DOMINIC77

Un peu de tout

Month: mars 2015 (page 2 of 2)

Le pont

Le pont de Selma que nous avons tous vu sur es écrans ces derniers jours porte le nom, inconnu dans nos contrées, d’Edmund Pettus. Nous savons qu’il fut le lieu de l’attaque des marcheurs pour les droits civiques par la police de l’Alabama le 7 Mars 1965, devenu ainsi célèbre comme un des « Bloody Sundays » de l’Histoire.

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Avant le drame Photo Domaine public

On ne sait en général pas qui était le personnage, général confédéré (sudiste pour les français) et Grand Dragon du Ku Klux Klan.
Ironie que son nom reste associé à une des grandes pages de la lutte de libération des noirs américains.

 

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Le pont aujourd’hui. Photo Domaine public

 

 

Java. J’y ou J’y va pas …

Pour mes amis (et surtout mes pas amis) techniciens de l’informatique.

J’ai trouvé un article intéressant par les réflexions qu’il apporte et  peut provoquer sur les modes en programmation.

http://www.huffingtonpost.com/quora/why-do-so-many-software-e_b_6833206.html

J’ai toujours aimé être à contre-courant.

Lew Soloff

Les très  jeunes, moins de cinquante ans, ne peuvent pas savoir qui était Lew Soloff qui vient de partir. Le groupe Blood, Sweat and Tears, atypique dans le monde du rock de la fin des années soixante signe pour moi ces années-là. Évidemment pas autant que les Beatles un peu plus tôt ou aussi durablement que John Mayall  ou les Animals le feront du côté blues.

Ceux qui ne connaitraient pas l’anecdote dont le groupe tire son nom peuvent chercher Winston Churchill sur Wikipedia.

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Blood, Sweat and Tears – Première époque. Photo domaine public

Ce groupe a vu passer beaucoup de gens et a servi d’incubateur  ou de couveuse à quelques noms devenus célèbres : Randy Brecker, Jaco Pastorius, Chaka Kahn.

La première période m’a fait vibrer. Le groupe a été créé en 1968. La formule étrange à première vue d’un style mixte entre pop, rock, jazz et blues marquée par la présence des cuivres et par la voix du chanteur David Clayton Thomas venu du classique aurait pu être appelée jazz-rock ou fusion mais ce n’était sans doute pas encore l’heure. Par contre la magie qui a fait prospérer l’aventure ne peux tenir qu’aux personnalités qui l’ont lancée  (et à l’ambiance d’une époque créative). Pas très étonnant quand on trouve à l’origine Al Kooper, l’homme qui a consacré sa carrière à inventer des aventures musicales. On le trouve aussi à la création de Lynyrd-Skynyrd , groupe de gros rock du Sud mais non sudiste au sens politique raciste aux antipodes musicaux de Blood,Sweat and Tears.

Lew Soloff faisait partie des créateurs du groupe. Il jouait principalement de la trompette et représentait le versant jazz du groupe.

Le disque éponyme, qui n’est pas le premier et a été enregistré après le départ d’Al Kooper, décidément spécialiste de l’abandon des bons plans qui marchent, commence et se termine par des morceaux étonnants « Variations on a Theme By Erik Satie » (Trois gymnopédies).  Le premier album comprend une version subtile du « Morning Glory » de Tim Buckley, chanson magnifique mais pas facile car marquée par toute l’arrogance intellectuello-poétique de l’auteur. 

Je dois vraiment me faire à l’idée que ma jeunesse fout le camp.

http://www.lewsoloff.com/

http://www.bloodsweatandtears.com/

http://en.wikipedia.org/wiki/Al_Kooper

 

Marche de printemps

La lumière et la chaleur printanière m’ont décidé à rechausser les souliers de marche. A part une tentative de randonnée avec mon gendre et mon petit-fils il y a un an et demi je n’avais pas réellement marché depuis plusieurs années. L’occasion était trop belle de repartir sur les chemins et de renouer avec les souvenirs lointains de la vallée du Morin.

J’ai été un peu étonné de voir tant de primevères.

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Primevères dans les bois. Photo Dominique Courtois – domaine public.

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Photo Dominique Courtois – domaine public

Le grand Morin est presque grand.

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Photo Dominique Courtois – domaine public

J’ai eu toutes les occasions de pester contre mes meilleurs ennemis, les cyclistes  tous  terrains incapables de respecter les marcheurs? Que le chemin soit large de quarante centimètres ou de trois mètres ils sont incapables de ne pas saloper la totalité de la largeur. Même les aristocrates de la randonnée à cheval sont plus respectueux.

