordray, directeur du Consumer Protection Bureau limogé par l’administration Trump. Le soutien de Warren et son action au CFPB donnent à Cordray une image progressiste même si comme Warren il n’est pas incompatible avec la direction centriste du Parti Démocrate. Je suis souvent en désaccord avec mes amis au sujet d’Elizabeth Warren dont je pense qu’il serait hasardeux de surestimer le caractère progressiste. Elle s’est montré à peu près irréprochable en matière économique et sociale alors qu’elle a eu tendance à s’aligner sur les positions douteuses de Hilary Clinton en matière internationale.

En Indiana le sénateur Donnelly a vu élu en face de lui un Républicain bien placé pour le battre, Mike Braun. Donald Trump ne s’y est pas trompé. Deux jours plus tard il tenait meeting dans l’état contre le sénateur sortant.

Dans l’Ohio une proposition modérée de nouvelle procédure de cartographie électorale est facilement passée. Sans être révolutionnaire cette loi apportera plus de transparence tout en laissant le découpage électoral aux mains des politiciens plutôt qu’à une commission indépendante. Encore une fois la présence de John Kasich qui joue une partie serrée peut ne pas être  étrangère à cette situation peu courante d’un état dirigé par les Républicains, sévèrement charcuté et qui propose de changer la loi au risque de perdre leur majorité.

Les extrémistes trumpiens ont perdu en la personne de Don Blankenship en Virginie Occidentale ou Trump a du désavouer celui qui se présentait comme « Trump avant Trump » car il n’avait guère de chance de gagner l’élection générale. La crainte de perdre la majorité au Sénat a été la plus forte.

L’enquête de Robert Mueller.

Si les enquêteurs restent discrets comme à leur habitude  les nouvelles sont venues de la périphérie : l’enquête sur Michael Cohen, l’avocat de Trump. L’avocat de Stormy Daniels a donné une impulsion déterminante a ce versant en dévoilant des clients d’une société créée par Cohen parmi lesquels au moins une société russe dirigée par un  proche de Poutine. Il pourrait s’agir du premier lien réel entre l’environnement de la campagne de 2016 et des interlocuteurs russes. Plusieurs des sociétés citées comme clientes de Cohen ont d’ailleurs été approchées par Mueller il y a déjà  plusieurs semaines.

Les enquêteurs gardent leur calme mais l’autre camp se met en ordre de marche. Nous avons vu la semaine dernière la mobilisation plus ou moins heureuse de Rudy Giuliani. Cette semaine Mike Pence est venu apporter sa part à l’effort en affirmant que l’enquête a assez duré. L’affirmation de Giuliani à la presse que son camp est passé de la défense à l’attaque ne se traduit pas encore par des gestes spectaculaires mais les signes s’accumulent de la volonté de Donald Trump de se battre pied à pied. Les sondages montrent une opinion franchement polarisée sur la question de savoir si l’enquête est politiquement biaisée. Mais les Républicains, sur la défensive sont beaucoup plus massivement convaincus  (73%) que les Démocrates ne le sont du contraire..

 

A la semaine prochaine

La semaine 14 entre Seattle et Miami

Une semaine riche en événements qui a vu Donald Trump annoncer sans concertation avec les Affaires Étrangères ou la Défense  le retrait de Syrie plus ou moins démenti par la suite, puis l’envoi de troupes, la Garde Nationale, sur la frontière Sud faute d’avoir pu financer de manière significative la construction du Mur de Trump. Au passage, et toujours d’après des informations recueillies à sa source habituelle, Fox News, il a déliré sur le convoi de migrants en route pour assiéger le pays, convoi dans lequel les pires horreurs, des viols de masse, se produiraient. Il s’agissait d’une manifestation de gens venus depuis le Honduras pour réclamer le droit d’asile. Trump a donc construit le mythe de la menace d’un convoi de migrants en route pour prendre d’assaut la frontière à partir de l’information sur une réelle manifestation annuelle organisée par l’organisation « Pueblos Sin Fronteras » (Peuples sans Frontières) qui remontait à travers le Mexique.

En Californie la mort de Stephon Clark, tué par la police de balles dans le dos dans son jardin a relancé le débat sur les violences policières à l’égard de la population noire. Et la tension ne baisse guère.