J’ai raté ce train, tant pis je prendrai le suivant à la gare de Faremoutiers-Pommeuse

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Photo Dominique Courtois – domaine public

Plus fatigué que prévu mais ça fait du bien.

Marchons, marchons, …

Catherine et moi avons assisté hier Lundi 2 mars 2015 à la projection du film « Démarche », un web-documentaire sur le périple d’une jeune marcheuse de Seuil.

Seuil est l’association créée à l’initiative de Bernard Ollivier, l’auteur des trois volumes Longue Marche, récit de ses quatre été de marche sur la Route de la Soie, d’Istambul à Xi’an.

Inspiré par l’exemple d’une association belge rencontrée sur un chemin pédestre Bernard Ollivier, convaincu que la prison est le dernier endroit où mettre des adolescents d’une part et que la marche est une école efficace de bien-être et de reprise de contrôle de soi d’autre part a mis toute son énergie dans ce projet qui consiste à proposer à des jeunes gens en crise, comme alternatives à des mesures de contraintes,  des marches  longues (2000 km environ, 3 mois) avec un accompagnant, à l’étranger pour éviter de faciliter la trop facile tentation de renoncer à la première difficulté, sans musique ni téléphone afin de profiter pleinement de l’activité.

On trouve le film ici :

http://vimeo.com/stephaniepaillet/demarche  (mot de passe : assoseuildemarche).

Rappels :

http://www.assoseuil.org/index.html (l’association Seuil).

Livre sur l’activité de Seuil :

Marcher pour s’en sortir, David Le Breton, Daniel Marcelli, Bernard Ollivier  chez Erès.

Les livres de Bernard Ollivier :

Longue marche 1,2,3 chez Phébus.
Carnets d’une longue marche chez Points Poche  (Aquarelles de François Dermaut, textes de Bernard Ollivier, sur la route de la soie).
Aventures en Loire chez Libretto.
Marche et invente ta vie chez Arthaud.
La vie commence à soixante ans chez Libretto (je ne l’ai pas lu mais connaissant le bonhomme …).
L’allumette et la bombe chez Phébus. (Essai magistral sur les banlieues après les émeutes de 2005 et description de la méthode Seuil. Bernard Ollivier décrit  la situation des jeunes de banlieue avec un calme d’autant plus impressionnant que le constat est implacable. Le livre, coincé entre les émeutes de 2007 et l’élection présidentielle de 2007 est assez daté).

Et n’oubliez pas de marcher vous-mêmes, seul ou pas. Ça fait du bien !

Ma plus belle découverte depuis …

Je ne sais plus par quelle suite de liens j’ai découvert l’homme dont je vais vous parler même si cela semble assez stupide.

L’objet que j’ai reçu présente les dimensions habituelles d’un CD. Cela permet de le ranger avec les autres. La largeur est plutôt celle d’un livre de plus de cent pages. Beaucoup plus de lecture que vous n’en trouverez dans aucun boitier de disque.

Que vous commenciez par l’écoute ou par la lecture vous irez de découverte en émerveillement.

La première chanson, « One Great Mornin’ (The South’s Gonna Rise Again)« , nous fait voir le Sud des États-Unis comme nous ne l’avons jamais imaginé. Old Dixie devient la terre de tous les possibles. Je me souviens du professeur qui m’enseigna au lycée le trépied des trois traditions fondatrices : le puritanisme de la Nouvelle-Angleterre, la violence aventureuse et débridée de la Frontière du le Far-West et enfin le romanesque sudiste d’  « Autant en emporte le vent », la douceur de vivre, les cajuns ou l’esclavage. De la troisième nous n’avons retenu que ce dernier trait malgré la fraternité chantée par le blues, les Freedom schools  ou l’humanité de la musique country. Notre chanteur n’a rien oublié de la jeunesse partagée dans son coin de Floride, et surtout pas l’espoir.

Ensuite il ose tout. De la facilité faussement macho de « A filled-out shirt » (je vous laisse traduire) au romantisme absolu de « Nineteen years old » en passant par le manifeste politique de « Behind every great fortune ». Il n’hésite même pas à citer Balzac, inattendu sous la plume auteur de chansons populaires américaines. N’oubliez « We shall overcome« , chanson emblématique à laquelle il donne toute sa puissance, instrumentale jusqu’à chanter une seule fois la fameuse proclamation « We shall overcome, some day … ». Oui nous gagnerons un jour.

Le morceau de bravoure achève de nous mettre sur le cul. Une chanson de 27 minutes, « All in the Timing« , déborde de références et d’allusions qui justifient la rédaction des cent-quatre-vingt-quinze notes  sans nous ennuyer une seule seconde.

Aucun album ne m’a fait une telle impression d’originalité depuis « Goodbye and hello » de Tim Buckley. Un curieux hasard (quel hasard?) fait que la structure des deux albums culmine avec une chanson de longueur inusitée juste avant la fin même si Tim se contente de huit minutes et demi.  Par ailleurs les deux albums ont peu en commun. Tim Buckley se concentre plus sur la forme musicale.

Permettez-moi de vous présenter Monsieur Michael Koppy.

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Michael Koppy et ses choristes favoris. Photo de Noriko Wada.

Ceci dit Michael Koppy est assez grand pour se présenter lui-même :

http://www.michaelkoppy.com
http://www.cdbaby.com/Artist/MichaelKoppy

Vous pourrez lire qu’il est fier d’appartenir entre autres à l’I.W.W.

J’ai fâcheusement tendance à interpréter le I de « Industrial Workers of the World » comme « International » et non « Industrial ». Michael Koppy nous rappelle que nous avons tendance à ignorer que l’histoire sociale nord-américaine n’est pas aussi vide que la situation actuelle nous laisse imaginer. Avant la première guerre mondiale le mouvement ouvrier et syndical aux États-Unis d’Amérique a même été au moins aussi  riche et divers qu’en Europe. Le courant anarchiste n’avait pas été marginalisé de la même manière. L’I.W.W. a connu ses grandes heures dans la première partie du vingtième siècle organisant les luttes autour du slogan « One Big Union » qui dénote à la fois l’inspiration anarcho-syndicaliste et le refus de tous les corporatismes . Le hasard  (quel hasard?) faisant bien les choses cette organisation a produit au fil des années de nombreux  poèmes et chansons. Le plus connu des auteurs est sans doute Joe Hill, exécuté à Salt Lake City en 1915 après une sombre histoire d’assassinat où rien ne fut prouvé. Sa plus célèbre chanson : « Rebel Girl »  évoque une de ses camarades, Elizabeth Gurley Flynn, qui repris ce titre pour ses mémoires.

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L’affiche de la chanson « Rebel Girl » Domaine public

https://www.youtube.com/watch?v=hR7fBCENkN0

Ne vous laissez quand même pas impressionner par mes réactions passionnelles. L’album « Ashmore’s Store » (chez Good Track Records) avant toute chose est un très grand disque. L’humanité y transpire de tous les pores et Michael  Koppy nous fait le grand cadeau de nous rappeler que nos petites humeurs contre les  américains incultes  ne sont que des réactions épidermiques.

Merci Michael.

Si vous êtes intéressé par l’I.W.W. vous pouvez toujours chercher ici: 
http://www.pmpress.org/content/staticpages/index.php/search_results?cx=008208239971096824769%3A7wlvahsgfqs&cof=FORID%3A11&ie=UTF-8&q=IWW&sa=OK

 

Marcher, Lire … et ramer.

J’ai récemment terminé la lecture de trois livres achetés à peu près ensemble et réunis par une affinité particulière : le goût pour la marche solitaire que je partage à ma mesure.

J’ai commencé par Axel Kahn. « Pensée en chemin » raconte le long périple pédestre à travers la France à l’été 2013. Du Nord, la frontière des Ardennes belges au Sud-Ouest, la Pays Basque. J’attendais beaucoup. J’ai été étonné de ma difficulté à entrer dans l’intimité du livre. Cette difficulté m’a fait ouvrir le livre voisin, plus petit, modeste en apparence, « Remonter la Marne » de Jean-Paul Kauffmann. Autant le voyage d’Axel Kahn est organisé, prévu au jour le jour, autant celui de Jean-Paul Kauffmann est aventureux, ouvert aux inflexions inattendues.  Je reviendrai ensuite au premier livre après avoir terminé la balade marnaise. Encore une fois la petite musique de jean-Paul Kauffmann se glisse doucement dans mes oreilles et me captive.  Déjà, des années en arrière , « La chambre noire de Longwood« , tombé entre mes mains par je ne sais quelle alchimie, m’avait enchanté. Cet homme sait vous faire entrer dans l’intimité de son parcours, de son rêve, simplement, vous faire marcher avec lui sans ostentation, sans pathos, humainement.  Le plus étonnant est peut-être que sa médiation a rendu plus facile la reprise du chemin avec Axel Kahn. Je le rejoins quelque part entre Champagne et Bourgogne pour ne plus le quitter. Les circonstances m’ont conduit à cette comparaison qui n’a guère de raison tant  les deux entreprises diffèrent. Axel Kahn part ambitieux à la rencontre de la France qu’il rencontre dans la diversité de ses régions, de leurs destins et de leurs paysages. Il la  trouve inquiète, désemparée, diverse, mais toujours vivante dans les personnes croisées au fil du chemin. Le long de la Marne jean-Paul Kauffmann ne rencontre que des personnes et c’est la même France qu’au bout du compte il décrit.