Le mouvement social s’invite au bal avec les enseignants qui protestent vigoureusement et peut-être victorieusement  dans des états du Sud qui ont laissé le système éducatif dépérir. Parti de Virginie Occidentale le mouvement est passé par l’Oklahoma et le Kentucky avant de s’étendre à l’Arizona et peut-être plus loin.  Ces états ont en commun d’avoir été emportés par Donald Trump en 2016 et de passer des mesures de réduction d’impôts et de baisses des financements du système public d’éducation. En Oklahoma la gouverneure Républicaine a signé une mesure d’augmentation massive des salaires des personnels sans calmer la colère des enseignants qui réclament aussi des subsides pour leurs écoles.

Après Parkland.

Comme je le remarquais la semaine dernière le mouvement impulsé par les jeunes après la fusillade de Parkland ne pourra marquer une véritable rupture avec le passé sans prendre en compte la question raciale, et la question des violences aux femmes. Les intervenantes de la « Marche pour nos vies » ont montré le chemin. Mais là réside aussi la force particulière du mouvement.
Les communautés de couleur étant les plus touchées par la violence des armes à feu la prise en compte de cette question est une condition de la survie et la progression du mouvement.

Les mesures prises dans les états doivent passer aussi l’épreuve de la justice. Au Massachussets un juge valide l’interdiction des armes de guerre.  La bataille à coup sûr va continuer

 

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

La peur de la vague anti-Trump commence à frigorifier les Républicains. Ils ne reculent devant rien pour déséquilibrer le pouvoir à l’avantage de la branche exécutive dans cette perspective. Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, après avoir perdu une bataille sur la tenue d’une élection partielle souhaite maintenant supprimer le poste élu de trésorier de l’état qui existe depuis la création de l’état. Cela s’inscrit dans la foulée d’une série d’opérations qui ont déjà restreint le pouvoir de contrôle des électeurs (passage des mandats de 2 à 4 ans) et concentré le pouvoir entre les mains du gouverneur. Il devrait se méfier des retournements de majorité.
Les découpages de circonscriptions fournisse un autre champ de batauille. Après une première décision à propos de la Cour de Pennsylvanie la Cour Suprême se défausse et laisse en l’état les découpages électoraux dans les états. La question est juridiquement complexe car les lois diffèrent d’un état à l’autre et interfèrent avec les principes constitutionnels fédéraux pour former un ensemble difficile à gérer.
Une Démocrate a gagné un siège à la Cour Suprême du Wisconsin gagné par  contre la tendance existant depuis des décennies (1995) . Une alerte de plus pour le GOP au Wisconsin devenu un état-bascule en 2016 et le lieu d’élection de Paul Ryan. Le siège de Ryan n’est pas en principe en danger cette année. Sa défaite serait un cataclysme. Le Winsconsin présente un enjeu majeur pour les Démocrates. Si la sénatrice Tammy Baldwin devait perdre son siège tout espoir de regagner le Sénat ou même de limiter la majorité Républicaine deviendrait illusoire.

 

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.
Le programme politique Républicain s’évanouit. Les baisses d’impôts des riches et puis… plus rien.
Ils peuvent faire semblant de préparer un amendement constitutionnel pour inscrire l’obligation d’un budget en équilibre, la fameuse « règle d’or » qui plait tant aux économistes orthodoxes. Cet amendement n’a aucune chance de passer dans les conditions actuelles. Les contradictions internes sont telles que pour arracher l’accord des plus conservateurs au vote de la réforme fiscale Paul Ryan a du faire cette promesse de faire discuter l’amendement qui ne lui a pas coûté beaucoup étant donné les conditions.
Le comportement douteux de Scott Pruitt nommé par Donald Trump à la tête de l’EPA, l’agence de l’environnement, commence à faire tache.  Il a largement profité de sa position et en fait profiter des proches. Trump l’a soutenu. Mais maintenant même son camp commence à ruer dans les brancards.

 

L’enquête de Robert Mueller

Petit à petit, patiemment Mueller tisse sa toile. Cette politique des petits pas ne permet pas à Donald Trump de réagir violemment à ce qu’il pourrait  considérer comme outrancier. Coup sur coup on apprend que le Ministère de la Justice a bien mandaté Mueller pour enquêter sur les actes de Paul Manafort en collusion avec les Russes et que la première condamnation résultant de l’enquête vient d’être prononcée par un juge. Il s’agit d’une condamnation relativement légère, 30 jours de prison et 20000$ d’amende, à Alex van der Zwaan l’avocat néerlandais en affaire avec Rick Gates, l’associé de Manafort. Étant donné que van der Zwaan a plaidé coupable et donc collaboré avec les enquêteurs on ne peut guère tirer de conclusions de la légèreté des peines. Chaque fois qu’un acte de l’enquête de Robert Mueller a été rendu public cela sonne comme un message envoyé aux autres protagonistes de l’affaire, ceux qui sont déjà inquiétés et surtout les autres.
Plus des 2/3 des électeurs approuvent la nomination d’un second procureur spécial pour enquêter sur l’action du FBI durant la campagne électorale de 2016. Dans l’esprit des Républicains cela revient à enquêter sur l’enquêteur Mueller mais sans doute pas dans la pratique. Le Ministre de la Justice, Jeff Sessions, dont la relation avec Trump est des plus chaotique l’a d’ailleurs refusé.
Ce mercredi on apprend une nouvelle que Donald Trump va pouvoir claironner urbi et orbi. Robert Mueller aurait dit aux avocats du président que celui-ci n’est pas cible de l’enquête pour des faits de collusion.

Mais il aurait ajouté qu’il doit l’entendre pour déterminer la qualification de ses actions à propos de l’investigation. Donc actuellement la situation serait : Trump n’est pas personnellement visé, son équipe de campagne pourrait l’être pour les faits de collusion. Mais pour ce qui est de l’obstruction à la justice tout reste ouvert.
Le rapport de Robert Mueller sur l’obstruction pourrait sortir en Juin-Juillet. Trump n’est pas pour autant sorti d’affaire. Mueller n’a pour l’instant pas commis de faute de communication ni semble-t-il de faute de procédure. Cette manière de rassurer le camp du président peut se révéler d’autant plus anxiogène pour un Donald à la mentalité d’assiégé.

La lecture des mêmes faits par des commentateurs différents produit des résultats apparemment contradictoires.

juste avant le début de la course électorale du mi-mandat. Ceci n’est qu’une partie de l’enquête et ne la clôturera pas.
Quoi qu’il laisse fuiter Robert Mueller continue à ronger l’os de l’ingérence russe par la campagne Trump.https://slate.com/news-and-politics/2018/04/mueller-team-reportedly-questioned-russian-oligarchs-arriving-in-us-about-trump-financial-links.html
Son équipe interroge des oligarques russes arrivant aux E.U.A. sur leurs liens financiers avec la galaxie Trump. Cela peut être interprété de deux manières : le réseau d’indices s’étoffe ou bien il est toujours à la pêche d’informations concluantes. A chacun de choisir mais la seule chose certaine est que nous devons attendre la suite pour savoir.

 

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Il invite le chroniqueur d’extrême-droite Sean Hannity à dîner à Mar-a-Lago. Concertation entre amis ou entretien d’embauche pour le poste de directeur de la communication de la Maison-Blanche libéré par le départ de Hope Hicks. Il est vrai qu’entre la positon de Hannity à Fox News et la com de la Maison-Blanche la différence est mince.
Encore un qui quitte la Maison-Blanche .Le conseiller pour l’infrastructure démissionne. Le projet présenté au Congrès semble au point mort comme l’essentiel des projets législatifs d’importance gelés par la conjoncture électorale.

 

 

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

Donald Trump se serait étonné en assistant à un tir de drone destiné à tuer un supposé terroriste que les opérateurs évitent de tuer la famille de la cible et attendent qu’i se soit écarté d esa maison pour lancer le tir.

Et Vox a formulé les deux questions en suspens, renforcées par les rumeurs de peu ragoutantes photos que Stormy Daniels pourraient garder dans sa manche.
Trump demande aux parlementaires de mettre fin à l’obstruction qui permet de bloquer les décisions qui n’obtiennent 60 voix sur 100 au Sénat. Il met fin à l’espoir d’un accord sur les jeunes immigrés entrés illégalement sur le territoire. Il a sans doute cru que ses grandes capacités de négociateurs s’exprimaient dans l’ultimatum aux Démocrates : « le financement du Mur Trumpien contre la protection de ces mineurs ». Aurait-il mal joué ? La cause des « Dreamers » est populaire même chez les Républicains et pourrait se révéler déterminante dans le votes des populations d’origine hispanique.
La modification des règles du Sénat pour faciliter le passage de lois de circonstance reste mal vue des sénateurs Républicains qui se souviennent qu’ils ont pu bloquer longtemps l’Obamacare grâce au dispositif de « filibuster » et qu’ils ne sont pas assurés de conserver la majorité cet automne.