Je dois à une inconnue croisée dans la librairie Joseph-Gibert de Réaumur-Sébastopol de connaître « La longue marche » de Bernard Ollivier.  Ces trois volumes racontent l’aventure peu commune et authentique de l’homme qui, retraité, veuf, décide à soixante ans passé de partir suivre à pied la Route de la Soie, en quatre fois, une partie chaque année. Non seulement le projet passionne mais surtout la manière de faire partager les paysages, les difficultés et au-dessus de tout les rencontres interpelle votre humanité et vous colle les pieds au chemin. Je connaissais pour suivre le personnage l’association Seuil qu’il a créée et à laquelle j’ai adhéré. Quand j’ai aperçu « Aventures en Loire » je n’ai  pas hésité un instant à commander le livre. A la différence de Jean-Paul Kauffmann qui a remonté la Marne Bernard Ollivier a décidé de descendre la Loire. Les vieux souvenirs de l’école de mon enfance remontent : le mont Gerbier-de-Jonc, le seul fleuve sauvage de France, marqué par l’Histoire, la grande mais aussi les petites. Le voyageur entame la descente à l’aube de ces soixante-dix ans que j’atteindrai bientôt. Cela ne le fait pas reculer devant un nouveau défi. S’il commence par la marche à pied il choisit de s’embarquer en canoë solitaire dès que le cours d’eau devient navigable. J’apprends au bout de quelques pages que Jean-Paul Kauffmann était son voisin de bureau dans le même journal il y a plus de vingt ans. Pas si curieuse collision tant l’approche humaine du voyage rapproche mes deux marcheurs. L’intime discrétion  de Jean-Paul fait écho à l’hédonisme tempéré de Bernard. Il rythme son livre par les noms des vignobles traversés. Nous apprennons ainsi que la Loire est tout au long de son cours bordée de vignobles. A l’arrivée à Nantes nous repartons chacun de notre côté enrichis de rencontres, de livres à lire et un peu moins effrayés de la vieillesse qui vient.

Si vous voulez :

Axel Kahn :

Pensées en chemin, Stock.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Axel_Kahn
http://axelkahn.fr
http://axelkahn.fr/blog/

 

Jean-Paul Kauffmann :

Remonter la Marne,  Fayard, livre de poche.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Kauffmann
http://larepubliquedeslivres.com/jean-paul-kauffmann-ou-le-parti-pris-de-la-marne/

 

Bernard Ollivier :

Aventures en Loire, Libretto.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Ollivier
http://www.assoseuil.org/index.html

Les pierres valent-elles plus que les hommes à Mossoul

Le saccage récent du musée de Mossoul  (متحف الموصل) m’a évidemment révolté et effaré comme beaucoup.

Je ne peux cependant retenir l’indignation proche de celle que j’avais exprimée quand il avait fallu que des chrétiens d’Irak soient persécutés et massacrés pour que tous les médias ou presque se mobilisent.  Les cadavres d’arabes, de kurdes ou autres musulmans de Syrie et d’Irak laissés sur place  auparavant par l’État islamique au Levant et en Irak ne valaient pas la peine  de dire un mot. Cette indifférence sélective constitue une des bases des réactions de soutien aux terrorisme.

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Reconstruction de la porte ouest de Ninive Licence Creative Commons SA 3.0

De même il a fallu que des abrutis cassent de respectables œuvres pour que la communauté mondiale réclame, pathétique, la mobilisation des plus hautes instances internationales alors que nous nous étions installés dans la routine de l’acceptation tranquille de la situation.

Quand apprendrons-nous à être adultes et à renoncer à notre petit confort misérable ?

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