Trumpian Wall

Transformer l’immigration en mouvement de masse permet à Donald Trump de de rugir contre ses adversaires, de mélanger les sujets (immigration, violence, sécurité, opposition des Démocrates).

Les données officielles ne montrent pourtant pas une situation catastrophique. Les arrestations sur la frontière sont en baisse constante.
Et en attendant le Mur de Trump il ajoute l’armée au gardes frontière. La rhétorique guerrière auto-alimente la rage trumpienne. Une telle annonce garantit le maximum de titres dans la presse.

Le coût d’une telle mesure est sans rapport avec les faibles résultat qu’elle peut apporter comme le prouve l’expérience de Barack Obama et de Georges W. Bush. L’obstination de Donald Trump à militariser la frontière nous dit au moins trois choses, pas vraiment nouvelles. D’abord il se prends toujours pour un roi de droit divin qui peut disposer à sa guise des ressources -de toutes les ressources de l’état. Ensuite sa fascination pour les militaires reste inchangée. Tout comme son mépris de la loi puisque la loi c’est lui. Enfin il reste admiratif des militaires, absolu de la force mais aussi à l’obéissance garantie (en principe).

A la semaine prochaine.

Semaine 13 de Seattle à Miami

Stephon Clark

La semaine a été dominée par le retour des violences policières à l’encontre de la communauté noire. Un jeune père de famille noir a été  tué sans raison apparente de 8 balles dont 6 dans le dos dans son jardin de la capitale de la Californie, Sacramento. Tous les ingrédients sont réunis pour que la baril de poudre s’enflamme : un pays plus polarisé que jamais, la question raciale à fleur de peau, le débat sur les armes. Les manifestations continuent mais la question de leur débouché vers autre chose qu’une explosion de violence et l’accumulation de rancœurs n’a toujours pas de réponse.

Après Parkland.

Après la « Marche pour nos vies » on pourrait s’attendre à ce que le débat sur le contrôle des armes à feu se dégonfle et finisse par retomber dans l’oubli. Ce n’est pas encore pour maintenant. Le Congrès reste immobilisé par la forte tension bi-partisane et  la préparation des élections qui risque de stériliser tout effort . Les élus des deux bords peuvent se mettre d’accord pour ne rien décider plutôt que risquer de heurter leurs électeurs. Il revient donc aux états de se mobiliser et de passer des mesures. Les deux chambres étant en vacances parlementaires  ces deux semaines rien n’aurait été fait dans l’immédiat.

  • La Floride, état  de la tuerie de Parkland, a été la première a voter une loi, signée par le gouverneur qui remonte l’âge d’achat des armes à 21 ans, instaure un délai de 3 jours et interdit les « bumps stocks ». Elle autorise aussi le recrutement et l’armement de personnels des écoles. Pour certains élus Républicains c’est déjà trop. Un de ceux qui l’ont voté voudrait déjà la rappeler. En fait la partie contrôle ne lui convient pas et il souhaiterait ne conserver que l’armement des écoles.
  • Le Vermont a voté une loi similaire.
  • Le gouverneur Démocrate récemment élu du New-Jersey a signé les mesures de contrôle que son prédécesseur avait bloque.
  • L’Oregon a mis la loi à l’ordre du jour de ses assemblées.
  • La gouverneure du Rhode Island a signé un décret ordonnant de contrôler les capacités des acquéreurs.
  • Et l’état de New-York a complété les mesures existantes pour interdire l’accès aux armes aux personnes susceptibles de commettre des violences conjugales.

Le débat sur le Second Amendement a connu une soudaine accélération quand un ancien membre de la Cour Suprême a évoqué sa suppression. Cela n’a pas soulevé le tollé que l’on aurait pu attendre. Ce gendre de proposition qui peut passer pour une provocation est en général assez mal jugé  par le mouvement de contrôle des armes à feu qui propose plutôt des objectifs réglementaires moins conflictuels et atteignables. Mais le débat pourrait bien ne plus cesser. Faire avancer la législation fédérale et celle de états consacrerait la force du mouvement et servirait de base pour la suite.

Le plus difficile vient maintenant pour le mouvement, continuer sans se disperser, maintenir l’unité et se donner des perspectives, autres que simplement électorales. Les petites querelles qui apparaissent  ne devraient pas être bien graves. L’intégration de la question raciale dans le débat est une étape incontournable pour qu’il progresse et catalyse éventuellement un mouvement de révolte plus large.

Une petite victoire en passant, l’animatrice d’extrême-droite Laura Ingraham avait attaqué dans son émission un des étudiants de Parkland Divid Hogg. Il a répliqué en suggérant aux annonceurs de l’émission de Laura Ingraham de lui retire le soutien de leurs publicités. Devant les défections elle a fini par annoncer qu’elle prenait des vacances.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Le travail parlementaire est limité pendant les deux semaines en cours. Cette situation a donné plus de relief à une étude qui chiffre le handicap des Démocrates. On les donne gagnants en nombre de suffrages mais la côte personnelle de Donald Trump ne chute pas, l’économie reste florissante et l’avance Démocrate reste scotchée autour de 6%.  Et voici que surgit cette étude du Brennan Center for Justice qui indique que le handicap Démocrate en 2018 pourrait aller jusqu’à 11%. Ces résultats doivent être modulés en fonction des situations locales. Comme le souligne FiveThirtyEight la situation est encore trop incertaine pour faire des pronostiques fiables.

La perspective d’une élection tendue dont le résultat est incertain dans un contexte de polarisation importante pourrait aboutir à un Congrès ou paradoxalement les modérés se trouvent en position forte car nécessaire à toute majorité. Il se pourrait même  que les seules majorités possibles soient des majorités inter-partisanes au cas par cas.

Cette semaine la Cour Suprême a pris en main un des cas en suspens de découpage électoral conflictuel. Il en reste d’autre à juger avant l’échéance à plusieurs niveaux de l’appareil judiciaire. Ce cas est doublement intéressant, pour son résultat et pour ses effets induits. Il concerne un découpage réalisé par les Démocrates à leur avantage. L’ironie de l’affaire est que si les Démocrates sont jugés coupables dans cette affaire la Cour établira une jurisprudence qui ensuite défavorisera les Républicains dans les plus nombreux cas encore à juger.

La fébrilité des Républicains est visible. Le gouverneur du Wisconsin -où va se jouer l’élection du « speaker » (chef de la majorité et président de fait de la Chambre des Représentants) Paul Ryan- a voulu refuser de tenir une élection partielle à 6 mois des élections de Novembre au prétexte d’économies. Il a finalement du se plier  à la lettre de la loi et organise une élection risquée qui au-delà de son résultat pourrait continuer à alimenter l’idée de la cuisante défaite à venir.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

Deux semaines de vacances parlementaires laissent le champ libre à Donald Trump et aux autres. Le sous-directeur du FBI limogée par Jeff Sessions a lancé une campagne de financement participatif pour financer sa défense. On peut être étonné qu’un cadre supérieur de l’administration, connu pour ne pas être dans le besoin et faire partie de la bonne société en vienne à faire appel au public de cette manière.

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Après avoir engagé John Bolton comme Conseiller à la Sécurité Nationale, ce qui laisse prévoir la dénonciation prochaine de l’accord sur le nucléaire iranien, Donald Trump a remplacé le secrétaire d’état aux Anciens Combattants   (Veterans Affairs) par son médecin personnel le vice-amiral Ronny L. Jackson (encore un militaire). Cela prépare-t-il une privatisation de ce service qui assure les prestations de santé aux anciens militaires ?

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

La semaine n’a pas apporté de grande  nouvelle du côté de l’enquête sur l’ingérence russe. La Maison-Blanche a fini par adopter une position dans l’affaire « Stormy Daniels » : on nie tout. Il n’est pas certain que cela soit la meilleure option dans la mesure où le public est largement convaincu que les faits sont avérés. Nous touchons peut-être là la singularité de la présidence Trump. La vérité importe peu si les électeurs gardent leur foi dans le président.

 

A la semaine prochaine.

Une semaine entre entre Seattle et Miami

Après Parkland.

Après la manifestation de Samedi on apprend qu’un des plus vieux fabricants d’armes du pays se déclare en faillite (chapitre 11). décidement ces enfants n’ont aucune pitié pour l’industrie du pays. En fait le déclin était en route depuis longtemps. Il s’est accentué ces derniers mois en raison d’un effet paradoxal en apparence, mais souvent confirmé, qui souligne la relation maladive du pays aux armes à feu. Sous les administrations Républicaines les ventes ont tendance à baisser car la peur de voir le droit aux armes limité diminue.  La logique financière a fait le reste dans le cas de Remington Outdoorsles actionnaires qui ont pris le contrôle en 2007 n’ont pas supporté la baisse de leurs dividendes consécutive à la tuerie de Sandy Hook.

Le 6 Novembre – élections de mi-mandat.

Les élections de mi-mandat vont rester dans l’actualité jusqu’au mois de Novembre. Les tentatives de prévisions vont déjà bon train.  Les efforts des statisticiens de FiveThirtyEight portent actuellement sur la recherche des circonscriptions les plus prédictives du résultat global. Ils ne sont heureusement pas complètement d’accord entre eux.

Parmi les catégories à observer les populations religieuses peuvent jouer un rôle. Les évangélistes resteront fidèles à Donald Trump et les Démocrates pourront-ils maintenir les liens clientélistes noués avec la base irlando-catholique depuis les Kennedy?

Les femmes, en particulier celles des zones péri-urbaines et de niveaux éducatif intermédiaires (collège sans diplôme universitaire) occupent une place stratégique plus susceptibles de quitter le camp trumpiste que les hommes.

Toutes les études d’opinion laissent envisager un pays profondément fracturé quelle que soit l’issue. Les divisions actuelles, côtes versus intérieur, ruraux contre urbains, etc… ne semblent pas devoir se résorber. Et le désespoir pourrait précipiter la base trumpiste plus loin dans l’opposition active.

En vue de 2020 Mitt Romney maintient une position d’attente probablement illusoire car ressouder un Parti républicain qui serait fracassé par un échec de Trump sera très difficile pour lui. Même sa victoire à l’élection sénatoriale en Utah n’est pas garantie. Et si Trump gagne il reste le patron.

De son côté Joe Biden continue son petit chemin espérant être le recours centriste du Parti Démocrate fort du soutien obligatoire de Barack Obama s’il se présente.

Le maintien de la remontée de l’approbation de Donald Trump et la stagnation des Démocrates à un niveau en général jugé insuffisant pour emporter le Congrès (inférieur à 10 % d’avance) conforte les tendances internes à un adoucissement de la plate-forme électorale Démocrate. Mais si le débat fait toujours rage il ne prend pas l’allure d’un affrontement mais plutôt d’une division des rôles : des Démocrates « modérés » dans les zones Républicaines accessibles et des progressistes ailleurs.

Le mouvement des jeunes pour la régulation des armes à feu intervient maintenant dans le processus électoral par l’enregistrement de nouveaux électeurs. Observer après l »élection l’impact électoral du mouvement sera sans doute un des premiers mouvements des sondeurs.

Les défections de sortants Républicains effrayés par leur propre parti offrent de nouvelles opportunités aux candidats Démocrates qui se bousculent tellement que dans certains endroits comme la Californie en raison d’une législation particulière sur les primaires cela peut mettre en danger des sièges imperdables.

Une semaine à Capitol Hill – Les partis, les votes, le reste.

La signature de la loi de finance qui met un terme aux incertitudes sur le financement de l’administration pour le reste de l’année fiscale marque cette semaine. Nous avons eu droit aux habituels psychodrames. Quelques sénateurs expriment leurs humeurs et menacent de faire capoter l’accord négocié à grand peine juste avant l’échéance. L’inévitable libertarien Rand Paul n’a pas manqué mais se serait plutôt couvert de ridicule.

Le plus important ne réside pas dans les petites manœuvres parlementaires de politiciens en mal de notoriété mais dans le contenu de la loi. Trump l’a signée en maugréant et même après avoir menacé de ne pas le faire. Il fait le caprice de réclamer le droit d’opposer un veto sujet par sujet sur les lois qui lui sont proposées à la signature. Cette remarque, inconstitutionnelle, est passée quasi inaperçue dans le brouhaha mais elle montre encore une fois la conception de monarque absolu qu’il a de sa fonction et l’état du débat politique.

La loi montre surtout combien le roi est nu et plus que jamais contraint à l’alliance douloureuse avec son propre parti. Ses demandes les plus importantes ne sont pas satisfaites. Le « Trumpian Wall » (Le Mur de Trump)  qui reste sans doute sa promesse de campagne la plus emblématique n’échappe pas au massacre quoi qu’il ait pu revendiquer dans un tweet. Il fait mine de croire que les financement accordés correspondent au besoins du début de la construction en dur alors que la loi précise des affectations différentes, à la réparation de sections existantes et à l’investissement technologique (d’ailleurs réclamé par la Border Patrol plutôt qu’une clôture). Les parlementaires ont même joué au chat et à la souris. Alors que Donald Trump pour des raisons probablement de stricte vengeance personnelle (contre son ex-allié Chris Christie et le leader Démocrate Chuck Schumer sénateur de New-York) ne voulait pas entendre parler du financement de la réparation et l’extension nécessaires d’un grand tunnel routier aux confins de New-York et du New-Jersey les crédits ont été affectés aux chemins de fer qui pourront donc mettre en œuvre. Les apparences sont sauves et tout le monde est satisfait.

Ce jeu de dupes démontre l’instabilité de l’équilibre politique auquel sont contraints les Républicains accrochés à un président dont ils attendent de sauver malgré tout leurs majorités en Novembre car ils n’ont pas d’autre solution. Ce faisant ils laissent le débat stratégique aux autres.

La Maison-Blanche – Super Donald et ses copains.

Donald Trump a éprouvé le besoin de réaffirmer ne pas avoir le moindre problème pour recruter des avocats soit au service de la Maison-Blanche soit au sien propre. Ce besoin est en soi assez parlant. D’autant que ses deux avocats de longue date Ty Cobb et John Dowd viennent de quitter le navire. Au même moment on apprend que le couple d’avocats de choc annoncés récemment ne viendra finalement pas en raison de conflits qui sont déjà lies à l’enquête de Robert Mueller. Donald Trump reprend personnellement en main la direction de la bataille légale autour de l’ingérence russe, l’enquête Mueller et ses affaires personnelles et familiales. Cela pourrait tanguer.

Les affaires – Petit Donald et sa famille.

Nous savions depuis longtemps que Donald Trump allait nous entrainer dans des bas-fonds peu ragoutants. Le passage à la trappe de l’épisode « Grab by the Pussy » de la campagne présidentielle suffisait à le montrer. Les affaires de sexe de Donald Trump sont maintenant sur la place publique des écrans de télévision avec la diffusion hier soir de l’entretien d’une actrice de films « pour adultes » dont l’histoire traine depuis des semaines dans l’actualité. La droite avait réagi très tôt comme le Washington Times qui déploie ici un assez incroyable étalage de contre-feux allant jusqu à l’invocation de Monica Lewinski. Cela montre assez à quel profondeur s’est noyé le débat politique. Nate Silver a tenté de recadrer la discussion. D’ailleurs le site 538  qu’il a fondé ne met pas l’affaire en évidence. Faire la part du voyeurisme dans de telles  circonstances ne peut que nous rappeler le discours de Michelle Obama à la Convention Démocrate de 2016 : « Quand ils s’enfoncent, nous montons ». Nate Silver a raison. Si nous n’y prenons pas garde ils nous entrainent dans leur médiocrité. Quels sont donc les enjeux d’une telle histoire?

Les 25 à 30 % d’irréductibles soutiens de Donald Trump (les chiffres peuvent varier selon les approches) cimentent son alliance avec le Parti Républicain. Cette alliance soudent les deux partis au-delà de leurs différences en vue de sauver la peau des deux lors des élections du 6 Novembre. La fraction trumpienne comprend une importante proportion de chrétiens évangéliques qui pourraient être sensible à la publicité sur les infidélités qui bafouent la famille. La  publicité seulement car les faits n’étonnent personne. Actuellement le soutien de ces chrétiens ne semble pas faiblir mais la èche allumée pourrait se consumer assez vite.

Comme le remarque Nate Silver les aspects financiers des relations entre Donald Trump et ses supposées maitresses pourraient être questionnées comme des infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales. Il doute que cela puisse aller bien loin mais un autre versant est apparu hier : les menaces sur les personnes. Aucune preuve n’existe pour les confirmer mais elles contribuent à empoisonner l’atmosphère.

Et Vox a formulé les deux questions en suspens, renforcées par les rumeurs de peu ragoutantes photos que Stormy Daniels pourraient garder dans sa manche.

  1. Combien d’autres ont ainsi été payées pour se taire? Et donc combien de fois a été bafoué les droit à l’information du peuple?
  2. Des services étrangers pourraient-ils savoir? et savoir quoi ?

La dernière question ressort implicitement le « dossier Steele »et nous replonge dans le marécage. Quel contraste avec la parole des jeunes gens entendue Samedi.

A la semaine prochaine.

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